NEUVIÈME CLASSE ÉRUPTIONS FÉBRILES
Dans ce chapitre, je place les éruptions cutanées qui se développent sous la dépendance d'un état mor* bide général fébrile et qui n'en sont que l'expression apparent e. Le type de ces affections se trouve dans les maladies qu'on appelé les fièvres éruptives, la variole, la rougeole, la scarlatine ; mais à côté de ces fièvres, dont la nature est reconnue par tout le monde, il existe d'autres maladies qui nous paraissent de la même espèce, quoique d'une manière moins évidente, et dans lesquelles l'éruption semble à tort jouer le rôle principal; tels sont l'érysipèle, les érythèmes généralisés. En troisième ligne enfin, on trouve encore d'autres éruptions qui sont complètement subordonnées à l'état fébrile et qui en sont la conséquence. Je ferai donc figurer dans ce chapitre: 4° les fièvres éruptives vraies, la variole, la rougeole, la scarlatine, la roséole fébrile; 2° les éruptions infectieuses que je considère encore comme des fièvres éruptives, l'érysipèle, les érythèmes généralisés, la suette miliaire, la fièvre miliaire ; 3* les
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éruptions qui sont sous la dépendance de la fièvre, les taches lenticulaires rosées, l'éruption du typhus, l'herpès fébrile.
Dans un traité spécial de dermatologie, je ne crois pas devoir faire l'histoire de la variole, de la rougeole, de la scarlatine, de l'érysipèle et de la suette, dont la description se trouve dans tous les traités de pathologie ordinaire ; je me contenterai de décrire ici la roséole, les érylhèmes généralisés, la miliaire, les taches lenticuculaires rosées, l'éruption typhique et l'herpès fébrile,
a. Roséole.
Définition; historique. — La roséole est une maladie caractérisée par de petites taches cutanées, de couleur rose, peu ou point saillantes et non prurigineuses. C'est une affection qui a été mal délimitée ; une confusion regrettable a existé et existe.encore, en effet, entre elle et l'érylhème et même quelques autres éruptions ; c'est ainsi que Willan et Bateman ont admis sept espèces de roséoles: 4° la R. œstiva, 2° la R. automnalis, 3° la R. annulaire, 4° la R. infantile, 5° la R. variolosa, 6° la R. vaccina, 7° la R. miliaris. De ces espèces de roséole, il n'y a que la roséole infantile qui soit véritablement légitime, Yœstiva est une éruption sudorale, Yautomnalis est un érythème papuleux, l'annulaire se confond avec l' érythème marginé et avec le pytyriasis circiné, Pcspèce variolosa est le rash qui précède la variole, la vaccina est une variété des érythèmes qui surviennent quelquefois après la vaccine et la roséole miliaire n'est autre que la fièvre miliaire. La plupart des auteurs ont également mal compris la roséole, sauf cependant Alibert, qui l'a placée dans sa classe des dermatoses exanthématiques, à côté de la rougeole et de la scarlatine, et qui n'en a admis que deux espèces, la ro-
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séole idiopathique, fièvre éruptive, et la roséole symptomatique survenant comme complication dans diverses affections. Mais je dois dire que Bazin a contribué pour beaucoup à continuer l'incertitude sur ce point de nosologie, en persistant à confondre la roséole avec l'érythème, et en donnant une définition trop large; pour lui, la roséole est un pseudo-eianlhème, non contagieux, le plus ordinairement apyrétique, constitué par des taches rosées ou rouges, plus ou moins larges, non prurigineuses, disparaissant sous la pression du doigt, ne faisant aucune saillie dans le plus grand nombre des cas, et se terminant toujours par résolution avec ou sans desquamation de Tépiderme. Cette définition s'applique parfaitement à Térythème; mais «score, lorsqu'il admet deux espèces de roséole, une de cause externe, une de cause interne, la première comprenant la roséole estivale et les roséoles pathogénétiques causées par le copahu, le cubèbe et les iodures, la seconde, de cause interne, composée des roséoles pseudo-exanthématiques essentielles, des roséoles herpétiques morbilleuseetscarlatiniforme, et de la roséole syphilitique, on voit qu'il continue à confondre, comme Willan, les éruptions véri* tablement roséoliques avec les éruptions sudorales et avec les érythèmes copahique, morbilleux et scarlatiniforme ; et je n'insiste pas ici sur oe fait que personne ne sait ce qu'on doit entendre par roséole herpétique.
Pour moi, je crois être dans le vrai en ne retenant, comme appartenant à la roséole, que la roséole fébrile, dite encore infantile, véritable fièvre éruptive, et la roséole syphilitique (1) ; je ne parlerai ici que de la pre«
(1) C'est parce que j'ai toujours ainsi compris la roséole que je n'en ai pas parlé spécialement dans mes cours et que j'ai mérité ce reproche, qui m'a été fait par Bazin, dans son volume des affections génériques de la peau, d'avoir passé sous silence la roséole ; dans mes cours de dermatologie, professés à l'hôpital Saint-Louis, je n'avais pas à m'occuper des fièvres éruptives appartenant ù la clinique générale, et d'un autre côté je décrivais la roséole syphilitique à propos des syphilides.
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uiière, l'histoire de la seconde se trouvera dans le chapitre consacré à l'histoire des syphilides.
Description. — La roséole fébrile, appelée aussi infantile parce qu'elle affecte souvent les petits enfants, est quelquefois confondue avec la rougeole à laquelle elle ressemble beaucoup, relativement à l'apparence de l'éruption ; je crois également quelle doit figurer parmi certains cas de cette affection hybride désignée par les Allemands sous le nom de Rôtheln et qui ne paraît être qu'un genre bâtard, artificiel, admis trop légèrement, d'après l'observation de quelques exemples mal caractérisés de roséole, de rougeole et de scarlatine anormales. Comme toutes les autres fièvres éruptives, elle débute par un mouvement fébrile, peu prononcé, accompagné souvent de quelques troubles digestifs, langue blanche, anorexie, vomissements ou diarrhée, d'agitation et d'insomnie, bien rarement de convulsions, même chez les petits enfants; puis au bout de vingt-quatre ou de trente-six heures, on voit apparaître simultanément à la face, au tronc et aux membres une éruption de petites taches rosées, sans saillie apparente, non confluentes, disséminées de manière à laisser entre elles des espaces de peau saine et -blanche. Ces taches ne soat accompagnées ordinairement d'aucune sensation de douleur ni de démangeaison. Quelques heures après l'apparition de l'éruption, la fièvre tombe et la maladie est uniquement constituée par les taches qui persistent deux ou trois jours, puis qui disparaissent sans laisser de trace ou en ne présentant une légère desquamation que d'une manière exceptionnelle.
La maladie se termine toujours d'une manière heureuse et la guérison survient promptement sans phénomènes particuliers. Si les auteurs ont parlé de roséoles se prolongeant pendant plusieurs semaines et présentant des recrudescences, ou d'autres accompagnées d'acci»
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dents sérieux, il faut penser à des erreurs de diagnostic, ayant fait prendre des rougeoles, des urticaires ou des érythèmes pour des roséoles.
Le diagnostic de la roséole est en général facile; cependant elle peut être confondue avec la rougeole; les deux éruptions se ressemblent surtout dans les formes légères de rougeole et surtout lorsque cette maladie se manifeste chez des personnes qui en sont atteintes pour la seconde ou la troisième fois, forme dans laquelle manquent habituellement les phénomènes de catarrhe de la période d'invasion. On distinguera d'ailleurs la roséole de la rougeole en ce sens que dans la dernière de ces affections, il existe une période d'invasion de deux à quatre jours, caractérisée par de la fièvre, du l'armoiement, des éternuements, de l'écoulement nasal, de la toux rude et sèche; l'éruption plus rouge, un peu plus saillante, apparaît de haut en bas; la fièvre est habituellement plus intense et plus durable, elle se prolonge ordinairement jusqu'au jour où disparait l'éruption. L'existence des démangeaisons, la saillie des plaques, leur apparition et leur disparition successives feront reconnaître l'urticaire ; tandis que la largeur et la saillie des plaques éruptives, leur coloration plus foncée, leur localisation assez marquée dans certaines régions, distingueront les variétés d'érythème.
Le pronostic est toujours favorable, je n'ai pas besoin d'y insister ; la roséole ne pourrait être grave que chez déjeunes enfants déjà très débilités, et qui seraient hors d'état de résister à une atteinte morbide quelconque.
Étiologie. — La roséole affecte particulièrement les enfants et surtout les jeunes enfants ; mais elle ne leur est pas exclusive, comme semblerait le faire croire l'épithète d'infantilis qu'on a ajoutée à son nom j'ai vu des cas de roséole très légitimes sur des adultes, jeunes, il est vrai, mais ayant dépassé vingt ans. Quoiqu'on en
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ait dit, les saisons ne paraissent avoir aucune influence. On a voulu nier la faculté contagieuse de cette maladie, je ne sais pas pourquoi, car on voit souvent la roséole -atteindre successivement plusieurs personnes de la même famille, de la même maison, ou de la même société. On voit quelquefois la maladie régner d'une manière épidéraique. Quant aux causes occasionnelles qu'on a .invoquées, le travail de la dentition, la présence de vers intestinaux, l'influence des émotions morales, elles sont loin d'être démontrées. Il n'y a vraiment rien de positif en dehors de la contagion et de l'influence épidémique. Traitement. — C'est à peine si la roséole nécessite un traitement en dehors des précautions hygiéniques indiquées dans tout état fébrile, c'est-à-dire le séjour à la chambre, l'abstinence d'aliments solides, l'administration de quelques boissons rafraîchissantes. Chez les enfants au sein, il suffit ordinairement de diminuer la quantité de lait prise chaque jour, en espaçant davantage les tétées ; si les symptômes d'embarras gastrique sont très prononcés, et surtout s'ils se prolongent après la -disparition de l'éruption, il peut y avoir lieu à l'administration d'un purgatif. Dès que la maladie est terminée, le convalescent peut reprendre ses habitudes de nourriture et de sortie ; l'absence presque constante d'accidents consécutifs ne nécessite pas les précautions prises ordinairement à la suite de la rougeole et de la scarlatine.
b. Érythèmes généralises.
~ En faisant l'histoire de Téry thème local, dans la classe des inflammations locales de la peau, j'ai déjà eu occasion de dire que les érythèmes généralisés devaient être distingués des érythèmes bornés à certaines régions ; je répéterai ici cette distinction importante, les maladies caractérisées par des éruptions érythémateuses dissémi-
hardy. — Mftlad. de la peau. 40
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nées devant être considérées comme de cause interne, comme de véritables fièvres éruptives et trouvant leur place nosologique naturelle à côté de la variole, de la rougeole, de la scarlatine, et étant complètement analogues à l'érysipèle.
Cette nature des érylhèmes a été diversement appréciée. Willan et son école ne s'en sont pas occupés ; Hébra lui-même s'est appliqué surtout a décrire les diverses formes de l'érythème qu'il à appelé polymorphe et à les rattacher à un genre nosologique commun ; il n'a pas parlé de leur nature ; cependant dans sa classification, il les place à côté des fièvres éruptives, parmi les dermatoses exsudatives aiguës non contagieuses (1), donnant aux fièvres éruptives l'étiquette de dermatoses exsudatives aiguës contagieuses. Bazin, s' appuyant sur les douleurs articulaires et musculaires qui se présentent fréquemment dans le cours des érythèmes généralisés, et particulièrement à l'occasion des érythèmes polymorphes et noueux, a considéré ces maladies comme étant de nature rhumatismale et en fait des dépendances de Yarthritis; mais ces douleurs sont loin d'être constantes, ces éruptions se manifestent quelquefois chez des individus qui n'ont jamais eu d'affections véritablement rhumatismales et qui n'en auront jamais plus tard ; d'ailleurs ces douleurs dites rhumatismales sont si communes, qu'on ne peut rien conclure de leur présence ; je ne crois donc pas à l'influence rhumatismale, à l'existence de Yarthritis pour expliquer le développement des érythèmes. Un médecin allemand, Lewin (Charité Annakn, 1878), a Voulu rapporter la production des érythèmes à une altération des nerfs vaso-moteurs, et Lallier, médecin de l'hôpital Saint-Louis, s'est rapproché de celte opinion en attribuant les mêmes affections à une dilatation des vais-
* (t) Traité des maladie* de la peau, trad. par Doyon, t. 1, p. 28i.
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seaux cutanés, dilatation consécutive à une altération du système nerveux ; je ne suis pas éloigné d'admettre qu'il existe, en effet, dans quelques cas graves, une altération du système nerveux ; je citerai tout à l'heure une observation dans laquelle celte altération était bien évidente, mais je crois la lésion nerveuse plutôt consécutive que primitive. Enfin, un des premiers, j'ai cherché à rattacher les érythèmes généralisés aux fièvres éruptives, et j'en ai fait des maladies générales dans lesquelles l'éruption n'est que l'expression apparente de la maladie; dans ces dernières aimées, cette opinion a été développée par Besnier dans se» cours cliniques et exposée par deux 4e ses élèves daiis leurs dissertations inaugurales (Molènes-Mahon, De l'érythème polymorphe, Paris, 1883 ; Marquet, De Véry thème infectieux, Paris, 1885). Pour le «avant médecin de l'hôpital Saint-Louis, Pérythème polymorphe, ainsi que les autres érythèmes généralisés, est une maladie infectieuse, et, pour prouver l'existence de cette affection générale, il invoque non seulement la fièvre, mais les douleurs rhumatoïdes et nerveuses, et, dans certains cas, les accidents graves, broncho-pneumonie, albuminurie, etc., qui surviennent dans la forme maligne, et qui attestent l'existence d'une intoxication générale de l'économie. Je me rattache complètement à cette opinion, qui rapproche les érythèmes généralisés des fièvres éruptives et des autres maladies infectieuses.
Les érythèmes généralisés sont assez nombreux, leur nomenclature est un peu arbitraire et varie suivant les auteurs ; je crois être dans la vérité pratique en admettant comme constituant des espèces nosologiques légitimes: 1° l'érythème polymorphe; 2* l'érythème noueux; * l'érythème scarlatiniforme ; 4° l'érythème mamelonné. Quelques auteurs ont encore décrit un érythème morbilleux caractérisé par de petites taches rouges semblables
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à celles de la rougeole, mais je crois qu'il s'agit alors de cas appartenant à la roséole.
1° Érythèine polymorphe.
Le nom d'érythème polymorphe a été donné par Hébra à une affection éruptive désignée auparavant sous les noms d'érythème papuleux, d'érythème tuberculeux, d'érythème marginé; ayant remarqué que le même processus morbide pouvait donner lieu tantôt à des taches populeuses, tantôt à des nodosités tuberculeuses, tantôt à des soulèvements vésiculeux ou même bulbeux, il a pensé que la forme éruptive devait être laissée au second plan, et il a proposé pour cette affection le nom heureux d'érythème polymorphe ou multiforme, qui est maintenant à peu près généralement adopté.
Cet érylhème est caractérisé par l'apparition simultanée sur plusieurs points du corps et particulièrement au dos des mains, aux poignets, aux cous-de-pied et aux parties latérales du cou, de taches exanthémaliques plus ou moins saillantes, d'une coloration rouge assez foncée, un peu vineuse. Ces taches, qui disparaissent momentanément sous la pression du doigt, se présentent sous des formes assez variées, qui justiûent très bien le nom d'érythème polymorphe. C'est ainsi que la tache est constituée quelquefois par un cercle rouge avec un centre sain, c'est Yérythème circiné ou annulaire; quelquefois le contour en est plus saillant, c'est Yérythème marginè. le plus souvent c'est une plaque pleine, faisant une saillie égale partout, à contours réguliers ou irréguliers, d'une largeur ne dépassant pas un demi-centimètre: à deux centimètres, d'une rougeur un peu violacée, c'est r érylhème papuleux véritable ; d'autres fois la saillie est plus considérable, elle figure un tubercule de forme ronde ou allongée, c'est Yérythème tuberculeux; ou bien la plaque est disposée en bandes droites ou sinueuses, c'est
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Vérythème gyraté d'Hébra. Il peut exister encore une autre forme qui présente, avec l'érythème papuleux type, une différence d'aspect assez considérable pour que la plupart des dermatologistes en aient Tait un genre à part: au centre d'une tache analogue à celle de l'érythème marginé, on voit survenir une vésicule contenant un liquide transparent ou un peu louche, et cette vésicule, par la dessiccation, laisse sur la plaque érythémateuse une légère squame jaunâtre ou brunâtre. D'autres fois cette vésicule n'est pas isolée, on voit autour d'elle se disposer à une certaine distance un ou plusieurs cercles de vésicules nouvelles ; cette disposition donne à la plaque un aspect tout particulier de cocarde multicolore ; on peut reconnaître, en effet, au centre de la plaque, la squame jaune, résultant de la dessiccation de la vésicule centrale, puis un cercle érythémateux, un second cercle formé de vésicules ou de squames suivant la période de la lésion ; enfin un troisième cercle d'un rouge brunâtre, formé par le bord externe de la tache exanthématique. C'est cette affection qui a été désignée par Willan sous le nom d'herpès iris. Mais ce n'est pas là un véritable herpès; la vésicule n'est qu*une lésion accessoire surajoutée à l'érythème; en effet, sur le même malade on peut rencontrer des plaques d'érythème papuleux sans la moindre apparence de vésicule, d'autres avec une simple vésicule centrale, d'autres enfin avec la disposition complexe que je viens d'indiquer. Il est des cas enfin où, sur la tache saillante, il existe non plus des vésicules, mais bien une véritable bulle, du volume d'un pois ou d'une petite noisette, contenant une sérosité transparente ou séropurulente; on a alors sous les yeux la lésion élémentaire du pemphigus ; et en effet certains médecins ont décrit cette éruption sous le nom de pemphigus aigu. Mais en examinant avec attention les malades qui présentent cette lésion, on constate toujours, à côté des taches bulbeuses,
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des taches d'érythème papuleux parfaitement caractérisé. Toutes ces éruptions, si différentes les unes des autres au premier aspect, ne sont donc que des degrés, que des formes différentes d'une môme maladie, de l'éry* thème papuleux ou plutôt de l'érythème polymorphe. > Les symptômes généraux peuvent précéder l'éruption de quelques heures, et même d'un joui* ou deax;leplB$ souvent ils se développent presque en même temps que l'éruption. Us consistent en un (sentiment de courbature quelquefois assez forte, dans l'apparition de céphalalgie, de soif et d'inappétence ; rarement il existe quelques envies de vomir; la ûèvre est caractérisée par une plus grande fréquence du pouls et par une température un peu plus élevée. Quelquefois, sur les parties qui vent être le siège de l'éruption, il existe une sensation défi* cotemenl ou de cuisson.
Assez souvent les malades se plaignent de douleurs dans la continuité des membres, douleurs musculaires, sensibles surtout dans les mouvements; ces douleurs peuvent aussi siéger dans les articulations, qui sont en même temps chaudes et légèrement tuméfiées. J'ai même observé deux fois dans le cours et à la suite d'un érythème papuleux des accidents inflammatoires du côté du péricarde et de l'endocarde; c'est là une véritable com plication de rhumatisme. Ces phénomènes sont assez communs pour que quelques auteurs, et en particulier mon collègue Bazin, aient fait du rhumatisme la maladie principale; suivant le langage adopté par l'auteur que je viens de citer, l'érythème ne serait qu'une des manifestations de la maladie générale qu'il appelle arthritis: Bazin n'est pas le seul d'ailleurs qui ait subordonné l'érythème papuleux au rhumatisme, Bouillaud a signalé, dans certains cas de rhumatisme fébrile {1), l'existence
(1) Bouillaud, Traité clinique du rhumatisme articulaire.
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de taches cutanées rouges et saillantes ; et, plus récemment, Maxirnin Legrand et Doriau ont décrit, sous le nom de péliose rhumatismale, les différentes variétés d'érythèmes dont nous venons de parler et qui coïncident quelquefois avec un accès de rhumatisme aigu.
Pour moi, je considère l'érythème papuleux, non pas comme l'accessoire, mais comme la maladie principale dont le rhumatisme n'est qu'une complication. J'ai compulsé, en effet, les observations d'érythème papuleux qui ont été publiées, je les ai rapprochées de faits qui se sont passés sous mes yeux et j'en suis arrivé à cette conclusion cpté les phénomènes articulaires manquaient dans plus de If moitié des cas. L'arthrite rhumatismale est donc là une complication tout à fait semblable au rhumatisme qui se produit, dans la scarlatine.
La marche de l'érythème papuleux est aiguë. Ordinairement on voit, au bout de huit à douze jours, la maladie a'effacer plus ou moins complètement; il est très rare que l'éruption persiste pendant plus de vingt jours; au moment où la rougeur s'efface, elle est remplacée par use légère desquamation très passagère, et qui ne laisae aucune trace durable de son existence. Cependant, quand l'érythème a été très intense, on peut voir persister à sa place de petites taches ecchymotiques bruaes ou violacées. Le sang qui s'était accumulé dans les capillaires de la peau pour constituer une congestion peut rompre ces vaisseaux et s'épancher dans le tissu même du derme* Dans des cas assez rares, on voit la maladie se prolonger quatre, cinq ou six semaines, par suite de poussées sue* cessives de l'éruption.
J'ajouterai que les récidives de cette affection sont très fréquentes et qu'il est des individus qui en sont affectés, tous les ans, au printemps le plus ordinairement, quelquefois même deux fois par an, au printemps et à l'automne»'
Le plus ordinairement l'érythème se termine favorable*
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ment et la guéri son est complète; dans quelques cas cependant, dont le nombre s'est accru dans ces dernières années par une observation plus attentive des faits, la maladie peut prendre un aspect grave et même se terminer d'une manière fatale. C'est là la forme maligne caractérisée principalement par l'intensité de la fièvre, la température étant à 39*,5 et même à 40 degrés, le pouls étant à 110-120 pulsations par minute. Avec cette fièvre, qui peut se prolonger vingt-cinq, trente et même quarante jours, on ne constate quelquefois que les éruptions cutanées à poussées successives, mais, le plus ordinairement, avec le mouvement fébrile ; il existe quelque complication viscérale qui explique la gravité. C'est d'abord et le plus fréquemment une affection rhumatismale, soit des arthrites, soit des endocardites ou des péricardites, lesquelles peuvent être le point de départ de lésions valvulaires ultérieures. Plus rarement on rencontre des pneumonies ou plutôt des broncho-pneumonies, ou des pleurésies ordinairement de peu de durée, comme cela s'observe pour les pleurésies rhumatismales. On a cité quelques cas d'albuminurie consécutive à des érythèmes papuleux et terminés par la mort. On a noté encore des anémies consécutives ayant une apparence pernicieuse. Enfin il peut survenir des accidents nerveux plus ou moins graves ; je viens d'observer récemment un fait de ce genre : il s'agissait d'une femme de cinquante-sept ans, ayant présenté pendant trois semaines les symptômes d'un érythème papuleux ordinaire, borné aux membres inférieurs et aux avant-bras, et accompagné de quelques douleurs erratiques dans les jambes; au lieu de se terminer, la maladie se prolongea, la fièvre continua avec une forme rémittente, un frisson violent et un redoublement ayant lieu tous les jours entre trois et quatre heures, le soir et la nuit la malade étant baignée de sueurs profuses; il y avait de l'inappétence absolue, des vomisse-
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ments fréquents, de la diarrhée, une faiblesse extrême et en même temps des douleurs vives avec sensation d'engourdissement et de fourmillement aux pieds et aux mains. La maladie se prolongea ainsi pendant trois mois; au bout de ce temps, la fièvre diminua d'intensité sans cesser complètement,: un certain malaise se représentant tous les jours dans l'après-midi, l'alimentation fut possible, les digestions se rétablirent, mais les douleurs aux pieds et aux mains, sans aucun gonflement, persistèrent, une atrophie musculaire très positive s'établit aux muscles des mains et six mois après le début de la maladie une amélioration notable était survenue, mais la guérison n'était pas complète.
Étiologie. — L'érythème papuleux atteint habituellement les jeunes sujets ; après quarante ans on ne le rencontre que rarement. Comme cause prédisposante, nous noterons encore l'influence du printemps. On en rencontre moins souvent en été ; en automne, la maladie est un peu plus fréquente ; enfin, en hiver, elle est extrêmement rare. Les hommes y paraissent plus disposés que les femmes. Les causes occasionnelles ont été peu étudiées : on a noté des refroidissements, des excès de régime; mais le plus souvent on ne trouve aucune circonstance qui puisse être invoquée comme cause spéciale de maladie.
Traitement. — La maladie, abandonnée à elle-même, guérit assez rapidement, ainsi que je l'ai indiqué tout à l'heure; il faut donc laisser agir la nature, tout en l'aidant par quelques précautions hygiéniques qui sont le repos à la chambre, l'administration de boissons délayantes et acidulées ; la privation absolue de nourriture solide ne doit être prescrite que s'il y a de la fièvre. Il faut craindre surtout les fatigues et les refroidissements, qui amènent si fréquemment les accidents rhumatismaux ; lorsque l'arthrite est développée, on ne doit plus s'occu-
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per que d'elle, c'est elle seule qu'il faut combattre par les moyens qu'on oppose ordinairement à cette maladie : boissons nitrées, salicylate de soude, sulfate de quinine, opium, etc. Lorsqu'il existe des phénomènes d'embarras gastrique, on doit chercher à les dissiper à l'aide d'une médication vomitive ou purgative; enfin les complications et les affections consécutives doivent être traitées par les moyens appropriés à leur nature.
2° Érythème noueux.
Cet érythème est caractérisé par l'existence de saillies dures et rouges, se développant presque exclusivement sur les membres. La saillie semble se prolonger jusque sous le derme, dans le tissu cellulaire sous-cutané, et il se forme ainsi de véritables nœuds on tubercules qui sont aussi faciles à reconnaître par le toucher que par 1 a vue. Ces plaques se présentent sous la forme de tubereules assez larges, oblongs ou arrondis, et allongés dans le sens de la longueur des membres ; elles siègent plus particulièrement aux jambes, en avant des tibias, et aux avant-bras; elles ont été observées aussi, mais bien plus rarement, aux cuisses et aux bras; jamais on n'en trouve sur le tronc ; il n'est pas rare de voir simultanément avec ces nodosités quelques plaques d'é«* rythème papuleux.
Les plaques de Pérythème noueux sont douloureuses à la pression et même elles sont quelquefois le siège d'une douleur spontanée. Leur apparition est précédée de malaise et de fièvre, et de quelques phénomènes gastriques.'
Les taches, d'abord rouges, deviennent ensuite vio-< lettes, puis d'un brun foncé ; la saillie diminue et la teinte devient alors bleuâtre et jaunâtre, comme celle des ecchymoses; en ce moment, la pression du doigt ne faitplus disparaître la coloration. Comme dans l'érythème
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papuleux, il peut y avoir des douleurs articulaires ou musculaires et une véritable arthrite rhumatismale ; aussi Bazin rattache-t-il Pérythème noueux à l'arthritis. Je répéterai ici ce que j'ai dit à propos de l'érythème papuleux : les phénomènes rhumatismaux ne sont pas assez constants, ni même assez communs pour qu'on voie es eux autre chose qu'une complication.
La marche de la maladie est aiguë et, ordinairement, au bout de deux ou trois septénaires, toute trace d'éruption a disparu. Cependant il existe quelquefois plusieurs éruptions successives, et la maladie peut se pro-i longer ainsi pendant quatre ou six semaines. Chez les< sujets scrofuleux, les saillies dures peuvent résister» pendant plusieurs mois et môme se terminer par une ulcération, à fond grisâtre, peu disposée à se cicatriser* Bazin a décrit cette forme chronique de l'érythème noueux, sous le nom df érythème induré sprofuleux; je serais également disposé à croire que cet érythème est une espèce spéciale différente du véritable hérythème noueux.
Dans le cours ou à la suite de la maladie qui nous occupe, on peut observer des complications semblables à celles qu'on a rencontrées dans l'érythème polymorphe.
Le diagnostic est ordinairement facile , la saillie des tubercules plus sensibles au toucher qu'apparents à la vue, le siège spécial de l'éruption, les modifications de couleur et surtout la tache eochymotique des nodosités/ sont des caractères suffisants pour faire reconnaître la maladie; on est seulement embarrassé quelquefois pour, savoir si on a affaire à un érythème papuleux ou à un érythème noueux ; les caractères que je viens d'indiquer relativement à l'éruption devront aider au diagnostic; mais il est vrai de dire qu'on rencontre quelquefois des cas mixtes dans lesquels sont réunies les éruptions
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propres à Tune et à l'autre maladie, bien voisines d'ailleurs par leur nature.
. L'érythème noueux se rencontre principalement chez les jeunes sujets, dans l'enfance et dans la jeunesse* Il est plus commun chez les individus lymphatiques et chez les scrofuleux ; les filles y sont plus exposées que les garçons. On le rencontre surtout au printemps, quelquefois en automne.
Le traitement est le même que pour les autres érythèmes. Quand il se développe chez les individus scrofuleux, il faut surtout craindre que la maladie ne prenne la forme chronique. On doit chercher alors à modifier la constitution par l'emploi des toniques, des amers et surtout de l'huile de foie de morue, sans oublier l'emploi des moyens hygiéniques.
3°. Érythème scarlatiniforme.
Cet érythème, confondu souvent avec la scarlatine, a été indiqué par certains auteurs sous les noms de fausse scarlatine, de fièvre rouge. C'est à la variété grave de cet érythème que Brocq a emprunté plusieurs observations qu'il a attribuées à tort à la dermite exfoliatrice.
L'éruption se présente sous la forme de larges plaques d'un rouge vif, qui simulent la scarlatine. Elle est quelquefois précédée, pendant un jour ou deux, par un peu de malaise et par un léger mouvement fébrile ; bientôt on voit apparaître sur la peau de larges taches rouges sans saillie, présentant un pointillé plus foncé. Ces plaques sont le siège d'une démangeaison assez vive. Au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures, tout disparait et il ne reste qu'une légère desquamation. L'éruption peut durer plus longtemps, plusieurs semaines, et alors elle se termine par une desquamation plus ou moins considérable, le plus souvent légère et furfuracée, mais dans
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d'autres cas plus abondante et se soulevant en larges plaques épidermiques comme dans la scarlatine. Cette desquamation peut se renouveler à plusieurs reprises après de nouvelles poussées érythémateuses.
La fièvre est ordinairement peu prononcée, quelquefois même elle n'existe pas ; la langue est naturelle ou seulement recouverte d'un léger enduit blanchâtre. On ne trouve à la gorge tout au plus qu'une rougeur légère ; jamais il n'existe d'éruption miliaire.
C'est une maladie qui récidive très fréquemment: c'est même, dans certains cas, le seul signe qui puisse la faire distinguer de la scarlatine. Cette récidive peut survenir peu de temps après la première apparition ; quelquefois les intervalles sont de plusieurs mois ou de plusieurs années.
Diagnostic. — Il est une première affection avec laquelle l'érythème scarlatiniforme pourrait être confondu, c'est V eczéma rubrum, dans lequel on voit une grande partie du corps, couverte de taches rouges, suivies d'une desquamation abondante. Mais dans cette variété d'eczéma aigu on peut toujours trouver, dans une région quelconque, quelques vésicules qui forment plus tard des ulcérations et des croûtes par la rupture de l'épiderme. L'érythème scarlatiniforme qui se prolonge ressemble beaucoup à la d ermite exfoliatrice, et je comprends la confusion commise par le docteur Brocq; toutefois on devra reconnaître la dërmite par une plus grande sécheresse de la peau, qui semble en même temps rétractée et racornie etsurtout par une durée indéfinie de la maladie. Je dois ajouter que le rash qui précède quelquefois la variole ressemble tout à fait à l'érythème scarlatiniforme, et qu'il est impossible de l'en distinguer par lés caractères objectifs; là rapidité. de son développement, son siège plus spécial à la partie inférieure du tronc et aux aines, l'intensité de la fièvre, la concomitance des symptômes habituels de la
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variole à la période d'invasion, pourront servir à faire soupçonner l'existence de la petite vérole. Mais la véritable difficulté diagnostique consiste à distinguer l'érythème dont il est question de la véritable scarlatine, difficulté d'autant plus grande que cette dernière maladie est quelquefois mal caractérisée, à l'état fruste, pour me servir de l'expression de Trousseau. Pour établir ce diagnostic différentiel, on devra se rappeler que la scarlatine débute avec des phénomènes d'invasion ordinairement sérieux, céphalalgie, vomissements, angine, que dès le début et pendant la période d'éruption la lièvre est intense (température, 40 degrés et au-dessous; pouls souvent à 120 et au-dessus), que l'éruption se montre surtout i la face interne des membres et des articulations, que las mains sont rouges et gonflées, que la gorge est habituellement très rouge et que la langue, après avoir présenté un enduit pultacé, devient rouge et comme écorchée,qoe la desquamation est abondante et qu'elle se manifeste surtout aux pieds et aux mains, tandis que dans Térythème scariatiniforrae la maladie débute par un léger malaise, 4a fièvre est pea intense, la gorge est à peine rouge, la langue ne parait pas dépouillée de son épithélium, l'éruption existe aussi bien sur la face externe que sur la face interne des membres, les mains ne sont pas gonflées et la maladie ne présente pas de gravité.
Dans Térythème scarlatinifonne, on ne constate jamais, du côté des reins, les altérations de sécrétion et de texture si communes dans la scarlatine.
Les causes de l'érythème scarlatinifonne sont peu connues. Tantôt on le rencontre chez les individus bien portants, tantôt il surrient comme complication d'une autre maladie, ordinairement grave. C'est ainsi que 6. Sée dit l'avoir constaté tout particulièrement comme complication du croup et 4e l'angine diphthéritique. On a cité quelques cas d'érythème scarlatinifonne après l'adminis-
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iration de la belladone^ du datura stramonium, du mercure et même de l'opium.
Le traitement se borne, comme pour les autres érythèmes, à quelques moyens hygiéniques, à l'usage de quelques boissons acidulées et à l'application de poudres inertes. Quelquefois un purgatif est utile pour combattre un embarras gastrique concomitant.
4° Érythème mamelonné.
Je désigne sous ce nom: une maladie qui a été décrite par un certain nombre d'auteurs, et en particulier par Bazin, sous le nom de roséole ; mais j'en parle ici, parce qu'elle se rapproche beaucoup plus des autres érythèmes que de la véritable roséole, maladie principalement caractérisée par de petites taches rouges à peine saillantes, semblables à celles de l'éruption de la rougeole, ainsi qu'on a pu le voir par sa description.
L'érythème mamelonné est constitué par l'apparition de taches arrondies régulières ou irrégulières, d'un rouge vif, moins violacé que celles de l'érythème papuleux ; l'éruption est également beaucoup plus généralisée. Elle se montre sur les membres, sur le cou, mais on la rencontre principalement et souvent à un degré très confluent au tronc et aux fesses. Elle met en général quelques heures à se développer et elle s'accompagne de phénomènes généraux assez intenses, fièvre, céphalalgie, courbature générale, et de quelques phénomènes d'embarras gastrique. Es outre, ce qui la distingue des autres éruptions érythémateuses, c'est l'existence de démangeaisons excessives qui empêchent souvent les malades de dormir. La maladie dure rarement plus de cinq ou six jours, à moins qu'il ne se produise plusieurs éruptions successives. Au moment de la résolution, les taches deviennent moins saillantes» la rougeur s'efface et on aperçait une
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légère desquamation, qui n'est même pas constante dans tous les cas ; avec l'éruption, les démangeaisons disparaissent ainsi que les phénomènes généraux.
L'érythème mamelonné est toujours une affection secondaire, une complication survenant dans le cours ou pendant la convalescence d'une maladie grave. On la rencontre après la pneumonie, après les érysipèles, etc. Elle a été observée assez souvent à la suite du choléra épidémique; dans cette circonstance, elle a été décrite par quelques auteurs sous le nom de roséole cholérique; elle survient alors le plus souvent au moment de la période de réaction. L'érythème mamelonné ne se complique jamais de rhumatisme.
Le diagnostic en est facile, et le pronostic toujours bénin ; la maladie n'a pas de gravité par elle-même, mais quand elle vient compliquer une affection déjà sérieuse, elle agit d'une manière fâcheuse en retardant la convalescence et en augmentant l'agitation du malade par les démangeaisons et par l'état fébrile qui l'accompagnent habituellement.
Le traitement se réduit à bien peu de chose, à quelques tisanes rafraîchissantes, à un purgatif s'il existe de l'embarras gastrique. En outre, on doit combattre les démangeaisons par un traitement topique, en saupoudrant la peau avec des poudres d'amidon ou avec de la farine, qu'on peut additionner d'une petite quantité d'oxyde de zinc et dé camphre; quelques malades ont été soulagés par des lotions faites avec une solution de sublimé à très faible dose ou par des onctions avec .une pommade à l'oxyde de zinc et au camphre..
c. Miliaire.: •-
La miliaire est une maladie assez mal délimitée; elle a été et est encore confondue avec la scarlatine, avec la
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suette et avec les sudamina. Hébra (4) et Besnier (Dict. encyclopédique des sciences médic., art. Miliaire) n'échappent pas à ce reproche, car, dans la description de la miliaire, ils indiquent des caractères et ils citent des exemples qui appartiennent certainement aux sudamina. Cependant, dans les auteurs, depuis Welsch, qui donna le premier une bonne description d'une épidémie de miliaire qui régna à Leipsick (en 1655), on trouve des observations bien authentiques de cette maladie qui s'est montrée plusieurs fois d'une manière épidémique en Allemagne, en Italie, en Angleterre, dans les Pays-Bas ; en France, à la fin du siècle dernier, la maladie sévit en Auvergne et en Normandie, et la Faculté de médecine, en 1778, proposa, pour sujet de prix, l'étude de la miliaire des femmes en couches ; le prix fut obtenu par Gastellier, qui soutint l'opinion déjà émise par de Haen, que la miliaire était une éruption commune à plusieurs maladies. A ce moment un assez grand nombre de travaux parurent sur ce sujet, mais contribuèrent à ramener l'obscurité un moment dissipée par l'ouvrage de Welsch ; et depuis cette époque, malgré quelques dénégations individuelles, on continua à considérer la miliaire comme un phénomène commun à certaines maladies accompagnées de sueurs ou même à la confondre avec la scarlatine; c'est ainsi que Trousseau, dans sa Clinique médicale^ dit que la miliaire des femmes en couches n'est rien autre chose qu'un exanthème sudoral. Dans ces dernières années, en 1882, Guéniot reprit ce sujet controversé (Thèses de Paris, sur les éruptions miliaires et scarlatiniformes des femmes en couches) et démontra par des observations authentiques la légitimité de la miliaire comme espèce nosologique ; je n'hésite pas à me ranger à cette opinion, ayant eu l'occasion d'en rencontrer un
(1) Traité des maladies de la peau, traduit par Doyon; Paris, 1872. hàbdy. — Malad. de la peau. 41
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certain nombre d'exemples pendaùt que j'étais attaché au service des femmes en couches, à l'hôpital Saint- Louis, mais j'ajoute que cette maladie, fréquente chez les femmes récemment accouchées, ne leur est pas exclusive.
Anaiomie pathologique. — Il n'y a rien à dire sur l'anatomie pathologique de la miliaire, la terminaison funeste est rare dans cette maladie, et lorsqu'elle a lieu elle doit être imputée à une autre affection ; c'est ce qui est arrivé pour une autopsie faite par Guéniot et pour une que j'ai eu occasion de pratiquer. Dans l'un et dans l'autre eas, on a trouvé des signes évidents de péritonite et de lymphangite utérine, mais ces lésions se rapportent bien plutôt à la fièvre puerpérale concomitante qu'à la miliaire. Quant à l'éruption, la rougeur cutanée avait complètement disparu, comme dans les fièvres éruplives; mais l'examen histologique n'a pas été fait. Dans la peau, la vésiculation est-elle due à la rétention de la sueur dans les conduits des glandes sudoripares, ou est-elle le résultat de la distension et de la rupture des cellules du corps muqueux, lesquelles sont, à l'état normal, de véri tables vésicules distendues par un liquide transparent, et l'inflammation pouvant augmenter la quantité de ce liquide, rompre les cloisons qui les séparent et constituer ainsi des saillies assez considérables pour distendre et soulever l'épicier me; c'est ce qu'il est difficile de décider.
Symptômes. — La maladie débute ordinairement par un malaise général, accompagné dans quelques cas d'un léger fçisson ; il existe un sentiment général de courbature, un peu de céphalalgie, de l'inappétence et quelquelois de l'épistaxis, puis la fièvre s'établit sans présenter une grande intensité, et sans qu'on puisse constater, s'il s'agit des femmes nouvellement accouchées, une diminution notable des lochies et de la sécrétion lactée; ce dernier point, indique tout d'abord la bénignité de l'affection intercurrente. Le lendemain ou le surlendemain au plus
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tard l'éruption commence à se montrer; ce sont au début des plaques rouges assez larges, sur lesquelles on distingue un petit pointillé d'un rouge un peu plus vif et sans saillie au-dessus du niveau de la peau. Elles apparaissent sur le tronc, à la partie antérieure de la poitrine, entre les seins, sur le ventre, dans le dos ; elles ne gagnent les membres que consécutivement. Vers le troisième ou le quatrième jour on les voit se couvrir d'une multitude de vésicules saillantes, d'abord transparentes, mais qui bientôt deviennent lactescentes et présentent un aspect franchement purulent. Quelquefois un certain nombre de vésicules confluenles se réunissent par leurs bords et forment un soulèvement épidermique plus considérable, une véritable phlyctène. Enfin on rencontre aussi de place en place des vésicules qui restent transparentes pendant tout le temps de leur évolution, et qui constituent de véritables sudamina.
Il existe de grandes différeices, suivant les cas, dans l'étendue et l'intensité de l'éruption : tantôt elle couvre la plus grande partie du corps, tantôt elle est à peine marquée. Elle respecte en général la face, les pieds et les mains.
En même temps que paraît l'éruption, les phénomènes généraux s'accentuent : la fièvre est plus vive, le pouls s'élève, mais rarement au-dessus de 80 & 100 pulsations ; la température reste à 38 degrés ou 38°,5, mais la peau se recouvre de sueurs abondantes ; tous les auteurs ont signalé ce fait, sur lequel on s'est appuyé pour considérer la miliaire comme un accident sud oral.
La langue a le même aspect que dans toutes les maladies fébriles, elle est rouge à la pointe et recouverte d'un léger enduit blanchâtre; au pharynx et sur le voile du palais on trouve souvent une rougeur assez vive avec un pointillé légèrement saillant, mais jamais de dépôt pultacé comme dans la scarlatine.
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L'appétit est nul, mais il n'existe d'ordinaire ni vomis* sèment ni diarrhée. Du côté des voies respiratoires et du système nerveux il n'y a rien de particulier à noter chez les femmes en couches. Quand la fièvre est intense, les lochies et les sécrétions lactées sont un peu diminuées, mais bien rarement supprimées; les urines sont assez rares, on y rencontre quelquefois des traces d'albumine.
Au bout de sept à dix ou douze jours au plus, la fièvre tombe, les vésicules s'affaissent, le liquide qui les remplissait se résorbe et l'épiderme tombe sous la forme de petits disques arrondis, en laissant à la place où siégeait la vésicule, une petite tache d'un rose vif luisant formée par l'épiderme nouveau et entourée d'une collerette plus blanche d'épiderme ancien. La desquamation dure de huit à dix jours.
La marche de la maladie est le plus souvent continue, cependant on remarque dans certains cas un redoublement fébrile assez régulier le soir. La durée varie de cinq à quinze jours; elle peut être prolongée par une sorte de rechute, par une poussée éruptive nouvelle que j'ai vue survenir dans certains cas vers le sixième ou le septième jour; cette marche récidivante n'a pas été notée par Guéniot . La terminaison habituelle de la miliaire est la guérison. On trouve cependant dans les auteurs et surtout dans les relations de certaines épidémies, la notion de miliaires graves et habituellement mortelles; mais s'agissait-il bien alors -de miliaire simple et n'y avait-il pas lieu de penser bien plutôt à l'existence de fièvres puerpérales, accompagnées d'éruptions miliaires ; la bénignité habituelle de la miliaire simple doit le faire penser.
Diagnostic. — Le diagnostic de la miliaire est très important à établir, mais il présente dans certain cas les plus grandes difficultés. On fera attention à l'éruption de plaques rouges siégeant presque exclusivement au tronc et à la racine des membres, et se recouvrant bientôt de
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vésicules miliaires abondantes. On notera l'état fébrile, la courbature, la céphalalgie et, dans quelques cas rares, des épistaxis ; on devra surtout soupçonner la mi* liaire, si l'éruption survient chez une femme récemment accouchée.
Les maladies avec lesquelles on peut confondre la miliaire, sont la variole à sa période prodromique quand elle est compliquée de red ra$hy la scarlatine, la suette miliaire et les sudamina.
En effet, les rash varioliques peuvent se présenter sous un aspect très analogue aux plaques rouges de la miliaire, mais les vésicules qui les surmontent ne tardent pas à se transformer en pustules varioliques, et en outre les phénomènes d'invasion sont bien différents : on ne retrouve pas dans la miliaire la fièvre intense, les vomissements, la céphalalgie gravative, et surtout la rachialgie qui caractérisent la variole commençante.
Le diagnostic est bien autrement difficile à établir entre la miliaire et la scarlatine; on doit même dire qu'un grand nombre des cas qui ont été cités comme des scarlatines chez les nouvelles accouchées peuvent être rapportés à la miliaire. Dans le plus grand nombre des cas cependant, le diagnostic est possible, et il est important de l'établir au point de vue du pronostic et des précautions hygiéniques à prendre ultérieurement, nécessaires dans la scarlatine, inutiles dans la miliaire. On doit se rappeler que dans la scarlatine il existe une période d'invasion assez bien caractérisée, que l'éruption est plus-généralisée, qu'on la rencontre aux pieds et aux mains avec une telle intensité qu'elle provoque du gonflement et de la douleur dans les mouvements des doigts. Dans la scarlatine encore, on note un aspect spécial de la langue, recouverte au début d'un enduit pultacé, épais et comme couenneux, auquel succède plus tard une coloration d'un rouge vif, avec des papilles saillantes et avec une appa-
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rènce d'écorchure. La fièvre est toujours considérable, le plus souvent le pouls dépasse 120. Quand il existe des vésicules miliaires, elles ne sont que l'accessoire de l'éruption et elles se dessèchent très vite. Enfin, dans la dernière période de la maladie, la desquamation est très abondante, elle a lieu en larges plaques épidermiques; elle se prolonge longtemps et surtout elle est plus intense aux pieds et aux mains que partout ailleurs.
Dans la miliaire puerpérale, les phénomènes d'invasion existent à peine, l'éruption n'atteint jamais la face ni les pieds ni les mains; s'il existe un léger mal de gorge, jamais on ne rencontre de pseudo-membranes sur le pharynx, et la langue ne présente qu'un léger enduit blanchâtre et une coloration rouge peu intense des bords et de la pointe. Les phénomènes généraux sont peu prononcés. La peau, qui est ordinairement sèche et brûlante dans la scarlatine, est toujours moite dans la miliaire et presque constamment recouverte d'une sueur très abondante. L'éruption miliaire forme le principal dans la maladie et tes plaques rouges l'accessoire. La desquamation est légère, par petits disques arrondis qu'on ne peut comparer aux larges lambeaux épidermiques qui se détachent dans la scarlatine. Enfin l'existence d'un accouchement récent doit aussi entrer en ligne de compte. Il n'est pas inutile de dire que dans la miliaire on ne rencontre jamais les complications si fréquentes dans la scarlatine d'angine grave, de rhumatisme, d'accidents nerveux et enfin de néphrite albumineuse.
Il est difficile d'établir des distinctions bien tranchées entre la miliaire et la suette : dans les deux maladies, en effet, il y a de la fièvre et la peau présente de la sueur et une éruption vésiculeuse semblable pour le volume et l'apparence à des grains de millet. Toutefois la suette est une maladie plus grave, el on la distingue de la miliaire
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à l'intensité de là -fièvre, à l'existence des » symptômes ataxiques ou adynamiques très prononcés, à l'abondance extrême de la sueur et au caractère moins. marqué de l'éruption qui semble accessoire et plutôt constituée par des sudamina que par une véritable éruption miliaire.
Quant aux * sudamina souvent confondus avec l'éruption de la miliaire, leur petite dimension, leur aspect translucide, leur ressemblance avec des gouttes de sueur déposées sur la peau, l'absence de plaques rouges concomitantes et leur apparition ordinaire dans le cours d'une autre maladie ayant déterminé des sueurs pro? fuses, suffisent ordinairement pour les faire reconnaître. . Nous n'insisterons pas sur le pronostic de. la miliaire. 11 ressort de la description que nous en avons donnée, que c'est une maladie peu grave, qui se termine, dans l'immense majorité des cas, d'une façon heureuse dans l'intervalle d'un ou de deux septénaires.
Êtiologie: — Dans les deux siècles derniers la miliaire s'est développée fréquemment sous la forme épidémique. Actuellement on ne la rencontre plus qu'à l'état sporadique.
- L'état puerpéral est certainement la cause prédisposante la plus habituelle; mais la maladie peut être observée aussi, non seulement chez les femmes non accon- •chées, mais encore chez les hommes, sans qu'on puisse indiquer une cause connue de son développement. On n'a pas noté de cas bien authentiques de contagion.
Traitement — La miliaire est une maladie générale, à marche régulière et que l'on ne saurait entraver. On doit donc se contenter de prescrire quelques boissons acidulées, de l'orangeade, de la limonade, des sirops rafraîchissants étendus d'eau. Il est tout à fait inutile, il peut même être nuisible • de chercher à favoriser l'éruption par des boissons diaphoniques.
Si la fièvre est vive et s'il existe quelques phénomènes
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cérébraux, on pourra administrer l'opium à faible dose, et le sulfate de quinine peut être indiqué dans les cas de fièvre à marche rémittente.
A la fin de la maladie un purgatif est indiqué si l'appétit ne revient pas et si la langue reste chargée. Pour diminuer la sécheresse et la chaleur de la peau, on se trouvera bien de faire saupoudrer le corps avec des poudres inertes, poudre de riz, farine de froment, fécule de pommes de terre.
Gomme toutes les affections générales, la miliaire laisse souvent à sa suite un état de faiblesse et d'anémie assez prononcé. On doit, pendant la convalescence, user des toniques, du vin de quinquina ou de coca, de quelques préparations ferrugineuses. On y joindra une diète suffisamment réparatrice.
d. Taches lenticulaires rosées.
Les taches lenticulaires rosées sont toujours symptomatiques et consécutives à une maladie. On les rencontre dans la fièvre typhoïde et leur fréquence dans cette affection, la régularité de leur apparition, en font un caractère important de diagnostic dont on se sert en France pour reconnaître la dotbiénentérie. On a cité quelques* cas de méningite, de tuberculose aiguë dans lesquels on avait observé l'existence de quelques taches rosées, mais ces faits doivent être regardés comme exceptionnels.
La tache rosée lenticulaire est constituée par une petite tache arrondie, régulière, bien délimitée, de 1 à S millimètres de diamètre, de forme lenticulaire, légèrement saillante au-dessus du niveau de la peau, de couleur rosée, souvent peu apparente et ayant besoin pour être distinguée d'un jour favorable ou d'une certaine incidence de lumière; la surface en est bombée et jamais acuminée ;
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