‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 26 sur 358 · EXAMEN UES OBJETS · texte numérisé non relu

EXAMEN UES OBJETS

pas même toujours besoin de recourir à ce moyen , et on verra, chez les grenouilles, ainsi que MM. Prévost et Dumas l’ont dit, par la simple pression sur le ventre , sortir , par l’ouverture du cloaque, un liquide qui offre une quantité prodigieuse d’animalcules spermatiques.

Nous avons déjà exposé, dans le précédent paragraphe, la manière générale de procéder polir observer un tissu ou un liquide sous le microscope ; mais souvent on désire conserver un objet, soit pour pouvoir le montrer aux amateurs , soit pour avoir un objet de comparaison , soit enGn pour garder l’objet, à cause de l’intérêt qu’on y attache.

On emploie, en général, pour la conservation de ces objets, la térébenthine (celle de Venise, qui est la plus pure), ou un baume (de Canada). M. Ehrenberg est même parvenu , dans ces derniers temps, à conserver un grand nombre d’infusoires, en les faisant tout simplement dessécher sur une lame de verre couverte d’une lamelle très mince de mica, et en apportant, dans le dessèchement j des modifications par les variations de la température, la durée de l’opération, etc. Nous avons vu de fort beaux échantillons entre les mains du célèbre I savant; mais nous croyons aussi qu’il faut avoir beaucoup I d’habileté pour réussir.

La conservation à l’aide de la térébenthine est plus facile 5 I on met l’objet dans une goutte de térébenthine , et on le com- 1 pi'ime avec un second verre. On a , de cette manière, une couche étendue de térébenthine, qui se solidifie, et au milieu î de laquelle se trouve l’objet. Mais il se présente quelque dif- ! ficulte, en ce que la térébenthine compriméeest pleine de bulles 1 d air, et qu il faut apporter la plus grande précaution pour I que la couche de térébenthine, qu’on voitentreles deux verres, k soit libre de ces bulles d’air, qui s’opposent naturellement à i un examen exact si elles se trouvent adhérentes à l’objet.

Pour obvier à cet inconvénient , nous employons la manière I suivante de préparer les objets, qui offre désavantagés

Je mets l’objet à sec entre deux verres, et au bord du verre supérieur unpelit fragment de térébenthine très pure et solidifiée; je chauffe ensuite, d’une manière lente, en évitant de le

rnAITÉ PRATIQUE Uü MICROSCOPE.

brûler, ce fragment qui, se liquéfiant, pénètre par capillarité entre les deux verres, y forme une couche parfaitement libre de bulles d’air, et fera voir l’objet d’une manière bien distincte. Si 1’ dn craint que la chaleurne produise un effet préjudiciable sur l’objet, on fera de même enlrer la térébenthine par capillarité entre les deux verres, mais on n’y met l’objet que plus tard; c’est-à-dire, qu’après que la couche de térébenthine s’est bien étendue entre les verres, on enlève le verre supérieur, on place l’objet, et on remet le verre supérieur, en prenant la précaution de ne point emprisonner quelques bulles d’air; le tout doit s’opérer aussi vite que possible, pour que la térébenthine, en se refroidissant, ne se solidifie point.

Enfin, en chauffant la térébenthine pour la liquéfier, on aura soin de ne jamais faire arriver la flamme au-dessous de l’objet lui-même, parce que la chaleur pourrait d’abord lui porter atteinte , et parce qu’ensuite la flamme ferait développer des bulles d’air dans la couche de térébenthine placée entre les deux verres, ce que nous voulons précisément éviter.

On se préparera facilement , de cette manière , ce qu’on appelle tesle-objei ; c’est-à-dire, des objets mici'oscopiques dont la texture ou la distinction doit supposer, pour être bien vue, une certaine supériorité dans le microscope. Tels sont, par exemple, le poil de la chauve-souris, de la souris, les écailles depodura^snv lesquelles on voit, d’après le docteur Goring, une série de lignes longitudinales, en outre des deux séries diagonales précédemment observées, etc.

§ I. Ferment (1).

La découverte des globules vésiculeux dont est composée la levure de bière et l’organisation végétale de ces globules, date déjà de fort loin. Leeuwenhoek (2) l’a démontré, en 1680, dans un mémoire particulier; cet auteur vit clairement que la levure

(t) Compte rendu de l’Académie des sciences, 23 juillet et 20 août 183S. (2) Opéra omnia, Ltigd. Batavoruni, 1722, t. II. De fermento cerevisiæ,elc.

Page 1