VERRUES
client, la peau devient plus souple, et souvent on voit au bout de quelques semaines survenir une guérison apparente. Sans croire à l'effet curatif des eaux minérales, elles constituent donc un moyen palliatif auquel on peut s'adresser. Les eaux chaudes alcalines sont celles qui me paraissent le mieux indiquées; parmi ces eaux, j'aurais une préférence pour les eaux de Schlangenbad, dans le duché de Nassau, el surtout pour les eaux de Loesche, dans le Valais, qu'on prend en bains prolongés pendant trois, quatre et même six heures: cette durée du bain, qui amène une véritable macération de ré pi derme, doit être pour beaucoup dans le succès momentané qu'on obtient dans le cas de certaines ichthyoses souvent intenses.
e. Verrues.
A côté des difformités affectant l'épiderme, je pense qu'on doit placer celles qui ont pour siège l'épiderme et le corps papillaire de la peau [kératoses avec lésion du corps papillaire (Hebra)], et qui sont désignées habituellement sous le nom de verrues. Ce sont de petites tumeurs cutanées, dures, cornées, hémisphériques ou il régulières, fendillées el inégales, ou lisses à leur surface, et ordinairement indolentes; leur volume peut varier depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'un gros pois ou d'une petite noisette; leur siège le plus habituel est à la partie dorsale des mains, à la face, sur le cou, au dos et aux flancs.
On a divisé les verrues en congénitales et acquises. Mais je crois qu'on a confondu les verrues congénitales avec les naevi pigmenlaires et hypertrophiques dont j'ai déjà parlé, et je ne décrirai ici que les verrues acquises, celles qui se développent après la naissance el à tout âge. Quellesquesoient leur forme etleurs variétés, les verrues et les condylomes sont constitués analomiquement par un subslratum de tissu conjonctif recouvert d'une couche
Digiti
zedby G00gle
épidermique ordinairement assez épaisse et au milieu duquel se trouvent des vaisseaux. On avait pensé d'abord que les productions verruqueuses avaient leur siège dans les papilles de la peau ; mais Virchow a démontré que les verrues pouvaient se développer dans des points où il n'existe pas de papilles, et que si ces dernières existent quelquefois dans la composition de certaines verrues (fibromes papillaires de Virchow), on ne découvre pas toujours leur présence, et que le tissu nécessaire et vraiment constitutif de la verrue est du tissu conjonclif recouvert d'épiderme.
On a décrit un assez grand nombre de variétés parmi les verrues ; je vais indiquer leurs noms et leurs caractères principaux :
Ce sont : 1° la vernie vulgaire, 2° la verrue filiforme, 3° la verrue plate, 4° la verrue pédiculée ou molluscoïde, 5° la verrue molle.
4° La verrue vulgaire est constituée par une petite tumeur dure sans pédicule, hémisphérique ou conique, tantôt lisse et uniforme (verrue Cicéron), tantôt inégale, rugueuse et comme composée de plusieurs parties distinctes rapprochées. Ces petites tumeurs sont indolentes; elles saignent lorsqu'on les incise, ce qui tient aux vaisseaux sanguins qu'elles contiennent. Les verrues vulgaires peuvent se développer sur toutes les parties du corps, mais elles se présentent particulièrement aux mains, à la face et aux parties génitales. Aux mains, elles. sont habituellement inégales et fendillées à leur sommet; elles existent souvent en assez grand nombre. A la face, elles sont plutôt arrondies et lisses; elles ressemblent par la forme à un pois chiche, et elles sont désignées alors vulgairement sous le nom de verrues Cicéron. Quelquefois elles sont uniques. Quelques personnes ont sur la figure un assez grand nombre de ces excroissances qui grossissent pendant un certain temps, puis restent stationnai res,
Digiti
zedby G00gle