‹ Traité pratique et descriptif des maladies de la peauChapitre 27 sur 82 · ÉLEPHANT1AS1S DES ARABES · texte numérisé non relu

ÉLEPHANT1AS1S DES ARABES

trées, le plus souvent il a été impossible d'assigner une cause aux cas rares qui ont été observés.

On a accusé l'érysipèle, et surtout les érysipèles répétés, d'amener l'éléphantiasis; je n'ai pas besoin de faire remarquer qu'on a pris là l'effet pour la cause, et que les érysipèles ou plutôt les lymphiles à répétition appartiennent à la maladie à son début. Avec plus d'apparence de raison on a considéré comme une des causes possibles de l'éléphantiasis les ulcères des jambes, les ulcérations chroniques dues à la syphilis et à la scrofule, l'engorgement des ganglions lymphatiques, les cicatrices très rétractées ; dans ces circonstances, en effet, une région et particulièrement la jambe et le pied peuvent être affectés d'un gonflement dur avec déformation considérable des paities affectées : j'ai vu de ces cas, surtout chez des scrofuleux atteints de lupus ulcérés aux jambes et même aux avant-bras. Mais sont-ce bien là de véritables éléphantiasis? Je ne le pense pas, et je crois qu'il s'agit là bien plutôt d'un œdème dur ayant seulement l'apparence de la maladie des Arabes. Ce qui me le ferait penser encore, c'est que dans quelques-uns de ces cas j'ai vu le gonflement disparaître avec l'ulcération, sous l'influence d'un traitement approprié à la nature de la maladie.

Traitement. — Aucune médication interne ne réussit contre l'éléphantiasis des Arabes. Au début seulement et lors des poussées inflammatoires du côté de la peau et des lymphatiques, on doit prescrire des boissons rafraîchissantes, quelques purgatifs et quelquefois du sulfate de quinine, surtout s'il s'agit d'individus soumis aux miasmes paludéens ; on ajoutera des applications émollientes, le repos, et surtout des précautions hygiéniques à continuer après l'accès inflammatoire. C'est surtout en effet sur l'absence de fatigue, sur une vie calme, exempte de tout excès; et sur un changement de climat qu'il faut

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compter pour arrêter les progrès de la maladie au début et pour la maintenir à un degré supportable.

Une fois arrivé à la période d'état, l'éléphantiasis n'est justiciable que des moyens chirurgicaux. Un des meilleurs remèdes consiste, lorsque le siège du mal le permet, dans la compression méthodique exercée au moyen d'une bande de caoutchouc appliquée sur une couche assez épaisse d'ouate entourant le membre malade. J'ai vu plusieurs fois, non des guérisons complètes, mais des diminutions de gonflement obtenues à l'aide de ce procédé, aidé de bains sulfureux, dans les cas d'éléphanliasis des jambes et des bras. Mais la compression doit être bien faite, elle doit être appliquée pendant très longtemps; et, comme il est rare qu'elle ne soit pas interrompue par quelque incident pathologique et particulièrement par des érysîpèles, et comme, d'une autre part, les malades se fatiguent d'un traitement aussi lent, il est rare qu'on puisse tirer de ce moyen tout le parti désirable.

On a employé inutilement des ponctions capillaires des scarifications, même de larges incisions, des injections sous-cutanées substitutives avec une solution de nitrate d'argent (Luton). Dans le but théorique d'agir sur la nutrition de la partie malade et d'en amener l'atrophie, on a proposé la ligature ou la compression de l'artère principale de la région, et la guérison n'a été obtenue que dans des cas tout à fait exceptionnels et même douteux. Enfin on a eu recours à l'ablation du membre ou de la tumeur éléphantiasique, et ce dernier moyen seul a donné des résultats heureux. On peut hésiter à l'amputation d'un membre, lequel à la rigueur peut encore servir; mais lorsqu'il s'agit d'éléphanliasis des parties génitales, l'ablation par l'instrument tranchant est parfaitement indiquée, et la science possède un assez grand nombre de succès complets obtenus dans ces circonstances chez l'homme et chez la femme, alors même que les

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tumeurs avaient acquis un développement très considérable.

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