‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 351 sur 358 · PREMIÈRE CLASSE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CLASSE

POLYGASTRIQUES.

Aucun de ces animaux ne surpasse la grandeur d’une ligne; les plus petits (Menas, Vibrio, Rodo) n’ont même que 1/2000 à 1/3O00 de ligne. Les genres Stentor et Spirostomum présentent des individus de la grandeur des rotatoires, visibles à l’œil nu D’autres, agglomérés en groupes considérables, forment des masses colorées vertes , rouges , bleues , brunes et noires. Les A orticelles et les Bacillariés forment des polypiers longs de plusieurs lignes et pouces ; lesgenresGallionella, Sebizonema et Epistylis grandis, des masses de la longueur de plusieurs pieds. Plusieurs polygastriques vivent dans les eaux douces, d’autres dans la mer; une grande quantité existe dans la terre humide et se trouve probablement emportée par les vents. Les espèces fossiles que l’on observe , attestent , par la carapace dure qui a résisté à la destruction , l’état local de la terre pendant leur vie.

L’organisation interne a été observée chez presque tous les polygastriques. La bouche terminale détermine toujours la face antérieure; et, dans le cas où l’œil ne signale point le côté dorsal, la bouche non terminale se trouve sur la face ventrale. C’est d’après ces circonstances que l’on doit juger les dénominations: prolongement postérieur en queue, ou antérieur en trompe. Une trompe dorsale devient fi ont ou lèvre , une trompe ventrale menton ou lèvre inférieure. Un prolongement dorsal devient queue [l’anus se trouve donc à sa surface inférieure (Colpodea)], un prolongement ventral devient pied. Le pédicule des vorticelles et des bacillariés n’est ni pied ni queue.

Les organes du mouvement sont les suivants: 1) Ci7j (cilia). Ce sont de très petits appendices filiformes qui déterminent le mouvement de rotation. Ils ont une structure propre , que l’on ne peut toujours observer à cause de leur délicatesse. On

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voit dans les grandes espèces cjue la base de chaque cil avait la forme d’un bulbe, et il paraît qu’une légère pression du bulbe sur son point d’appui détermine les oscillations circulaires, au moyen desquelles chacun de ces cils décrit une surface conique dont le sommet est au bulbe. Quelques-uns sont continus avec ce bulbe, cîZm continua ( Slylonicbia mytilus); d’autres sont articulés, cilia articulata. 2) Soies (setæ). Ce sont des appendices filiformes, droits, raides et mobiles, qui déterminent un mouvement de progression, comme les piquants de l’oursin. Elles manquent quelquefois de bulbe (Actinopbrys), d’autres fois elles en sont pourvues (^Stylonichia mytilus ) ; elles peuvent être redressées lentement ou abaissées. 3) Styles (styli). Ce sont des espèces de soies épaisses , droites, très mobiles, mais non susceptibles d’exécuter des mouvements de rotation ; ils forment des cônes assez étendus, larges à leur base et déliés à leur sommet. Ils se rencontrent à la partie postérieure du corps, sur la face ventrale , et sont dépourvus d’un bulbe. 4) Crochets (uncini). Ce sont des soies courtes, courbées, épaisses, tenant lieu de pieds, servant à la préhension et à l’action de grimper. Les crochets ne sont pas vibratiles, ils sont pourvus d’un bulbe et ordinairement très épais à leur base.

Les muscles apparaissent chez les vorticelles,l’Opercularia et le Stentor. Chez les monades il existe deux ou plusieurs cils à la bouche en forme de trompe ; chez le, Stylonichia mytilus 170, chez le Paramecium aurelia 2640 organes de mouvement extérieurs ; les faux-pieds sont très remarquables. (Voir huitième famille.)

Le canal alimentaire se distingue très nettement par la présence de plusieurs estomacs , des appendices vésiculeux , que l’on peut reconnaître facilement en faisant avaler aux infusoires des matières végétales colorées, par exemple de l’indigo pur. Les estomacs ont été de celte manière directement observés chez tous les polygastriques sans carapace , et chez la plupart de ceux à carapace, dernièrement aussi chez plusieurs bacillaires. Seulement il faut prendre la précaution de substituer à la première dissolution de la couleur une seconde qui est

INFUSOIRES

ensuite avalée par les animaux, et l’on a soin de rejeter la

première que les infusoires refusent après un séjour plus ou

moins prolonge. Le canal intestinal des infusoires polygastriques peut se présenter sous quatre formes différentes; L’une de ces modifications est caractérisée par le manque absolu d’un canal réunissant entre elles les diverses cavités stomacales , ce qui constitue le caractère essentiel des infusoires polygastriques privés de canal intestinal {Jnenlera). Ces animaux n’ont qu’une bouche et sont dépourvus d’anus ( Voyez les Monadines). La seconde forme est pourvue d’un intestin {Ente- Todela , voy . p. 196), dont les orifices se trouvent réunis dans la même fossette {. Anopisthia) , on les orifices (la^boucbe et l’anus) sont terminaux {Enantiotreta), ou l’un des orifices est seulement terminal [Allolrcla), ou tous les deux orifices sont dépassés par une partie du corps , c’est-à-dire ne sont pas terminaux ( Catrotreta).

On trouve dans les familles Enchelia , Trachelina et Euplota 4 genres formant 9 espèces qui présentent des bouches dentées. Le suc intestinal est quelquefois très remarquable par ses couleurs ( Nassula).

Les polygastriques sont toujours hermaphrodites; lesorganes sexuels doubles , mâles et femelles, existent dans chaque individu. Il n’y a lieu jamais à une réunion ou copulation de deux individus. La propagation se fait au moyen de la division spontanée transversale ou longitudinale, quelquefois oblique , ou au moyen des gemmes. Les organes mâles, simples ou doubles, se présentent sous une forme globulaire, ovalaire, oblongue, circulaire, en chapelet , sous forme de vésicules contractiles ( Paramecium aurelia ) , etc. Les organes femelles sont formés de corpuscules incolores, quelquefois rouges, jaunes , verts, bleus , bruns , qui diminuent périodiquement et manquent même tout-à-fait ; ils forment, des réseaux filiformes à travers le corps entier, et peuvent être comparés aux ovaires des insectes et des trématodées. Les œufs ont en général l/40 de la longueur du corps delà mère; les plus grands (dans l’espèce Bursaria Jlava) ont 1/232 ligne , la plupart 1/3000 — 1/1000 , les pins petits 1/12000 de ligne.

MONABINES.

Le système vasculaire n’a pas été reconnu jusqu’à ce moment.

Des yeux furent observés chez 48 espèces (dans la 1 , 2, 3, 6, 7, 12 et 20 famille) , qui tous ont le pigment rouge, excepté l'espèce Ophryoglena qui a l’œil noir.

Les infusoires fossiles forment des couches de 16-28 pieds de profondeur.

PREMIERE FAMILLE

MONADINES.

Les monadines sont des animalcules pourvus d’un mouvement spontané, et privés, de pieds, poils, soies et de tous autres appendices extérieurs (les trompes ne figurent pas parmi les appendices ) , ainsi que de carapace ; ils présentent distinctement ou vraisemblablement des vésicules (estomacs) à l’intérieur, mais jamais un tube intestinal réunissant les estomacs ; ces estomacs peuvent être remplis des matières colorées que l’animal absorbe. Ces animalcules ne forment jamais de chaînes ; ils sont tout au plus doubles par la division spontanée simple, ou divisés en quatre paities par Indivision spontanée croisée. Le corps présente toujours la même forme, qu’on observe l’animal à l’état de repos ou pendant la natation.

On appelle monadines sans lèvre celles dont la bouche se trouve sur l’extrémité antérieure verticalement tronquée suivant l’axe du corps , par oppositiçn avec celles dont la bouche est placée latéralement sur l’extrémité obliquement tronquée. Toutes sont pourvues de 1, 2 ou plusieurs trompes filiformes à la bouche. Les monadines nageantes sont celles qui avancent dans la direction de l’axe du corps. Les monadines roulantes se meuvent dans une direction opposée , en roulant sur la tète.

Fig. 1. Monas vivipara. Il faut faire usage d’un grossissement au moins de 300 fois pour pouvoir se convaincre de la nature des monades, principalement pour éviter de les confondre avec les jeunes individus .simples des genres Uoella, Fi-

INFUSOIRES

brio^ etc. Il serait donc difficile de reconnaître avec certitude comme animal chaque point qui est en mouvement j on devra seulement diriger son attention sur l’ensemble ; si , par exemple, on vient à remarquer de jeunes polypiers à.&bacterium, po- Iftoma^ wella, etc., et que l’on y aperçoive de petits corpuscules remuants, on n’est pas sûr de voir des monades, mais plus probablement de jeunes individus provenant des polypiers. La présence d’au moins une trompe filiforme, observée dans la plupart des genres, forme un cai-actère auquel on peut presque toujours reconnaître une véritable monade; quelquesunes sont pourvues de deux trompes. La figure I, a représente un individu isolé ; la figure I b, un individu dans la division spontanée double. La première figure (I a) présente en à un organe vésiculeux que l’on peut comparer à la vésicule séminale {Trématodées)^ et en c un organe granuleux, probablement des œufs, que l’on voit souvent dans un état de tremblement. Les individus de cette espèce offrent , en outre, le phénomène cui'ieux delà liquéfaction des parties de leur corps et du mouvement immédiat des œufs devenus libres.

Fig. II. ü (>ella glaaboma . L’organisation de cette espèce est la mieux connue ; a) un groupe ; b) un individu isolé après la division du groupe.

Fig. III. PoZitoniÆ mp’cWüi. La membrane lacée produit l’effet d’une enveloppe très-fine.

Fig. IV. Microglena punctifera. Grossissement de 290 fois.

Fig. V. Glenomorum. Cet infusoire fut aussi appelé monas ÛTZge/ispar M. Ehrenberg.

Fig. VI. Doxococus riiher. L’organisation de ces animaux est prèsque tout à fait inconnue.

Fig. yn.Chclomonas paramecium. On voit déjà, à un grossissement de 245, de nombreux (30) estomacs; et à celui de 380, deux trompes moitié aussi longues que le corps.

Fig. VIII. Bodo ranarum , dans l’intestin des grenouilles. Ce genre fut jadis placé dans la famille Cercaria et dans celle des Zoospermes, qui appartiennent maintenant aux Trematodées. Grossisiîement de 290 et 450 fois.

MONADES A CAKAPACE.

DEUXIÈME FAMILLE

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