‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 19 sur 358 · MICROSCOPE DE CHEVALIER · texte numérisé non relu

MICROSCOPE DE CHEVALIER

ordinairement sur l’objet , se trouve encadre d un carre en cuivre ; ce carré peut etre mu par une vis latérale et repousse par un ressort. En faisant^ de cette maniéré , avancer très lentement le carré , on fait glisser le verre supérieur sur 1 objet j le verre l’entraîne naturellement et le fait rouler de cette manière sur lui-même, pourvu qu’on n’ait pas plongé l’objet dans une trop grande quantité d’eau, précaution qu’il faut toujours prendre ; car dans ce cas l’objet ecbappe au frottement qu on veut lui appliquer par le glissement du verre supérieur (1).

Nous nous sommes convaincu depuis long-temps de l’utilité de cet instrument, principalement pour l’examen des tissus animaux; on peut s’assurer par cet instrument , qu’on pourrait appeler le glisseur ou le roideur, de la nature d’une ligne qui apparaît sur les bords d’un objet par diffraction (Voir sect. III, cbap. 6, § 2) ; car si ce même bord est maintenant déplacé , de manière qu’il devienne situé au milieu de l’ojet, la ligne illusoire disparaît, la ligne réelle persistera. Cet instrument offre en outre plusieurs avantages en permettant d’examiner les objets de tous côtés *, en les pliant , il nous éclaire sur leur élasticité , leur degré de cohésion, etc. 5 enfin, en déplissant les tissus, on fait disparaître des lignes qu’on aurait été tenté de prendre pour des lignes réelles. J’ai vu dernièrement cet appareil combiné avec le compresseur de Purkinje.

Enfin, on trouve encore plusieurs appareils plus ou moins nécessaires pour les manipulations chimiques, parmi lesquels nous remarquons une espèce de platine s’adaptant au microscope et portant aux deux bouts deux petites lampes à espritde-vin , pour pouvoir chauffer des substances sous le microscope , opération à laquelle on a souvent besoin de recourir. Mais en l’absence de l’appareil , on peut y suppléer en chauffant l’objet sur la flamme d’une lampe, et en le portant immédiatement sous le microscope ; cette méthode sera toujours suffisante tant que nous ne possétierons point le moyen de me-

(1) Voir l’iablilul, sixième minée, n“’23J, 31 mai 1S38.

52 THA11K l’itATlQUE 1)0 MICROSCOPE.

siuer le degré de la clialeur provoquée par les lampes.

L’appareil de polarisalion de Talbot, adapté aux microscopes anglais (chap. 4), a subi quelques modifications indiquées par M. Biot, et exécutées par B'I. Cli. Chevalier; il se compose, dans ces microscopes , de deux prismes de Nicol , dont l’un porte les lentilles objectives , et l’autre se trouve adapté au porte-objet au-dessus du verre chargé des objets, de sorte que ces derniers interceptent les rayons polarisés. Cette disposition est préférable à celle proposée par Talbot.

L’instrument entier peut être dévissé et placé dans la boîte; pour rendre son emplacement plus facile , on peut le séparer en plusieurs pièces , par exemple , ôter le porte-objet , etc. N’oublions pas à cette occasion d’ajouter que le miroir peut être aussi tout-à-fait éloigné de la tige du microscope ; cette dernière disposition est commode pour faire parvenir les rayons directs de la lumière sur l’objet, dans le cas où l’instrument se trouve dans une position horizontale (fig. 10), la présence du miroir étant alors tout-à-fait superflue. Quant aux pinces, lames de verre , prismes concentrateurs , et au chariot (p. 40) qui fut la première fois exécuté par Turrel (Transact. of the Society of arts , vol xliv), nous n’avons pas besoin d’y revenir.

ENSEIGNEMENTS PRATIQÜES.

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