CHAUFFAGE DES MAGASINS
Les conditions à remplir pour le chauffage des magasins en général, sont : l'économie, la simplicité du service, l'égalité de la température : c'est donc le cas ici de ne pas multiplier les foyers et d'employer un calorifère. Il faut surtout éviter les risques d'incendie; la position des bouches et la direction des conduites de chaleur seront l'objet d'une sérieuse attention.
Maintenant que les petits magasins tendent à disparaître, pour faire place aux gros entrepôts, il est deux genres d'établissements qui demandent des dispositions spéciales. La première est celle d'un magasin à vastes portes constamment en mouvement et s'ouvrant sur une voie très-fréquentée. Un tambour serait ici une gêne pour la circulation : d'un autre côté, l'appel des foyers causerait l'introduction dans les magasins de toutes les poussières de la rue et par conséquent une détérioration notable des marchandises. Dans ce cas, il sera préférable d'envoyer l'air chaud sous l'influence d'un moteur quelconque de manière à causer une légère pression du dedans au dehors, comme dans les théâtres, pour éviter les courants des portes et des loges. Le moteur sera employé en été pour envoyer de l'air préalablement rafraîchi en le faisant traverser des jets d'eau pulvérisés.
La deuxième disposition s'applique aux magasins modernes construits autour d'une vaste cour vitrée. Ici, la question de ventilation n'est qu'accessoire. On n'a pas, comme dans les théâtres, toutes les causes d'infection, c'est-à-dire, assemblée trop nombreuse et multiplication des becs de gaz. Dans un magasin, l'espace est vaste, les occupants peu nombreux, l'ouverture des portes fréquentes. C'est le cas d'avoir recours aux avantages qu'offrent les poêles. Les deux causes de déperdition de chaleur sont la coupole vitrée et les portes : on remédie à la première par un double toit, l'un extérieur en pente, l'autre horizontal et à distance du premier : il sera en verre dépoli avec châssis mobiles pour Tété. La deuxième cause de déperdition, les portes, exige â chaque battant un système de ressort à pivot bien connu aujourd'hui et forçant la porte à revenir toujours sur ellemême. Voilà pour l'extérieur : quant au chauffage proprement dit,
pour obtenir l'égalité de température, on placera les bouches de chaleur le plus loin possible du calorifère et les prises d'air seront, non à l'extérieur, mais dans le magasin lui-même, près des foyers, de manière à faire tourbillonner l'air de l'enceinte et à empêcher par l'appel en contre-bas que la chaleur ne s'accumule aux étages supérieurs.
Il est une foule de cas ou des cheminées n'ont pas été prévues pour des rez-de-chaussée subdivisés ou transformés en magasins ou bureaux. Dans ce cas, on aura recours au chauffage au gaz, mais à une condition, c'est que les appareils seront munis d'un petit conduit d'évacuation dont l'issue au dehors sera presque invisible et par conséquent sans inconvénient.