INOCULATION DANS LES SYMP OMES SECONDAIRES
sent, et que, passé ce point, et là où un commencement de mélange se faisait à la circulation et à d’autres matériaux organiques par cette espèce de digestion ganglionnaire, qui a lieu dans le système lymphatique, le pus virulent subissait une transformation qui, sans le priver de sa spécificité sous le rapport des accidents à produire dans l’économie , lui ôtait la possibilité de s’inoculer; que ce n’était même qu’en vertu de cette modification que le tempérament syphilitique pouvait s’établir, pourdonner lieu plus tard à la diathèse , par le développement des symptômes secondaires; que , sans traverser le. système lymphatique, ce résultat était la conséquence rigoureuse de l’absorption veineuse : les accidents de la vérole constitutionnelle n’ayant pas besoin pour se manifester du passage du virus par les lymphatiques, et de la production préalable, dans tous les cas, de bubons.
Mais si les deux voies d’absorption sont incontestables pour le virus vénérien , d’abord par les lymphatiques sans altération dans ces qualités primitives jusqu’au premier ganglion; puis par les ve nés pour infecter directement l’économie et produire avec tant de facilité des affections cutanées, comme on l’observe dans tous les cas où des substances délétères sont injectées dans ces vaisseaux sanguins , il est bien remarquable que jamais, dans les veines, à quelque distance que ce
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soit du chancre, nous n’avons trouvé du pus inoculable *. Une fois uni au sang , le pus virulent ne s’inocule plus. Il faut bien prendre garde de s’en laisser imposer par un accident fréquent chez les hommes affectés de chancres au gland ou au prépuce , je veux parler de ces engorgements en forme de cordon tendu sur le dos de la verge et auxquels on donne banalement le nom de phlébite dorsale de la verge. J’ai été à même d’observer souvent ce symptôme et de constater qu’il était du à une angéioleucite et non à une phlébite; d’abord, si l’on fait attention que cette espèce de corde, souvent noueuse, s’étend du chancre aux régions ganglionnaires, sans jamais les
^ M. Jourdan dit encore dans son Troité des maladies vénériennes, tom.
" a Le sang d’une personne atteinte de la ve'role n’est pas plus infecté que ce liquide ne l’est dans la variole , d’après Darwin , ou dans la rage, suivant MM. Trollier et Bertliold.)) « Le sang d’un syphilitique, dit Hunter, n’ést pas contagieux. On peut l’inoculer sans jamais craindre la maladie; car, s’il était capable d’irriter une plaie simple et d’y déterminer uiie inflammation vénérienne, tout individu chez qui circulerait cette matière, ou qui serait atteint de syphilis, ne pourrait éviter de gagner un ulcère vénérien s’il était blessé dans un endroit quelconque, ou même égratigné avec une épingle. La partie ainsi ulcérée se transformerait en un chancre. » Bell prétend que celte transformation arrive quelquefois , mais il a grand soin de faire observer que c’est surtout dans les périodes fortavancées de la maladie.
Je crois que Bell n’a pas bien apprécié les circonstances dans lesquelles cela est ariâvé.