TKAITÉ PRATIQUE DU MICROSCOPE
de platine. On les fondait au chalumeau, de manière que les lentilles se trouvaient faites et placées en même temps. M. Stephen Gray a fait des globules, pour servir de microscopes, en plaçant des gouttes d’eau dans des petits trous ronds; Brewsler en a fait de la même manière avec ses huiles et ses vernis ; mais le plus beau de tous les microscopes simples peut s’exécuter, d’après cet auteur , en formant sur une plique de verre des petites lentilles piano convexes avec différents fluides. Brewster a obtenu aussi d’excellens microscopes avec la lentille cristalline sphérique des yeux d’abhtte et d’autres petits poissons , en ayant soin que l’axe de la lentille fût l’axe de la vision , ou que l’observateur regarde à travers cette lentille de la même manière que le fait le poisson (1). Le même célèbi’e physicien avait aussi imaginé des microscopes simples faits avec du grenat , du rubis , du saphir et du diamant (2). Deux lentilles pareilles furent exécutées de suite par Poter- Hill , opticien à Edimbourg; elles avaient , avec des surfaces de courbures moindres , les mêmes pouvoirs gro>-sissants qu’une lentille de verre , et la réalité de l’image s’était accrue par l’absorption du rayon bleu de l’extrémité du spectre ; Pritchard , à Londres , a porté cette branche d’industrie à la plus haute perfection.
Quand on peut se procurer du diamant parfaitement pur et libre de double réfraction, on peut le façonner en lentilles d’une grande perfection ; mais le saphir à double réfraction est toujours moins convenable pour cet objet. Le grenat est la meilleure matière pour les simples lentilles de ce genre, parce qu’il n’a pas de double réfraction, et parce qu’on peut le choisir très pur et très homogène. Brewster avait en sa possession deux microscopes en grenat, exécutés par Adie; leur longueur focale était de 0,84 et de 0,5 de millimètre. Mais l’exécution de pareilles lentilles offre beaucoup de difficultés; on n’est pas sûr de rencontrer toujours, dans les pierres, les qua-
(1) Edimburgb, Journal of science, n®III, p. 98.
(2) Treatise of new philos, instruments, Edimb., 1813-8.
HISTORIQUE
lités favorables; il faut beaucoup de temps pour amener les surfaces à l’état, d’une pureté analogue à celle qui distingue les lentilles de verre; le verre, toutes choses égales d’ailleui'S, donne toujours des images beaucoup plus nettes ; il faut aussi remarquer que les objets examinés paraissent toujours colorés de la teinte de la pierre.
Pour éviter les fausses couleurs que fait éprouver aux objets examinés le microscope simple, par les rayons arrivés sur les bords de la lentille, plusieurs procédés furent tentés; le plus généralement usité, fut l’emploi des diaphragmes qui limitent le champ du verre et ne laissent voir que la partie de l’image dont la déformation est peu ou point sensible. Ce moyeu est bien insuffisant , puisqu’en circonscrivant la vision, il ne fait que soustraire à l'œil des défauts auxquels il ne remédie pas.
L invention faite par Wollaston d’un microscopique
(ou loupe périscopique), était un perfectionnement réel qu’avait reçu le microscope simple. C’est (fig. 1] un assemblage de deux lentilles (a, b) piano-convexes, séparées par un diaphragme (o) qui, interceptant les rayons des bords, permet de recevoir une image encore plus exemple d’aberration. On est parvenu à faire des doublets en verre, ou même en grenat ou en saphir, qui ont un pouvoir amplifiant aussi considérable que les microscopes composés, c’est-à-dire de 400 fois environ le diamètre ; mais leur champ est tellement restreint, que l’on a beaucoup de peine à trouver l’objet, et l’œd éprouve une grande fatigue, tant à cause de ce peu d’étendue du champ, que parce qu il doit etre tenu trop rapproché de l’instrument.
Les simples lentilles biconvexes , dans un anneau de corne ou dans toute autre monture portative , prennent le nom de oupes. La monture des loupes, comme celle des doublets, doit etre assez large j.our empêcher que l’œil ne reçoive d’autre lumière que celle transmise par la lentille. Mais on a songé depuis ong temps à monter les simples lentilles sur un pied, comme le microscope composé , ayant un porte-objet pou-’ vaut s elever et se baisser , etc. Backer en parle déjà dans son ouvrage publié en 1745 , et il ne serait pas difficile de trouver encore des traces de microscopes pareils, faits avant ceux
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exccutés par Cuir, dont parle Hacker; cet auteur dit aussi qu’on pouvait y ajuster un oculaire , et le transformer ainsi en microscope composé. Ces microscopes simples furent beaucoupperfectionne's dans leur monture, dans ces derniers temps, par M. Raspail , dont nous parlerons plus tard, et par M. Chevalier.
Le microscope simple de M. Chevalier est composé d’un tube de cuivre de forme carrée , fj^ns lequel une crémaillère fait glisser un tube semblable; à l’extrémité de celui-ci est fixé un petit bras mobile horizontalement , terminé en anneau , pour recevoir à frottement les diverses lentilles. Le premier tube forme le corps de l’instrument; il se visse par le bout inférieur , soit sur la boîte destinée à renfermer le microscope, soit sur un pied additionnel. Ce tube est garni d’un porteobjet et d’un large miroir concave, destiné à l’éclairage. Une plaque sur laquelle les objets à observer peuvent être fixés par la pression de deux ressorts, compose le porte-objet, avec un disque mobile percé de trous de divers diamètres , faisant fonction de diaphragmes gradués. Le porte-objet est immobile; c’est la lentille qui s’éloigne à l’aide du bouton de la crémaillère, pour chercher la distance focale.
Depuis , cet instrument a subi encore des changements plus ou moins importants, et nous aurons l’occasion de parler dans la section suivante , de ces microscopes simj)les , qui se font avec le pied du microscope composé, en ôtant le corps de l’instrument. Enfin on est parvenu, dans ces derniers temps , à y appliquer la chambre claire, ce qui facilite beaucoup le dessin des objets examinés.