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DES COULEURS

Les couleurs de gouache sont faites d’un mélange d’eau et de gomme arabique fondue à chaud , dans lequel on broie les couleurs en poudre. Connaissant cette préparation, il suffira donc, si la couleur vient à sécher dans les pots, de refaire un peu de liquide et d’y triturer la couleur : si la dessiccation est complète , il faut extraire la couleur au couteau, et rebro}^er à la molette ; si la gouache est simplement devenue trop épaisse, il suffit, après avoir versé dans le pot un peu d’eau gommée, de tourner la couleur à l’aide d’un bâtonnet, de verre, autant que possible.

On ne trouvait autrefois dans le commerce que

quatre sortes de gouache : la blanche faite de sels de plomb ou de zinc ; la jaune , faite avec du chrome foncé ou des sels rouges de plomb, et la verte faite d’oxyde de cuivre. Quelques artistes ont conservé l’usage de ne se servir que de ces quatre couleurs préparées en gouache. Pour les autres couleurs, ils se servent des couleurs ordinaires de la palette d'aquarelle à laquelle ils ajoutent de la gouache blanche , en délayant à l’eau gommée.

On peut encore préparer soi-même les couleurs de gouache autres que celles achetées toutes faites, en délayant et rebroyant à la molette sur une plaque de verre dépoli les couleurs en poudre impalpable, à l’aide de l’eau gommée. Ce procédé est assez coûteux , car on ne saurait en préparer en quantité suffisante pour remplir un ou plusieurs pots, et préparée en petite quantité la gouache sèche rapidement, il faut la rebroyer du jour au lendemain ou tout au moins la manipuler au couteau à palette. On peut, il est vrai, obvier à cet inconvénient en ajoutant un peu de glycérine ; cependant il ne faut , croyons-nous , recourir à ce moyen que si l’on veut des tons spéciaux qu’on ne trouve pas dans le commerce.

On l’a vu par la nomenclature des quatre couleurs fondamentales de gouache, dont les sels de plomb ou de zinc, et les sels de cuivre sont la base ; ce sont là des produits vénéneux qu’il faut bien se garder d’absorber par l’introduction du pinceau dans sa bouche, habitude dont l’aquarelliste a bien de la peine à se défendre , mais qui doit être rigoureusement bannie par le peintre à la gouache sous peine de désordres ou de crises d’estomac qui deviendraient insupportables à la longue. 11 faut y faire extrêmement attention :

en effet, quand on fait de l’aquarelle, ces couleurs, qui d’abord ne sont pas

du XIV® siècle.

toutes nuisibles, sont très étendues d’eau, quand on les absorbe, tandis qu’à la gouache, il entre toujours du blanc, soit dans la composition ou le mélange , et l’on absorberait ainsi des sels de plomb on de zinc à l’état infinitésimal, c’est vrai, mais continu, ce qui est malsain. Je le répète donc, il ne faut jamais, et en aucun cas, introduire le pinceau dans la bouche et, pour n’en pas être tenté, se servir de pinceaux à poils un peu longs, dont la pointe se reformera plus aisément.

La palette du peintre à la gouache se composera de :

Les blancs.

Blanc permanent. — Blanc d’argent. — Blanc de Chine.

Les jaunes.

Ocre jaune. — Jaune de chrome clair. — Jaune de chrome foncé. — Jaune de Naples. — Jaune d’or. — Cadmium clair. — Cadmium foncé. — Terre de Sienne naturelle.

Les bleus.

Outremer. — Cobalt. — - Bleu de Prusse. — Cœruleum. — Bleu minéral. — Indigo.

Les laques. .

Laque rose. — Garances rose et foncée. — Laque carminée. — Laque violette.

Les bruns.

Terre de Sienne brûlée. — Brun Van Dick. —

Brun de Madder.

Les verts.

Cendre verte. — Vert émeraude. — Vert de Gobait. — Vert de vessie.

Le noir d'ivoire.

Avec une telle palette, l’amateur peut aborder tous les genres. Nous verrons à la simplifier, pour la peinture des manuscrits, confinée

Lettres ornées fond or tirées d’un manuscrit du xiv® siècle.

Karl Robert. — La Gouache.

presque toujours en quelques couleurs seulement, puis pour le paysage, dont l’exécution doit être plus sobre, et où l’harmonie générale exige une exécution plus grise et faite surtout de mélanges simples, c’est-à-dire à deux tons. Pour la peinture de genre, au contraire, l’emploi des couleurs mères à l’état pur est très fréquent danslagouache, pour les rehauts de lumière; il est donc indispensable de posséder un nombre assez considérable de couleurs premières.

Figurine d’ange tirée d’un manuscrit du xvi® siècle.

Scènes comiques tirées d’un bréviaire du xiv® siècle.

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