‹ Traité pratique et descriptif des maladies de la peauChapitre 34 sur 82 · PEMPH1GUS DES JEUNES FILLES · texte numérisé non relu

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avec des caractères assez précis et dans des circonstances assez identiques pour mériter une désignation spéciale ; son apparence vésico-bulleuse, son développement par poussées successives, m'ont engagé d'ailleurs à la rapprocher des éruptions pemphigoïdes.

Cette maladie débute par des plaques rouges, ordinairement arrondies ou ovalaires, de cinq à six centimètres, sur lesquelles apparaissent quelques vésicules d'un volume inégal ; ces vésicules se rompent promptement et sont remplacées par des croûtes noirâtres, qui ressemblent assez à des eschares superficielles consécutives à une légère cautérisation par le fer rouge ou par un liquide caustique. Ces croûtes persistent pendant huit ou dix jours, puis tombent en laissant une tache violette, qui ne tarde pas elle-même à disparaître. Ces plaques peuvent être assez nombreuses et se développer successivement ou simultanément dans les diverses régions du corps ; séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine, elles donnent à la peau un aspect tigré tout particulier. Elles sont accompagnées d'une sensation assez vive de cuisson et de chaleur. La santé générale est peu affectée; il existe seulement quelques signes et quelques symptômes de chloro-anémie. Cette maladie est d'assez longue durée; je l'ai vue se prolonger pendant plusieurs mois. Deux fois j'ai constaté la terminaison par la guérison; dans deux autres cas, j'ai perdu de vue les malades alors que l'affection persistait encore.

J'ai rencontré cette maladie uniquement chez des jeunes filles de quatorze à vingt ans chez lesquelles la menstruation avait été interrompue, et, dans les deux cas de guérison que j'ai observés, la cessation des éruptions a coïncidé avec le retour des règles. Aussi, en m'appuyant sur ce dernier fait, je pense que le traitement doit avoir pour but de modifier l'état du sang par des ferrugineux et par les autres agents de la médication reconstituante. Puis

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plus tard, l'état général ayant été amélioré, on devra avoir recours aux moyens qni peuvent avoir de Faction sur la menstruation, en employant les préparations de safran, l'apiol, l'anémone pulsatille, et particulièrement en insistant sur des pédiluves irritants fréquents, et en ayant recours, au moment présumé des règles, à l'application de deux ou de quatre sangsues à l'anus ou à la partie interne et supérieure des cuisses, répétée tous les mois jusqu'à l'apparition régulière du flux menstruel.

5° Acné.

Le mot acné paraît avoir été employé par les anciens médecins grecs et latins pour désigner une affection assez mal caractérisée du visage. Il fut appliqué par Willan et Bateman à une éruption composée de taches rouges et de petites tumeurs cutanées siégeant principalement au visage, aux épaules, au dos et à la poitrine, et déjà indiquée sous les noms de varus, de couperose et de sycosis; dans leur classification l'acné, faisait partie des maladies appartenant à l'ordre des tubercules. En France, plaçant la même affection dans la classe des dartres, Alibert la décrivit sous le nom de varus, en y comprenant également le tlux sébacé, l'orgelet des paupières et le sycosis. Tandis que Biett, insistant d'ailleurs sur le siège anatomique de la maladie, qu'il plaçait dans les follicules sébacés de la peau, adopta comme les Anglais le mot acné pour désigner une maladie caractérisée par des pustules peu étendues, séparées les unes des autres, entourées d'une auréole rosée, plus ou moins dures à leur base, et répandues principalement sur le visage et sur les parties supérieures du tronc; il se sépara cependant des Anglais en transportant la maladie de l'ordre des tubercules dans celui des pustules et en dis* tinguant le sycosis de l'acné. Ces opinions de Biett ont

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ACNÉ. 271

été généralement adoptées ; mais néanmoins le cadre de l'acné s'est peu à peu étendu, et tout en maintenant la distinction bien tranchée enlre le sycosis et l'acné, bien à tort rapprochés par Willan, Bateman, Alibert et Rayer, on est arrivé à désigner sous le nom d'acné toutes les affections des follicules sébacés de la peau, sans distinction de lésions élémentaires, et même à y comprendre des taches du visage bien positivement formées par le réseau vàsculaire cutané, soit seulement congestionné, soit même dilaté, comme dans la couperose.

D'après ce que je viens de dire de l'acception si étendue du mot acné, on voit que ce nom s'applique à des maladies cutanées très différentes de nature; en me reportant à la base de classification que j'ai adoptée, je ne dois, dans ce chapitre consacré aux maladies inflammatoires de la peau de cause locale, parler que des formes d'acné dans lesquelles les phénomènes inflammatoires sont évidenls, en renvoyant l'histoire de l'acné congestive et de la couperose au chapitre des congestions de la peau, et la description de l'acné sébacée au chapitre des flux cutanés.

Acaé lafllaataiatolre.

L'acné inflammatoire, caractérisée anatomiquement par l'inflammation des follicules sébacés de la peau, et caractérisée par des pustules, par des tubercules et même par un processus hypertrophique de la peau et du tissu cellulaire sous-jacent, comprend trois variétés distinctes, quelquefois séparées, d'autres fois réunies, Yacné pustuleuse simple, Yacné indurée, Yacné hypertrophique. Je vais les décrire successivement ; j'y joindrai la description de Yacné ponctuée et de Yacné varioliforme, quoique les caractères inflammatoires y soient peu marqués ; et je commencerai par quelques détails

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d'anatomie pathologique communs à ces diverses formes de l'acné.

Anatomie pathologique de Vacné inflammatoire. — La lésion primitive de l'acné consiste dans la rétention de la matière sébacée dans le conduit excréteur de la glande sébacée ; cette rétention simple et isolée de toute autre altération constitue l'acné ponctuée. Mais quelquefois la matière sébacée n'est pas évacuée au dehors, elle se dessèche, et la cavité qui la contient joue au milieu des éléments de la peau le rôle d'un corps étranger. On voit alors se manifester une dermite congestive caractérisée par la dilatation des petits vaisseaux ambiants, par la formation de celluleé embryonnaires qui entourent la glande et l'isolent ; puis un liquide séropurulent se produit, l'épiderme est soulevé sous forme de pustule, il se rompt, et donne issue à du pus mélangé au produit sébacé. Mais le processus inflammatoire peut être plus intense, et des infiltrations plus denses et comme furonculeuses se produisent; il se forme alors des indurations à apparence tuberculeuse : c'est ce qui arrive dans l'acné indurée. Enfin plusieurs groupes de glandes peuvent être atteints simultanément ou successivement; il s'établit autour d'eux une prolifération cellulaire qui s'organise peu à peu en tissu fibreux ; les vaisseaux des glandes et les vaisseaux ambiants se dilatent, deviennent variqueux, et Ton voit alors survenir l'acné hypertrophique.

a. Acné simple ou pustuleuse.

Au degré le plus léger, Vacné simple (acné simplex des auteurs) se présente sous la forme de petites pustules parfaitement régulières, du volume d'une pointe ou d'une tête d'cpingle, et entourées d'une tache rouge peu étendue, qui leur sert d'auréole. Ces pustules ne

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