‹ Traité pratique du naturaliste préparateurChapitre 17 sur 64 · SS · texte numérisé non relu

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dapter exactement à celui-ci ; vous pressez un peu avec la paume de la main et descendez sur ces papiers une autre planche percée de trous pour le passage des tiges, vous tournez sens dessus dessous votre appareil, vous retirez adroitement la planche qui porte les tiges emportez sous presse vos cartons; au bout d’un quart d’heure ou d’une demi- heure, vous pouvez vous assurer si toutes les plumules sont bien adhérentes au papier qui contenait le vernis, et, s'il en restait quelques-unes, il faudrait remettre sous presse.

Lorsqueles planches sur lesquelles vous posez les papiers sont assez grandes pour recevoir un poids suffisant à la pression, il devient inutile de les retirer. Du reste, l’habitude, un peu de patience et la dextérité vous feront découvrir des petits moyens propres à abréger ce travail sans lui nuire, petits moyens qui sont particuliers à chacun de nous, qui, entre les mains de tel ou tel autre que son inventeur, deviennent plutôt une entrave qu’un moyen facile d’exécution.

Il ne nous reste plus qu’à peindre le corps, comme il est dit au commencement de cet article.

Nous n’ignorons pas que pour beaucoup de personnes l’art de peindre le corps à la gouache ne sera qu’un jeu qui plaira surtout aux dames

et aux demoiselles, qui, aujourd’hui, savent si bien occuper leurs loisirs en les consacrant à ces mille travaux minutieux qui leur conviennent si bien; mais nous n’ignorons pas non plus qu’il s’en trouvera parmi le nombre qui n’en connaîtront pas les premières notions. Nous croyons donc utile de signaler un procédé pour peindre le corps des lépidoptères, ou plutôt de lui redonner l’apparence de la vie avec ses couleurs naturelles. Ce procédé convient aux personnes qui ne voudraient pas avoir recours à la gouache; voici en quoi il consiste :

Lorsque vous avez détaché les ailes de votre papillon, vous en conservez le corps pour en faire le dessin et vous évitez de trop y toucher, car la poussière qui le recouvre va vous servir à peindre votre corps, et surtout n’oubliez pas de le mettre ramollir sur du sable humide, afin que les plumules se détachent facilement.

Une fois qüe vous avez la transposition de vos plumules faite, avec un pinceau très-fin, vous prenez du vernis à l’esprit-de-vin, n° 1, dans lequel vous ajoutez une teiilte de la couleur principale, c’est-à-dire du fond qui domine sur le papillon que vous voulez préparer. Par exemple , supposons le coliade-souci. Ce papillon a le dos noirâtre, eh bien, on ajoute

dans fesprit- de-vin une pointe de terre d'ombre et on délaye bien le tout avec une petite spatule ; ensuite, avec votre pinceau, vous peignez tout le corps, en ayant bien soin de ne pas toucher aux ailes ; laissez sécher un peu; maintenant, ayez un autre pinceau tout aussi petit que le précédent, et le corps du papillon étant ramolli suffisamment, vous prenez avec votre pinceau là poussière qui se trouve sur le corps et qui se détache très-facilement, surtout en inclinant un peu votre pinceau et remontant à la partie supérieure du corps. Votre pinceau étant chargé de cette poussière, vous rappliquez sur le verni teint qui recouvre votre papillon; il est nécessaire de ne pas poser cette poussière comme si vous peigniez quelque chose, mais bien vous servir de votre pinceau absolument comme vous feriez d’une plume à écrire, et pour faire des points. Cette méthode est bonne pour les lépidoptères, dont le corps ne possède qu’une seule teinte, mais la réussite est difficile à obtenir pour ceux qui ont plusieurs nuances.

Nous avons encore eu ridée d’un nouveau système, qui nous a donné d’assez beaux résultats ; nul doute qu’une personne, qui aurait plus de temps à sa disposition que nous, n’arrive à très-bien opérer. Voici en quoi consiste cette dernière préparation ;

iü

Lorsque les ailes de votre papillon sont détachées, vous vous servez du corps pour modèle, comme dans les préparations précédentes, mais en ayant toujours soin de bien le ménager. Lorsque vous avez retiré les ailes de votre papillon de sous la presse, il ne reste plus que le corps à produire, soit par la peinture, soit par la transposition des plumules. La troisième manière est celle-ci : vous prenez le corps de votre papillon entre le pouce et l’index de la main gauche, puis, de la main, droite avec un instrument fin et tranchant, tel qu’un scalpel, un canif, même des ciseaux à broder; vous coupez le corps horizontalement, mais de manière à ne prendre que le quart de la grosseur, car, si vous preniez plus, le relief serait trop fort et par conséquent d’un mauvais effet.

Lapartiequi doit être appliquée entre les ailes du papillon est légèrement enduite de gomme et posée avec précaution dans sa place respective, et l’opération est terminée. Avec un peu d’habitude et de patience, nous n’hésitons pas à le répéter, on sera vite à même de créer de charmantes préparations, et l’on aura un sûr moyen de chasser l’ennui des longues journées si monotones que nous apporte l’automne à la campagne.

DES M OLLUSQUES

§ I. CLASSIFICATION

La science divise en cinq classes Tordre des mollusques, savoir :

lre classe, Céphalopodes ,

2e — Ptêropodes,

3e — Gastéropodes ,

4e — Acéphales ,

5e — Brachiopodes .

L’étude de cette partie de T histoire naturelle se nomme Conchyliologie. On se sert dans la conchyliologie de signes abréviatifs qui déterminent, ainsi qu’il suit, les caractères de chaque sujet :

signifie terrestre;

<5 — • fluviatile;

a* — marin.

Tous les mollusques nus se conservent dans un liquide préparé de différentes manières et qu’il est de toute inutilité de reproduire ici.

Voici la formule, souvent expérimentée par nous, et que nous devons à la complaisance de son auteur, M. le docteur Ch. Ozenne , et que nous ne ferons que reproduire textuellement :

Liquide conservateur pour les mollusques

nus o

I. « Il est un grand nombre de liquides que Ton a préconisés jusqu’à ce jour, pour la conservation dans les collections des mollusques nus ou sans coquilles. Je ne discuterai pas Futilité ouïes inconvénients de tous ces liquides, je ne puis mieux faire que de renvoyer à un article qu’a publié sur ce sujet le docteur Daniel, de Brest1.

« Je parlerai seulement de la glycérine et du liquide de M. Petit de la Saussaye2, liquide que j’ai modifié après l’avoir étudié attentivement, et dont j’espère, par les résultats que j’ai obtenus, avoir amoindri les inconvénients.

1 Daniel, Des diverses préparations employées pour la conservation des moltusques , Journal de conchyliologie, d'e Petit de la Saussaye, 1853.

2 Petit de la Saussaye, Instruct. sur la recherche des cap. marines et fluv., même journal, 1851.

IL « La glycérine, substance peu connue il y a quelques années et tout à fait inusitée, fut tirée de l’oubli en 1854 par M. Demarquay, qui l’employa avec une grande utilité, à l’hôpital Saint-Louis, pour le pansement des plaies. M. Luton , alors interne dans ce service , frappé de l’aspect vermeil que prenaient les plaies sous l’influence de ce topique, entreprit quelques expériences pour voir si cette substance ne ‘serait pas utile pour conserver les pièces d’anatomie. Ces expériences, qui portèrent spécialement sur des pièces humaines disséquées, furent peu nombreuses et lui donnèrent quelques bons résultats. J’entrepris alors de mon côté, avec la glycérine, une série d’expériences sur les mollusques, et le résultat fut loin de me satisfaire. En effet, les animaux que j’y fis mourir ou que j’y mis, après les avoir au préalable noyés dans de l’eau ordinaire, se rétractèrent et se racornirent tellement dans l’espace de deux mois, que j’eus de la peine à les reconnaître.

« Le nombre d’animaux sur lesquels j’ai expérimenté (cent limaces ou arions) est assez considérable pour que je me croie suffisamment en droit de dire que la glycérine doit être rejetée de la liste des liquides conservateurs.

« Passons maintenant au liquide de M. Petit, dont voici la formule :

jns

Pr. Chlorure de sodium (sel marin) 125 grammes.

Alun . ......... . . 65 - —

Bichlorure de mercure . 0 12 centigr.

Eau . . . . . . . 1000 grammes.

Et filtrez.

« Ce liquide conserve parfaitement les mollusques sans coquilles; mais il a plusieurs inconvénients, dont voici les deux principaux :

1° Il décolore, par suite de la trop grande quantité de bichlorure, mais bien moins que ne le fait b alcool ;

2° Par suite de la trop minime quantité d’eau qu’il contient, il est sursaturé, et finit par déposer sur les objets (si Ton n’a pas le soin de changer tous les deux mois le liquide) des cristaux qui les détériorent.

«Voulant parer à ces inconvénients, j’ai fait, dès 1 852, quelques recherches sur les différents liquides proposés jusqu’à ce jour, et, après beaucoup de tâtonnements, je me suis arrêté au liquide qui suit, et qui, comme je l’ai dit plus haut, n’est autre que celui de M. Petit, modifié.

Le voici :

Sel de Bayonne . . . . . 100 grammes.

Alun ammoniacal . . . 50 —

Eau filtrée . 1,150 —

Filtrez, puis ajoutez ensuite :

lodure de potassium...,, . . 10 centigram.

Biclilorure de mercure.. . . 5 —

que vous aurez dissous dans 50 grammes d’eau.

« Je donne la préférence au sel gemme sur le sel marin, parce qu’il contient moins d’ordures et moins d’eau de cristallisation.

III. « Manière de préparer les mollusques nus pour les mettre dans le liquide conservateur :

« Cette méthode s’applique aussi bien aux mollusques marins qu’aux terrestres. Je prendrai la limace pour exemple, et je montrerai sur elle les procédés que j’emploie.

« On verse de l’eau dans un bocal à large goulot, jusqu’à ce qu’elle déborde; cela fait, on jette doucement la limace dans ce liquide, en ayant soin d’éviter qu’elle n’entraîne avec elle quelques bulles d’air, ce qui arrive ordinairement; alors on ferme le bocal avec un bouchon que l’on enfoncera doucement pour éviter qu’il ne déplace plus d’eau que ne l’exige l’espace qu’il occupera. Le bouchon doit, au préalable, être mouillé, pour éviter que l’air n’entre avec lui dans le bocal. On laisse alors l’animal s’agiter dans l’eau, et ce n’est qu’au bout de 24 heures que l’on pourra retirer les grosses espèces (Avion empiricorum Fer : Umax maximus

Lin... etc.), et au bout de dix à treize heures, les petites (Umax agrestis, etc.).

« Cependant l’expérience m’a montré qu’il valait mieux, quand l’animal était aux trois quarts mort, rejeter un peu de beau du bocal et la remplacer par une petite quantité du liquide destiné à le conserver. Par ce moyen, la limace prend plus de consistanée sans trop se rétracter *, et quand on la retire du bocal, essuyée avec soin avec un linge doux, pour la débarrasser du mucus qui l’entoure, puis mis dans mon liquide; au bout de huit jours on le remplace par une nouvelle quantité, dans laquelle je laisse indéfiniment l’animal. Je puis montrer aux amateurs des limaces que je conserve depuis trois ans dans ce liquide, et qui sont aussi fraîches et aussi bien colorées que le jour où je les y ai plongées. »

Manière «le vîiler les coquilles terrestres, telles qu’ESélices vitrines.

On remplit un verre d’eau, puis on y jette deux ou trois coquilles; on bouche avec une soucoupe et on laisse ainsi le verre jusqu’à ce que les animaux soient noyés. Alors on les retire de l’eau, et, avec une aiguille recourbée, on extrait ranimai avec grande précaution, sans

1 A peine deux millimètres.

quoi on laisse le tortillon dans la coquille, ce qui n’est pas sans inconvénient 1

Pour les clausilies, maillots, etc., on les expose au soleil pour dessécher ranimai, car sa petitesse s’oppose à son extraction et expose à casser la bouche ou au moins les dents. *

Pour les lymnées, planorbes, phyres, pain» dines, on jette ces animaux dans de Peau bouillante, puis, au bout de deux minutes d’immersion, on les retire, et, avec une pince à dents de souris, on extrait les animaux en tirant avec précaution et doucement; le tortillon doit pour ainsi dire venir de lui-même. Les espèces trèspetites, du genre planorbe, ne doivent pas être vidées, mais séchées au soleil, car leur fragilité s’oppose à ce qu’on en retire l’animal.

Pour les amyles, on agira comme pour les lymnées.

Quant aux bivalves, on écarte quelque peu les deux valves de la coquille, puis, avec un bistouri à lame courbe, on coupe les muscles qui attachent ranimai à sa coquille; cela fait, avec le bout du manche du bistouri, on fait sortir l’animal, on lave alors la coquille à grande eau, puis on rapproche les deux valves et on jette dessus quelques anses de fil jusqu'à ce que le ligament soit sec.

1 Outre Codeur infecte que cela répand dans les collections, le tortillon attire les insectes.

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