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DES ÉCURIES

Tous les animaux ne sont pas impressionnables au même degré à Faction d'une atmosphère chargée de gaz délétères, mais c'est une bien grande erreur de croire que les chevaux, ou autres gros animaux, n'obéissent pas en cela à la loi commune. La seule différence consiste dans la vigueur et la solidité de leur constitution relative. L'ennemi que nous combattons dans ce travail, s'appelle encombrement, et, par suite, air vicié. Ses effets sont pour l'homme : la fièvre typhoïde, les scrofules, la pourriture d'hôpital, etc.; pour les vers à soie, la muscardine, la flàcherie; pour les bœufs, la peste bovine; pour les chevaux, la morve, le farcin, diverses natures d'inflammations ; pour les bêtes à laines, le sang de rate, elc. Ne sont-ce pas là des noms divers signifiant tous la même chose, je veux dire la même cause, produisant des effets différents, suivant l'animal qui la subit ?

Ces faits une fois bien compris, appliquons aux animaux les règles que nous avons posées pour nous-mêmes, c'est-à-dire, évitons l'arrivée directe de l'air froid, comme on l'a fait par des barbacanes placées sous les râteliers ; mettons les bouches d'arrivée à l'opposé des bouches d'extraction, à l'arrière des animaux, si l'écurie est simple, au milieu des passages, si l'écurie est double.

Nous savons que dans nos climats, l'air sort des poumons des animaux à une température plus élevée que l'air qui les environne : cet air contient beaucoup de vapeur d'eau; de plus, les gaz ammoniacaux, qui émanent des urines, sont plus légers que l'air ordinaire. Par tous ces motifs, l'air vicié aura une tendance naturelle à s'échapper par les plafonds, si nous lui ménageons des issues convenables et si nous avons soin de fournir de l'air de remplacement.

Pour remplir ce double but, on placera, loin des animaux, des vasistas dirigeant l'air de rentrée vers les plafonds ; à l'opposé, et surtout dans les angles, on placera les bouches d'extraction situées au niveau des plafonds et au bas de gaines construites en briques de champ, bois, zinc, ou tôle galvanisée et n'ayant aucune communication avec les greniers, dont elles infecteraient les fourrages. Ces gaines seront conduites jusqu'au point le plus élevé du toit et seront terminées par une lanterne et un chapeau mobile pour les mettre à l'abri de la pluie et des vents ; sans cela, la minime différence de pression causée par les températures intérieure et extérieure ne pourrait résister à la force des vents, et l'aération serait arrêtée. Il sera indispensable que l'ouverture des conduites d'évacuation soit munie d'une porte à coulisse ou mieux d'une trappe mobile mue par des poulies de renvoi afin de régler le tirage suivant les saisons. On n'aura recours aux bouches d'extraction horizontales que quand il y aura impossibilité de faire autrement, et, si les fenêtres sont situées au nord et au midi, il sera quelquefois bon de les grillager par des toiles métalliques très-fines pour tempérer le vent au nord et le soleil au midi. Les dimensions des gaines seront calculées sur le pied de 2 décimètres carrés par cheval : cela dépendra naturellement de l'élévation des plafonds, de la fermeture plus ou moins parfaite des ouvertures ordinaires, de l'enlèvement plus ou moins fréquent des fumiers, del exposition, etc. Si lesécuries sont éclairées la nuit, ilfaudraen faire l'allumage par des portes placées à l'extérieur, et on dirigera la fumée des lampes ou des becs de gaz dans les gaines d'aération pour

en activer la puissance. En été, les portes seront coupées horizontalement en deux parties pour augmenter l'entrée de l'air neuf par la partie supérieure transformée en fenêtre. On évitera avec soin les poutres saillantes et les solives apparentes, qui ont pour fâcheux effet d'absorber l'humidité et d'arrêter la circulation de l'air.

On sait que la température d'une écurie exerce sur ses habitants une influence réelle. Anciennement, on fermait toutes les ouvertures, et l'on créait une atmosphère artificielle, chaude, il est vrai, mais impropre à la respiration, et rendant les chevaux bien plus sensibles au refroidissement quand on les sortait. D'un autre côté, ne pas garantir les animaux contre les rigueurs du climat en hiver, est tomber dans l'excès contraire. Restons dans de sages limites : souffrons le froid en couvrant nos animaux en conséquence, plutôt que de les plonger dans un air insalubre et humide, qui a pour effet de les affaiblir et de détériorer les matériaux et le mobilier des écuries elles-mêmes.

Nous ne terminerons pas sans condamner la disposition générale adoptée à Paris pour la ventilation des écuries : on place naturellement sur le devant les pièces de réception, et, sur les cours, les chambres à coucher et les salles à manger. Or, les vasistas des écuries débouchant à rez-ide-chaussée empoisonnent les pièces, en été, lors de l'ouverture des fenêtres. Il est indispensable d'aérer les écuries, les cuisines et les cabinets par des gaines placées au contact des fourneaux et montant jusqu'au toit pour y envoyer toutes les émanations insalubres.

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