E. DANTAN
Un Moulage sur nature.
il est nécessaire de faire un second moulage. On prend donc une nouvelle empreinte de la statue, et pour que le plâtre du second moule creux ne se colle pas au plâtre du modèle en relief, on enduit ce relief d'un corps gras qui empêche les deux plâtres de s'unir. On obtient ainsi un nouveau creux en plusieurs petites pièces que l'on doit ensuite rapprocher et réunir pour la commodité pratique dans des pièces plus grandes appelées chapes. Les petites pièces ainsi assemblées et enveloppées dans les grandes, il est clair que si on réunissait les chapes, elles laisseraient entre elles une cavité, c'est-à-dire que pour la seconde fois la statue serait représentée par un vide. Maintenant, si la statue doit être en bronze massif, il suffirait de couler du bronze plein le moule creux, en ayant soin de faire alors ce moule en un ciment capable de supporter l'opération. Mais il importe que le bronze ne soit pas massif, car il serait d'une pesanteur exorbitante, outre qu'il exigerait une dépense inutile de métal. Or, voici comment on procède pour rendre le bronze aussi mince, aussi léger que possible.
« On imbibe d'huile tous les creux du moule et on y applique des lames de cire, de l'épaisseur que l'on veut donner au bronze. Cela fait, on établit une armature en fer, dont les branches sont pliées suivant l'attitude de la statue, mais qui doit lui assurer une assiette fixe. Toutes les pièces du moule, qui sont revêtues de cire, étant rassemblées autour de l'armature, de manière à s'y appuyer sans déplacement possible, forment une enceinte qu'on entoure de cercles de fer. Dans cette enceinte, on fait couler par le haut du moule du plâtre liquide et de la brique en poudre, et ce ciment auquel le moule imprime grossièrement les formes de la statue, est ce qu'on nomme le noyau. Une fois durci , le noyau ne fait plus qu'un seul corps avec l'armature et
Karl Robert. — Sculpture. 2
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avec la cire. Si l'on retire alors les cercles de fer et les pièces du moule, la figure paraît en cire telle qu'elle était en plâtre. C'est le moment pour le sculpteur de réparer son ouvrage dans les endroits qui en ont besoin, surtout le long des coutures que les différents points du moule ont laissées sur la cire.
« L'ouvrage réparé, on attache à la cire divers tuyaux qui sont les égoûts, par lesquels devra s'écouler la cire à mesure qu'elle se fondra : les jets par lesquels s'introduira le bronze en fusion , et les évents qui ménageront à l'air une libre issue, quand le métal se précipitera. Une fois que ce mécanisme de circulation se trouve bien établi, la figure entière est enveloppée d'un nouveau moule liquide à plusieurs couches, lesquelles, en séchant Tune sur l'autre, composent un ciment épais. Ensuite, par des opérations matérielles, dont ici la description est inutile, on fait chauffer et couler la cire entre la masse grossière du noyau et le moule extérieur qui conserve la fidèle empreinte de la statue. Le vide laissé par les cires fondues sera rempli par le métal en fusion. Quand le fondeur a terminé sa délicate besogne, le sculpteur voit son œuvre transformée en bronze. On retire alors le noyau, et l'on ne conserve de Farmature que les pièces nécessaires à la solidité de la statue. Ces pièces, qui seront scellées dans le piédestal, passent dans les jambes de la statue, si elle est pédestre, et, si elle est équestre, dans celles des jambes du cheval qui porteront sur la base. Il ne reste plus au statuaire qu'à réparer le bronze comme il a réparé la cire, c'est-àdire à faire disparaître la trace des tuyaux , à rabattre ces rugosités que les fondeurs appellent des balèvres l, en un mot à polir, à finir. 2 »