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POISSONS

§ I. CLASSIFICATION

Les poissons diffèrent entre eux, non-seulement selon les pays, mais encore selon les mers, les fleuves, les lacs où ils vivent; ils affectent toutes sortes de formes et varient à l’infini pour les nuances et la couleur.

La science qui traite de la connaissance des formes, de l’organisation, des qualités et des propriétés remarquables des poissons , et apprend à les distinguer les uns des autres, se nomme Ichthyologie.

Les poissons se divisent en deux groupes, qui sont :

Premier groupe. — Les poissons à squelette osseux .

Deuxième groupe. — Les poissons à squelette cartilagineux.

Le premier groupe forme six ordres , qui sont :

1° Les acanthoptèrygiens.

2° Les Malacoptèry giens abdominaux .

3° Les Malacoptèry giens subrachiens .

4° -Les Malacoptèry giens apodes.

5° Les lophobr anches .

6° Les plectognates .

Le deuxième groupe forme trois ordres , qui sont :

1° Les sturoniens.

2° Les sélaciens ,

3° Les cyclostomes .

La préparation des poissons offre quelques difficultés, à cause des écailles dont la plupart d’entre eux ont leur épiderme garni : aussi fautil procéder comme pour les reptiles, en évitant de retourner la peau.

On fait une incision à partir du milieu des pectoraux, et on la prolonge au delà de F anus; avec le scalpel on commence par dégager les lèvres de l’incision , puis , avec les ciseaux mousses, on coupe les articulations des nageoires, on continue à écorcher en venant du

côté de la queue. Un couteau à papier, en buis, est très-commode pour cette opération. On coupe le tronçon de la queue avec les ciseaux ; arrivé aux rayons qui soutiennent la nageoire dorsale, on procède de même.

Parvenu à la tête, on détache le cou très-facilement; en tenant la tête du poisson de la main gauche, on agit de la main droite en faisant pression pour détacher la vertèbre cervicale de la boîte du crâne ; au moyen du scalpel et des ciseaux on achève de couper les chairs. Si on veut conserveries branchies des poissons en les laissant en place, on n’y touche pas quant à présent; mais, aussitôt l’opération terminée, on injecte les branchies avec l’essence de térébenthine; il faut renouveler cette opération trois ou quatre fois. Dans le cas contraire, on les retire avant que de procéder au montage.

Beaucoup de préparateurs négligent de faire une incision en dessous de l’opercule, pour retirer les chairs qui se trouvent dans les joues, ainsi que de dédoubler les lèvres dans certains poissons ; c’est une grande négligence, car, par la dessiccation, ces parties se dépriment, l’huile contenue dans la chair du poisson ressort en dehors, attire les insectes et répand une odeur insupportable, et, avant peu de temps la pièce est perdue, ce qui n’est qu’un demi-mal, si elle

n'a pas occasionné la perte d'une grande partie des richesses d’un cabinet.

Nous supposons que nous préparons une carpe ou une tanche : après l’avoir écorchée, comme il vient d’être dit, on coupe deux fils de fer du n° 18, non recuit, et du double de la hauteur à laquelle on désire poser son poisson ; on façonne une petite planche en lui donnant la courbe du poisson ; les deux fils de fer qui doivent servir de support sont fixés solidement dans la planche; à une extrémité, on met un autre bout qui entrera dans le trou occipital du poisson; à l’autre partie, on tord un fil de fer et on lui fait faire fourche, c’est pour maintenir les rayons de la queue écartés. (Voyez pl. 3, fig. 5.)

On passe une bonne couche de préservatif, on met un peu de mastic de vitrier, pour refaire plus sûrement le tronçon de la queue qui doit s’en aller en s’amincissant vers les rayons caudals. On bourre avec des étoupes bien hachées et on recoud à point de suture et bien serré.

On fixe *son poisson sur un patin provisoire, on le lave avec de l’eau dans laquelle on a mis dissoudre un peu d’alun, puis on s’occupe à étaler les nageoires, que l’on comprime entre des feuilles de carton, de liège, etc. On peut poser les yeux au poisson tout aussitôt; dans le

cas contraire, on ramollit les parties comme pour les oiseaux et les mammifères.

Bien des préparateurs ont l’habitude de faire sécher dans une étuve les poissons préparés. Cette méthode a le désavantage déporter l’huile à sortir et de raccornir plusieurs parties du sujet par une trop grande dessiccation. Il est essentiel que ces préparations se fassent promptement pour conserver le plus possible les couleurs du poisson, mais il faut qu’elles se fassent naturellement.

On expose sa préparation dans un courant d’air et à l’abri des rayons du soleil ; le lendemain du jour où il a été préparé, on y passe une bonne couche d’essence, on répète ce soin pendant plusieurs jours de suite ; par ce moyen la dessiccation se fait promptement et dans de bonnes conditions de conservation.

Une fois sec,, on passe sur tout le corps une couche de vernis à l’esprit-de-vin, n° 1.

Si c’est un poisson plat, tel qu’une raie, un carrelet, etc., on fait une incision éloignée de quelques millimètres de la naissance des rayons; puis, avec les ciseaux à lames mousses qu’on plonge dans la chair, on coupe en remontant du côté de la tête, on revient ensuite à la partie inférieure en procédant de la même manière; puis, avec un bout de bois taillé en forme de spatule, on détache les chairs de la peau très-

facilement. La carcasse est la meme que celle décrite dans la figure 5, pi. 3; seulement, il est facile de comprendre que la planche qui sert d’armature doit être plus grande que pour une carpe, et qu’elle doit affecter autant que possible la forme de la raie ou du carrelet. Pour maintenir les nageoires bien dressées, il ne faut pas négliger de se servir d’épingles à presque tous les rayons, que l’on implante dans deux feuilles de carton ou liège.

Si le poisson que bon prépare est de moindre grosseur, il est de toute inutilité de se servir de bois; on fait la carcasse entièrement de fil de fer. (Voy. fige 4, pl. 3.) Cette carcasse sert aussi pour les poissons que l’on veut représenter le corps ondulé. .Le genre anguille se dépouille comme les serpents; par la bouche , quand on doit le fixer sur planche, et par une incision sous le ventre quand il doit être mis sur patin ; la carcasse est la même(fig. 4; pi. 3.), seulement la traverse est plus grande et proportionnée au volume du poisson.

Supposons maintenant que ce soit un poisson très-volumineux, tel qu’un thon, un marsouin, un esturgeon, que l’on veuille préparer: alors les moyens que nous venons d’indiquer ne seraient plus suffisants et offriraient des difficultés qui n’amèneraient, en admettant qu’on les surmonte, qu’à un mauvais résultat.

Prenons pour exemple de préparation un esturgeon ayant une longueur de deux mètres.

Toutes les difficultés de préparation se trouvent réunies dans cette pièce. La tête est volumineuse, le museau obtus et cartilagineux, le corps est recouvert de plusieurs séries longitudinales d'écussons osseux et saillants, de la nageoire anale à la nageoire caudale; il existe encore une autre série de plaques, la peau est dure et chagrinée comme dans les squales, auxquels il ressemble du reste par la forme générale du corps, ainsi que par la position et le nombre des nageoires.

Or, voici comment on procède pour mener à bonne fin une préparation de ce genre :

On fait une incision à partir du milieu des nageoires pectorales, que l'on prolonge jusqu'à la naissance de la nageoire caudale ; mais , comme nous l'avons dit, il existe une série de plaques osseuses entre banale et la caudale qu’il serait très-difficile de couper et encore plus de rejoindre par la couture ; il faut donc contourner la difficulté et ne laisser juste que ce qu’il faut de peau après les plaques pour coudre facilement avec l'autre partie de la peau ; on écorche comme pour les autres poissons.

Une fois débarrassé du corps, il vous reste à dégraisser la peau et à la bien débarrasser de toutes les chairs qui y sont encore attenantes;

avec les pinces à mâchoires longues, vous arrachez la chair qui se trouve de chaque côté des vertèbres de la queue, puis vous revenez à la tête, vous enlevez les branchies et toute la chair attenante aux opercules, avec un ciseau de menuisier ou une scie demi-circulaire, vous enlevez toutes les parties osseuses auxquelles étaient attachées les branchies. Il vous reste maintenant à enlever tous les cartilages du museau, ce que vous faites au moyen de longues pinces, après avoir haché, pour ainsi dire, au moyen d’une longue lame, toutes les cloisons cartilagineuses*

Gardez-vous bien - de vous dispenser de ce travail par l'idée que ces cartilages étant desséchés maintiendront les formes du museau; nous avons vu récemment une préparation de ce genre dont on avait négligé d’extraire les cartilages; le museau , après la dessiccation, avait la forme d’un cor de chasse.

Donc, lorsque vous aurez bien enlevé tous les tissus graisseux qui se trouvent en abondance dans la tête de l’esturgeon, ainsi que tous les cartilages, vous mettrez tremper cette peau dans un baquet d’eau, dans lequel vous aurez mis dissoudre 25 grammes de sulfate d’alumine (dans une quantité de 20 litres d’eau) ; pendant que la peau se macère un peu, vous procédez à la confection de la carcasse ou armature qui

doit porter votre poisson. (Yoy. fig. 6, pi. 3.)

Il faut une planche solide et d'une bonne épaisseur; il faut qu’elle ait la longueur de presque tout le corps, et vous taillez en pointe plus ou moins prononcée le côté qui doit être à la queue ; vous y fixez une ou deux tiges de fer destinées à entrer de chaque côté des vertèbres caudales ; du côté de la tête , vous y mettez également une tige de fer que vous introduisez dans le crâne; à une distance convenable, vous fixez les supports , vous avez le soin de limer en dard la tringle de fer, vous commencez par percer les trous au moyen d’une vrille et vous les entrez de force à coups de marteau.

Si le poisson est destiné à être suspendu à un plancher, vous faites de suite les deux anneaux qui doivent servir à sa suspension ; dans le cas contraire, vous les tenez assez longs pour être repliés en dessous du patin.

Vous avez retiré la peau de votre poisson du baquet de macération; il faut procéder immédiatement au montage , car ces sortes de peaux éprouvent un énorme retrait par la dessiccation.

Avant d’entrer votre armature dans la peau, il faut bourrer la tête, et cela d’une manière solide. Vous commencez par y passer une couche de préservatif, puis vous mettez un

bon morceau de mastic à l’entrée du museau ; ensuite vous bourrez, au moyen du bourroir de fer, ou à défaut avec une canne, des étoupes hachées menu; le mastic se porte, par la pression, dans les parties où vous ne pourriez pas introduire d’ étoupes, et vous continuez ainsi jusqu’à ce que la tête soit entièrement bourrée, vous introduisez votre armature et passez du préservatif sur toutes les parties intérieures, vous bourrez la queue comme vous avez fait pour la tête et vous recousez cette partie jusqu'à la nageoire anale, et vous bourrez le reste du corps avec du foin ou autre substance moins dispendieuse que les étoupes. Vous fermez les opercules au moyen de petits fils de fer, puis vous lavez votre poisson à grande eau avec une éponge; avec une canne, vous frappez longitudinalement pour aplatir les bourres, mais ayez soin de ne pas frapper sur les plaques qui ornent la peau , vous les briseriez ; une fois votre poisson dans cet état, vous le suspendez au plancher ou le fixez sur un patin provisoire, et vous étalez toutes les nageoires que vous maintenez solidement avec de petites planchettes. Vous bourrez par les orbites et achevez de les remplir avec du mastic afin d’y mettre immédiatement les veux; vous maintenez les Larbi lions dans une position droite au moyen d’épingles et d’une carte.

Vingt-quatre heures après, vous passez sur tout le corps une couche d’essence et vous renouvelez cette opération tous les deux jours, pendant une semaine ; lorsque votre poisson est bien sec, vous le vernissez comme on le fait pour les autres poissons.

Ce que nous venons de dire pour l’esturgeon est applicable à tous les poissons d’un fort volume, quant au montage.

IY

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