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rienne; ces productions verruqueu6es, qui résistent souvent à tous les traitements employés pendant la grossesse, disparaissent le plus souvent d'une manière spontanée peu de temps après l'accouchement; elles paraissent évidemment se développer sous l'influence de la congestion sanguine qui affecte l'utérus et les parties environnantes pendant la gestation.
Quel que soit leur forme, les verrues, une fois développées, persistent le plus ordinairement d'une manière indéfinie et constituent ainsi de petites difformités quelquefois désagréables lorsqu'elles siègent aux parties découvertes, et particulièrement aux mains et à la face. Dans certains cas cependant, et surtout lorsqu'il s'agit des verrues dites poireaux, qui se montrent aux mains, la disparition spontanée peut avoir lieu, sans qu'on puisse expliquer la cause de cette guérison.
L'étiologie des verrues est très obscure ; il faut admettre le plus souvent une prédisposition spéciale sous l'influence de laquelle on les voit se développer en plus ou moins grand nombre. Les enfants sont très sujets aux verrues vulgaires des mains; les verrues plates se développent presque exclusivement chez les vieillards; les verrues filiformes sont surtout communes chez lesfemmes blondes ou rousses, à peau blanche et fine. On peut quelquefois invoquer comme cause une irritation habituelle de la peau par le contact de substances acres : c'est ainsi que les grosses verrues des mains se rencontrent fréquemment chez les ouvriers qui se livrent à des travaux manuels et particulièrement chez les jardiniers, qui louchent continuellement la terre avec leurs mains. Les gens du monde et même quelques médecins ont admis la contagion comme cause du développement de certaines verrues : on cite en effet quelques exemples d'enfants atteints de verrues aux mains après avoir joué avec d'autres enfants présentant la même affection, ou après avoir donné
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la main pendant la promenade à des bonnes ayant également des verrues aux mains. Mais cette opinion sur la faculté contagieuse des verrues aurait besoin d'une démonstration plus rigoureuse, et le plus ordinairement on ignore la cause occasionnelle de leur développement.
Traitement. — On a vanté contre les verrues une foule de topiques irritants que je ne puis indiquer ici ; je ne mentionnerai que l'application du suc de la grande chélidoine, et surtout les lotions répétées pendant assez longtemps avec le vinaigre pur: j'ai vu réussir ce dernier moyen dans quelques cas de verrues aux mains chez les enfants, et de verrues récentes et peu volumineuses de la face chez des personnes de tout âge. Mais le plus ordinairement il faut avoir recours pour la guérison des verrues à un procédé chirurgical, soit à une ligature en cas de verrues pédiculées, soit à l'ablation par l'instrument tranchant, soit à la cautérisation. L'ablation est indiquée lorsqu'il s'agit d'une verrue filiforme ou pédiculée, et surtout en cas de condylomes volumineux; et pour prévenir une récidive assez facile, lorsqu'on se contente de couper la verrue à sa base, sans enlever la partie contenue dans l'épaisseur de la peau, il est bon, après l'incision, d'avoir recours à une cautérisation avec le nitrate d'argent appliqué sur la surface saignante. Mais la destruction de la verrue par une application caustique est certainement préférable, soit qu'on se serve de l'acide acétique pur, de l'acide chromique, du nitrate acide de mercure liquide, de l'acide nitrique, ou mieux de la poudre caustique de Vienne délayée dans de l'alcool et appliquée sur la petite tumeur pendant quatre à cinq minutes, celle dernière opération étant peu douloureuse et ne laissant habituellement qu'une cicatrice peu apparente. Lorsqu'il s'agit de verrues plates nombreuses et occupant une large surface, la cautérisation est difficile, quelquefois même impossible, et j'ai vu alors quel-
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quefois réussir les lotions journalières avec du vinaigre, avec la lotion alcoolique assez concentrée d'acide phénique ; mais le plus ordinairement cette affection résiste aux moyens employés pour la combattre, et Ton voit les verrues persister ou même récidiver après leur destruction par les caustiques.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que dans le traitement des verrues il ne doit jamais être question d'aucun moyen interne, soit hygiénique, soit médicinal.
f. Xanthelasma.
On désigne sous le nom de xanthelasma ou de xanthome, des taches plates ou saillantes de la peau, d'une couleur jaune, indiquées pour la première fois par Rayer sous le nom de plaques jaunes des paupières, à cause de leur coloration et de leur siège habituels.
Quoique des travaux récents d'histologie doivent faire rentrer ces taches dans l'ordre des tumeurs dues à un processus irritatif, en se plaçant au point de vue clinique, je crois qu'on peut considérer comme appartenant aux difformités de la peau, et comme se rapprochant des verrues, ces taches et ces saillies colorées, le plus habituellement persistantes et incurables, et constituant ainsi plutôt une simple altération de couleur ou de forme qu'une véritable maladie. Comme je le disais, c'est à Rayer, dans son Traité des maladies de la peau, qu'on doit la première mention de ces taches jaunes, couleur chamois, qu'il dit avoir observées sur les paupières ou dans leur voisinage. Quinze ans plus tard, Addison et Gull les décrivaient de nouveau, sous le nom de vitiligoïdea, en les rapprochant des taches du vitiligo. En 1863, ËrasmusWilson, croyant à une affection des glandes sébacées, proposa d'abord le nom de molluscumsebaceum, qu'il convertit plus tard dans celui de xanthelasma, qui est resté définitivement dans le
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langage dermatologique. A partir de ce moment, de nombreux travaux, ayant surtout en vu«i le siège et la nature anatomiques des taches jaunes de la peau, furent successivement entrepris, en Angleterre et en Allemagne, par Hutchinson, Hebra, Kaposi, Waldeyer, Virchow, Geber et Simon, Church, etc. ; et je compléterai cet exposé historique en mentionnant surtout, comme ayant paru plus récemment, la thèse de Larraydy sur le xanthelasma (Paris, 1877), une communication faile à 1* Académie de médecine avec la présentation d'un malaJe, par Hillairet en 1878, un mémoire important d'histologie du docteur Chambard (Archives de physiologie , 1879), et une note des traducteurs français du traité de Kaposi, déterminant très nettement l'état de la science sur ce point (1881).
Anatomiquement, les plaques et les tubérosités de xanthelasma sont constituées par la néoformation du tissu conjonctif, avec dépôt de graisse et dégénérescence graisseuse. C'est au-dessous de Tépiderme aminci, dans le derme, qu'on trouve ces altérations qu'Hebra , Erasmus Wilson, Geber et Simon avaient placées à tort dans les glandes sébacées, en les rapprochant de l'acné miliaire ou milium. Dans son mémoire, Chambarda décrit également des altérations particulières dans les vaisseaux, dans les glandes sébacées et dans les nerfs contenus dans les plaques ou dans leur voisinage, altérations qui se résument dans une production scléreuse des parois des artérioles, des conduits des glandes et même des filets nerveux. Les plaques et les tubercules du xanthelasma se développent principalement à la face, mais on peut en trouver dans diverses régions; dans quelques autopsies, on a constaté leur présence sur diflérenis points de la muqueuse digestive et même à la surface des membranes séreuses, et particulièrement du péritoine.
Description. — Sous le rapport clinique, le xanthelasma se présente sous trois formes ou variétés qu'on a
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désignées sous les noms de xanthelasma plan, de xanthelasma tuberculeux et de xanthelasma tubéreux.
Dans la forme plane, la plus commune, l'affection, ainsi que Fa indiqué Rayer, est constituée par des taches peu ou point saillantes, ovales ou arrondies, d'une petite dimension (de 1 à 2 centimètres au plus), et de couleur jaune chamois. Ces taches se développent ordinairement sur les paupières supérieures ou inférieures, plus souvent à gauche, assez fréquemment des. deux côtés et avec une apparence symétrique. Elles sont molles au toucher, tantôt tout à fait lisses, d'autres fois un peu granuleuses ; elles ne sont le siège d'aucune sensation douloureuse. On les observe presque exclusivement sur les paupières ou en dedans du grand angle de l'œil, mais on en a rencontré aussi sur les joues, aux lèvres, au prépuce et même à la face interne de la bouche.
La variété tuberculeuse se présente sous la forme de saillies arrondies, du volume d'un grain de millet ou d'un d'un pois, jaunâtres, dures, adhérentes à la peau et douloureuses à la pression. Tantôt elles sont isolées; tantôt elles sont agminées les unes à côté des autres, de manière à former des sortes de lignes ponctuées et inégales. Ces tubercules ont été rencontrés dans diverses régions, au visage, aux membres, aux pieds, aux mains, aux parties génitales. Dans un cas très intéressant, publié dans le mémoire de Chambard, les petites tumeurs existaient principalement au menton, aux commissures des lèvres, à la racine de la verge et à la paume des mains.
Sous le nom de xanthelasma tubéreux, Chambard et Besnier décrivent des tumeurs sessiles ou pédiculées; du volume d'une noisette, d'une noix, d'un œuf de poule, jaunâtres, quelquefois douloureuses, développées principalement aux coudes, aux genoux, aux endroits soumis à des pressions habituelles. C'est à cause de l'identité de constitution histologique qu'on a rattaché ces tumeurs
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au xanthelasma; mais leur volume, leur siège souvent sous-cutané, semblent devoir les faire considérer comme ne rentrant pas véritablemenl dans les maladies de la peau ; elles appartiennent d'ailleurs plutôt à la chirurgie qu'à la médecine, et je ne fais que les citer ici pour compléter l'histoire du xanthelasma.
Le plus ordinairement, la santé générale persiste avec les plaques de xanthelasma plan ou avec les tubercules du xanthelasma tuberculeux; cependant je dois signaler comme une coïncidence possible l'existence de l'ictère, signalée surtout par Fagge, Murchison et Hillairet. On ti attaché à cet ictère une grande importance, et certains auteurs ont voulu y voir l'explication de la couleur jaune des plaques et des tubercules du xanthelasma. Cette opinion ne peut passe soutenir, puisque les plaques jaunes existent souvent sans iclère; d'ailleurs je crois qu'on a exagéré la fréquence de ce symptôme. J'ajouterai que dans ces derniers temps on a décrit comme associée au xanthelasma une coloration jaunâtre de la peau, non iclérique, sans préfence de matière colorante de la bile dans les urines, qu'on a considérée comme un pseudo-ictère et auquel on a donné le nom de xanthechromie.
Une fois développées les plaques et les tubercules du xanthelasma persistent indéfiniment, et constituent une difformité dont le désagrément est en rapport avec leur étendue et leur nombre. Je dois ajouter que, chez quelques personnes, après dix ou quinze ans, j'ai vu certaines plaques s'affaisser, pâlir eldevenir peu apparentes; mais c'est là une exception sur laquelle il ne faut pas compter. J'ai déjà dit que les plaques jaunes sont indolentes, cependant quelques-unes sont le siège de légères démangeaisons. Les tumeurs tuberculeuses sont plus souvent douloureuses, surtout lorsqu'elles sont soumises à des pressions ou à des frottements. Chez le malade de Chambard, les tubercules saillants à la face palmaire des doigts
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et de la main étaient, après le contact avec un corps solide et dur, le siège de douleurs vives assez semblables à celles qu'on observe dans les névromes.
D'après l'observation de Quinquaud, la tache xanthélasmique commencerait par un point rouge congestif dont la couleur disparaîtrait sous la pression pour faire place à une teinte jaunâtre due déjà à un dépôt dégraisse. Peu à peu ces taches s'étendent, prennent une couleur jaune, et, arrivées à un certain degré de développement, s'arrêtent et persistent indéfiniment, sans s'accroître et sans jamais présenter d'ulcérations. Quelques auteurs ont vu des plaques se transformer en tubercules ; ordinairement il existe, dans la même région, plusieurs plaques ou tubercules développés soit simultanément, soit successivement, et d'une manière symétrique .
Relativement à Vétiologie du xanthelasma, je dirai que cette difformité parait plus commune chez les femmes que chez les hommes : sur cinquante-huit personnes atteintes, dont il a compulsé les observations, Chambard a trouvé vingt-quatre hommes et trente femmes. Très rares avant vingt ans, les plaques jaunes et les tubercules se développent principalement pendant la période moyenne de la vie, de trente à cinquante ans. Church a entrepris de prouver la transmission héréditaire du xanthelasma par l'exemple d'une famille dans laquelle plusieurs membres en étaient atteints; des observations semblables sont rares. Cette petite difformité parait plus commune chez les personnes brunes que chez les blondes.
On a cherché à rattacher le xanthelasma à certains états pathologiques. Hutchinson a noté la coïncidence de migraines et de certaines douleurs névralgiques et rhumatismales Chambard insiste également sur l'existence de certains phénomènes qu'il rattache à l'arthritis. Mais il n'y a certainement qu'un seul état pathologique qu'on puisse rattacher au xanthelasma, c'est l'ictère, quelle
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qu'en soit la cause organique; et encore, comme je l'ai déjà dit, on a exagéré la fréquence de cette coïncidence. Je n'ai rien à dire du diagnostic ni du pronostic du xanthelasma. Cette affection est tellement caractérisée par sa coloration jaune, qu'il est impossible de la confondre avec aucune autre production culanée; tout au plus pourrait-on quelquefois hésiter entre les tubercules xanthélasmatiques et quelques verrues d'une coloration un peu jaunâtre ; mais la forme des venues, leur aspect ordinairement pédicule, leur surface inégale et rugueuse, devront les caractériser suffisamment pour éviter la confusion. Le xanthelasma plan et tuberculeux ne s'ulcère pas et ne s'accroît pas indéfiniment : c'est une petite tumeur évidemment très bénigne; mais comme elle persiste et qu'elle se développe particulièrement au visage, c'est unedifformité désagréable, surtout pour les femmes. Les tumeurs du xanthelasma tuberculeux, lorsqu'elles sont nombreuses, constituent une plus grande difformité et peuvent gêner certains mouvements.
Quant au traitement, il n'y a rien d'utile à faire. Oit a proposé d'enlever ces plaques jaunes au moyen de l'excision et du raclage ; mais comme elles siègent dans l'épaisseur du derme, cette opération laisse après elle une cicatrice plus fâcheuse que la tache, et, si elle a lieu sur les paupières, elle peut avoir pour résultât de déterminer un ectropion. Contre les tubercules peu nombreux, l'opération serait au contraire très indiquée. Les médicaments internes sont tout à fait impuissants. Pour ne rien laisser en oubli, j'ajouterai seulement que, dans une note insérée dans la traduction française des Leçons sur les maladies de la peau de Kaposi, le docteur Besnier dit avoir obtenu une diminution notable de plaques jaunes par l'usage interne ;du phosphore et de la térébenthine ; mais il faut attendre pour se prononcer sur
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