‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 16 sur 358 · CONSTRUCTION DO MICROSCOPE · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DO MICROSCOPE

Disons , avant de finir, encore un mot de quelques différences qui se trouvent parmi les microscopes différents. Ainsi, par exemple , la platine peut être tout-à-fait éloignée du microscope , ce qui rend son emplacement plus facile. Tels sont les microscopes anglais et français , par exemple ceux de M. Ch. Chevalier. Au contraire, dans ceux de MM. Georges et Tre'court. la platine, faisant, pour ainsi dire, une partie du pied même, elle ne peut pas être mise de côté. Le miroir réflecteur des microscopes anglais et français peut se mouvoir dans tous les sens, d’avant en arrière, de droite à gauche; et cet arrangement permet à l’observateur de laisser toujours son instrument dans une position fixe. Dans les microscopes de MM. Georges et Trécourt, au contraire, fig. 16, le miroir se trouve dans le pied , et un mouvement latéral de droite à gauche est rendu impossible. Il faut donc, dans le cas où les rayons qui arrivent en face ne suffiraient pas , et qu’on aurait besoin de la lumière latérale , imprimer à l’instrument entier ce mouvement. Dans quelques microscopes, comme ceux de Pritchard , se trouve au-dessous de la platine une lentille qui concentre la lumière du miroir sur l’objet (fig. 28, d). Dernièrement M. Dujardin (1 ) a fait l’application de trois lentilles, dont le foyer lumineux peut être amené sur l’objet même (§ 6).

Les micromètres sont des lames de verre sur lesquelles un millimètre se trouve divise en cent, deux cents, ou un nombre encore plus considérable de parties ; les lignes sont tracées au moyen de la pointe d’un diamant qui est adapté à un instrument destine à faire les divisions. Il faut que toutes les lignes soient d’une égale grosseur, et également bien tracées ; il suffit d’avoir le millimètre divisé en cent parties, parce qu’à l’aide d’un pareil micromètre et d’une chambre claire , toutes les mesures peuvent être prises. On n’a plus besoin de ces espèces de réseaux, produits par le croisement, sous angle droit, de deux millimètres divisés sur le micromètre , comme on en trouve dans les microscopes anglais (fig. 23). On les appliquait à la mensuration des objets entiers, par exemple des infusoires.

(1) Diclionnuire de l’Industrie, article Microscope, loin. VIT , pag. fit i.

TaAlTÉ PRATIQUE DU MICROSCOPE.

pour pouvoir connaîti'e de cette manière à la fois le diamètre transversal et longitudinal en plaçant l’objet lui-même immédiatement dessus. Mais à part les inconvénients de cette manière de mesurer, dont nous aurons occasion de parler plus tard, il faut remarquer que, maintenant, l’application de la chambre claire rend tout-à-fait inutile cette complication dans l’exécution du micromètre. Une échelle dessinée une fois à l’aide de la chambre claire ( section III, cliap. 3 ) est suffisante pour pouvoir mesurer toutes les dimensions , et on n’a nullement besoin de carrés. Young (1) a proposé pour la mensuration des objets un instrument appelé éryomclre, qui n’est jamais devenu d’un usage général. Nous parlerons des vis micromélriques de Frauenhofer à l’occasion des microscopes de Ploessl ( § 1 ).

On trouve souvent joints aux microscopes des appareils dont nous parlerons encore plus tard , par exemple les appareils chimiques (§ 6, 7) , l’appareil de polarisation, etc. ; mais souvent la seule inspection suffit pour nous éclairer sur leui-s usages ; et c’est cette raison qui nous a déterminé à les mentionner seulement. Nous allons maintenant examiner en particulier les différentes espèces de microscopes de France et de l’étranger, en exposant leur structure et leurs avantages, et les appareils particuliers qui , par leurs inventeurs , y fui’ent adaptés la première fois , et qui , le plus souvent, se trouvent maintenant joints aux auti-es microscopes. On trouve presque chez tous les opticiens des petits microscopes de poche, dont la monture coïncide en partie avec celle des microscopes complets, dont nous allons parler.

§ I. Microscope de Ploessl, à Vienne.

Le microscope de Ploessl ( fig. 5 ) consiste dans un corps (a) mobile vers le porte-objet (b) ; la tige est fixée sur le tré-

(1) An introduction to medical literature, London, 1813, p. 348.

JUCROSCOPK Uü PLOESSL.

pied (c), et peut être mise dans une position horizontale, ou toute autre convenable, ainsi que nous le voyons dessiné poulies microscopes anglais dans les figures 9 et 10. On y tiouve joints quatre oculaires pour arriver jusqu à un grossissement de mille à quinze cents fois ; en outre , un oculaire aplanatique, composé de deux lentilles achromatiques grossissant de dix-neuf à quatre-vingt-dix lois , destine à pouvoir examiner les objets opaques avec la plus grande neltete ; enfin six lentilles achromatiques objectives peuvent être alternativement supei posées les unes aux autres.

Le porte-objet (b) est composé de deux plaques de cuivre s’ouvrant par ressort, de sorte que les plaques de verre peuvent être fixées ou plutôt pincées entre elles. Cet arrangement est nécessaire pour ces microscopes qui , dans leur position horizontale , rendent vertical le porte-objet, afin que les plaques de verre ne puissent tomber. Un miroir concave (e), des lentilles pour concentrer la lumière, et des prismes illuminants d’après Selligue, des vis pour hausser et baisser le corps de l’instrument, pour mener l’objet à travers le champ d’une manièi'e lente, sont adaptés comme on les trouve maintenant dans tous les microscopes composes complets. Mais il existe dans ce microscope deux appareils particuliers ; et il faut nous arrêter un moment à leur description. C’est d’abord un appareil de mensuration , appelé la vis micrométrique de Frauenhofer , et, en second lieu, uir appareil inventé par M. le baron Jacquin , pour pouvoir dessiner aumicroscope vertical à l’aide du miroir de Sœnimering.

La vis micrométrique de Frauenhofer, ainsi qu’on la trouve disposée sur les microscopes de Ploessl (1), se compose d’une vis d’un mouvement très lent, appliquée au porte-objet pour lui communiquer un déplacement dans un sens, soit de droite à gauche , soit d’avant en arrière. On peut aussi avoir deux vis. A la tète de cette vis se trouve un disque (d), dont la cir-

(1) DiclionnaTe de physique , par Gchlcr ( en allemand) ; nouvelle édition, Lcipz., 1837, sixième volume, article Microscope; par Liltrow, p. 22fi-2.

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