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VENTILATION DES HÔPITAUX

Les premiers besoins que la science ait dû satisfaire ont été nécessairement les lieux confinés profondément, comme les mines, puis les intérieurs de navires, les prisons, les casernes, et enûn les hôpitaux, où des masses de chair humaine en décomposition plus ou moins avancée, empoisonnent l'atmosphère à un point tel que, quand on lit les discussions de la Société de médecine et de chirurgie de Paris sur l'hygiène des hôpitaux, à l'occasion de la réédification de l'Hôtel-Dieu, on se demande, si, de tous les besoins des malades, avant le repos, avant les médicaments, avant le médecin même, le premier besoin n'est pas le renouvellement de l'air.

En ce qui concerne nos modestes habitations, la ventilation, sans avoir moins d'importance, n'a pas cependant les mêmes exigences, sauf la nuit, où nous sommes forcés de respirer plusieurs fois nos propres émanations, par suite des dispositions vicieuses de nos chambres. Pour les hôpitaux, la question est bien autrement importante; d'abord, les causes de viciation de l'air sont plus nombreuses; ensuite, semblable à la plante qui doit chercher la vie où elle se trouve et n'a pas de moyens de locomotion, le malade est généralement immobile et n'a pas, comme l'homme sain, l'avantage de pouvoir changer à sa volonté l'atmosphère qui l'entoure. Chez lui aussi, les émanations sont plus abondantes et plus viciées; elles sont respirées par des organismes moins aptes à réagir contre des influences morbides : enfin, ces miasmes ont une puissance de diffusion et de vitalité telle qu'on ne peut les comparer qu'à celles de certaines odeurs qui se répandent et pénètrent partout avec une intensité extrême : c'est ce qui me fait croire que, dans la plupart des cas, la ventilation artificielle, d'ailleurs si savante, de nos hôpitaux n'a pas été suffisante.

Comment se fait-il que pendant si longtemps l'attention des administrations publiques n'ait pas été appelée sur cette question si grave de renouvellement de l'air ? Comment s'expliquer que presque toutes nos salles de réunion soient, encore à l'heure qu'il est , un lieu de souffrance et de malaise pour la grande majorité des personnes présentes? Tout le monde sait cependant, depuis longtemps, que, dès qu'un certain nombre d'hommes sont réunis dans un espace clos, on

éprouve au bout d'un certain temps un malaise particulier qui nécessite le renouvellement de l'air respirable : ce malaise s'explique facilement par la modification de la température, par le changement de l'humidité de l'air, et ces deux causes agissent à un tel point dans les salles de bal, par exemple, que l'eau provenant de la transpiration et de la respiration ruisselle quelquefois sur les vitres et même le long des murailles. Mais il y a d'autres causes invisibles, cent fois plus dangereuses, ce sont les animalcules vivants existant dans l'air, s'y multipliant, s'y décomposant, sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, et produisant, surtout dans les réunions de malades, les complications les plus graves. Si l'on ajoute à ces causes de viciation de l'air dans les hôpitaux les gaz delà combustion, le sang des plaies, les matières expectorées, les émanations des linges mouillés, etc., etc , on comprendra l'aggravation de quelques maladies, la longueur des convalescences, le peu de réussite de certaines opérations, la mortalité terrible qui frappe les femmes en couche, et on comprendra aussi pourquoi, dans les hôpitaux militaires improvisés et encombrés après une bataille, certaines maladies prennent un caractère si alarmant. De là ces études sérieuses, ces dépenses considérables que l'administration s'est imposées pour obtenir des solutions certaines pour la construction des asiles de la maladie.

Il ne suffit pas de placer des malades dans de grandes masses d'air, il faut encore que cet air soit renouvelé fréquemment, sans quoi, au bout de très-peu de temps, l'infection purulente, la pourriture d'hôpital, les érysipèles, etc., nous enseignent que les casernes, les églises, les couvents transformés en hôpitaux sont loin de valoir des salles petites, mais séparées et bien aérées; en un mot, l'air et l'espace, voilà les premières conditions de la guérison.

L'insalubrité des grands hôpitaux, même les mieux pourvus d'appareils perfectionnés de ventilation, s'explique par ce fait, qu'en recueillant la poussière des murs et en l'examinant au microscope, on y découvre plus de 40 % de matières organiques. Aussi l'air pur à fournir aux malades doit-il être la principale préoccupation du médecin et surtout du chirurgien, dont les ennemis infatigables sont ces matières virulentes et miasmatiques, d'autant plus dangereuses qu'elles sont invisibles et qu'elles s'attachent aux murailles, pénètrent dans les fentes des planchers, se cachent dans les rideaux ou la literie, comme la punaise, et déterminent en peu de jours des infections

qui ont des manifestations diverses, mais qui ont toutes la même cause.

Les ingénieurs, armés de leurs équations et de leurs formules algébriques, ont calculé la vitesse de l'air, discuté la supériorité de la pulsion sur l'appel, la dimension des gaines et ont posé des règles mathématiques hérissées de chiffres. Tout cet échafaudage de calculs qui remplit les livres spéciaux tombe devant une observation bien simple, c'est que, au bout de quelques jours, il n'y a pas de ventilation qui puisse détruire et empêcher cette vitalité et cette reproduction insaisissable des germes morbides. On n'y arrive souvent d'une manière complète que par l'évacuation des salles et l'emploi de désinfectants énergiques, plusieurs fois répétés, par le deuto-chlorure d'étain ou des dégagements abondants de chlore gazeux produit par le bi-oxyde de manganèse et l'acide chlorhydrique. Encore, faut-il y joindre une désinfection locale en faisant sur les plaies des lotions d'alcool phéniqué. Et quand tout cela ne suffit pas, il n'y a plus qu'un remède : le feu.

De ces faits, on a tiré cette conséquence que la mortalité, dans un hôpital, croît souvent en raison de son ancienneté, et l'hygiéniste, mettant en première ligne le salut des malades, en est venu à se demander s'il n'y aurait pas lieu d'employer des mesures radicales, c'est-à-dire, la suppression des anciens établissements hospitaliers et leur remplacement par des constructions légères, brûlées et renouvelées tous les dix ans.

En attendant, pour renouveler l'air des hôpitaux, plusieurs systèmes ont été mis en présence : la ventilation par appel et la ventilation par pulsion ont donné lieu à de nombreux débals que l'on trouvera dans les ouvrages spéciaux ; en résumé, chacun de ces systèmes a ses qualités et par conséquent ses applications, suivant les cas. Une grande vérité est sortie de tous ces débats, c'est que parmi les causes les plus efficaces de rétablissement d'un malade figure le renouvellement de l'air : le système le meilleur d'aération est évidemment celui qui résoudra le problème le plus complètement, le plus largement et le plus économiquement possible, qu'il provienne de l'appel ou de la pulsion de l'air nouveau, peu importe; c'est là une des grandes conquêtes de la science moderne et l'une des gloires de l'administration qui, il y a vingt ans environ, a soulevé cet important problème.

Certains animaux nous avaient devancés dans l'art de ventiler nos

habitations ; en effet, si Ton examine la forme d'une ruche d'abeilles, on voit qu'elle se compose d'un cylindre terminé en forme de dôme, renfermant des milliers d'animaux pleins de vie et d'activité; et, cependant, ce cylindre est muni par le bas d'une seule ouverture servant à la fois à l'entrée et à la sortie. Gomment ventiler un tel appareil , y maintenir une température convenable et assurer à chaque habitant l'air qui lui est nécessaire? C'est cependant ce qui a lieu au moyen d'escouades d'abeilles se renouvelant de temps à autre près du trou d'entrée et produisant par leurs ailes une agitation et une aération telle que des observations attentives font distinctement apercevoir un double courant destiné évidemment à assainir la ruche.

Ce que font les abeilles depuis un temps immémorial, nous l'avons enfin essayé sérieusement ici, et l'administration a posé le problème à nos ingénieurs pour la première fois, en 1847, lors de la construction de l'hôpital Lariboisière, bien que cette question ait été depuis longtemps déjà l'objet de travaux importants à Paris et dans les pays voisins. Pour les salles de malades, la ventilation naturelle, c'est-àdire celle qui s'opère par la différence de densité de l'air intérieur et extérieur, ou par l'action des vents, ne suffit pas, quoi qu'on en dise, surtout en été, où elle est le plus nécessaire; il faudra toujours, dans les climats variables comme le nôtre, avoir recours à des moyens artificiels de pulsion ou d'appel en combinant à la fois la ventilation et le chauffage. Jusqu'à présent, dans nos grands établissements, le système qui semble réunir le plus de suffrages consiste à établir dans les caves un calorifère à eau chaude avec tuyau montant directement à la chambre d'appel dans les combles pour se déverser ensuite dans les divers étages, où les tuyaux circulant dans des gafnes, en cas de fuite, vont alimenter des poêles formés de tuyaux multiples pour augmenter la surface de chauffe et retourner ensuite au point de départ. Il n'est pas inutile de remarquer qu'une ventilation d'hôpital a des exigences complètement différentes des autres agglomérations d'hommes. Ici, les causes de viciation de l'air sont bien autrement sérieuses ; la ventilation doit non-seulement porter sur toutes les parties de la salle, haut et bas, mais il faut encore faire en sorte que les miasmes dégagés par chaque malade ne viennent pas infecter le malade voisin, c'est-à-dire, que chaque personne soit soustraite à l'influence de ses propres émanations et à l'influence morbide des émanations des autres malades. C'est ce qui a fait proposer, aux

États-Unis, la disposition de la figure 275, où le malade reçoit par une boîte à grillage allongée et à faible vitesse l'air chaud ou frais injecté à hauteur du visage et appelé en contre-bas du lit par des gaines spéciales. La réédification de l'Hôtel-Dieu de Paris a donné lieu à des conflits d'opinions et à des débats des plus instructifs qui n'ont pas de précédents dans la science: la question a pris des proportions et un intérêt immenses au point de vue humanitaire, médical et financier; il en résultera pour l'avenir un bien infini.

Aux États-Unis, où tout était à créer et où la dernière guerre a obligé de construire des hôpitaux immenses réunissant quelquefois jusqu'à cinq mille malades, on n'avait pas oublié le rapport du docteur Baudens sur la guerre de Grimée, et on agit sur ce principe que, dans les guerres, on perd dix fois moins d'hommes par le feu de l'ennemi que par l'air vicié des camps et des hôpitaux. On y a adopté pour l'hiver la disposition indiquée (fig. 293) qui ressemble beaucoup

à celle que Ton trouve appliquée dans plusieurs établissements d'Europe. L'air extérieur chauffé par un poêle montait au plafond et redescendait sous l'appel des tuyaux de fumée multipliés dans le comble. Au besoin, un poêle de renfort faisait appel en contre-bas aux émanations des cabinets et activait la ventilation des salles ellesmêmes. Pour Y été, on se bornait à donner librement accès à l'air par

les planchers et à le laisser sortir par de larges issues ménagées dans les plafonds. Notons que les salles n'avaient qu'un étage.

Si, maintenant, nous comparons la ventilation de nos hôpitaux avec celle des hôpitaux anglais, nous verrons que les deux pays diffèrent complètement dans les systèmes que leurs administrations ont adoptés. De l'autre côté du détroit, la ventilation naturelle est seule en honneur, les portes et les fenêtres , tout est ouvert, et l'air se joue librement autour du lit des malades, quelles que soient la nature de la maladie et la température extérieure. Le médecin anglais prétend que, nnalgrétous ses inconvénients, la ventilation naturelle tue moins de malades que la ventilation artificielle, qu'il croit insuffisante dans nos hôpitaux. Ici, au contraire, l'administration fait les plus louables efforts pour alimenter nos salies par un air pur, mais d'une température égale, été comme hiver, dans la proportion de 50 à 100 mètres cubes par lit et par heure, suivant les cas; les moyens employés seront bien perfectionnés, quand on pourra brûler sur des grilles à feu nu tous les miasmes provenant des cheminées d'évacuation pour les empêcher d'aller au loin infester l'atmosphère et quelquefois revenir sur l'hôpital lui-même.

Sur les résultats pratiques obtenus jusqu'ici en France ou en Angleterre, il y a division parmi les hommes de science : les uns prétendent que, malgré les moyens dispendieux employés jusqu'à ce jour, on perd autant de malades dans les hôpitaux ventilés par les procédés modernes que dans les anciens établissements pourvus des anciens systèmes. En Angleterre, où le thermomètre descend rarement audessous de zéro, il est possible qu'une aération naturelle abondante fasse moins de victimes qu'à Paris où la température, inconstante, variable, est quelquefois très-basse en hiver. Mais il me semble difficile d'admettre que, dans certaines maladies inflammatoires, une température douce et égale ne soit pas préférable aux moyens anglais : ces moyens, sans doute, sont simples, économiques, et dans les salles de chirurgie surtout, ils peuvent convenir; mais rien ne prouve qu'ils ne causent pas des péripneumonies nombreuses et que, dans des fièvres éruptives, ils n entraînent pas des accidents graves. D'ailleurs, ces moyens sont irréguliers, ils dépendent des conditions atmosphériques, ils sont insuffisants dans les temps lourds et humides, c'està-dire, dans les moments où la ventilation est le plus nécessaire. Dans tous les cas, ce sera un grand honneur pour l'administration

actuelle d'avoir appelé l'attention publique sur un sujet si grave et facilité des expériences qui conduiront inévitablement un jour au progrès de la science et par conséquent au profit de l'humanité souffrante.

Lorsqu'on aura à fonder des établissements nouveaux, avant tout, il faudra songer que les hôpitaux ne doivent pas être des monuments, dans l'acception de ce mot, mais des abris, ayant un caractère temporaire et utilitaire avant tout. Leur aspect, leur valeur artistique e architecturale doit passer après leur destination, qui est, avant tout,t de guérir les malades. Les lois de l'hygiène devront donc primer celles de l'art; c'est le contraire qu'on fait actuellement. Gela posé, il ne faut pas oublier que toutes choses égales d'ailleurs, un hôpital est d'autant plus malsain qu'il est plus grand, en d'autres termes, la mortalité est en raison directe du nombre des malades accumulés sur un point. Le siège de Paris l'a démontré jusqu'à l'évidence, puisque, pour les maladies chirurgicales surtout, lorsqu'on a été forcé de réunir un grand nombre de blessés, les tentes et les baraques ouvertes ont donné les résultats les plus favorables.

En principe général, on est unanime pour adopter le système d'isolement des malades, auxquels on assure ainsi plus facilement les bienfaits d'un air pur. Mais ici, pas plus qu'en toutes choses, il ne faut pas aller aux extrêmes. Au point de vue moral et hygiénique, on doit toujours tendre au système d'assistance à domicile ; les liens de famille y trouvent leur compte et la salubrité aussi. On sait que sur les accouchements faits en ville, chez les pauvres, par les sagesfemmes ou dans les maternités, il y a une différence énorme pour la mortalité. Mais, quoi qu'on fasse, dans les grandes villes il y aura toujours une population flottante, plus ou moins pauvre, fort mal logée chez elle pour y recevoir des secours. A celle-rlà, il faudra toujours des hôpitaux, des asiles, des maisons de santé, quel que soit le nom qu'on leur donne.

Gela dit, quelles sont les meilleures conditions de ventilation et de chauffage à adopter pour ces asiles?

Si Ton dispose de moyens suffisants, une machine à vapeur donnant en même temps la force aux ascenseurs, de l'eau chaude aux salles de bains et aux buanderies, fera mouvoir un ventilateur comme ceux des fabriques et sera combiné avec l'appel produit par les fumées dans une cheminée centrale. Si l'on a à construire un hôpital

modeste, deux foyers rayonnants aux extrémités de chaque salle et l'appel par quelques tuyaux d'eau chaude et de fumée suffiront dans la plupart des cas.

Nous donnerons plus loin l'exemple d'un chauffage et d'une ventilation ordinaires convenables à d'anciens bâtiments.

Si nous appliquons les principes qui précèdent à l'examen du nouvel Hôtel-Dieu de Paris, nous y remarquerons des progrès non encore réalisés ailleurs. Ainsi, en plaçant les salles du rez-de-chaussée à l ",30 du sol et en ménageant au-dessous des pièces spacieuses, bien aérées et bien éclairées, destinées aux services spéciaux de l'administration et reliées entre elles par des chemins de fer, on augmentera l'étendue des jardins et des promenades destinées aux convalescen La forme arrondie des angles des plafonds empêchera l'air vicié d'y séjourner, surtout en multipliant les bouches d'évacuation dans les angles ordinairement fatals aux malades. La ventilation par pulsion combinée avec l'appel permet de proportionner l'arrivée de l'air neuf aux besoins des salles suivant les saisons ; et cela indépendamment de la ventilation naturelle par les fenêtres. Les trémies permettront de précipiter immédiatement en sous-sol et de désinfecter les pièces de pansement; enfin, des monte-charges perfectionnés feront participer les étages supérieurs aux avantages des étages du rez-de-chaussée. Voilà pour les progrès réalisés.

Mais que dire de la dépense d abord? Le seul logement d'un malade coûtera près de 6000 francs ! Il en coûterait moins de donner à chacun un appartement séparé et Ton éviterait de créer des amas de miasmes d'autant plus dangereux que la mortalité croît en raison directe de l'encombrement. Pourquoi une cour centrale, foyer permanent de miasmes, jamais ventilée complètement? Pourquoi aussi ces pavillons parallèles hauts de 26 mètres et inaccessibles pour la plupart aux rayons solaires qui jouent un rôle si important dans la purification de l'atmosphère? Ne sait-on pas que les horticulteurs, quand ils veulent protéger leurs arbres contré l'intempérie des saisons, les disposent en espaliers contre des murs rapprochés et formant paravent? Eh bien, ce qu'ils obtiennent ainsi est précisément le contraire de ce qu'on doit rechercher dans les hôpitaux, dont les murs doivent être continuellement balayés par les vents bienfaisants, purificateurs par excellence. Ce qu'il faut aussi prévoir dans une construction hospitalière, c'est un bâtiment destiné seulement à fournir des salles de re-

change. Quand une salle de malades a servi un certain temps, ses parquets, ses meubles, ses murs, sont imprégnés de miasmes morbides qui exigent non-seulement qu'on gratte, lessive et repeigne les murs et parquets, mais aussi qu'on laisse les salles ouvertes nuit et jour pendant plusieurs semaines. En somme, l'Hôtel-Dieu de Paris, œuvre combinée de la science médicale la plus éclairée et d'une administration fastueuse, sera comme les objets à deux uns, qui ne remplissent aucun but d'une manière complète et ne satisfont personne.

Un grand nombre d'hôpitaux placés dans d'anciens bâtiments pour divers motifs de convenance et d'économie, exigent, comme les constructions nouvelles, des conditions de salubrité souvent difficiles à installer, quand elles n'ont pas été prévues dès l'abord. Prenons pour exemple une coupe, fig. 294, et un plan des caves fig. 295 et d'une salle, fig. 296, placées dans des conditions semblables et voyons le

Fig. 294.

Fig. 296.

parti qu'on peut en tirer. Les mêmes principes pourront, en se modifiant, suivant les lieux et les circonstances, s'appliquer à tous les autres établissements.

* On suppose, comme dans le corps humain, un calorifère centrai A, fig. 295 et 297, recevant l'air pur d'un jardin ou de tout autre lieu convenable, à travers des grilles B, qui empêchent l'accès des corps étrangers ; il sera muni dans les caves d'une double enveloppe C pour éviter toute déperdition de chaleur. Cette double enveloppe donnera

accès par le bas à l'air extérieur et on réglera son passage d'air par une clef pour qu'elle puisse servir au besoin de chambre de mélange. ♦ Des angles supérieurs, partiront

4 conduits fournissant chacun la chaleur aux points D, fig. 296, afin de renouveler l'air là où il ne circule pas ordinairement et de l'attirer au centre de la salle vers la colonne de fumée E où il se dirige en contre-bas de manière à égaliser la température. La figure 298 indique la coupe d'un poêle en tôle, à repos de chaleur, placé au milieu de la salle et attirant par le bas l'air vicié. Au centre et au milieu du tuyau de fumée, se trouve un chauffelinge. Le poêle du 2 e étage aura nécessairement l'une de ses parties comme son tuyau de ventilation, divisée en deux pour séparer l'air vicié des deux salles superposées. Les deux tuyaux de fumée et

Fig. 297.

/ itil

Fig. 298.

de ventilation sortiront sur le toit comme l'indique la fig. 299, dans des ornements en tôle galvanisée et mieux en terre cuite.

Voilà pour le chauffage et la ventilation d'hiver. Si l'on veut une installation parfaite, on établira, pour les jours à température

moyenne, deux cheminées ventilatrices, fig. 150, aux points F de chaque salle. Pour la ventilation d'été, on installera au plafond des trappes mobiles, faciles à manœuvrer d'en bas par des poulies de renvoi et donnant dans des gaines qui aboutissent sur le toit, avec chapeaux aspirateurs contre la pluie et les vents, fig. 300. On aura accès à ces trappes par une porte mobile A, et l'angle des plafonds sera arrondi en B, pour éviter les miasmes que les courants n'atteignent pas, à moins que la gaine ne soit en applique contre le mur. Pour activer la ventilation, il sera bon de mettre au bas de chaque gaine un ou plusieurs becs de gaz, suivant l'appel qu'on voudra produire.

On emploie à Londres dans les hôpitaux un mode d'admission d'air frais qui, dans certains cas, peut s'appliquer aux hôpitaux et quelquefois à nos salons quand on veut admettre l'air extérieur en le divisant. Il consiste dans l'application sur les angles inférieurs des murs d'une plinthe ou coulisseau taillé comme l'indique la fig. 301 et contournant les murs, fig. 302, où l'air entre par le bas à travers

Fig. 300.

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Fig. 301.

Fig. 302.

les fentes. La ventouse est naturellement réglée par un bouton à portée de la main.

Les fig. 303 et 304 indiquent une autre disposition d'asile, soit pour des aliénés, soit pour des malades ordinaires à la campagne. Nous supposerons les bâtiments séparés en deux pour isoler les sexes. Le même système de chauffage et de ventilation pourra s'employer quel que soit le nombre des cloisons séparatives. En sous-sol se trouvera le calorifère d'où partiront les conduites aboutissant à chaque chambre et réglées chacune par une clef au départ, suivant que les chambres seront occupées ou vacantes. L'air chaud débouchant près des

murs extérieurs sortira par le dessous des portes coupées à cet effet»

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Fig. 303.

sous Tappel du tuyau de fumée central pour s'échapper sur le toit.

Fig. 30'*.

A ce bâtiment principal on joindra naturellement les dépendances or-

inaires, chambre du médecin et des surveillants, cuisine et salle de bains dont les tuyaux de fumée feront appel en contre-bas aux émanations des cabinets.

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