‹ Traité pratique et descriptif des maladies de la peauChapitre 39 sur 82 · MALADIE CAUSÉE PAR LA FILA IRE DE MÉDINE · texte numérisé non relu

MALADIE CAUSÉE PAR LA FILA IRE DE MÉDINE

années, j'ai eu occasion d'en observer un cas chez un Indien; au milieu d'un ulcère situé en bas du mollet et datant de plusieurs mois, existait un filament blanc, long de 8 à 10 centimètres et agité par quelques mouvements; en le tirant doucement j'ai pu l'arracher, il mesurait 15 centimètres après l'extraction ; je crois l'avoir enlevé en entier, car la plaie s'est guérie rapidement. Le malade n'a pas voulu me permettre d'emporter l'animal pour le faire examiner, il a tenu à le conserver pour lui seul,

La filaire de Médine se rencontre sur les côtes occidentales de l'Afrique, en Egypte, en Perse, dans l'Inde. Lorsqu'on a occasion d'en observer en Europe, ces cas appartiennent à des individus qui ont contracté la maladie dans un des pays que je viens de nommer.

On ne connaît pas de traitement susceptible de détruire la filaire de Médine ; il est même impossible d'en établir le diagnostic avant qu'elle se montre au dehors; dans ce cas on cherche à l'extraire, en l'attirant par des tractions douces et de manière à ne pas la rompre ; dans l'Inde on l'enroule autour d'une baguette et on la tire doucement au dehors pendant plusieurs heures.

La filaire de Médine ne doit pas être considérée comme un parasite de la peau; je ne sais pas pourquoi on en trouve la description dans les ouvrages de dermatologie, et ce n'est que pour obéir à l'usage que j'en ai parlé ici.

g. Cysticerque du tissu cellulaire.

Ce que je viens de dire de la filaire de Médine s'applique encore mieux au cysticerque qui attaque souvent les muscles et le tissu cellulaire sous-cutané, mais qui n'atteint la peau que consécutivement. Je ne crois pas devoir en faire l'histoire.

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h. Bouton d'Orient, — boutons d'Alep, de Biskra, du Nil.

Les maladies désignées par ces noms se ressemblent tellement, que je pense qu'elles sont identiques, qu'elles se rapportent à la même espèce nosologique et qu'elles se prêtent à la même description. A cause de cette ressemblance, je serais d'avis de désigner cette affection sous le nom général de bouton d'Orient. Quoique la nature parasitaire de ces éruptions ne soit pas encore complètement démontrée, néanmoins le siège habituel de ces boutons sur les parties découvertes, la circonstance qu'ils ne sont contractés que dans certains pays et qu'ils peuvent être regardés comme le résultat de l'action de certains micro-organismes ou de certains insectes qui ne se rencontrent que dans ces contrées, font penser qu'ils peuvent être de nature parasitaire. Mais s'agit-il de micrococcus comme le dit Duclaux et comme le pense le professeur Fournier, en s'appuyant sur un cas de réussite d'inoculations à l'aide d'un bouillon de culture de ces micro-organismes; s'agit-il de la présence dans la peau de larves d'un moustique ou d'un insecte quelconque, ainsi que je serais tenté de le croire, ou même delà piqûre d'un petit animal venimeux, c'est ce qu'il est impossible de décider encore aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, je vais donner une courte description de cette éruption toute spéciale à certains pays, en m'appuyant principalement sur les documents fournis par les docteurs Villemin, Hamel, Bertherand et par quelques autres médecins militaires français qui ont pu étudier cette maladie à Biskra depuis la conquête de l'Algérie; pour ma part je n'en ai observé qu'un petit nombre de cas (trois) sur des personnes revenant d'Egypte.

Symptômes. — Le bouton d'Orient commence ordinai-

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