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CHAUFFAGE DES ÉGLISES

Les églises demandent des modes de chauffage bien différents suivant leur élévation, leur étendue, le nombre de leurs vitraux, la nature de leurs fondations, etc. Si l'on a affaire à des constructions ayant des plafonds relativement bas et des murs mauvais conducteurs, il faudra établir le chauffage avec de l'air pris à l'extérieur et des bouches d'évacuation de l'air vicié. Si au contraire , on a à chauffer de vastes enceintes à sous-sols bas et humides, à voûtes élevées, avec vitraux nombreux, le chauffage seul sera nécessaire et encore à une basse température de 10 à 12°. En effet, les personnes présentes ont le corps couvert comme à l'extérieur, il n'y a pas de courants d'air, et, en général, on ne reste à l'intérieur qu'un temps limité. De plus, si la température intérieure était trop élevée, outre qu'il y aurait là une dépense inutile , il y aurait aussi le danger d'un écart trop grand à la sortie entre la température extérieure et intérieure. De là la nécessité de chauffer surtout le sol, comme dans les constructions romaines. Soit qu'on adopte l'un ou l'autre mode, circulation d'eau chaude ou calorifère à air chaud, l'essentiel est de multiplier les conduits de circulation pour égaliser les températures dans tout le sol à chaufler.

Lorsqu'on aura recours aux appareils à eau chaude , comme dans les grandes églises de Paris, fréquentées pendant toute la journée, même en semaine, rien de plus simple que leur installation à cause

de la facilité de passage dans les caves. La dépense première est élevée, mais l'on obtient des résultats durables, un chauffage salubre, n'ayant au besoin qu'un foyer et un tuyau de fumée unique , avantage considérable pour faciliter le service. On ne devra pas négliger d'alimenter les foyers et les chambres de chauffe avec de l'air pris dans les parties basses de l'église elle-même.

Dans la plupart des cas, la simplicité et l'économie d'installation feront donner la préférence au calorifère à air chaud. On pourra, suivant les circonstances, le placer soit dans l'église même, soit latéralement dans quelque appentis, soit, ce qui est mieux, dans une cave ou crypte souterraine.

Le premier cas est le plus fréquent, le plus simple, le plus économique, surtout pour nos communes modestes. Les appareils se placent dans les angles, le long des murs, avec tuyaux de fumée dissimulés derrière les piliers ou plongeant dans des caniveaux recouverts de plaques de fonte, avec foyer d'appel extérieur, si c'est nécessaire. C'est une installation bien élémentaire et bien à recommander pour une foule d'églises de village, absolument privées de chauffage en hiver et d'autant plus malsaines qu'elles sont humides, peu fréquentées en semaine et par conséquent d'un séjour dangereux pour les vieillards et les infirmes. Le chauffage ici a encore un autre but, c'est d'assurer la conservation des œuvres d'art que l'humidité détériore si rapidement dans les églises.

Dans le deuxième cas, que je considère comme le moins favorable à l'économie du combustible et à l'égalité du chauffage, le calorifère est placé dans un appentis latéral et l'air de l'église appelé en contrebas s'échauffe près de l'appareil, s'élève vers les voûtes et revient au point de départ. Quand on pourra disposer dune cave, ce sera le moyen à préférer ; il permet de répartir plus également la chaleur sur tous les points de l'église. Si l'on emploie des tuyaux polis et convenablement inclinés, on pourra quelquefois envoyer la chaleur jusqu'à 40 mètres de distance , au moyen de bouches d'appel bien di sposées. On placera l'appareil comme l'indique la figure 220, et l'on fera revenir l'air de l'intérieur par les deux côtés de l'église et en bas de la chambre de chaleur du calorifère, de manière à combattre la tendance de l'air chaud à s'élever vers les voûtes et à égaliser la température dans toutes les parties de l'enceinte.

Quelques constructeurs s'imaginent que, par leurs appareils, ils

chauffent seulement la partie basse de l'église et ils croient le prouver par des observations thermoniétriques qui montrent la température presque égale en haut et en bas. Gela prouve uniquement que les causes de refroidissement sont nombreuses , comme les voûtes, l'étendue et la mauvaise fermeture des vitraux, etc. On oublie aussi que si dans une enceinte, on introduit de l'air à une température relativement basse , 20 ou 25° par exemple, il aura moins de tendance à monter que s'il est introduit à 40 ou 50 9 .

Voilà pour le chauffage. Quant à la ventilation, j'ai dit que dans la plupart des cas, elle se faisait naturellement par les voûtes et les vitraux mal clos ou les portes incessamment ouvertes. Mais il est des cas où il faut absolument renouveler l'air vicié. Ainsi, j'ai vu dans des cérémonies de première communion, où les églises sont toujours trop étroites, j'ai vu de pauvres enfants succomber , non pas seulement par besoin de nourriture, ou par l'émotion de la cérémonie, mais par l'air vicié et la chaleur causés par une agglomération inusitée de fidèles et la combustion des cierges, ou autres appareils du culte. Là, comme dans tant d'autres circonstances, que ce soit à l'Institut comme au théâtre, au Conservatoire de musique comme dans une église, on songe aux besoins de l'esprit, jamais à ceux du corps, comme si l'un pouvait aller sans l'autre!

Terminons ce chapitre en recommandant la ventilation des salles basses de catéchisme généralement humides par le sol ou infectées par la respiration, et rappelons qu'en été, toutes les églises doivent avoir leurs vitraux supérieurs ouverts toute la nuit pour ventiler et rafraîchir l'intérieur jusqu'au moment des Offices. Combien peu de personnes hélas ! songent à ces précautions si simples et si efficaces!

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