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DE LA FUMÉE

Dans l'industrie, on nomme fumée tout ce qui colore les gaz provenant de la combustion, c'est-à-dire, de l'oxydation des combustibles. Par extension, on applique ce mot aux gaz eux-mêmes, qui sont surtout de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique, de la vapeur d'eau, enfin de l'azote qui y entre pour plus des trois quarts et qu'il faut nécessairement chauffer pour en opérer le déplacement. La fumée des bois est généralement légère et s'élève rapidement. Celle des houilles

renferme moins d'oxygène et plus de carbone; elle est plus dense et s'élève moins dans l'atmosphère où elle se répand horizontalement, au point de masquer quelquefois la lumière du soleil dans les grands centres manufacturiers. De là, des décrets inexécutables sur la fumivorité : on s'est bien vite aperçu que la fumée n'était pas une conséquence nécessaire de la combustion, mais qu'elle était due à l'imperfection des appareils de chauffage.

En effet, on la voit paraître surtout au moment où Ton vient de charger le feu, alors que s'élèvent ces vapeurs d'huiles essentielles et ces particules de charbon qui, faute d'air et d'une température assez élevée, n'ont pas été brûlées ou oxygénées et se trouvent entraînées avec les produits gazeux du foyer. La fumée n'est doncpas seulement un inconvénient grave pour les voisins des usines, c'est aussi une partie considérable du combustible absolument perdue. Le but à atteindre n'est pas de brûler la fumée, mais de brûler le charbon sans fumée ; pour cela deux conditions sont indispensables : le mélange à l'air en proportion convenable, puis faire ce mélange à une température suffisante.

Ces questions ont plus d'importance dans l'industrie qu'en économie domestique. Signalons seulement les procédés qu'on a proposés en Angleterre. Ils consistent surtout dans l'alimentation du foyer pardessous, en soulevant ce foyer au fur et à mesure de la combustion. Mais les appareils Cuttler, Arnott et autres n'ont eu qu'un succès passager à cause de leur complication, de leur prix de revient et de l'intelligence qu'ils réclament pour le service. En économie domestique, on est toujours obligé d'en revenir aux choses simples et fonctionnant seules.

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