partie administrative , de la partie commerciale et de
•îa partie financière de l'exploitation ; mais tout ce qui
concerne le service actif de la ligne est déféré au chef du mouvement généçal.
Les fonctions xhi chef de l'exploitation, ou .du chef du mouvement géjiéral , sont les pluà importantes et les plus difficiles de toutes celles d'xm chemin de fer: sur lui repose tout le service actif de la ligne , sur lui pèse de tout son poids Timmenae, responsabilité de la plus gigantesque et dé lapl<i3 dangereuse de.tontesies entreprises industrielles connues. La- régularité dans tous les services, l'exactitude des .départs. et des ar-* rivées; le plus ou moins de chance d'accidents dépend de son expérience, de son énergie, souvent de la promptitude , toujours de la rectitude de ses décisions et de ses ordres ; de son habitude et de sa capacité d'apprécier et déjuger les agents sous ses ordres , et de placer chacun selon son aptitude et sa capacité.
Le chef de l'exploitation doit en même temps être un négociant consommé*: il a la direction des affaires commerciales ; il discute avec le commerce ou les en* treprises industrielles, propose à l'administration et rédige les traités particuliers pour les diverses natures de transports périodiques ou à forfait , il exerce une haute et incessante surveillance sur le trafic des gares des marchandises et sur les comptabilités de tous les services.
Cet agent supérieur d'une ligne de fer doit , selon nous , joindre aux connaisèances théoriques une expérience consommée et la pratique de loiis les services deJ'exploitation, depuis le graisseur et le mécanicien, et nous n'hésitons pas à dire que nous croyôns'ces hommes pratiques encore très-rares aujourd'hui en France.
Le chef de rexploilation ou du mouvement général organise le service des trains ordinaires d'été et d'hiver, et des trains spéciaux ; il propose à la direction les améliorations et les dispositions qu'il juge nécessaires et opportunes pour la régularité et la sécurité clu service de la ligne ; il fait les ordres de service et ordonne toutes les mesures d'ordre et de prudence que les circonstances, souvent le moment, exigent; iL reçoit les rapports journaliers de tous les agents, les annote et les transmet à la direction.
Dans une administration bien comprise et rationnellement organisée, tout ordre émanant de la direction , concernant le service du mouvement , ne doit parvenir aux agents que par l'intermédiaire du chef de l'exploitation , de même que tous le agents ne doivent correspondre avec le directeur, pour ce qui concerne le service, que par l'intermédiaire de ce chef; car des ordres différents émanant de diverses autorités pour un même service présenteraient les inconvénients les plus graves pour la sécurité des transports; de même .encore, dans le double intérêt d'un bon service et de la sécurité publique, les administrations devraient se faire une règle de ne jamais accorder un emploi , ni un avancement dans le service actif dé la ligne, que sur la proposition du chef de l'exploitation , afin que celui-ci puisse accepter la responsabilité de tous les agents sous ses ordres.
Lorsque dans une bonne organisation il y a un véritable chef de l'exploitation, à la portée des attributions de cette importante fonction, une sage administration doit l'investir de toute l'autorité nécessaire pour le bien du service , et indispensable pour pôu-
voir en accepter la responsabilité, et alors le chef du mouvement sous ses ordres n'est plus qu'un sous-chef de l'exploitation chargé spécialement du service du mouvement sur la ligne.
4** SouS'Chef de Vexploitation ou du mouvement général.
Le sous-chef du mouvement général , ou de l'exploitation, lorsqu'il ne remplace pas dans le bureau' du mouvement, ou dans ceux de l'exploitation, le chef du mouvement général, lui-même en tournée sur la ligne , doit être constamment occupé d'une surveillance générale de tous les services dans les gares.. et stations sur la ligne.
Rien he doit échapper à ses investigations et àsoa^ inspection. Sa surveillance doit principalement se porter sur le service dés gares de marchandises; il doit souvent examiner les liyres d'entrée en gare et les registres d'expéditions, vérifier les registres des artides en souffrance de la grande et de la petite vitesse, s'enquérir des motifs des non-livraisons, et s'assurer que les articles en magasin sont ceux qui sont portés au registre ; qu'il n'existe aucune confusion entre les expéditions et les réceptions; que toutes les affaires, la correspondance, les questions de litige sont au courant; que rien n'est négligé ni arriéré, que les débours sont acquittés, les remboursements expédiés.
Il examinera la tenue des registres et tout ce qui concerne la comptabilité dans les gares de voyageurs aussi bien que dans celle des marchandises , survell-
lera la répartition du maiériel selon les besoins des stations^ son emplacement rationnel sur les voies de réserve; il s'assurera que les chefs des stations intermédiaires connaissent les règlements et les ordres de service , qu'ils savent faire exécuter les manœuvres nécessaires pour le service de leur station , et les instruira au besoin. Sa surveillance et ses investigations doivent enfin se porter et s'étendre sur tous les détails du service de l'exploitation.
5* Inspection.
Les. inspecteurs dans les chemins de fer en France sont une création de M. Delahante, chef de l'exploitation de la ligne de Paris à Orléans. La grande supériorité , généralement reconnue pour la régularité dans toutes les branches du service de cette ligne , est sans doute due en grande partie à cette création. Il est du moins incontestable que les fonctions des inspecteurs bien comprises et bien dirigées sont un des rouages les plus utiles et les plus importants dans le service général de l'exploitation.
Nous avons vu quelque part définir les fonctions de l'inspecteur, toutes (inobservations , et ïeur refuser la. faculté de donner des ordres , si ce n^est dans le cas de nécessité absolue , ou en mission spéciale. Sans doute les inspecteurs doivent tout observer, mais il leur faut en m^me temps l'autorité nécessaire pour rendre leurs observations immédiatement utiles. Dans les chemins de fer, plus que partout ailleurs, les plus
petites causes produisent presque toujours immédiat lement leur effet, et cet effet peut être d'une nature plus ou moins effrayante , plus ou moins terrible ; donc, si l'inspecteur remarque une faute , une négligence , une infraction quelconque aux règlements et aux ordres de service, son rapport, qui ne parviendra à l'administration que douze heures ou vingtquatre heures après, n'empêche rien, ne remédie à rien ; il lui faut, en ces cas, l'autorité nécessaire sur tout agent inférieur d'empêcher ou de faire redresser immédiatement cette faute ou cette négligence. On évitera ainsi, très-souvent du moins, que la cause ne produise son effet. .
Les inspecteurs de première classe peuvent être considérés comme les aides de camp du chef du mouvement général , avec cette différence pourtant que leur mission ne se borne pas à transmettre ses ordres ; ils doivent en surveiller partout et toujours la parfaite exécution, et le suppléer dans les circonstances difficiles et imprévues.
Il serait à désirer que les administrations ne prodiguassent pas le titre d'inspecteur à toutes sortes d'agents dont les occupations sont étrangères au service actif de la ligne , tels qu'agents commerciaux , surveillants des plantations, haies, etc.; que les fonctions importantes d'inspecteur ne fussent confiées qu'à des hommes au caractère grave et posé, qui aient acquis par des services antérieurs, ou par un surnumérariat , pendant lecpiel ils auraient fait le service de divers emplois , les connaissances et l'expérience nécessaires pour remplir sérieusement leurs fonctions et en apprécier toute la responsabilité. Alors les ad-
ministrations n'hésiteraient sans doute plus à établir largement leurs attributions et à leur donner sur tous les agents inférieurs, quels qu'ils soient, toute Tau* torité indispensable à un bon service; alors aussi nous Verrions les inspecteurs exercer une influence marquée et salutaire sur tous les employés , et leur présence dans un train inspirer la confiance et rassurer les voyageurs craintifs sur les chances d'accidents.
Les inspecteurs doivent avoir l'expérience dans tous les détails du service ; ils doivent parfaitement connaître la ligne du parcours , les courbes , les rampes, les pentes et les paliers; les passages de niveau, les endroits où il faut aborder avec prudence, l'usage des signaux de jour et de nuit , les croisements et changements de voie ; tout sur la ligne enfin doit leur être familier, afin que jamais il n'y ait un moment d'hésitation ou d'embarras dans les circon* stances où il y a des mouvements ou des manœuvres à ordonner ou à faire exécuter, pu que la marche d'un train leur est confiée.
Les inspecteurs de première classe doivent être chargés exclusivement des missions spéciales de l'inspection et de la surveillance des divers services sur la ligne.
Les missions dont ils peuvent être chargés sont aussi diverses que les détails d'un service de chemin de fer sont nombreux : tantôt c'est pour inspecter la comptabilité , l'intérieur des gares et des stations, l'état de la voie , du matériel roulant, le service des gares de marchandises; tantôt pour faire des enquêtes sur la conduite des employés, sur les causes d'un accident, sur les conflits s'élevant entre les
voyageurs et les agents , entre les employés aux marchandises, et les négociants; ils peuvent aussi être appelés à remplacer les chefs de service et le^^éfs des gares principales de voyageurs ou de marchandises.
Il est évident que pour des fonctions aussi importantes et aussi graves, il faut des hommes posés et sérieux. - ^ .
Le service d'accompagner les trains doit être confié aux inspecteurs de deuxième et de troisième classe.
En Angleterre il n'y a pas d'inspecteurs, ou plutôt le titre d'inspecteurs est donné aux employés chargés de surveiller la police de la ligne , les policemen, que nous nommons en France les cantonniers; mais il y a un agent qui porte, le titre de conducteur-chef, upper gmrd , et dont les fonctions diffèrent entièrement de celles de nos conducteurs-^chefs. Cet agent reçoit le train avant le départ , il le vérifie dans tous les détails, et s'il le trouve en parfait état , il en donne un reçu ; dès ce moment , et jusqu'à l'arrivée à destination , il en est le maître suprême et en porte toute la responsabilité. Tous les autres agents , mécaniciens , conducteurs, etc., sont sous ses ordres et lui doivent une obéissance absolue.
On comprend que chez nous , en France , il n'y ait que les inspecteurs, parmi nos agents, qui puissent remplacer cet agent anglais dans nos trains , car nos conducteurs chefs isont enfermés dans le fourgon à bagages; ils ont lesbagages à délivrer et à recevoir dans les stations ainsi que les feuilles dé route, les bulletins , les souches , etc. D'ailleurs , ni eux ni les mécaniciens, qui, du reste , sont assez occupés de
leurs machines , qu'ils ne doivent jamais quitter^ ne sont pas des hommes assez importants m assez graves et impoMDts pour qu'on puisse leur confier l.a sécurité, des voyageurs et les charger de la responsabilité d'un train.
Il en résulte que tous nos trains^ en France, qui ne sont pas accompagnés d'un inspecteur, sont, pour ainsi dire , abandonnés à eux-mêmes ; car il ne s'y trouve en réalité aucun agent sur lequel on puisse rationnellement faire peser une responsabilité sérieuse.
Quant à nous , nous n'hésitons pas à dire qae , dans notre opinion, la sécurité publique, plus encore que l'intérêt des compagnies, exige que tous les trains soient accompagnés par un inspecteur -, car nous pensons que le service de tous les employés d'un train en marche a besoin d'être constamment surveillé , et qu'il est indispensable qu'il y ait dans chaque train un agent supérieur, sérieux et responsable.
Chaque fois qu'un inspecteur accompagne un train, il en a la responsabilité. La régularité de la marche et la sécurité des voyageurs lui sont confiés , et en cas d'accident il peut être appelé à en répondre devant les tribunaux.
Il doit , par conséquent , vérifier le train dans toute sa composition avant le départ, et si cette composition n'est pas en tout point conforme aux prescriptions du règlement , il doit avoir l'autorité nécessaire sur le chef de gare , ou tout autre , pour y faire remédier avant d'en accepter la responsabilité.
Quant à la place que les inspecteurs doivent occuper dans, un train , nous croyons qu'elle n'est dans
rintérieur de voitures que lorsqu'ils voyagent pour accomplir uûe mission spéciale , jamais lorsqu'ils accompagnent un train. Cependant, en ce dernier cas, nous ne voudrions- pas non plus voir les inspecteurs . placés sur les locomotives ; quand ils posséderaient fnême la science complète du mécanicien, leur présence n'y serait point encore utile, et n'y ferait que scinder la responsabilité de ce dernier, et c'est ce que nous ne croyons ni prudent ni convenable.
Nous voudrions voir établir un coupé sur les fourgons à bagages et les fourgons à marchandises, aussi bien pour les trains de voyageurs que pour ceux de marchandises. Ces fourgons soQt placés, dans la composition du train, immédiatement après le tender; le coupé établi à l'avant de ce fourgon serait assez élevé pour dominer tous les wagons du train , de sorte que l'inspecteur, pourrait facilement communiquer d'une part avec le mécanicien , et avoir d'une autre part la vue sur tout le train pour observer le service des conducteurs gardes-freins , voir leurs signaux et leur en faire au besoin.
C'est ainsi que l'inspecteur, accompagnant un train, pourrait, du haut de son coupé, voir la ligne et les employés préposés à sa garde, observer si le mécanicien dépasse la vitesse voulue^ s'il la précipite dans les courbes , s'il la ralentit avant d'arriver aux pentes et aux abords des stations; s'il siffle au besoin à l'approche des passages à niveau et pour avertir à l'arrivée aux stations , afin de faire serrer les freins ; s'il ne néglige enfin aucun des devoirs que les règlements lui prescrivent. Dans tous les cas, il faut que l'inspecteur ait l'autorité nécessaire pour rappeler cet agent
à son devoir en lui ordonnant de se conformer avec la plus grande précision aux règlements et aux ordres de service.
Cependant tant que cette place, ou toute autre dans des conditions à peu près pareilles, n'est pas établie pour les inspecteurs, leur place, en accompagnant les trains, ne peut être autre que sur les locomotives , si Ton veut que leur présence soit utile.
En résumé , quel que soit le vague dans lequel les administrations des diverses compagnies et Tordannance royale elle-même ont laissé jusqu'aujourd'hui les attributions des inspecteurs , et par conséquent la partie de leur responsabilité , il.nous semble évident que le but réel, le but principal de leurs fonctions est de prévenir les accidents autant que possible, en observant et en redressant immédiatement toutes les fautes et négligences partout où il s'en manifeste , et d'assurer ainsi par une surveillance active et vigilante, et toujours suivie d'un effet iminédiat , la régularité du service'et la sûreté de la marche des trains et par conséquent la sécurité des voyageurs.
Les inspecteurs adressent' chaque jour un rapport au chef du mouvement général pour rendre compte de tout ce qu'ils ont observé et fait le jour précédent.