‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 350 sur 358 · II. DES PARTIES DU CORPS ET DES ORGANES EXTDRIEORS DES INFUSOIRES · texte numérisé non relu

II. DES PARTIES DU CORPS ET DES ORGANES EXTDRIEORS DES INFUSOIRES

§ %. Téguments généraux du corps des infusoires.

Un grand nombre d’animaux infusoires sont nus ; d’autres, au contraire , sont pourvus d’une enveloppe que l’on appelle cuirasse {lorica). Les différentes formes qu’elle affecte sont celles d’une coquille, d’un écusson , d’une coque , d’un manteau et d’une cuirasse bivalve. ,

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a. La coquille {testa, tcstiila) est une enveloppe dans rintérieur de laquelle la partie moyenne du corps de l’animal est enfermée comme on le voit dans la toi tue. La tete et la queue sont libres à l’extérieur. Cette coquille est dite dentelée ( denta), si elle est pourvue de petites dents ; cornue {cornutata), si elle présente -des cornes. Elle est dite piquante {aculeataj, pointue {apiculata) , mamelonnée {verrucosa'), suivant qu’elle présentela disposition que ces dénominations indiquent. Quelquefois la coquille est flexible sur son bord comme on le voit dans les genres Dinocharis et Pterodina. Elle est déprimée horizontalement de haut en bas , dans le sens du grand axe du corps, dans l’ordre entier des rotateurs cuirassés , notamment dans le genre Brachionus , où cette disposition est très apparente. La cuirasse est dite comprimée {compressa), lorsqu’elle est rétrécie d’un côté à l'autre comme on le rencontre quelquefois. Elle a alors la forme d’une petite coquille bivalve, disposition qui explique l’erreur dans laquelle étaient tombés Muller et plusieurs naturalistes. Cette disposition se rencontre dans les genres Mpnura et Colurus. D’autres fois elle est prismatique et plus souvent encore quadrangulaire , comme on le voit dans le genre Salpina. Quelquefois on observe une crête sur le milieu de la cuirasse (cristata).

b. V écusson {scutellum , scutellulum) est une enveloppe résistante, ronde ou ovale, lisse sur ses bords et ne recouvrant que le dos de l’animal , comme le ferait un bouclier .

c. La coque {urceolus) est une enveloppe membraneuse ou de consistance plus ferme, souvent gélatineuse, en forme de cloche ou de cylindre , quelquefois conique , fermée à son extrémité inférieure ou postérieure, ouverte du côté opposé , et d.Tns l’intérieur de laquelle l’animal peut se retirer complètement. Quelques Polygastriques présentent des formes irrégulières ( Lorica difformis ) ; tel est le genre Peridinium.

d. Le manteau {lacerna) est une masse gélatineuse ou une membrane qui paraît être là couche externe de la masse du corps. Avec l’âge celte membrane se développe, et protégeant les parties internes , leur permet de s’accroître dans des proportions convenables ; enfin dans son intérieur, la substance de

l-NFUSOnOÎS.

1 animal se transforme en quelque sorte eu jeunes, qui pendant un certain temps restent enfermes dans cette enveloppe , mais qui à la fin s’échappent au-dehors par suite de sa rupture. La mère , comme on le voit , perd à une certaine époque son existence individuelle et se transforme en une simple capsule. On ne rencontre cette organisation que dans les infusoires polygaslriques, notamment dans les genres Volvox {globalor), Eudorina , Eàndorina, Goniiim.

e. La cuirasse bivalve {lorica hivalvis) ne se rencontre que chez les Bacilîariés , et se montre par la section transversale de quelques petits animaux , des Navicules , qui ont été' nommés Surirella , par exemple. Il faut diviser l’animal en quatre parties , si l’on veut bien voir la disposition de cette cuirasse , quelquefois u/iie et d’autres fois sli'iée ( striata ) .

§ 2. Division extérieure du corps des infusoires.

Le corps des infusoires peut être divisé en trois parties distinctes , la tete , le tronc et la queue. On ne rencontre que rarement des traces de cou.

a. La tete des animaux infusoires est cette partie du corps qui porte les organes rotateurs et les yeux. Elle est quelquefois séparée du tronc par un rétrécissement plus ou moins marqué. On trouve dans son intérieur les grands ganglions nerveux , que par cette raison l’on pourrait très bien nommer ganglions cervicaux ; on y rencontre aussi la cavité de la bouche et les organes de manducation. Les organes que nous venons de inentioirner sont, dans tous les rotatervs, réunis à la partie antérieure du corps, et jamais dans aucun autre point; circonstance qui permet toujours de distinguer la tête du reste du corps.

La région buccale est toujours la limite antérieure du corps. C’est vers cette partie que se trouve la bouche ; on la rencontre rarement tout-à-fait à l’extrémité , mais en général à la partie inférieure et un peu postérieure de cette région ; d’autres fois elle est surmontée par le front et la lèvre supérieure.

La région frontale est la partie supérieure dercxlréinité an-

TJÎIIUMEM'S GENEHALX.

térieure du corps ; on y distingue des points rouges qui sont les yeux. Le front s’avance .un peu au-dessus de la bouche et des organes rotateurs , ce qui lui donne de la ressemblance avec une trompe ; d’autres fois le front se trouve sur le meme plan vertical que le bord antérieur des organes rotateurs.

La région de la nuque est la limite de la tête et du dos. Lorsqu’il n’existe aucun rétrécissement pour distinguer ces parties l’une de l’autre , on peut encore déterminer la position de la nuque par celle des organes rotateurs dont la base ne s’étend jamais au-delà de la tête.

Chez les infusoires polygastriques , on ne peut pas toujours distinguer la tête avec cette précision. Toutefois il existe souvent quelque disposition particulière qui ne laisse aucun doute à cet égard. C’est ainsi que, dans les genres Lacrymaria etPliialina , on voit à la partie antérieure du corps un renflement globuleux qui entoure ou surmonte la bouche ciliée, laquelle, dans le genre Lacrymaria, se trouve à l’extrémité d’une partie du corps rétrécie en forme de cou.

Chez les infusoires pourvus de deux organes rotateurs, comme les Rolifer , Philodina et d’autres encore , on trouve une partie que l’on peut comparer à une lèvre supérieure. Cette partie, très-développée, est en forme de museau ou de trompe.

Il n’est pas rare de rencontrer chez les infusoires polygastriques une bouche bilabiée.

b. Le cou. On ne rencontre que rarement un cou bien distinct chez les infusoires. On observe à la nuque de plusieurs animalcules un léger rétrécissement que l’on doit considérer comme formant la limite entre la tête et le tronc, plutôt que de le regarder comme un véritable cou ; cependant on doit regarder comme tel le rétrécissement délié que l’on rencontre chez les animaux du genre Lacrymaria , où l’on voit un long pharynx partir delà bouche, parcourir une partie rétrécie, et ne présenter que dans une partie plus épaisse des appendice vésiculeux que l’on peut considérer comme des estomacs.

c. Le tronc. Les infusoires qui ont une tête distincte présentent toujours un tronc. Chez les rotateurs son origine est marquée par un rétrécissement qui commence derrière la base

INrUSOlRES.

des organes rotateurs et derrière l’œil ou le ganglion que l’on rencontre à la nuque. Comme la bouche et l’anus sont situés visrà-vis l’un de l’autre , soit’ dans le sens longitudinal du corps, soit dans son sens transversal, on peut distinguer trois divisions principales , savoir : un dos, un oentre , une région latérale.

Ces divisions sont surtout évidentes chez les rotateurs ; toutefois, la transparence des tissus peut induire en erreur des personnes peu accoutumées aux recherches microscopiques , qui croiraient voir dans le dos les organes situés réellement dans le ventre. Il arrive souvent que, dans les infusoires polygastriques^ le rapport des différentes parties du corps est autre que celui que nous indiquons.

d. La queue. On appelle queue cette partie rétrécie du corps qui, partant de l’anus, s’étend plus ou moins loin, sans contenir l’intestin. La queue , chez les rotateurs , n’est pas toujours la partie la plus postérieure du corps. Il n’y a que quelques genres qui soient complètement dépourvus de queue. Chez les rotateurs , la queue est composée de parties qui ne sont pas toujours semblables ; la forme la plus simple sous laquelle elle se présente est celle d’un prolongement du corps mou de l’animal, prolongement qui a toujours lieu aux dépens de la partie ventrale , tandis que chez les animaux vertèbres c’est l’inverse qui se remarque. A l’extrémité de la queue , on rencontre une fossette en forme de ventouse , au moyen de laquelle l’animal peut se fixer. Quelquefois cette fossette est bordée de cils ; souvent elle est tronquée et ne présente aucun prolongement {cauda carnosa teres, iruncatd). D’autr£S fois la partie ventrale et molle , de la queue ( hasis caudæ carnosa ) ne se prolonge que peu , mais, se terminant en un long pédicule , présente à cette extrémité une fossettfe de, même nature que celle dont nous avons déjà jiarlé {cauda setacea unicruris). Chez d’autres, et notamment chez la plupart des rotateurs, la queue porte à sa partie postérieure deux prolongements (crura caudæ, cauda bicruris) , à l’extrémite de chacun desquels on trouve une fossette formant ventouse : (quelquefois elle manque. Les prolongements les moins longs de cette espèce se ren-

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contrent dans les genres Ichihfdiiun, Chœnolotuseî Monolabis. Dans la plupart des autres genres de cette classe , cette espece de fourchette est assez allongée. Les prolongements les plus longs s’observent dans les genres Fuvculcivici^ Euchlanis QtScaridium. Tous ces animaux se servent de cette queue bifurquée comme d’une tenaille, à l’aide de laquelle ils se fixent aux corps, tandis que, au moyen de leurs organes rotateurs, ils. communiquent à l’eau des mouvements qui entraînent auprès d’eux les matières nutritives qu’elle tient en suspension. Quelquefois la queue se divise en trois prolongements {caudci tricruris) ; cette disposition ne se rencontre que dans le genre Aclinurus^ et dans une espèce du genre Dinocharis, dans laquelle le prolongement médian, plus petit , paraît avoir ë lé formé par une dernière paire de pointes arrêtées dans leur développement : chez quelques rotateurs, la queue très allongée se retire sur elle -même à la manière d’un télescope, de telle façon, que ses derniers prolongements rentrent dans la partie moyenne de la base. Quelquefois ces parties de la queue , s’emboîtant les unes dans les autres, sont maintenues fixes par l’insertion de muscles, et ne peuvent être que très peu allongées en arrière. Quelquefois au contraire l’animal jouit de la faculté de faire proéminer cette partie. D’autres fois certains segments de cette queue rétractile sont remarquables par des prolongements en forme de petites cornes, cornicula. Parmi ces petites cornes, toujours situées par paire ( les Totifer et philadina exceptés, où il y en a trois) , les plus postérieures , que l’animal a souvent la faculté de cacher en les faisant rentrer, sont pourvues de deux prolongements qui ressemblent à ceux que l’on rencontre à l’extrémité de la queue bifurquée des rotateurs ; car ces prolongements peuvent exécuter des mouvements de tenailles, et sont également pourvus de fossettes en forme de ventouses.

Chez les infusoires polf gastriques la queue manque plus fréquemment que chez les rotateurs.

Quelques autres détails anatomiques et physiologiques trouveront leur place dans les descriptions qui suivent ; indépendamment des caractères déjà décrits dans la première section.

iNi'usoinns.

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