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elles se transformeraient en autant d’ulcérations syphilitiques.
Les bains généraux ou partiels sont préconisés à cette période : ils conviennent ordinairement bien; mais il n’est peut-être pas inutile de signaler quelques particularités relatives à leur usage.
Je préfère les bains entiers. Leur température doit être modérée, parce que les bains très chauds ou très froids ont des propriétés différentes du bain tiède proprement dit, et qui dépendent de l’impression éprouvée par le malade; de sorte que le degré de chaleur 'convenable se mesurera à la sensation ressentie par chaque individu, et non au thermomètre. Une température qui rendrait un bain excitant serait excessivement nuisible, et il n’est pas rare d’entendre les malades se plaindre d’avoir beaucoup plus souffert pendant ou après un bain qu’avant son emploi. Les bains longtemps prolongés sont extrêmement favorables par le relâchement qui suit l’espèce de macération qui en est le résultat; mais, en les prescrivant, il faut encore tenir compte de la disposition individuelle; car il est des personnes sur lesquelles ils produisent de l’excitation , par suite d’un agacement nerveux. En somme, l’efficacité des bains généraux est relative, et il est des circonstances dans lesquelles on est absolument obligé d’y renoncer. Dans tous les cas, et
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quelle que soit la muqueuse malade, il est important de la débarrasser de la sécrétion morbide qui souille sa surface. Les lavages, les injections , les bains, locaux rempliront avantageusement ce but; mais ces différents moyens seront employés avec sagesse et en cherchant si le bien qu’ils peuvent faire l’emporte véritablement sur les inconvénients qu’ils entraînent quelquefois. Ils ne doivent jamais exposer à fatiguer les organes ou à y appeler les liquides. Une autre indication à remplir dans le traitement de la blennorrhagie aiguë, c’est àe faciliter les fonctions des parties malades , de les modifier ou de les suspendre, même s’il est possible, lorsqu’elles sont une cause d’irritation.
Les boissons seront délayantes, simples, agréables et faciles à se procurer , aucune substance médicamenteuse proprement dite ne jouissant de propriétés tellement prononcées , qu’on doive l’employer dé nécessité. Il vaut mieux permettre aux malades une boisson qui leur plaise, pourvu qu’elle ne soit pas excitante, car les tisanes que l’on prescrit ordinairement ont autant pour but de satisfaire l’esprit du patient que l’amour-propre du médecin; tandis qu’ils doivent rester également convaincus l’un et l’autre qu’il est seulement nécessaire de boire beaucoup d’eau, liquide dont l’usage est incapable de trahison. La
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diète sera plus ou moins sévère selon l’intensité de l’inflammation et l’état des sujets qu’on traite. Quand raffection est grave, intense, elle doit être absolue; dans des cas moins violents, lorsque les organes digestifs sont sains, il faut permettre l’usage des bouillons, des potages, du lait, des fruits crus, ou, de préférence, cuits, mais éviter toute alimentation et toute boisson excitante. Si le régime est aussi avantageux dans le cas qui nous occupe que dans les inflammations en générai, lè repos n’a pas une utilité moins réelle.
Sous l’influence du traitement que nous venons d’indiquer, lés symptômes de l’état aigu peuvent disparaître d’une manière franche et complète ; quelquefois aussi il a suffi de laisser la maladie s’user d’elle-même en la soustrayant à l’action des causes qui l’ont produite; mais, plus souvent, elle passe à l’état chronique, et alors un autre traitement doit être employé. A l’époque où celui-ci est encore voisin de l’état aigu, il ne faut pas trop tôt abandonner les antiphlogistiques ; mais aussi il ne faut pas s’obstiner à continuer leur usage , car souvent ils favorisent sa prolongation. Une transition méthodique très favorable consiste à suspendre l’emploi des moyens trop relâchants, et à se servir de résolutifs' directs, auxquels on fait succéder les révulsifs , les anti-
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blennorrhagiques proprement dits et les astringents, soit généraux, soit locaux, les toniques employés de la même manière, les excitants, etc., dès que les symptômes d’acuité diminuent ou disparaissent, et aussitôt, surtout, que la douleur s’atTaiblit ou s’éteint.
Les médications antiblennorrhagiques proprement dites seront indiquées à chaque variété où elles s’appliquent le mieux.
Mais souvent, malgré l’emploi de ces différents ordres de médication, la blennorrhée ou l’état chronique persiste ; il devient alors indispensable de chercher à apprécier la cause qui l’entretient. Quelquefois, sans s’inquiéter de l’existence des altérations de tissus appréciables ou visibles, la maladie n’ayant pas cédé aux traitements ordinaires, on a rappelé l’état aigu soit par des irritants simples, soit en déterminant une nouvelle infection. Si l’efficacité du premier de ces deux moyens n’est pas prouvée dans la plupart des cas, il est incontestable qu’on ne saurait conseiller aujourd’hui le second sans encourir un blâme mérité.
En désespoir de eause cuidans des vues de spécificité, un traitement antisyphilitique proprement dit a souvent été employé, et fréquemment aussi il a été suivi de succès. Dans les cas où la blennorrhagie n’est, en définitive, que
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la conséquence d’ulcérations syphilitiques cachées, les résultats du traitement sont plus prononcés et faciles à concevoir. Mais les antisyphilitiques, tels qu’on les ordonne, ne doivent-ils et ne peuvent-ils influencer que les maladies syphilitiques vraies? Ne peuvent-ils, comme révulsifs, perturbateurs ou toniques , modifier l’économie d’une manière favorable et produire ainsi la guérison? Quant à moi, à moins d’indications positives à remplir, telles que la résistance à tout autre traitement, l’existence de symptômes syphilitiques vrais et placés dans les conditions quenous avons étudiées, jamais, dans la blennorrhagie, je ne crois utile d’avoir recours aux antisyphililiques , surtout aux mercuriaux. Dans tous les cas, lorsque les indications m’ont engagea y recourir , je ne les ai jamais administrés pendant la période aiguë.
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