TUMEURS CUTANÉES ÉPITHÉL1ALES
les ganglions, soit dans les viscères, mais d'autres fois on ne peut pas constater anatomiquemenl cette généralisation, et la cachexie survient par le fait seul de la lésion locale et par son influence sur l'économie.
Mais précisément parce que le cancroïde cutané marche très lentement, le plus souvent ce terme fatal de la maladie par la cachexie n'a pas le temps d'arriver et le malade est enlevé par une complication telle qu'un érysipèle ou une hémorrhagie,ou par une maladie intercurrente, sans rapport avec la lésion cutanée.
Diagnostic. — Il est important de reconnaître l'épithélioma le plus tôt possible, car les chances de guérison sont beaucoup plus grandes lorsque le traitement a été appliqué avant que l'ulcère ait gagné en étendue et en profondeur. On devra soupçonner le cancroïde lorsqu'on constatera, principalement à la face, une petite ulcération bien limitée, recouverte d'une manière persistante par une squame épidermique ou par une petite croule. Dans ce cas, l'âge du malade, le siège de la lésion, la petite étendue de l'ulcère, sa longue durée, doivent faire reconnaître la malignité de l'ulcération. J'ai dit que le cancroïde présentait quelquefois une apparence verruqueuse et papilliforme, et il est quelquefois d'autant plus difficile de le distinguer d'une simple verrue, que la face est le siège de prédilection des verrues et des épithéliomas. On reconnaîtra le cancroïde à son accroissement assez rapide et surtout à une desquamation foliacée de la saillie, ou bien à l'existence d'une ulcération à son sommet : la verrue ne desquame pas et ne s'ulcère pas.
On peut prendre pour un cancroïde des taches d'acné sébacée concrète, qui se développent assez fréquemment sur le visage de gens Agés, sous forme de plaques saillantes grises ou jaunâtres ; on reconnaîtra l'acné à la possibilité d'enlever la tache grise avec l'ongle en détachant
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la matière sébacée de l'épidémie, lequel apparaît alors entier et sans solution de continuité. Toutefois on doit savoir que dans certains cas Fépilhélioma commence par une accumulation de matière sébacée et que la lésion eutanée profonde se développe plus tard.
Il est rare qu'on confonde le cancroïde verruqueux avec les tubercules syphilitiques ou serofuleux; dans ces derniers cas, la couleur des saillies tuberculeuses, leur nombre et leur agmination en font facilement reconnaître la nature. Plus tard, lorsque l'ulcération est arrivée et lorsqu'elle a une marche envahissante, ce diagnostic est plus difficile; toutefois la nature de la maladie s'établira principalement par les caractères spéciaux des bords de l'ulcère; dans le cancroïde ils sont durs, saillants et renversés en dehors ; dans la syphilis, les ulcérations ont des bords bien délimités, taillés à pic et non saillants; dans la scrofule, les bords sont minces, déchiquetés et décollés.
Pronostic. — Le cancroïde est une maladie grave; malgré l'apparence de bénignité de son début, on doit savoir que c'est une maladie susceptible de s'étendre et d'amener la cachexie ; toutefois sa marche est ordinairement très lente, et, lorsque le traitement est appliqué à temps la guérison peut être souvent obtenue.
Le pronostic varie suivant le siège et suivant la période de la maladie : on doit savoir que le cancroïde cutané qui se développe près des membranes muqueuses est plus grave et a une marche plus rapide, ce qui se comprend pur que l'épilhélioma des membranes muqueuses est de beaucoup plus grave que celui de la peau ; aussi le cancroïde des lèvres est d'un pronostic plus sérieux que la même affection développée sur les joues ou sur les tempes. A la première période, une petite ulcération, une petite saillie verruqueuse quoique de nature cancroïdienne a peu de gravilé si la marche est lente; au contraire, une ulcération assez étendue, assez profonde,
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