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DU CHAUFFAGE A LA VAPEUR A BASSE PRESSION

Nous avons vu, en parlant des premiers calorifères, que déjà en 1745, la vapeur avait été employée par Cook pour chauffer les habitations, et qu'à la fin du siècle dernier, Boulton et Watt l'avaient appliquée aux filatures et aux ateliers. Depuis ce moment, l'usage s'en est répandu sur une grande échelle, surtout dans les usines où la partie la plus délicate du système, le générateur, existait déjà, et où l'étendue et le nombre des pièces à chauffer exigeaient des moyens prompts, économiques et tenant peu de place.

Le chauffage à la vapeur est fondé sur la propriété que possède

l'eau d'absorber une chaleur considérable pour passer à l'état de vapeur, puis de se condenser, c'est-à-dire, de retourner rapidement à l'état liquide, quand elle est mise au contact de surfaces froides. A ce moment, la chaleur latente se dégage et se communique aux corps environnants.

Les avantages de ce mode de transmission consistent : 1° Dans la rapidité avec laquelle se meut la vapeur ; 2° Dans la petitesse des tuyaux destinés à la conduire et dans la quantité de chaleur qu'elle peut transmettre en passant de l'état gazeux à l'état liquide; 3° Dans la facilité qu'elle présente de faire varier rapidement la température d'un lieu donné. C'est cette qualité qui lui a fait donner la préférence à Londres pour le chauffage des chambres du Parlement. Le point capital consiste à éviter les siphons où l'eau séjourne à cause des claquements toujours désagréables et quelquefois dangereux.

Dans les premiers temps, des installations vicieuses, des pentes mal aménagées ont causé des accidents qui ont retardé l'emploi d'un moyen excellent de chauffage, si ce n'est dans les grands établissements. Mais dans une foule de cas. quand les dispositions sont bien étudiées par des ingénieurs habiles, les appareils à vapeur remplacent avantageusement tous les autres modes de chauffage dans les établissements publics et même dans les habitations privées. Ils demandent une installation parfaite, des calculs convenablement faits pour les surfaces de transmission, suivant les causes de déperdition, c'est-à-dire, suivant la hauteur des pièces, l'épaisseur des murs, le nombre des fenêtres, l'exposition au nord ou au midi, etc. Il faut que les poêles disposés dans les appartements ne soient pas au contact d'objets pouvant se détériorer par la chaleur ; mais, cela bien compris et les moyens complémentaires de ventilation bien disposés, voici, en somme, les avantages principaux qu'offre la vapeur employée à basse pression.

1° Ce chauffage exige des frais d'installation moins élevés que le chauffage à l'eau chaude, parce que la circulation se fait par de petits tuyaux de m ,03 à u m ,05 : les surfaces de transmission peuvent être moins nombreuses, puisqu'elles sont à une température plus élevée.

2° Si l'appareil est bien établi et les pentes bien ménagées, il n'y a ni danger de fuite, ni d'explosion à craindre, puisque l'eau condensée retourne immédiatement au bouilleur, comme on peut le voir par la

Fig 229.

fig. 229. Il n'y a donc jamais de siphons, jamais de mauvais joints, avec leurs conséquences, dans les appartements.

3° Pas de fumée, pas d'oxyde de carbone ou d'autres produits de la combustion.

C'est donc le chauffage salubre par excellence, si Ton y joint des bouches d'aération.

4° On peut conduire la chaleur aussi loin qu'on veut, la multiplier, l'arrêter, la rappeler à volonté au moyen de robinets d'arrêt convenablement placés.

5° 11 ne faut que très-peu de place dans l'angle d'une pièce pour y placer le tuyau de la circulation et un poêle sous forme de colonnes, de consoles ou de caisses ornées de toute forme.

Reste la question de durée du chauffage, que l'on obtient facilement par une disposition de chaudière à combustion lente.

Pour obvier à ce reproche, M. Grouvelle a combiné, à l'hôpital de Vincennes, le système mixte de poêle à eau avec chauffage par jet de vapeur, mais ces installations compliquées et dispendieuses ne peuvent convenir qu'à de grands établissements soumis à des contrôles éclairés et, en tout cas, ils sortent de notre programme. Quant à la pression exercée sur les appareils, elle peut être de 1 1/4 ou 1 1/2 atmosphère seulement et par conséquent n'offrir aucun danger.

Il est inutile d'ajouter que des réservoirs supérieurs peuvent partir autant de prises de vapeur ou de tuyaux de descente que l'exigeront les circonstances. La chaleur, descendant ici sous forme de vapeur, prendra toutes les directions possibles : elle servira à l'aération des pièces, au chauffage des bains, se pliera en un mot à tous les besoins, suivant le jeu de quelques robinets. C'est le chauffage scientifique, simple, salubre, rapide et docile par excellence.

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