‹ Traité pratique et descriptif des maladies de la peauChapitre 20 sur 82 · HYPERTROPHIE DES POILS · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DES POILS

ce procédé thérapeutique dont la valeur esft encore incomplètement démontrée.

§ 3. — Difformités des poils et des ongles.

A côté des difformités de 1'épiderme, je crois pouvoir placer quelques altérations du système pileux et des ongles, qui ne sont qu'une dépendance de 1'épiderme. Par leur permanence et par leur défaut d'influence sur la santé générale, ces altérations sont de véritables difformités.

f ° Difformités des cheveux et des poils.

a. Hypertrophie des poils, hypertrichosis, polytrichie, trichosis, hirsutie.

On désigne sous ces noms le développement exagéré des cheveux et des poils, tantôt congénital, plus souvent acquis. C'est surtout au cuir chevelu et à la barbe qu'on a observé des cheveux ou des poils d'une longueur et d'une épaisseur extraordinaires. Dans les auteurs, dans les recueils périodiques, on trouve des exemples d'hommes et plus souvent de femmes ayant des chevelures pouvant tomber jusqu'à terre; on peut voir de temps en temps,, montrés comme objets de curiosité, des hommes ayant des barbes d'une grande longueur. On a cité encore des exemples de poils ayant acquis un développement excessif aux sourcils, aux aisselles, à la région pubienne. On a vu plus rarement des poils recouvrir toute la surface du corps; quelques hommes cependant sont très velus, et leur surface cutanée ressemble à celle d'un animal. Il y a quelques années, on a pu voir à Paris un homme qui se montrait pour de l'argent sous le nom d'homme chien, et dont le corps était couvert, dans presque toute son étendue, de poils

Digiti

zedby G00gle

longs de plusieurs centimètres. Wilson a donné l'observation d'une femme, âgée de trente-trois ans, dont toute la peau, à l'exception du sommet de la tête devenu chauve, était cachée par des poils durs, noirs et longs de 2 à 5 centimètres. (Lectures on Dermatology, London, 1878.)

Au lieu d'être générale, la polytrichie peut être partielle et se présenter sous la forme d'un bouquet de poils sans autre altération de la peau (nœvus spilus, pilosus), ou émerger d'une surface dure, saillante et colorée (nœvus verrucosus). Dans quelques cas plus rares, ainsi qu'on en a cité quelques exemples, une région entière, ordinairement glabre, soit aux membres, soit au tronc, peut être couverte de poils longs et colorés. Telle était une jeune fille née au Mexique et amenée en Angleterre, qui semblait porter un caleçon de bain fait de peau de bête : la surface velue, couverte de poils courts, noirs et légèrement frisés, commençait en avant au niveau de l'ombilic, en arrière au niveau de la sixième vertèbre dorsale, et descendait en bas jusqu'à la moitié des cuisses; au-dessous des poils, la peau était noire, rugueuse et couverte de squames, comme dans l'ichthyose. Le 8 août 1882, j'ai présenté à l'Académie de médecine une jeune fille de dix-sept ans, qu'on montrait dans les fêtes publiques sous le nom de femme panthère, et chez laquelle existaient sur la plupart des régions du corps, de larges taches noires recouvertes de poils également noirs, touffus et longs d'un centimètre environ. Ces cas de polytrichies partielles me paraissent appartenir aux nœvi pigmentaires pileux.

Sur les régions qui sont ordinairement le siège de poils follets, fins et à peine perceptibles, il peut se développer des poils longs, durs et colorés : c'est ainsi qu'on peut voir le visage de certaines femmes se couvrir d'une véritable barbe. C'est principalement après la

Digiti

zedby G00gle

Page 1