‹ Traité pratique et descriptif des maladies de la peauChapitre 40 sur 82 · BOUTON D'ORIENT. A · texte numérisé non relu

BOUTON D'ORIENT. A

rement par une tache rouge légèrement saillante et qui forme un peu plus tard une nodosité dans l'épaisseur de la peau; peu à peu cette tache s'étend en profondeur et en étendue, et sa coloration augmente d'intensité; sa surface, qui était lisse au début, devient squameuse et se recouvre d'écaillés qui tombent et se reproduisent incessamment. A mesure que cette tumeur se prononce, elle devient le siège d'un sentiment de chaleur, de cuisson et de prurit assez incommode. C'est là la première période décrite par les auteurs. Dans la seconde, dite d'ulcération, le sommet de la tumeur se recouvre de vésicules qui se rompent et donnent lieu à un suintement séreux, lequel, d'abord très limpide, devient bientôt plus épais, plus plastique et se concrète sous forme d'une croûte plus ou moins saillante qui se détache et qui se reforme promptement. Lorsque cette croûte tombe, on peut voir qu'elle recouvre une surface ulcéreuse d'un rouge terne, mamelonnée et dont les bords sont taillés à pic. Cette ulcération est d'une étendue variable depuis un centimètre jusqu'à cinq ou six ; quelquefois deux ulcérations voisines peuvent se réunir et alors la circonscription de ces deux ulcères est plus étendue et plus irrégulière. Autour de la croûte il existe une auréole brune sur laquelle on aperçoit ordinairement quelques petites tumeurs tuberculeuses; cette auréole est souvent le siège d'une ânesthésie. Les ulcérations recouvertes de croûtes sont peu douloureuses, il y existe seulement un peu de prurit; mais, lorsque la croûte tombe soit spontanément, soit par grattage ou accident, l'exposition de l'ulcère au contact de l'air détermine des douleurs quelquefois assez vives, lesquelles cessent par la production d'une nouvelle croûte. Enfin, après une durée assez longue, la saillie diminue, l'auréole rouge s'efface, la croûte s'amincit, s'écaille, tombe par fragments et laisse voir le fond de l'ulcère sec et cicatrisé. Les tubercules ambiants persistent

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encore pendant quelque temps, puis ils s'affaissent, mais l'anesthésie ne se dissipe que. lentement. La cicatrice qui persiste est d'un blanc mat, elle est souvent inégale et elle ressemble à celle d'une brûlure. Cette période de réparation et de cicatrisation constitue la troisième période.

Habituellement, à aucun moment de la maladie, il n'existe d'altération de la santé générale et le bouton d'Orient demeure une affection purement locale, La durée de la maladie est très longue, elle se prolonge ordinairement pendant un an, quelquefois la cicatrisation n'est obtenue qu'après trois ou quatre ans. Sur des personnes revenant d'Egypte et atteintes du bouton du Nil, j'ai vu la maladie se terminer à Paris une fois au bout de quatre mois, l'autre fois au bout de six mois. Habituellement la période d'induration est de quatre mois, celle d'ulcération de six à huit mois, et celle de réparation de deux à trois mois.

Le bouton d'Orient attaque de préférence les parties découvertes et particulièrement la face, puis les membres supérieurs et inférieurs qui sont ordinairement peu protégés par les vêtements dans les pays où règne cette affection.

Le nombre des boutons est variable : souvent il n'y en a qu'un, mais d'autres fois on en observe plusieurs,' spit placés dans la même région, soit dans des endroits, différents; dans quelques cas rares on en a compté jusqu'à cinquante ou soixante.

Le diagnostic du boulon d'Orient n'est pas toujours facile; son aspect le fait ressembler surtout à l'ecthyma et au rupia; toutefois, la longue durée de son évolution, l'absence de douleurs vives et l'insensibilité de l'auréole, la conservation de la santé générale, le séjour dans un des pays où règne la maladie, sont des circonstances qui serviront à faire reconnaître l'existence du bouton d'Orient.

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