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DU COMBUSTIBLE

Houille. . . .

45 r à 50 f la tonne.

Coke

l f 60 l'hectolitre

ou

45 f la tonne.

l f environ.

Bois

50 f les 1000 kil.

à 20 % d'eau.

Gaz

à f 30 le met. cube

ou

39' 45 les 100 kil.

4* environ.

Ces chiffres varient, bien entendu , suivant les lieux et les cas par

ticuliers : ce ne sont que des moyennes, puisqu'au point de vue pratique il faut tenir compte :

1° Des prix qui varient suivant les lieux.

£° Des appareils qui servent à la combustion et qui l'utilisent dans des proportions très-diverses. Mais on pourra toujours en conclure quelle est la préférence à donner à un combustible suivant les circonstances.

Si je ne parle pas ici du pétrole, c'est que son emploi pour les usages qui nous occupent est encore environné de tant de dangers que la prudence recommande de l'interdire. D'ailleurs, son prix, comme résultat calorifique, le rend encore inférieur à la houille, surtout à Paris.

Complétons ces courtes données sur les combustibles par quelques réflexions sur leur emploi et sur leur effet hygiénique.

La houille. Cette matière si précieuse, qui a changé la face du monde depuis un siècle, nous donne à la fois la chaleur, la force mécanique et la lumière. On a dit avec raison que c'était des rayons de soleil emmagasinés depuis des siècles et on devrait la désigner sous le nom de diamant noir. C'est le combustible par excellence et le moins cher : il a un pouvoir rayonnant considérable, mais il exige un tirage énergique à cause des produits sulfureux et de la poussière qu'il dégage. Sa valeur se juge en partie par ses cendres et ses résidus qui sont composés d'argile, d'o>yde de fer, de carbonates et de sulfates divers. Il en existe des variétés considérables dans la croûte terrestre et son importance est telle que le degré de richesse d'une nation se mesure en quelque sorte aujourd'hui par l'étendue et la consommation de ses mines de houille. N'est-ce pas elle, en effet, qui donne la vie à ce merveilleux et infatigable ouvrier, la machine à vapeur, qui exécute dans nos usines des travaux d'Hercule et les œuvres les plus délicates de précision ? C'est elle qui animant nos locomotives, nous fait faire le tour du monde en trois mois, elle qui nous éclaire quand le soleil a disparu de l'horizon, qui donne naissance à de brillantes matières colorantes, qui nous protège contre les épidémies par l'acide phénique. Quels sont aujourd'hui les peuples les plus avancés du globe? non pas ceux qui exploitent leurs mines d'or, mais ceux où l'exploitation et l'usage de la houille sont les plus avancés.

En Angleterre, l'application de la houille aux usages domestiques nous donne un exemple bien curieux des revirements des opinions

humaines. La première compagnie qui se forma à Newcastle pour l'exploitation d'une mine date de 1239. L'usage de la houille ne fut d'abord permis qu'aux industriels et de longtemps les particuliers ne purent s'en servir sous les peines les plus sévères. On était convaincu alors que la fumée était un sérieux poison pour l'atmosphère de la ville et cette aversion était d'autant plus naturelle que les vastes cheminées de l'époque étaient mal disposées pour la combustion d'un produit chargé de vapeurs sulfureuses. Il est assez curieux aussi d'étudier le premier mode de combustion du charbon de terre. Vers le milieu du dix-septième siècle, on n'employait encore en Belgique et en Angleterre que les agglomérés d'argile et de charbon disposés comme l'indique la ûgure 1, qui rappelle les antiques usages de l'Orient où l'on brûle encore le combustible de la même manière. Ce n'est que vers 1658 que J. Winter introduisit une sorte de cage ou de berceau de fer qui donna naissance à nos grilles modernes.

Le coke, résidu de la distillation de la houille, est un combustible récent inconnu Fi h

dans bien des pays 11 exige des appareils spéciaux et son allumage est plus difficile, mais, dans certains cas où il faut éviter la fumée par tous les moyens, il peut rendre de grands services et son usage est maintenant très-répandu dans toutes les grandes villes. Il brûle presque sans flamme et s'éteint à l'air libre, mais il peut se maintenir longtemps en ignition quand il est mis en certaine quantité dans un foyer fermé. C'est pourquoi on l'emploie avec avantage dans les poêles à combustion lente.

Le charbon de bois provient de la dessiccation des bois à une température très-élevée; il est peu économique, il dégage beaucoup d'acide carbonique et exige des précautions qui limitent depuis longtemps son emploi à quelques usages spéciaux. Il ne sert guère dans le chauffage domestique que pour la cuisson des aliments.

L'anthracite. Il est peu abondant en France et son emploi ne date aux États-Unis que de soixante ans environ, quand la guerre de 1812 priva les manufacturiers des charbons anglais. A partir de 1820, les mines de Pensylvanie furent mises en exploitation réglée pour les usages industriels, puis après pour les usages domestiques. C'est un charbon presque pur, contenant 93 pour 100 de carbone, renfermant

très-peu de soufre, brûlant sans flamme et sans fumée et difficile à allumer.

Les halles minérales non purifiées sont très-dangereuses à cause des gaz inflammables qu'elles dégagent. Leur emploi demande des appareils spéciaux et des précautions particulières. Jusqu'à présent, leur application aux usages domestiques s'est bornée aux appareils d'éclairage.

Le bois, sans aucun doute, est le combustible le plus ancien et le plus généralement employé, parce qu'il se trouve presque partout à \a surface du globe. Il se compose en moyenne de 50 pour 100 de carbone et de 50 pour 100 d'oxygène et d'hydrogène. On sait que sa puissance calorifique dépend beaucoup de son état de siccité, à cause de la chaleur absorbée pour faire passer à l'état de vapeur l'eau contenue dans les fibres ligneuses. Le bois a pour inconvénient d'être encombrant et de laisser des résidus abondants, mais sa flamme vive et pétillante, image de la vie, exerce sur nos organes une influence des plus heureuses, cause de la faveur qu'il gardera longtemps encore dans les classes riches.

Le gaz hydrogène, bien qu'il soit trop cher, offre des avantages qui en assureront remploi dans une foule de circonstances, par exemple, quand on sera limité par l'espace, quand on voudra produire une action immédiate et activer ou ralentir subitement cette action. Avec lui, pas de provisions, pas de cendres, pas de domestiques ; dès que le besoin de la chaleur cesse, il y a arrêt immédiat de la dépense; de là une économie considérable qui balance souvent la cherté relative du début. Il sera toujours indispensable d'accompagner les appareils d'un tuyau d'échappement pour les produits impurs de la combustion.

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