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DE L'ESTAMPAGE ET DE LA TERRE CUITE

Pour l'estampage, en vue de l'exécution des terres cuites, on peut dire que toutes les terres sont bonnes, depuis celle qui sert à faire la brique (qui n'est autre chose qu'un estampage rudimentaire) jusqu'à la plus raffinée, dont on fait les plus beaux vases décoratifs, ornés de figures en relief. Cette dernière terre est un composé d'argile blanche alliée aux ocres pour la rendre à volonté rouge, rose ou jaune ; elle vient principalement de Lorraine ou de Limoges.

On se sert généralement pour les estampages de moules à bons creux et à pièces, et comme nous n'en avons point parlé dans ce traité, nous supposons que vous tenez d'un mouleur de profession celui qui va vous servir à l'estampage. Le moule étant divisé en deux parties nommées chapes, dans lesquelles sont ajustées les pièces, on pose à plat, sur le dos, ces deux parties, et, à l'aide d'un sachet ou tampon de mousseline, on saupoudre le creux des pièces de talc de Venise contenu dans le tampon. On pousse alors et l'on tasse avec les doigts la terre glaise, de façon à ce qu'elle soit bien liée et ne laisse aucun intervalle où pourraient se loger quelques bulles d'air, ce qui occasionnerait le bris lors de la cuisson, ou tout au moins l'apparition de crevasses toujours difficiles à reboucher. Les

deux parties du moule étant chargées d'une épaisseur suffisante, deux à trois centimètres, on délaie un peu de même argile et on applique cette barbotine sur l'épaisseur de la terre poussée dans les deux parties ou chapes du moule, sur les tranches par conséquent. On ferme le moule qu'on lie avec de fortes cordes et on le replace dans la position verticale. L'humidité de la terre aidant, l'épreuve ainsi obtenue se tasse un peu, se lie et s'agglomère, finalement s'affermit et sèche suffisamment pour qu'au bout de deux jours on puisse enlever, d'abord les chapes, puis les pièces, une à une, avec précaution et selon l'ordre que le mouleur du bon creux a eu soin d'indiquer par des numéros au dos de chaque pièce. Si quelque fragment, bras, jambe ou attribut, a dû être moulé à part, on le relie également avec une barbotine un peu forte. On livre alors l'épreuve ainsi estampée au cuiseur, qui a pour mission de la faire sécher d'abord graduellement jusqu'au point où la pièce doit être mise au four.

L'opération est plus simple encore s'il s'agit d'un estampage sur un moule dit à creux perdu comme cela peut avoir lieu pour les médaillons ou petites pièces d'une dépouille facile. On procédera comme il vient d'être dit, seulement on devra, si le plâtre est frais encore, huiler un peu le moule avant de le saupoudrer de talc, et redoubler de soins et de précautions lors de l'enlevage du moule, qu'on ne peut faire venir qu'à La main pour le séparer de l'épreuve estampée.

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