HYPERESTHÉSIE CUTANÉE
b. flyperesthésie cutanée.— Prurit nerveux.
En dermatologie on a l'habitude d'employer l'expression d'hypereslhésie cutanée comme synonyme de prurit, c'est-à-dire de cette sensation spéciale ressentie à la peau, qui porte à se gratter; c'est dans ce sens que je l'emploie ici. Ce phénomène, lié évidemment à une altération spéciale des nerfs sensitifs, se rencontre dans un grand nombre de maladies cutanées et principalement dans celles qui siègent sur la couche superficielle de la peau et qui atteignent le corps papillaire ; dans les plaies et dans les ulcères qui atteignent le tissu cellulaire souscutané, il peut y avoir de la douleur, mais il n'y a pas de démangeaison, et ce symptôme ne survient que lorsque les bourgeons charnus commencent à se couvrir de cellules épidermiques et à se cicatriser; d'où la croyance populaire que la démangeaison qui survient à la surface d'une plaie est un signe de guérison prochaine. J'ajouterai que le prurit paraît accompagner surtout les éruptions dépendant d'une irritation locale ; dans les affections dyscrasiques, au contraire, dans la syphilis, dans la scrofule, dans les fièvres éruptives, on observe plus rarement des démangeaisons. Cette règle n'est cependant pas sans exception, car le prurit existe dans les plaques muqueuses syphilitiques ; on le rencontre quelquefois à un degré très prononcé dans la scarlatine, et c'est un symptôme habituel et très prononcé des éruptions herpétiques qu'on doit cependant rattacher à une maladie constitutionnelle.
Hebra attribue le prurit à un ralentissement de la circulation dans les capillaires des papilles cutanées ; c'est ainsi que, suivant lui, ce symptôme existe dans l'eczéma avant et après l'exsudation, tandis que, lorsque la sécrétion se fait au dehors, la stase sanguine disparaissant, le prurit diminue. On peut expliquer également comment le
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grattage fait cesser le prurit en déterminent une congestion ou un écoulement de sang qui diminue la stase capillaire. Mais la démangeaison est quelquefois le résultat ^d'influences éloignées ; elle a été rencontrée dans les tvoubles digestifs; dans les affections de l'utérus et des •vaires, on observe souvent un prurit de la vulve ; et la présence des vers intestinaux donne lieu souvent à des démangeaisons au nez et à l'anus; dans ces différents casle trouble nerveux qui se manifeste par le prurit ne peut guère être attribué à un ralentissement dans la circulation sanguine papillaire.
iLe prurit présente des différences très grandes dans son intensité: dans certains cas, c'est une sensation peu accentuée, fugace, qui se dissipe d'elle-même ou qui aède après un léger grattage ; mais d'autres fois la démangeaison est vive, le besoin de gratter est irrésistible et, pour calmer cette sensation pénible, les malades se servent souvent des ongles, quelquefois même d'objets rades ou pointus et se font des excoriations plus ou moins profondes, ordinairement de forme linéaire et se recouvrant plus tard d'une concrétion sanguine noirâtre. J'ai indiqué les caractères et les conséquences de ce prurit intense à propos du prurigo formicant; je n'ai pas besoin d'y revenir ici.
Je ne dois pas non plus m'étendre sur le prurit symptamatique d'un grand nombre d'affections cutanées de nature variée, son histoire se retrouve dans la description «ksimaladies qui le provoquent; mais je voudrais surtout ici appeler l'attention sur la démangeaison indépendante de toute éruption, qui paraît se rattacher à une exaltation de «la sensibilité cutanée et qu'on peut considérer comme une névrose. C'est alors surtout qu'on doit lui donner le mmà^hypereslhésie cutanée. Elle peut être étendue à toutes les régions du corps ; d'autres fois elle est simple-; ment locale.
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