TUMEURS CUTANÉES ÉPITHÉLIALES
de la plaie, ou encore des écailles épidermiques qui résultent de l'inflammation de la peau par le contact du pus. La dimension de l'ulcère est variable : elle peut être très faible et d'autres fois elle peut mesurer un ou deux centimètres; de plus, la forme de l'ulcère est souvent arrondie, mais elle est quelquefois allongée ou même très irrégulière dans ses contours.
Le cancroïde est souvent tout à fait indolent; dans certains cas il est le siège d'un léger prurit ou de quelques élancements, mais les douleurs vives sont rares ; dans le début, la démangeaison invite les malades à se gratter et ils enlèvent ainsi constamment la squame ou la croûte qui recouvre la petite ulcération. Cette irritation répétée peut contribuer au progrès du néoplasme.
Le cancroïde cutané peut siéger dans toutes les régions, mais il se développe le plus souvent à la face, sur le nez, sur les joues, aux angles des paupières , aux lèvres, et principalement à la lèvre inférieure. J'en ai vu quelques exemples au pénis, aux orteils, aux doigts.
Habituellement, le cancroïde cutané est unique; dans certains cas il en existe plusieurs dont le développement a été successif, et, comme ils sont presque toujours alors dans la même région, ils peuvent se réunir par le fait de leur accroissement excentrique.
Marche, durée, terminaison. — Le cancer épithélial a Aine marche très lente, souvent il reste à la première période sous forme de verrue ou de légère excoriation pendant des années, sans augmenter d'étendue ; et lorsque l'ulcération est arrivée, celle-ci reste souvent stationnaire ou n'augmente que bien lentement d'étendue et de profondeur. Dans quelques cas cependant la marche de la maladie peut être rapide et l'ulcération s'établit et s'étend en quelques mois.
Il faut savoir que l'épithélioma cutané peut se terminer spontanément par la guérison. On a cité des exemples
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mi ÉRUPTIONS CONSTITLTJONNELLES.
incontestables de résorption de tumeurs épithéliales, de cicatrisation d'ulcères cancroïdiens ; pour ma part j'ai observé plusieurs de ces cas heureux : j'ai vu des ulcères assez étendus se cicatriser sans opération, sans cautérisation; quelquefois alors la guérison est complète; le plus souvent il survient, un peu plus tard, une récidive au même endroit ou dans un autre point, la disposition générale au cancer persistant, malgré la guérison locale. Mais le plus ordinairement la marche de la maladie est envahissante et progressive, l'ulcération s'étend en superficie, sa profondeur augmente, les ganglions lymphatiques voisins, ceux dans lesquels se rendent les vaisseaux lymphatiques de la région dans laquelle siège la maladie, augmentent de volume, s'indurent et sont atteints de la même affection. En même temps que l'ulcération s'étend et ronge la peau ambiante, elle gagne les tissus plus profonds, les cartilages, les muscles, les os eux-mêmes; c'est ce qui arrive surtout aux paupières, au nez, aux lèvres, et il résulte de cette extension des dénudations affreuses à voir. Je me rappellerai toujours l'aspect affreux d'un homme auquel je donnais des soins et chez lequel une ulcération cancroïde ayant détruit les paupières, la peau des joues et des lèvres, on voyait à nu les globes oculaires avec leurs tendons, les muscles de la face, les os du nez et les gencives.
Lorsque l'ulcération s'est étendue et a persisté pendant assez longtemps, même sans s'étendre beaucoup, lorsque surtout les ganglions lymphatiques ont été affectés, on voit au bout d'un temps variable, et qui peut s'étendre à plusieurs années, les fonctions digestives s'altérer, les forces diminuer, la maigreur se prononcer, le teint devenir pile et la cachexie se manifester, comme dans les autres formes du cancer. Dans ces cas, on peut souvent expliquer l'influence fâcheuse sur la nutrition par la généralisation de la lésion épilhéliale, soit dans
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