SCR0FUL1DE TUBERCULEUSE AVEC ULCÉRATION
•détruit une partie des paupières, produit une conjonctivite oculaire et quelquefois des ophthalmies graves suivies de cécité.
La scrofulide ulcéreuse peut encore occuper les autres iparties du corps, comme le cou, la région sternale, les membres, surtout au voisinage des articulations, et les parties génitales. Huguier, pendant son séjour comme chirurgien à l'hôpital de Lourcine, publia un mémoire ayant pour titre : De Vesthiomène de la vulve (4) : sous •oe nom, il décrivit des maladies ulcéreuses, envahissant et •détruisant les grandes et les petites lèvres, et il les considéra comme étant de nature scrofuleuse, leur donnant ainsi le nom d'esthiomène alors adopté par Alibert. En lisant avec attention les observations de te mémoire, on -est porté à croire que les maladies décrites par cet auteur •se rapportent plutôt à des chancres mous phagédéniques, •affections alors peu connues, qu'à des ulcérations scrofuleuses. L'absence d'accidents constitutionnels, qu'il «donne comme une des meilleures preuves pour rayer ces ■maladies du domaine de la syphilis, n'est pas une raison convaincante pour nous, de ne pas admettre leur .nature vénérienne : en effet, les chancres phagédéniques sont ordinairement des ulcérations simples, non suivies d'infection générale, et le phagédénisme est fréquent •chez les individus scrofuleux, ce qui explique encore les signes de scrofule notés chez quelques malades de Huguier. Une des raisons que je puis donner encore de ma manière de voir, c'est que les ulcères scrofuleux des parties génitales sont rares à l'hôpital Saint-Louis, et que je n'en ai pas encore rencontré un seul exemple, malgré le nombre considérable de scrofuleux que j'ai été à même d'observer. Je ne crois donc pas devoir admettre, comme étant de nature scrofuleuse, les affections observées par liuguier.
(1) Huguier, Mémoires de l'Académie de médecine, U XIV.
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La durée de la scrofulide tuberculeuse ulcérée est très longue, et le plus souvent la maladie est envahissante. Par ses progrès, elle produit ces vastes destructions, ces plaies épouvantables et hideuses qu'on ne rencontre que trop souvent à la face, lesquelles donnent naissance à une suppuration abondante, quelquefois entraînent la cachexie, la fièvre hectique, et peuvent causer la mort par épuisement. Cette terminaison fatale, due seulement à l'abondance de la suppuration, est rare; cependant j'en ai observé plusieurs exemples.
La maladie peut s'arrêter spontanément, mais le plus souvent la guérison arrive sous l'influence d'un traitement rationnel. Dans ce cas, les croûtes finissent par tomber, et l'on trouve au-dessous d'elles une cicatrice toute formée, ou une ulcération en voie de réparation. C'est après la guérison de cette variété de scrofulides que l'on voit ces cicatrices saillantes, bridées, et souvent vicieuses par les rétractions qu'elles entraînent. C'est après une scrofulide tuberculeuse que l'on rencontre une atrésie de la bouche portée au point de gêner la parole et la préhension des aliments, ou une destruction des lèvres ne pouvant plus retenir la salive. On peut encore voir le nez détruit en totalité ou en partie, une narine oblitérée, les paupières froncées, tirées, et formant un ectropion, le conduit auditif oblitéré et amenant la surdité, et même l'absence complète d'une oreille, comme je l'ai observé chez deux malades. Au cou, ces brides cicatricielles, semblables aux cicatrices qui succèdent aux brûlures du troisième et du quatrième degré, peuvent produire le torticolis; aux membres, elles peuvent gêner les mouvements. Comme particularité appartenant à ces scrofulides tuberculeuses, j'ajoute que, même après la cicatrisation d'ulcères, la guérison est loin d'être toujours définitive, et qu'on voit fréquemment la maladie récidiver quelques mois pu quelques années plus tard.
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