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DU CHOIX DES APPAREILS DE CHAUFFAGE

Après avoir étudié tour à tour les différents moyens employés pour produire artificiellement de la chaleur, on voit qu'il n'en est aucun qui n'ait ses défauts et ses qualités ; aussi, lorsqu'on posera cette question : Quel est le meilleur système de chauffage ? on ne pourra répondre d'une manière directe, à moins qu'on n'ait étudié à l'avance l'exposition, l'étendue, la nature du local à chauffer, le nombre des occupants, celui des appareils d'éclairage, etc. Il est aussi peu judicieux d'employer les mêmes moyens pour des besoins divers que d'indiquer les mêmes remèdes à des malades de sexes, d'âges et de

natures diverses. De là cette conséquence pour la science de l'ingénieur, comme pour celle du médecin, c'est qu'elle exige le concours d'un art, c'est-à-dire d'un tact particulier pour appliquer les ressources dont on dispose suivant les circonstances.

Un second point sur lequel il n'est peut-être pas inutile d'insister, est la différence que produisent sur nos organes les divers modes de transmission de la chaleur, soit qu'elle nous arrive directement d'un foyer incandescent, ou indirectement par un poêle, ou un courant d'air chauffé à distance, le thermomètre marquant le même degré dans les trois cas. Ajoutons que la lumière joue dans les réactions chimiques un rôle non équivoque, et rien ne prouve jusqu'à présent que l'état électrique de l'air ne soit pas modiûé par les températures très-élevées de certains calorifères. Sur ce sujet comme sur tant d'autres, nous en sommes encore aux conjectures ; seulement, au moyen d'une machine douée d'une sensibilité merveilleuse, le corps humain, nous pouvons à peu près déterminer quel est le système qui exerce ou non sur nos organes une action défavorable. Ces considérations devront influer beaucoup sur la résolution à prendre dans le choix des appareils suivant la nature des lieux à chauffer.

Jusqu'à présent on n'a encore donné en commun à nos maisons que l'eau pure ou la lumière par le gaz. Un temps viendra peut-être, où sous forme d'eau chaude, comme cela se fait à G h au desaigu es, on nous enverra aussi la chaleur. On peut dire que le fait existe déjà au moyen du gaz hydrogène de l'éclairage. En attendant, pour les maisons à loyer, comme pour les hôtels, il y a une économie considérable à chauffer ce que j'appellerai les poumons ou l'artère principale, c'est-à-dire, l'escalier d'où partiraient les prises d'air pour les chambres et à envoyer à l'intérieur de ces chambres la chaleur d'un calorifère commun, au moins pour l'antichambre, la salle à manger et le salon. Les autres pièces, chambres à coucher et cabinet de travail, devraient être chauffées par des cheminées perfectionnées produisant chaleur et ventilation. Quand les lieux s'y prêteront, le tuyau de fumée du calorifère, passant dans l'escalier par une double gaine bien disposée, suffira souvent pour le chauffer en entier.

Il est inutile de revenir ici sur la valeur des différents appareils que nous avons étudiés précédemment. Il nous suffira de rappeler que pour les pièces habitées, tout appareil qui n'est pas combiné pour un renouvellement de l'air de la pièce est insalubre et doit par

conséquent être rejeté. Cette règle devra être appliquée d'autant plus rigoureusement que le nombre des occupants et celui des appareils d'éclairage seront plus considérables. A cette règle, nous en ajouterons une seconde : l'air rentrant devra être puisé dans un lieu exempt d'émanations nuisibles ; il devra arriver en grande quantité avec une faible vitesse et à une température moyenne, plutôt qu'en petite quantité et à une température élevée. Nous en avons donné les motifs en parlant des calorifères.

Comme la ventilation et le chauffage sont deux questions indissolubles, lorsque nous étudierons dans les chapitres suivants le meilleur mode d'aération des pièces habitées, nous arriverons naturellement à traiter ce qui concerne le mode de chauffage à employer pour chaque cas particulier. Résumons seulement ici ce que chaque maison bien construite peut et doit avoir en commun :

1° Veau pure arrivant par un tuyau central à l'abri de la gelée dans la cuisine, l'office, la salle de bain, les lavabos et les cabinets.

2° La chaleur, par un calorifère chauffé à frais communs par le concierge et envoyant par des prises spéciales à chaque ménage, de l'air chaud, non-seulement dans l'escalier, mais dans l'antichambre, le salon et la salle à manger.

3° La lumière, par le gaz dans l'escalier, dans l'antichambre, la cuisine, les corridors, les cabinets de toilette.

4° La force par l'air comprimé, ou par une pression d'eau servant à monter les habitants, les combustibles, les fardeaux par un ascenseur. Comme corollaire, on ménagera à chaque étage des orifices permettant de jeter de haut en bas (fig. 273) tous les détritus de la maison dans un réceptacle unique placé à l'étage inférieur et vidé chaque jour par le concierge. Enfin chaque ménage communiquera directement avec le rez-de-chaussée par des sonnettes électriques et un porte-voix.

Fig. 273.

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