‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 4 sur 56 · I.\UCULATIO?f DAiSS LES ACOlUElStS ElUiHTJES · texte numérisé non relu

I.\UCULATIO?f DAiSS LES ACOlUElStS ElUiHTJES

incision favorisent singulièrement l’action du virus vénérien, et nous en présentons nous-même de nombreuses preuves dans cet écrit. Mais nous avons là dessus, et par le même procédé, des expériences décisives du docteur Tougue.

îl inocula son condisciple, M. Wotton, au bras droit, avec de la matière syphilitique qu’on avait prise sur un chancre, une heure auparavant. Là partie s’enflamma graduellement, et un chancre complet fut formé dans Fespace de quatre jours.

Il inocula une personne avec de la matière sy-^ philitique pure, mêlée avec une égale quantité de solution de gomme arabique, dont la proportion était de deux gros de cette gomme sur huit onces d’eau ^ le chancre se développa à l’ordinaire. •

Il attacha, pendant vingt-quatre heures j un jeune chien en apparence d’une parfaite santé* 11 obtint de son estomac nne petite quantité de suc gastrique, dont il mêla une partie avec de la matière syphilitique pure ; il l’introduisit dans le bras gauche d’un jeune nègre. Le chancre fut formé dans trois jours.

Même résultat pour une expérience semblable faite sur un autre individu.

Le suc gastric|ue fut mêlé le plus tôt possible, après avoir été pris dans l’estomac.

Il inocula, au bras droit d’un homme, de la

matière syphilitique mêlée avec une égale portion d’une solution de sulfate de cuivre’, de !a proportion d’un scrupule sur une once d’eaujle chancre eut lieu.

Dans le même temps, il inocula la même personne au bras gauche, avec de la matière syphilitique, mêlée avec une égale c|uantité de sulfate de fer, de la proportion d’un scrupule sur une once d’eau; il se forma un chancre.

. Dans ces expériences, on voit toujours la matière syphilitique, mêlée avec une quantité égale d’un fluide, par conséquent délayée, produire constamment le chancre. Dans les dernières, elle est même ajoutée à des médicaments ou à des substances énergiques, et elle est cependant toujours suivie de la syphilis. »

Le docteur Harrisson a fait également des inoculations avec la matière des chancres, et un ulcère et des symptômes syphilitiques en furent l’effet.

Quand on a répété avec , soin toutes les expériences relatives à l’inoculation, il reste évident que, parmi celles que nous venons de citer, il en est qui pourraient être contestées ou dont les conséquences ont été mal déduites , sans cependant ôter à l’inoculation sa régularité et sa précision.

Toutefois les recherches que j’ai faites pu-

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bliquement, depuis plus de six années, ne laisseront aux esprits justes et sans prévention aucun doute , et expliqueront tout ce qui peut paraître contradictoire dans les auteurs.

J’ai d’abord étudié la blennorrhagie sous le rapport de ses causes , et j’ai reconnu qu’elle pouvait naître sous l’influence de toutes celles qui président ordinairement aux inflammations catarrhales ; de telle façon qu’une fois développée, il était impossible, par ses symptômes propres, de préciser celle à laquelle elle était absolument due. Il est vrai , cependant, de dire que, le plus ordinairement, quand on a pu remonter à la source d’un écoulement , on a trouvé qu’un autre écoulement l’avait produit, et qu’ainsi le muco-pus catarrhal semblait être l’irritant le plus efficace pour déterminer l’inflammation des muqueuses. Cependant le pus virulent que séeréte le chanere donne assez souvent lieu a des écoulements blennorrhoïdes; mais alors il est facile de se convaincre que la manière d’agir de cette eause, différant selon certaines circonstances, n’a pas toujours été bien expliquée , comme nous le verrons un peu plus loin.

Pourtant les auteurs les plus recommandables ont répété et sont restés convaincus qu’une même femme pouvait donner, en voyant plusieurs bonfmes, des cbaneres aux uns et des blennor-

rhagÎGiï ou des bubons aux autres *; d’où ils ont conclu a une identité de nature pour ces diverses affections, le principe restant le même pour toutes et les différences ne tenant qu’à la forme , déterminée elle-même par le siège et le plus ou moins d’intensité dans le mode d’actioa de la cause i

Si un pareil raisonnement a pu être quelque temps accueilli et rester sans réfutation péremptoire, il n'est plus soutenable aujourd’hui. En effet, depuis que j’ai appliqué le Spéculum, uteri ù l’étude des maladies vénériennes^’^, les énigmes restées jusque-là inexplicables se sont réduites aux faits les plus ordinaires et les plus simples. J’ai vu, à l’aide de cet instrument, qu’une femme pouvait être affectée en même temps de blennorrhagie et de chancres profonds du vagin ou de Tutérus , et la blennorrhagie seule se trahir au dehors , de façon que , dans ces circonstances, réputée blennorrhagique ^ elle pouvait très bien communiquer chancres et blennorrhagie en même temps ou une seule de ces affections, selon la prédisposition des personnes qui se sou-

^ Cette opinion a surtout été appuyée par Fabre , Pressavain et feu Cullerier, et plus tard par MM. Càpuron, Lagueau, Gibert, ete.

Mémoire sur quelques faits observés à rhôpital des Vénériens, par P. Ricord, inséré dans le ne fascicule, tome ne des Mémoires de r Académie royale de médecine.

mettaient à l’infection. Mais ce que nous pouvons affirmer, et les observations ont été nombreuses, c’est que, toutes les fois qu’il nous a été donné d’examiner les femmes qui avaient communiqué du mal, nous n’avons jamais trouvé qu’un chancre fût né d’un écoulement sans ulcération dans les organes génitaux de la personne qui l’avait communiqué. Or, rinoculation est venue confirmer ce que l’observation de la contagion ordinaire, mais mieux faite, et à l’aide du Spéculum^ avait établi.

Chez la femme, la blennorrhagie étudiée dans toute l’étendue des organes génitaux , à ses différentes phases' d’acuité bu de durée, et inoculée d’après le procédé employé pour le chancre, est restée sans résultat , toutes les fois que la muqueuse affectée de blennorrhagie n’étâit pas actuellement le siège d’un chancre.

On sait aujourd’hui, etranatomiê pathologique l’a prouvé comme le spéculum le montre tous les jours, que la blennorrhagie est souvent accompagnée ou suivie d’érosions ou de destructions plus ou moins étendues des muqueuses,- mais la forme ulcéreuse de la blennorrhagie, si je puis m’exprimer ainsi, ne la rend pas plus propre à l’inoculation que celle qui ne l’est point, ces ulcères blennoirhagiques étant essentiellement distincts du chancre. L’observation que mon savant

collègue, M. Gibert, a rapportée, comme étant opposée à ma doctrine, en prouve, au contraire, la régularité.

Voici ce que dit M. Gibert ^ pour la blennorrbagie : «Je ne crois pas d’ailleurs que l’inoculation proposée par M. Ricord, comme moyen de diagnostic, puisse être réellement invoquée avec avantage; car cette inoculation n’a jamais réussi à provoquer des symptômes syphilitiques caractéristiques, ni dans mes mains, ni dans des cas où il ne paraissait pas pouvoir exister de doute sur la nature contagieuse de la maladie. Tout récemment encore, une jeune fille qui portait un ■ écoulement aigu de l’urètre, joint à une vaginite et à une ulcération granulée du col de F utérus, a été inoculée sans succès dans nos salles avec la matière de l’écoulement. Il y avait là cependant réunies toutes les conditions qui, suivant M. Ricord, pouvaient favoriser le succès de l’inoculation. )) Non , sans doute, là n’étaient pas réunies toutes les conditions qui favorisent le succès de l’inoculation; au contraire, l’ulcération granulée ne devait pas s’inoculer, et c’est ce qui a eu lieu; car jamais les ulcérations dans ces conditions ne s’inoculent.

Mais s’il restait bien prouvé que jamais avec

Gibert, Manuel des maladies vénériennes, Paris, 1 83-5 .

du muco - pus pris dans les organes génitaux de la femme on ne pouvait produire de chancre, quand le spéculum avait montré qu’il n’existait nulle part des ulcérations de cette nature, il était possible , par l’analogie la plus rigoureuse et la logique la plus serrée, de conclure, comme je l’ai fait, que, toutes les fois qu’un écoulement blennorrhoïde urétralchezl’bomme communiquait un chancre à une femme, c’est qu’il y avait alors autre chose qu’une blennorrhagie, et que l’urètre était, dans ce cas, le siège d’un chancre dans quelque point de son étendue.

Cependant cette doctrine a dû trouver des incrédules et des opposants de mauvaise foi qui n’ont pas admis les chancres de lurètre par une raison fort curieuse, c’est qu’ils n’en avaient jamais vu, comme si chaque homme en particulier pouvait avoir tout rencontré ; mais ce qu’il y a de plus remarquable , c’est que l’existence de toute espèce d’ulcération a été niée, et ce qui a fait refuser à ce canal le droit de s’uluérer , sous l’influence des causes qui produisent ce résultat sur toutes les autres muqueuses , c’est que Morgagni n’a jamais trouvé d’ulcérations dans la blennorrhagie; lui, Morgagni, qui a cependant observé des chancres du méat urinaire et des cicatrices dans l’urètre qui devaient bien venir de quelques destructions préalables; c’est que Himter, qui fît

l’autôpsie de deux pendus qui avaient des gonorrhées ne trouva pas non plus d’ulcérations dans le canal; c’est qu’enfm M. Cullerier, dans une aiitop. sie, et M. Philippe Boyer, dans une autre, trouvèrent également une membrane muqueuse sans ulcérations : bien que je doive à la vérité de dire queM. Cullerier m’a répété qu’il n’avait jamais eu la pensée de conclure, de l’autopsie qu’il avait faite, que l’urètre ne fût pas susceptible de ce genre de maladie. Toutefois il restait encore à démontrer, par une série d’observations et l’anatomie pathologique en main, que ce ccnduitqu’on voyait si souvent encore ulcéré’^ auméat

^ Astriic dit : « J’ai vu plusieurs cas dans lesquels il y avait un chancre à l’entre'e du canal de l’urètre. Franc ; (Œtsub aspectnmedorrheœ luem vira incauto conferre queunl , latet inlerdum ulcusculurn quin syviptomata ici doceani in iiretro. Bell en donne trois observations, une a lui, une de Wiseman , l’autre d’Howard; M. Capuron en rapiiorte deux.

Spangenberg rapporte l’observation suivante ;

«Un jeune homme eut uneblennori hagie virulente qui fut traite'e par des injections ; il lui resta une blennorrhe'e qui laissait apercevoir un point fixe et douloureux en urinant , et en pressant l’urètre vers les glandes de Morgagni la pression faisait paraître une goutte de pus mêlée de sang à l’orifice de rurèlre. On employa des toniques et des onctions excitantes, et l’écoulement disparut, la douleur subsistant toujours. Quelque temps après, le malade s’aperçut un matin que l’urine sortait par diverses ouvertures du canal et du gland, lesquelles offraient une foule de petits, mais vrais chancres, qui avaient une ouverture fistuleuse. On fut alors assuré

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urinaire et à la partie antérieure pouvait l’élre en d’autres points de son étendue, en ne fournissant alors que des symptômes de blennorrhagie.

qu’auparavant la douleur dépendait d’un clianci’c qu’on n’avait jias pu apercevoir. »

Swédiaur (page 187 de son Traité sur les maladies vénériennes), qui, par suite de conse'quences fausses déduites cependant de faits bien observe's, croyait à l’identilcde la blennorrhagie et du chancre, sous le rapport de leur essence ou du virus qui les produit, et qui, par les observations qu’il rapporte, aurait dl\ être conduits une doctrine opposée, comme on pourrafacileinent s’en convaincre, admet très positivement les ulcérations dont il a seulement méconnu la véritable esplîcation, et dit :

(I La rareté de l’infection gonorrhoïque tient à ce que le virus produit une inflammation superficielle , et cause l’arement des idc'eres, qui donnent lieu à l’absorption dans la masse du sang; la membrane muqueuse est déféndue par la sécrétion du mucus, qui est augmentée par l’infection. Alors le virus est fort délayé , les parois de l’urètre sont défendues , par conséquent la formation d’un ulcère empêchée. Si , on la diminue, il est certain que sur dix cas il y en aura neuf dans lesquels l’excoriation ou l’ulcération de l’urètre s’ensuivra et produira la vérole, aussi certainement que les ulcères syphilitiques peuvent la produire, m

Thomas . Bartliolin en a cité un grand nombre. M. Lisfranc, également dans sa thèse inaugurale, a rapporté des observations qu'on ne saurait aujourd’hui contester; mais celles qui présentent encore peut-être plus d’intérêt, et dont Fourcroy apu être témoin, sont celles que Teytau rapporte pages 83, 107 et suivantes , de son Traité sur la gonorrhée {2axis, QM \i).

Comme on a pu le voir dans les citations que je viens de faire , il m’importait d’établir ce fait , que la blennorrhagie pouvait être accompagnée d’ulcérations, bien que les différences qui existent entre certaines ulcérations simples et le chancre n’aient pas été toujours aussi bien faites par les auteurs que je l’ai fait depuis , à l’aide de l’inoculation.

Il est certain que, dans les observations rapportées par les auteurs, où du pus de chancre introduit dans l’urètre a pu produire une blennorrhagie ( et ces observations me paraissent incontestables ), de deux choses l’une : ou la matière du chancre n’a agi que comme irritant simple pour faire naître un écoulement , ou bien , agissant d’une manière spécifique, elle a donné lieu à un chancre urétral qui, par son siège, ne pouvait occasionner que des symptômes de blennorrhagie, en constituant ce que j’ai appelé le chancre larvé ; car, s’il est vrai qu’avec de la matière de chancre on ait pu déterminer des écoulements, jamais avec la sécrétion muco-purulente de la blennorrhagie, recueillie sur des muqueuses non affectées de chancre, on n’a pu donner lieu à autre chose qu’à celle-ci.

Bell (tom. 1 . pag. 492 ) rapporte les observations suivantes :

« Deux jeunes gens qui étudiaient en médecine, s’étant mis en tête de déterminer le point en question, résolurent de faire les expériences suivantes, dans un temps où aucun d’eux n’avait été affecté de la gonorrhée ni de la vérole. Dans ces expériences, ainsi que dans les précédentes, la matière fut prise sur des malades qui n’avaient jamais pris de mercure. Chacun d’eux s’interposa, entre le prépuce et le gland, un plumasseau

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de charpie imprégné de la matière de la gonorrhée, et le laissa séjourner sur le même point pendant l’espace de vingt-quatre heures. Ils comptaient en voir pulluler des chancres; mais, chez l’un, il survint, sur tout lé gland et le prépuce, un violent degré d’inflammation, portant toutes les apparences de ce qu’on appelle gonorrhée bâtarde. 11 s’écoulait, de la surface des parties enflammées, une quantité considérable de matière fétide, et, pendant plusieurs jours, il y eut lieu de craindre d’être obligé d’en venir à l’opération pour le guérir d’un phimosis. Cependant, au moyen de cataplasmes de mie de pain et de dissolutions d’acétate de plomb, de laxatifs et d’un régime sévère, l’inflammation diminua, l’écoulement cessa, il ne survint point de chancres, et il fut hientôt totalement guéri.

» L’autre ne fut pas si heureux ; l’inflammation extérieure était, en effet, légère; mais la matière ayant trouvé accès dans l’urètre, il fut, le second jour, attaqué d’un degré considérable de gonorrhée, qui dura assez longtemps pour lui causer heaucoiip de tourment, et il ne put en être quitte avant l’espace de plus d’une année.

» Il fut convaincu, par là, de l’imprudence qu’il y a à faire de pareilles expériences, et ne fut plus tenté de les porter plus loin, quoiqu’elles fussent ardemment continuées par son ami , qui , peu de

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temps après que rinüammation de la première expérience fut dissipée, introduisit, sur la pointe d’une lancette, de la. matière de la gonorrliée sous la peau du prépuce et pareillement dans la substance du gland ; mais, quoiqu’il eût réitéré cette opération à trois fois différentes, elle ne produisit point de chancres. H survint seulement, chaque fois, un degré léger d’inflammation qui disparut sans qu’on y fit la moindre chose. Sa dernière expérience fut accompagnée de conséquences plus graves. îl introduisit la suppuration d’un chancre, sur le bout d’une sonde, à la profondeur de quatre lignes en dedans de l’urètre ; il ne parut aucun symptôme de gonorrhée ; mais, dans l’espace de cinq à six jours, il aperçut un chancre inflammatoire douloureux sur le point où il avait appliqué la matière. A cet accident succéda üu bubon qui vint à suppuration, malgré l’application immédiate du mercure, et la plaie qui en résulta devint très considérable. Il ne guérit que lentement. Il survint aussi des ulcères de la gorge, et il ne put effectuer sa guérison qu’avec l’emploi d’une quantité considérable de mercure, qui lui fut adininistrée, sans qu’il pût quitter l’appartement, pendant près d’un mois.

» J’ai été, au moyen de ces expériences, mis il portée de produire les preuves les plus décisives que l’on puisse désirer de la différence entre fa

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matière de la gonorrhée et celle de la vérole, et de démontrer que l’on ne peut donner lieu à des chancres, ni à d’autres symptômes de maladies générales, avec la matière de la gonorrhée, tandis que celle syphilitique, appliquée même aux surfaces sécrétoires de Furêtre, produit des chancres qui portent ensuite l’infection dans le système. n

Ajoutons, aux faits empruntés à Bell, qu'un nommé Valentin, cité par Freteau, essaya, plusieurs fois sans succès, de s’inoculer la blennoi rhagie, sans produire ni chancres ni même d’écoulement.

On a cru que la seule dilférence qui existât entre le chancre et la blennorrhagie tenait à une différence de force ou à un degré plus ou moins grand déconcentration du virus; oubliant ici cette loi fondamentale dans les maladies syphilitiques, que l’intensité des symptômes n’est jamais en raison de la gravité de la maladie delà personne qui communique , mais bien en raison de celle qui s’infecte. Et encore , en supposant des nuances dans la force du virus et l’existence de syphilis superficielle ^ et de syphilis plus profonde , on comprendrait bien que le virus du chancre,

* Quelques auteurs, M. Lagneau entre autres, donnent ii lu blcnnorrbagie cette synonymie.

en perdant sa force, ne fût plus susceptible de produire que des blennorrhagies, ce qui serait contraire à l’opinion de Swédiaur, qui regarde l’ulcération comme la conséquence d’un moindre degré d’irritation; mais, dans ce cas, comment concevoir que le virus affaibli dans celles-ci pût, à son tour, reproduire un chancre. Dans une autre explication plus absurde , on a pensé que les muqueuses affectées de blennorrhagie ne s’ulcéraient pas , parce que le virus se trouvait enveloppé par une coque de mucus (Hufeland). Qu’un virus ainsi incarcéré n’eût pas d’action sur une muqueuse saine , c’est possible ; mais qu’il pût y produire précisément des ulcérations sans entamer celles qui l’auraient sécrété, ou, au moins, dans les parties voisines ou contiguës , c’est ce qui devient par trop déraisonnable. La théorie de M. Lagneau , qui veut que la blennorrhagie ne donne lieu à la vérole constitutionnelle que lorsqu’une portion de muqueuse reste saine pour absorber le virus que sécrète celle qui est infectée, n’est, en vérité, pas plus admissible, surtout quand l’expérience apprend si bien que le virus syphilitique ne saurait traverser la peau ou une muqueuse saine sans l’i nfecter directement. Quant à l’opinion de Swédiaur, qui, comme on l’a vu, veut encore que la blennorrhagie ulcère les tissus pour produire l’infection générale, elle se

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réduit à cette proposition , sav.oir : que le chancre seul peut donner lieu aux accidents secondaires.

On a encore pensé que la cause restant la même pour le chancre et la blennorrhagie, la différence dans la forme ne tenait qu’à celle des tissus affectés , et qu’ainsi le virus syphilitique appliqué sur une surface non sécrétante produisait le chancre, et sur une muqueuse la blennorrhagie (Hunter); mais, pour que cela fût vrai, il faudrait que le muco-pus blennorrhagiqiie appliqué à la peau produisît le chancre , et que le pus du chancre sur les muqueuses ne déterminât que la blennorrhagie Or, on sait

* Le pus fourni par le chancre bien établi est quelquefois assez abondant pour se rc'pandre dans le Toisinage; alors, quand il siège sur le gland ou à l’inte'rieur du prépuce, il enflamme et souvent excorie ces parties, donne même lieu à de nouvelles ulcérations qui amènent bientôt d’autres épiphénomènes, et notamment le phimosis! On trouve, dans les idanches de Mertens, rhistoire d’un pareil symptôme caractéi'isé par nombre de chancres, qui entouraient la base du gland et offraient autant d’affections grégales différentes. Le prépuce était d’un rouge foncé, comme bleuâtre ; la veine honteuse et ses ramifications étaient gorgées d’un sang épais et bleuâtre.

La matière prise du chancre en pleine suppuration et aussitôt inocidée peut faire naître une suite de symptômes aussi fâcheux et quelquefois plus que ceux auxquels donnerait lieu le coït le plus impur.

Duncan , à ce sujet , se cite en preuve dans une expérience qu’il

PREJUÈRE PARTIE. — CUAPITRE II.

que la matière blennorrhagique ne produit jamais de chancre sur la peau, et qu’appliquée sur des muqueuses, quelles qu’elles soient, elle ne

tenta pour constater le pouvoir du pus cliancreux sur le canal de l’urèlre :

« Je pris, dit cet auteur, sur le bout d’ùne sonde, de la siipparation d’un chancre placé sur le gland, avant qu’aucune application y eût e'té faite, et me l’introduisis coiujilctement dans l’urètre, m’attendant par là à jn’oduire la gonorrliée. Pendant les huit premiers jours, je n’éprouvai aucun mal j mais vers ce terme, à peu près, je ressentis tout à coup, de la douleur en urinant.

M Ayant écarté les lèvres de l’orifice de l’urètre autant que possible, j’aperçus à peu près toute l’étendue d’un chancre formé, et peu de jours après, il me vint un bubon à chaque aine. Il ne me survint aucun écoulement par l’urètre pendant tout le cours de la maladie; mais j’aperçüs bientôt un autre chancre au côté opposé de l’urètre , sur lequel j’appliquai du précipité rouge , ainsi que s ur l’autre , au moyen d’une sonde cpue j’avais d’abord mouüléeau bout à cet effet. Je me fis en même temps des frictions mercurielles sur chaque cuisse, etj’en éprouvai une forte salivation; les bubons, qui jusqu’alors avaient continué d’augmenter , restèrent dans le même état, puis enfin disparurent entièrement. Les chancres se detergèrent, et j’obtins enfin, au moyen d’un usage suivi du mercure, une guérison complète . .

3> Plus la peau est épaisse, plus difficilement aussi se forme le chancre; mais si l’épiderme a été entamé de quelque manière que ce soit, l’ulcère alors n’est pas lent à se produire .

3) Une particularité, du chancre est celte pn’opriété qui lui est reconnue de creuser le lieu ou il siège . . .

3) Le chancre olFre un foyer où continuellement s’élaborent 1m principes d’une matière qui a la propriété de communiquer l’infec-

développe, quand elle agit, que des écoulements.

Jamais de la sécrétion blennorrtiaglque appliquée sur la muqueuse oculaire n’a donné lieu à des chancres delà conjonctive ou des paupières, ni, de son côté, la sécrétion muco-purulente de tophthalmie blcjmorrhagique na déterminé de chancres par l’inoculation ou autrement ^ bien que les paupières soient susceptibles d’être infectées par le chancre. Ajoutons que le muco-pus delà balanite ou de la posthite, suites d’un coït réputé suspect, ou produites artificiellement par un irritant, n’a jamais.'amené de résultat par l’inoculation, et que ces alFections, en conséquence, ne sauraient être suivies des accidents de la vérole constitutionnelle , toutes les fois qu’elle ont existé sans chancres

tion à un individu sain, et, à Lien plus forte raison , cette matière rétablit-elle chez l'individu même , où continuellement elle est en contact avec les orifices des v'aisseaus absorbants dont elle active le pouvoir. »

Cours (le vuiladles srpliillliqiies, par M. Î’etit-Radel. Edition publiée à Taris, en 1812; tome page 3 17.

* <i Ainsi que nous l’avons déjà dit, on ne saurait considérer la balanite simple comme une affection grave, eteîie est simple dans le plus grand nombre des cas; aucun auteur n’a e'mis l’opinion qu’elle pût donner lieu à des accidents syphilitiques secondaires ou constitutionnels ; aucun surtout n’a cite' de faits authentiques propres à le faire croire. Pour nous, nous ne pensons pas qu’elle puisse être vénérienne et nous la regardons comme une ail'ection non virulente et incapable d’avoir' aucune conséquence. Aussi ne

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