MUSCLES
nous paraît toute aussi simple, dit M. Turpin dans son mémoire, que celle qui fait qu’un grain de blé jeté dans un sol préparé pour le recevoir peut, en s’y développant , s’y multiplier un grand nombre de fois.
Si on met lul blanc d’œuf filtré dans l’eau sucrée , et après a voir filtré la liqueur ainsi composée , on la verse dans un bocal , elle ne tardera pas de subir, à la température de 30 à 35 degrés, une fermentation vineuse assez prononcée ; en même temps une production de levure se précipite , après le travail de fermentation, au fond du bocal. Celte levure est, comme toutes les autres , un amas de petits végétaux plus ou moins développés et plus ou moins désarticulés. C’est le Leptomitus albuminis , Turp.
M. Turpin a bien voulu nous communiquer les planches de son mémoire, qui paraît dans la collection des Mémoires de l’Académie , et qui n’était pas encore publié au moment de l’impression de cette brochure. Remarquons encore en finissant, que MM. Kützing et Schwann , en Allemagne , se sont occupés du même sujet, presque en même temps que M. Cagniard-Latour chez nous, et qu’ils ont obtenu les mêmes résultats.
§ II. Muscles (1).
Une des conditions les plus nécessaires à l’étude des tissus des animaux , est leur parfaite pellucidité. Aussitôt que la transparence est troublée , on peut tomber dans une foule d’erreurs, à cause des apparences fictives qui naissent de cet état dénaturé. Quelles conséquences peut-on donc tirer des observations de ceux cpi croyaient devoir faire bouillir, rôtir, cuire, putréfier, triturer la fibre museulaire , et la torturer de toutes manières, pour qu’elle fît voir ses parties élémentaires ?
Aussi avons-nous préféré toujours faire nos obseï valions sur
(1) Anatomie microscopique, par M. MandI; I" série, l--» livraison, 1838, in- lolio.
le muscle frais, en isolant une parcelle, une fibre avec précaution, au moyen d’une aiguille, et en la plaçant ensuite sur un verre dans une goutte d’eau. Pour que l’évaporation de l’eau n empêclie pas l’observation, l’objet est couvert d’une lame de verre très mince. Nous avons adopté aussi quelquefois la manière suivante, qui peut être suivie avec avantage dans les observations des tissus organiques.
Après avoir placé Tobjet sur le verre dans la goutte d’eau, on tourne le vei«re, et on observe de cette manière à travers la lame, qui est chargée de la substance. Il est vrai qu’on ne pourrait alors employer des lentilles d’un grossissement très fort, car naturellement leur foyer serait plus court que l’épaisseur de la lame ; mais cette méthode a l’avantage de ne pas exposer l’objet à la pression d’un second verre, quelque léger qu’il soit. Dans le procédé que nous venons d’exposer, l’objet se trouve retenu à la surface du verre par l’eau, dont les vapeurs émanantes ne peuvent nullement atteindre les lentilles.
Nous avons rencontré dans le corps animal deux grandes classes de muscles. La première est celle qui offre à sa surface des stries transversales, parallèles, innombrables (fig. 35). La seconde classe n’offre que des fibres longitudinales, placées les unes à côté des autres (fig. 36) .
En effet, si on prend une parcelle d’un muscle quelconque des extrémités , et qu’on l’examine , on la verra composée de parties cylindriques, que nous appelons faisceaux élémentaires; leur surface est traversée par des lignes noires ; l’espace qui se trouve entre deux lignes noires est uniforme et blanc ; nous l’appellerons donc à l’avenir, pour nous servir d’une expression courte, la ligne blanche. Si l’on comprime fortement ces cylindres , on verra sortir à leur extrémité des fibres très déliées, que nous appelons Jibres élémentaires . Ces fibres élémentaires sont réunies dans une gaine, qui est striée à sa surface, et l’ensemble de cette gaine et des fibres élémentaires constitue les faisceaux élémentaires , qui sont les parties élémentaires des muscles. Voici le résultat de nos recherches sur la structure de cette gaine.
Les lignes noires ne sont , selon nous, autre chose que les