CHAPITRE
Sans entrer ici dans la discussion et l’iiistoire de tous les accidents qu’on a cru devoir rapporter à la blennorrhagie , il en est deux qui sont assez fréquents et réguliers, comme symptômes consécutifs : ce .sont les bubons (bien moins communs toutefois qu’après le chancre) et l’épididymite. Eh bien ! un fait que j’ai constaté par l’inoculation , c’est que dans les bubons qui surviennent après une blennorrhagie, et qui, dans ce cas, se •terminent rarement par suppuration, le pus, lorsque cependant celle-ci a lieu, ne s’inocule pas, et ils se conduisent dans cette circonstance, comme des engorgements, ou des abcès simples, dont les caractères se rapportent souvent aux affections strumeuses et non syphilitiques.
Quant aux épididymites qui , plus rarement encore , suppurent , jamais le pus n’a rien fourni par l’inoculation.
Le relevé des observations fait sur la blennorrhagie, pendant mes recherches sur l’inoculation, conduit aux propositions suivantes :
pensons-nous pas qu’elle puisse obliger à aucun traitement anlivénérien si faible qu’il soit , et quelque ide'e qu’on ait à ce sujet sur lequel nous reviendrons plus tard. Mais il est bien entendu qu’il ne s’agit ici que de la simple balanite, à laquelle les véritables ulcérations sont tout à fait étrangères, et qui ne s’accompagne que d’excoriations , c’est à dire d’un soulèvement de répithéliuiO) sans solution de continuité de la membrane muqueuse du gland ou du pre'puce, » MM. Cullerier et Ratier. — Dict. en i5 volumes.
1 La matière de la blennorrhagie, appliquée sur une muqueuse saine , y développe d’autant plus aisément une inflammation blennorrliagique, quelle se rapproche plus delà forme purulente, et que , partant , elle est moins muqueuse, contrairement à l’opinion de Wathely,
2°, Dans aucune circonstance , elle ne peut produire le chancre ; mais comme matière irritante, comme celle du coryza, par exemple, elle peut excorier la peau avec laquelle elle reste quelquefois longtemps en contact , mais jamais y produire d’ulcère spécifique. Convaincu de ces vérités si souvent vérifiées , on a vu mon élève, M. Léon Ratier, s’inoculer, dans nos réunions cliniques, le muco-pus blennorrhagique sur la peau des avant-bras sans aucun résultat.
3“. Les accidents consécutifs incontestables et réguliers de la blennorrhagie ne fournissent pas non plus un pus inoculable.
4". Les accidents de syphilis constitutionnelle ne sont pas la conséquence de la blennorrhagie. Toutes les fois que celle-ci a pu être notée comme antécédent , dans les observations rapportées par les auteurs , cas dont la rareté est précisément en rapport avec celle des chancres larvés, le diagnostic n’a pas été exact, les surfaces malades n’ayant pas été explorées.
5“. Enfin le seul moyen rigoureux de dia-
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gnostic est, dans l’état actuel de la science, l’inoculation. Toute blennorrhagie soumise à l’inociiiation dans ses différentes phases, sans donner de résultat, ne constitue qu’une affection sim^ pie et incapable de communiquer la syphilis, soit primitive sur un autre sujet, soit constitutionnelle sur celui qui en est d’abord affecté *■.
Après avoir établi que la blennorrhagie et le chancre constituaient deux maladies tout à fait distinctes, sous le rapport des causes, de la forme et des conséquences, il me reste à examiner entre eux les autres symptômes réputés syphilitiques primitifs.