PREMIÈRE LEÇON LE MÉDAILLON — LE BAS-RELIEF
es premiers essais d'un amateur devront porter sur des bas-reliefs ou des médaillons. Tout naturellement c'est par la copie qu'il commencera ; non pas qu'il doive s'y attarder longtemps, mais simplement pour connaître la manutention de ses outils, de façon à n'avoir aucune gêne de ce côté lorsqu'il abordera la nature.
Le bas-relief est simple ou composé : simple lorsqu'il représente une tête, comme dans le médaillon, ou une figure seule appliquée sur un fond, comme l'académie; il est composé lorsqu'il représente un sujet formé de plusieurs figures, voire même un médaillon comportant deux portraits se détachant l'un sur l'autre comme celui des frères Montgolfier.
Mais, d'abord, me suis-je suffisamment expliqué sur ce qu'on nomme le médaillon? Comme on semblerait le croire, le médail-
Ion n'est nullement une ronde-bosse appliquée sur un fond. C'est un véritable dessin en relief où les valeurs seules doivent
Fig. i. — Le tracé.
donner l'illusion de nature : une silhouette plate dont les saillies ou plans doivent être non point réels, mais relatifs.
Fig. 2. — L'ébauche.
Cela dit, copions ensemble, si vous le voulez bien, un médaillon de David d'Angers, celui d'Hannemahn, dont les plans, forte-
ment accusés, se dessinent nettement. Indiquons (fig. i), avec le crayon-ardoise ou une pointe d'outil en fer, la silhouette sur
Fig. 4. — Le médaillon terminé.
j6 MODELAGE ET SCULPTURE
l'ardoise servant de fond (fig. 2), puis prenons de petits colombins de terre plastique préparés à l'avance et commençons par indiquer les parties saillantes que nos études préliminaires d'anatomie doivent nous faire lire parfaitement : le crâne, le maxillaire inférieur, la grande ligne du sterno-cleido mastoïdien, l'attache de la clavicule; puis, ceci indiqué, plaçons la pommette ; nous massons ensuite le nez en suivant aussi exactement que possible le dessin de la silhouette, l'arcade sourcilière, l'arcade zigomatique; enfin nous procédons à la mise en place des ailes du nez, des lèvres, du menton, de l'oreille, des cheveux, ceux-ci bien indiqués par masses (fig. 3). Le tout mis en place, nous examinons cette première ébauche et modifions notre travail suivant les erreurs que nous avons pu commettre, mettant de la masse à nouveau là où les saillies sont trop maigres, en enlevant là où nous avons mis trop d'épaisseur. Pour ce contrôle, deux moyens sont en présence, le premier est le compas d'épaisseur qui est d'une vérification absolue : le second, qui exerce davantage l'œil à voir juste, consiste à regarder le modèle et la copie qu'on en fait de profil , c'est-à-dire de côté, et de comparer les saillies entre elles.
Enfin nous passons à l'exécution finale (fig. n° 4), en cherchant la parfaite ressemblance. On atteindra ce but en reprenant le modelé de chaque plan jusqu'à ce que l'exactitude de détail soit parfaite, et on la contrôle comme il vient d'être dit. Il est important que l'œil s'habitue peu à peu à considérer l'ensemble en même temps qu'il examine ou contrôle l'exactitude d'un détail, car c'est de cet examen simultané que découle la ressemblance, et cela prendra une importance capitale dans le portrait.
Ce médaillon fait, vous pouvez avec intérêt copier ceux de
Carnot, Cuvier, Azaïs et quelques autres portraits d'homme, d'un si beau caractère et dont les plans sont si nettement accusés ; puis ceux plus fins et plus délicats de Madame Geoffroy Saint- Hilaire, l'impératrice Joséphine, Madame Laetitia, etc., enfin un médaillon de face, Kléber, par exemple, où la difficulté s'accentue pour l'élève, mais ne lui est pas moins profitable en raison même de cette difficulté.