‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 114 sur 147 · C. DE l'odorat · texte numérisé non relu

C. DE l'odorat

Gbez Vhùmme et tous les mammif^iies il existe une communica^ tîon entre la cavité de la bouche , où réside le sens du goût , et celle des narines, où se trouve celui de l'odorat : de ii»anière que tout corp» cpii se volatilise , et qui est porté dans la première de ces cavités, s'y manifeste par son goût proprement dit ; et ses vapeurs , passant dans h cavité des narines, y font en même tem|» éprouver sou odeur. Ces deox sensations étant simultanées et éprouvées dans des organes trèsrapprocbés, on donne généralement aux deux ensemble le nom com^

376 eRGANES ]»B9 SUIS.

mon de goût oa de saveur, qnoîqnll y ait réeflemeiit dem 8ei»9h tioDS, ainsi qu*on i*a déj^ fait remarquer ; et i*on peot s'en assnrâr en fermant le canal nasal, en comprimant le nez. Sitôt qu'il n*y a plus de courant d*air entre la bouche et le nez , la partie aromatique du goût des aliments est supprimée , et Ton n'éprouve plus que leur vraie saveur. Voilà pourquoi Ton dit généralement qu'on n'a pas dégoût lorsqu'on est enrhumé du cerveau.

Le sens de l'odorat réside bien dans la membrane pituitaire , trèsriche en nerfs, fournis par les troncs olfactifs, qui s'y distribuent en y pénétrant par la lame criblée de l'ethmoîde; mais on n'y trouve , da reste, aucun autre appareil qui facilite la perception des odeurs que l'étendue pure et simple de cette membrane plus ou moins considâ^ bie, selon que les cornets osseux et les anfractuosités de l'ethmoîde, sur la surface desquels eUe s'étend, sont plus compliqués. Or, comme ils le sont fort peu dans Vhomme , son odorat est très-obtus ; tandis que les carnivores , qui doivent découvrir leur proie à de grandes distances par l'odorat, les ont plus compliqués que tous les autres animaux. £n effet, on ne croirait pas , si on n'en était convaincu par le fait, qu'un chien, par exemple, puisse reconnaître à l'odeur que répand la simple trace qu'un animal a laissée sur le terrain en courant le plus rapidement qu'il lui est possible , et plusieurs heures après qu'il a passé, l'espèce de l'animal, le sens de la direction qu'il a prise, et, l'on assure, jusqu'à l'individu qu'il a commencé à poursuivre, dont il distingue la piste de celle de tout autre , et cela en suivant même à une certaine distance une ligne parallèle à celle qu'a prise le gibier. Encore les anfractuosités de l'ethmoîde et les cornets du nez du chien ne sont-ils pas, à beaucoup près, aussi compliqués que ceux des Musteia, qui se trouvent, sous ce rapport, placés au premier rang; d'où l'on peut conclure avec quelque probabilité que ces derniers animaux ont l'odorat bien plus fin encore.

D. DE l'ouïe.

Les sens du toucher, du goût et de l'odorat n*ont, comme je viens de le faire remarquer, guère d'autre appareil que la surface des organes , où l'on éprouve ces sensations; surface dont la confonnatl<Hi n'a qu'une influence secondaire sur la perception. Il n'en est pas de même des sens de l'ouïe et de la vue, qui ont des appareils très-compliqués, composés d'un nombre considérable de parties fort différentes , dont chacune joue un rôle particulier , en concourant toutes an résultat final. Aussi les deux appareils destinés à ces fonctions nous dévoilent-ils l'application la plus savante des propriétés des corps, ainsi que la connaissance la plus approfondie des lois de la physique.

ORGANES ]»ES SEW HBS MAMMIfIÈrES. 377

L*orei]le des MA&nuFkRES est composée de trois parties , dont Fane extérieure ou le cornet ^ la canqtie et le paviiion , qu'on nomme dans leur ensemble Yoreiiie externe, est destinée à recueillir les vibrations de l'air et à les transmettre par le conduit auditif externe à la seconde partie ou oreiiie moyenne, composée de la caisse, des ceUuies mastoïdiennes et des osselets de l'ouïe, où les vibrations se renforcent et se communiquent à V oreiiie interne ou iahyrinthe, qui constitue le véritable réceptacle du sens.

Je ne m'arrêterai pas ici à décrire l'oreille externe dans ses détails, elle est trop bien connue et trop peu importante pour cela. Car, chez beaucoup d'animaux, cette partie est tantôt très-développée, d'autres fois fort petite, ou manque mêiiie tout à fait, sans que le sens de l'ouïe paraisse en être beaucoup influencé. Il suffit de *faire remarquer ici que l'oreille externe est séparée de l'oreille moyenne par la membrane du tym^pan, cloison membraneuse Sjèche, très-mince, ressemblant ^ la peau id'un tambour, et ferme en dedans le conduit auditif externe, en le séparant d'une chambre osseuse plus ample que ce conduit, et qu'on noînme la caisse ; cavité ménagée, ainsi que nous l'avons déjà vu en parlant des os de la tête, entre la face externe du rocher placé en dessus et en dedans ; l'os tympanique , formant le cadre de la membrane du tympan placée en dehors , en avant et en dessous ; l'os mastoïdien , placé en arrière et en dessous , et une petite partie du sqiutmmeiujc, qui complète en dessus le cadre du tympan.

Cette caisse n'est qu'une partie antérieure d'une grande cavité osseuse, dont la seconde, ou la postérieure, est creusée dans l'os mastoïdien, et prend de là le nom de cellule ou de cellules mastoïdiennes, selon qu'elle est simple ou compliquée ; et cette cavité, qui n'est qu'une annexe de la caisse , forme fort souvent avec elle une seule grande ampoule osseuse qu'on voit à la base du crâne , e^ que je nomme la timhaie ,' surtout fort grande chez les carnivores , où la caisse n'est séparée de la cellule mastoïdienne que par une simple cloison osseuse inccmiplète. Mais ces parties sont bien moins distinctes chez \ homme, où les cellules mastoïdiennes sont en assez grand nombre, et i^us éloignées de la cuisse.

La cavité du labyrinthe , ainsi nommée à cause de ses sinuosités creusées dans le rocher , est composée du vestibule, du lima^çon^ des canaux semi-circulaires et des aqueducs.

Chez le Chat, type des carnivores, ainsi que de toute la classe des MABfMiFkREs, OU trouvc daus la caisse proprement dite, en face dutyn^ pan , une saillie osseuse du rocher nommée le promontoire, percée à son extrémité postéro-externe de la fenêtre ronde ou cochÛairCj ouverture arrondie donnant dans le limaçon , placé dans le milieu du promontoire ; mais cette ouverture est fermée par une membrane.

A la iace aalériewe de k WÊèmt partie da pnnaatoire, et as-<ie^ rat de la fenêtre cochléaife est la fméire ovaU mi wêêH ém i ai re^ dooiiaot da&8 le vestiiwie; caTÎté pla<^ sor k partie eitene da ^naç^

An-devant de k fenêtre vestiMaire, on renarqne an phfesd et fai caisse, formé par le recber, une f^ande dépresmMi<kMW bq wc Uc eat fixé le mnscle Euêiaehien (mteme dn martetn).

Inmédiatement en arriére de k fenêtre vestibcdMre est une trètpetite ouverture donnant dans la p^mmide , cavité |4aeée am des s us de k fenêtre cocMéaire, et renfermant, ootre le nerf facial qui la traverse, encore le tnuêcie êt€tpédien, dont fe tcnd a n sort par cette anvertnre pour s'insérer au sommet de Tétrier. La py ra mi de cnn Mwi que en outre avec k caisse par une antre ouverliure fdns grande i^acée phis en arrière encore au-dessus dek fenêtre cecUéaire.

Au-devant de k pyramide, et en dehors de renfoncement eà se fixe fe muscle Eustachien, immédiatement en cledans dn bordsnpénenr du cadre du tympan, est une antre dépression profonde an pkfcMid de k caisse, dans kqueUe sont logés, en avant la tête dn marteau, €t en ar« rière Fenclume , deux des quatre osselets contenus dans k caisse : c'est-à-dire que dans sa partie antérieure cette dépression forme une cavité cotylolde dont le fond est tourné en avant et en desaus, et dans laquelle appuie la tête arrondie du marteau sam s'y articuler réellement ; et que dans k partie k plus postérieure, en dehors de k pyramide, s'articule et se fixe par un ligament l'apophyse externe de Te»» clume.

A la partie antérieure dn plafond de k caisse, cette cavâié comoMH nique avec k fosse gnttnrafe par k trompe d'EuHachiuê , emal demi-membraneux et demi-cartikginenx , dont l'orifice gnttnral est pkcé latéralement dans k partie k phis postérieure de k fesse nasale, au-dessos du sooMnet de l'apophyse ptérygeide, d'oè k tronipe se port» ' en arrière et en dehors, pénètre dans k caisse par une ouverture ménagée entre l'os tympanique et l'apophyse postérieure dn sph én n ide : (sphénoide postérieur) pour s'ouvrir dans la caisse en de^ms de k dépression digitale logeant fe muscle Eustachien. C'est le long de k face externe de cette trompe que pénètre aussi dans k caisse le f»«Meie Foiien (antérieur du marteau), lequd adhère à k partie eartUagiueuse de k trompe, et va implanter son tendon, non an martcan , comme chez ïhomnw, mais au rocher, et constilne on diktatenr de k trompe et non un motem- èa. marteau , cMmne on k dit éuis fes ouvrages d'anthrc^iotamte.

La caisse est s^nrrée de k cellide maste!£enK par wat fJMtan venki^, laissant une fissure le kng du promontoire^ et j^aoée m-à» iris de k fenêtre coeMéaire, de manière que cdfe-^â dom^ à b Msdans les deux cavités.

ORGANES ^S SIHS Bffil MAMMIFERES. 37^

La eMuU mMtêteëdienme, plus Taste ^ne la caisse, forme la partie iiitra*postérieiire de la tkid>ale. C'est ime grande boursouflure oiseuse B» formant q»*une cavité simple, formée par l'os mastcidien , placé en dedsois du tympaniqve, en avant du condylten et an-dessous du rocher. Les deux cavités de la timbale sont tapissées par une- Hmquause qui y pénètre par la trempe d'Euslachius ; et c'est aussi par ce canal , ainsi que par l'ouverture du bord supérieur du tympan, que l'air extérieor communique avec c«tte cavité: c(»nmunica- ^n nécessaire h l'exercice de la fimction de l'ouïe.

La caisse renferme qiKitre osselets fermant une diatne étendue de la fe&^e vesdbulaire à la membrane du tympan, osselets déjà incbqués en parlant des os de la tête ; ce sont : Vétrier, le ietiîicuéaire^ Yenciume et le ^marteau.

Vétrier^ dont le nom indique parfaitement la forme cbes les mAif- MiFiniES, a sa {datine ixée diffis le cadre que forme la fenêtre vestibolaire, où dte est fixée au moyen d'un ligament membraneux circnlure, fermant cette ouverture comme le ferait un second tympan. Ses branches se dirigent m dessous et en dehors , se réunissent, et l'extenie donne attache au t^don du muscle stapédien, placé dans lai cavité de la pyramide.

Le sommet de l'éttier s'articule avec l'os ienticuiaire, qui n'en est qu'une épipfayse permanente; car cet osselet, le plus petit du corps, n'ayant pas 1 miUimètre, est en forme de lentille ovale planconvexe, et adhère par sa face plane à l'étrier sans s'articuler ni par dîaithrose ni par ligaments avec lui.

Cet osselet donne par sa fice convexe attache à un ({{^anwnt court, lequel va se fixer à l'extrémité de la branche interne de l'endmne.

Veneéwme ressemble parfaitement à une petite molaire tuberculeuse à deux racines divergentes. Elle est i^acée dans la partie la j^os externe de la caisse et dans un plan ol^que , plongeant en dedmis et «1 avant. L'une de ses branches, ou l'externe, est fixée par son extrémité, au moyen d'un ligament court , à l'os squammeux au-deswm du cadre du tympan.

Cette branche se dirige en avwit et en dessous vers le corps de l'ofrselet La seconde branche ou l'inteme , semblait à la première , se perte «du corps de l'os en arrière , en c^dans et en dessous vers l'os lenticulaire , auquel elle est liée par le ligament dont j'ai parlé. La lôte, formant la partie antérieure de l'osselet , s'articule sans mouve- Hient appareiit avec la face postérieure de la tête du marteau.

Le marte4xw, le plus grand des quatre osselels de l'ouïe, ressemble assez bien à l'instrument de ce nom ; mai» sa tête n'a pas la lame apittie qu'on remarque à ce dernier. Son extrémité , reniée , est arveadie en condyle, et s'articule pas* simpte contiguïté, sai»s adhérence,.

380 eEGAns mwB snt.

dans la cavité glénoide, placée snr l'os tyiqpaiiiqiie dus la partie antéro-externe de b caisse ; et c'est snr la foce postérieure de cette tête que s'articule rendume. Derrière la tête, le marteau devient gr^ en se dirigeant en arrière, en dedans et en dessous; et cette partie, nommée son coij est placée parallèlement devant la seconde apophyse de Fenclume. Ce col se termine au manche du marteau , longue apophyse styloide contenue dans le tympan , dont elle occupe le grand diamètre en s'étendant de haut en has et en dedans.

C'est principalement par l'intermédiaire du tympan ^ de la chatee des osselets dont je viens de parler que les vibrations sonores de l'air sont communiquées ^ travers la fenêtre vestibulaire à la pulpe auditive contenue dans le labyrinthe.

Ces osselets sont mis en mouvement chez le Chat par deux muscles seulement ; l'un, ou fntude Eustachieny de forme pyramidale, est , ainsi que je l'ai déjà dit , fixé au rocher , au-devant du promontoire, d'où il se dirige en dessous pour s'insérer par son sommet à une petite apophyse du col du marteau. £n tirant cet osselet en dessus et en dedans, il produit la tension du tympan.

Le second muscle, ou le êtapédicn^ est, ainsi que nous l'ayons également vu , placé dans la pyramide , et son tendon se fixe au somm^ de rétrier. Il tire ce dernier en dehors, en le faisant en mÇme temps sortir un peu de la fenêtre vestibulaire, et relâche ainsi la platine de l'étrier.

Le musde Foiien (antérieur du marteau), qui nait chez V homme sur l'apophyse épineuse du sphénoïde , et traverse la fente de Glas^ pour se fixer à l'apophyse grêle du marteau, prend chez le Chat une tout autre disposition ; il se fixe hors de la caisse à l'apophyse ptérygoïde, ainsi que tout le long de la face antérieure cartÛagineuse de la trompe d'Ëustachius, qu'il longe en pénétrant dans la caisse ; et son tendon, devenu libre, va s'implanter, en se déviant en avant, à une apophyse de la partie antéro-externe du rocher. Ce muscle dilate la trompe d'Ëustadiius.

Enfin, il y a encore chez Vhomme le muscle Casserien (externe du marteau), qui n'existe pas dn tout chez le Chat. Il se fixe, dans l'espèce humaine , dans le conduit auditif externe , et pénètre dans la caisse par l'ouverture du bord supérieur du tympan pour se fixer au marteau, et sert à relâcher le tympan»

Le lim^açon , ainsi nommé à cause de sa forme spirale , qui imite assez bien l'intérieur de la coquille de l'animal de ce nom, fait à peu près deux tours et demi de spire, dont on voit la direction à la surÛK^e du promontoire , qui n'est que la saillie de ces tours. On peut également voir la direction de sa coium>eiie^ ou partie, centrale , par celle de la cavité conique spirale dont elle est creusée, laquelle s'ouvre dans

ORGANES I^ES SENS DBS MAMMIFERES. 381

le canal auditif interne , dont elle forme la branche antéro-inférieure.

€ette caTÎtéf semblable à Vominiic des coquilles de Gastéropodes, est dirigée en avant , en dessous et en dehors, et son sommet, correspondant à celui de la spire , est marqué par une saillie sur la face antérieure du promontoire.

La cavité spirale du limaçon est divisée en deux rampes par une lame osseuse également ^irale qui parcourt la cdumelle , et forme une cloison incomplète , en cela qu'elle n'atteint pas la parm opposée, dont elle reste séparée par une fente remplie par un prolongement membraneux qui complète la cloison ; de manière que les deux rampes ne communiquent entre elles qu*au sommet de la spire que la cloison n'atteint pas tout à fait Dans l'épaisseur de cette lame osseuse et près de la cdumelle est un canal arrondi également spiral qui la parcourt, et dans lequel est logé un vaisseau. C'est dans l'épaisseur de cette lame sfMrale que se terminent les rameaux de la branche cochléaire du nerf acoustique , lesquels y forment un nombre considérable d'anses , placées en spirale les unes à la suite des autres , et d'autant plus petites qu'elles sont plus rapprochées du sommet de la spire*.

L'une des deux rampes s'ouvre dans la caisse à la surface du rocher par la fenêtre cochléaire ; mais cette ouverture est formée par une membrane , de manière que la communication des deux cavités n'est pas libre.

La seconde rampe communique directement avec le vestibule , qui n'en est qu'une dilatation, et qui communique lui-même par la fenêtre vestibulaire avec la caisse.

Le vestibule est une cavité du labyrinthe [dacée au-dessus du limaçon , dans la partie externe du rocher. Il communique librement en dedans avec le limaçon , en dessus avec les trois canaux semi-circulaires, et en avant par la fenêtre vestibulaire avec la caisse ; mais cette dernière ouverture est fermée par la platine de l'étrier et son ligament circulaire.

Les trois canaux a&mircircuiaires , creusés dans la partie externe du rocher , et dont le nom indique la forme , sont distingués entre eux par leur position.

Vharizontai est dans un plan dirigé en dehors et placé au-dessus des deux fenêtres , en contournant la cavité de la pyramide. Il s'ouvre dans le vestibule par l'une de ses branches au-dessus de la fenêtre vestibulaire, et par l'autre au-dessus et un peu en arrière de la fenêtrecochléaire.

« Brfschet (Kech, anat. et phys. sur l'org. de Vouïe, etc., Mém. de l'Acad* Toy. deméd., t. y.)

Le lecond caiiil oa le vùrtiemi poêUriûur, pbcé en arrière dans ma plan ûûiant face e& avaiil , s'ouvre par sa faraBche exleme ^ans le vesûbiile, en coMBiiui avec le postérîeiir dhi canal bonnittal, et par rinterae, plas eo dedaas, eo commun avec la branche poaténeareâs canal supérieur.

Le troitième canal ou le êupériêmr^ placé tmt le vefdbole , oà il contourne la dépression qn^on remarque lor le rodMr Mhdeasos de roriûce du cooÂiit auditif interne , est dnrigiè d'afmt ea arrière, et «*ouvre dans le vestibule par sa branche postérieure , en coaunrni avec le canal postérieur, et par rantérienre séparément , «i pea «■ dedans du canal horizontal.

On distingue assez ûcilemenl, mène ches lesammanx ndnlteB, ph^ sieurs parties du labyrinthe \ la simple inspection de Pexlérieur da rocher. La saillie du promontoire est celle qw fax le Iknaçon ; et en remarque à sa surface une dépression oblique , indiquant k place où se trouve la jonction des tours de spire; de même qn*en b voit par un pli rentrant semblable sur la coquille d*wi Hélix, A la par^ supérieure du rocher, on aperçoit en dedans d» crâne une «lépressin dont le bord supérieur est parcomu par le canal semi-circaiaire supérieur dont on distingue facilement la saillie. Au-dessus de b fenêtre ronde est un second enfoncemeitt ou cavité pyramUdaic, éoat Vmtverture est tournée en dessous et contournée en dehors par le canal semi-drcttlaire horiaontaL II suffit de comuitre ainsi la poÂtion de ces différentes parties du labyrinthe osseux pour en découvrir de suite les cavités.

Le vestibule et les canaux semi-circulaires osseux sont doiMés d'une membrane molle, qui en prend la fonne sans adhérer à leurs parois, dont elle est séparée par un petit espace, et constitue ce qu'on appelle le vcêtihuic et les canaux $tmi^retdaires mem^hraneuœ. La cavité de ces derniers, ainsi que ceUe qui les sépare des parois osseuses, est remplie par une humeur nommée puipe de Catnmmi. C'est dans ce labyrinthe membraneux que se terminent les branches corre^ondantes des nerfs audittfs.

K HE LA vou

Les yeux ou organes de la vue, très-compliqués chez les ifAïufiFà^ RES et les ois£Aux , commencent déjà à se simplifier chez certains anr- TiLES, tels que les opmDiENS, ainsi que dans les poissons, en perdant les paupières, et deviennent plus simples encore dans Tembranchement des animaux articuli^ , où ils perdent tout ce qui est antérieur au cristallin chez les Vertébrés, ainsi que la mobilité chez la presque totalité des espèces ; mobilité suj^léée par le nombre de ces organes.

ORGANES »ES SBN8 »E8 MAMMIFERES. 383

qui , en quMitité prCNli^îeuse , se trouyent dirigés «Uns tous les sens.

Chei Y homme et tous les verti^r^ , les yeux ne sont jamais qu^au BO«lN*e de deux , {^cés dans la partie antérieure de la tête et reçus dans les orbites, ca?ités osseuses de la face. Us ont toujours une forme I^s ou moins sphériqvfê, pour être plus fadiement tournés de tous côtés au moyen de divers muscles.

Ces appareils sont formés de deux parties , le gioie ou Tœil pro* prement dit, et les organes accessoires qui lui sont extérieurs, servant au simple perfectionnement de la vision. Telles sont les paupières avec leurs mMSciest hgiemde iacrtftnale et les musclée moteurs du globe.

Les paupières de V homme sont deux replis de la peau oà la lame inférieure, qui reçoit le nom de conjonctive^ devient très-mince et mu* queuse sur le bord même de chacune de ces lames, et se réfléchit ensuite sur le devant du globe pour se continuer avec le feuillet intérieur de Tautre. Dans les bords libres de ces replis se trouve une petite l»ne cartilagineuse nommée cartilage tarse, qui leur donne assez de con* sîstance pour que ces organes se meuvent avec régularité sans former de plis. Ces cartilages ne se trouvent cependant pas chez tous les m amlOFàKEs; et là où ils manquent ils sont remplacés dans leurs fonctions par la base des dis, qui , très-gros et pressés les uns contre les autres, donnent au bord des paupières une consistance suffisante. Dans l'intervalle des deux lames des paupières se trouve superficiellement le ipœcle paipébral, dont les fibres musculaires, fixées à Fos de Tangle interne de Torbite , servent \ f^iner les yeux. Plus profond^ent se trouve le muscle élévateur de ia paupière supérieure , se ren- <dant du fond de i*orbite en avant pour se fixer au cartilage tarse su- |)ériettr. Enfin , [dus profondément encore, contre la conjonctive , sont placées sur le bord des paupières les glandes stéphanines (de Meifloomius'), qui sécrètent une matière onctueuse, vulgiûrement connue :80us le non de chassie , destinée à lubrifier les bords des paupières ipour empêcher les larmes de se répandre sur les joues dans Fétat orudinaire.

La glande lacrymale , placée dans Fangle externe de Torbite , «écrète les larmes; humeur aqueuse destinée à lubrifier la conjonctive, et versée à la face interne de la paupière supérieure par des canaux excréteurs , au nombre de six ou sqst chez V homme , pour entretenir la soui^esse dans cette membrane.

* C'est à tort qu'on attribue la découverte de ces glandes à Meibomius, puisqu'elles ont déjà été indiquées par Etienne (dît Stepiianus) en 1 545, et décrites el Sgvrées par Casserios en 1603; tandis que Mbibohics ne les décrivit qu*«a iMê, Je leif éoant le nom de leur véritable iaventear.

384 OEGAIflS DES S^\S.

Dans l'angle interne de TœU se troave une petite sailUe, ou earoneuie ifurytnaie , formée principalement de petites glmdes stéphanines. Au côté externe de cette saillie on remarque diez Yhomme un petit ^ Tertical , rudiment de la memin^ane eiignotantc ou troisième paupière de beaucoup d*autres MAimiFkRES , eC surtout fort développé chez les Oiseaux , où il remplit en plein sa fonction de couvrir à la volonté de l'animal le ^be de l'oeil pour diminoer dans le besoin l'intensité de la lumière. Vers l'angle interne des paupières on remarque dans la conjonctive une petite ouverture , ou point ia^ erymal , orifice du conduit du même nom , placé dans la partie la plus interne de chaque paupière. Ces conduits se portent en dedans et s'ouvrent dans le «oc iacryntai^ où ils versent les larmes qu'ils reçoivent Ce sac est placé dans le canai iacrytnai, formé par l'unguis et l'os siagonal , et s'ouvre enfin dans la fosse nasale corres* pondante.

Le globe de l'œU est mis en mouvement chez Vhomme par six muscles , dont quatre droits partent du bord du trou optique , et se fixent en dessus, en dedans, en dessous et en dehors au globe, formant les grands élévateur, adducteur, abaisseur et abducteur de l'œil ; un autre, Vohiique supérieur ou le trocMéateur^ se rend du trou optique vers l'angle interne du cadre de l'orbite, où son tendon se dévie dans une poulie fibro-cartilagineuse et se porte en dehors pour se fixer à la face supérieure du globe. Le sixième muscle , ou Vobiique inférieur^ s'attache au bord antéro-inférieur de l'œ-bite , d'où il se dirige en dehors et en haut, contourne le globe et se fixe à sa face externe.

Chez les autres MA&nnFkRES on retrouve les mêmes parties ; seulement la membrane clignotante est souvent très-développée , mais non mobile à volonté ; et ils ont de plus quatre autres muscles disposéscomme les droits , mais plus courts ; muscles que Gauen a d^ connus , mais qu'il n'a considérés que comme un seul , les quatre étant en effet confondus chez beaucoup d'espèces en prenant une forme d'entonnoir. Je les nomme petits élévateur, adducteur, abatsseur et abducteur.

Le globe de l'œil des MA&miFkRES est formé d'une enveloppe exté^ rieure résistante nonunée sciérotique ou cornée opaque. Il manque antérieurement à cette première tunique un segment ou calotte sphérique, remplacée par une autre calotte d'une courbure plus précipitée, appelée cornue transparente ou simplement cornée , resseinblant beaucoup par sa forme et sa transparence à un verre de montre. Celte pièce est une membrane épaisse , assez consistante et composée de plusieurs lames fibreuses. Immédiatement derrière la cornée, l'ouverture de la sclérotique est fermée en outre par un diaphragme connu

SOUS le nom d'iris , coloré chez V homme en bleu , en gris , en brun de diverses nuances, ou en gris-verdâtre ; et au milieu est une ouverture ronde, paraissant être une tache noire, appelée pupiUe ou prw neite. Cet iris est formé de fibres musculaires, dont les unes, circulaires, produisent le resserrement de la pupille; et les autres, rayonnées, dilatent cette ouverture. La face postérieure de cette membrane est enduite d'un pigm^entutn noir nommé uvée, semblable à celui de la choroïde , dont il sera parlé un peu plus bas.

Immédiatement derrière Firis est une autre cloison verticale formée dans sa circonférence par un grand nombre de plis membraneux , ou procès ciiiaires , rayonnant vers le centre et contournant un grand corps en forme de lentille , ou cristallin, placé au milieu.

Cette cloison partage l'intérieur de l'œil en deux cavités, dont l'antérieure, dans laquelle plonge l'iris, est encore (Jivisée par ce dernier en deux chamhres communiquant par la pupille, et ces deux parties antérieures sont remplies de Vhum£.ur aqueuse, ainsi nommée parce que sa composition est peu différente de celle de l'eau ; et la cavité postérieure de l'œil renferme le corps vitré, composé de deux parties, dont l'une est la m>emi)rane hyaioïde , pellicule très-mince formant plusieurs cellules contenant la seconde partie , ou V humeur vitrée , substance glaireuse , assez semblable au premier abord à du Uanc d'œuf.

Le cristallin est un corps incolore parfaitement transparent, de la consistance de corne très-ramollie , et formé d'un grand nombre de lames concentriques , dont chacune est à son tour composée de fibres rayonnant vers l'axe delà lentille, auquel leurs extrémités aboutissent. Ce cristallin , reçu librement dans une capsule membraneuse nommée cristalloïde , y est baigné dans une petite quantité de liquide , ou humeur de Morgagni.

La cavité postérieure de la sclérotique est immédiatement doublée par la choroïde , membrane vasculaire formée d'un lacis de vaisseaux sanguins , et composée de deux lames , dont l'interne , ou la Ruyschienne , se termine dans les procès ciiiaires , qui n'en sont que des plis rayonnes entourant le cristallin. La lame externe , ou la vraie choroïde , se prolonge un peu plus en avant et se termine au cercle ciliaire , anneau blanchâtre qui entoure l'iris, et que beaucoup d'anatomistes considèrent comme un ganglion nerveux.

Entre cet anneau et la sclérotique est un petit canal arrondi , également circulaire , appelé canal de Fontana ou canal ciliaire , que Al. Lauth considère comme pouvant être un vaisseau sanguin.

La choroïde est enduite d'un pigmentum à demi fluide, d'un noir brunâtre , semblable à celui de l'uvée , et qu'on enlève facilement par le lavage. Cet enduit sert à absorber les rayons lumineux TOM. II. 25

386 ORGANES BBS SENS.

réfléchis par les parois ,de i*œil , a^ qa'ils n'akèrent pas la œttetéde rimage formée sur la rétine par les rayoBs directs réfractés par la cornée et le cristallin.

La Ruyschienne est à son tour doublée en dedans par la numirane de Jacoh , lame mince que plusieurs anatomistes considèrent comiDe n'étant simplement qu'une couche de mucus concrète. Elle se cobtinue jusqu'au cercle ciliaire , et paraît même se prolonger , d'aprèrv les observations de M. >V'eber , en dedans des procès ciliaires jusque sur Tuvée en se continuant avec la memhrcme de DemourSy nNfflbrane séreuse qui revêt Tintérieur des chambres antérieures et pos^ térieures et sécrète Thumeur aqueuse.

La face interne de la membrane de Jacob est revêtue à son tour par la rétine , expansion membraniforme qui termine le nerf optique. Celui-ci pénètre postérieurement dans Fœil en traversant k sclérotique par plusieurs ouvertures, et se développe pour former cette membrane , qui se prolonge jusqu'aux procès ciliaires. On y distingue deux lames dont l'externe , purement nerveuse , est l'interne vasculaire. C'est sur cette membrane que se forme l'image de Fobjet placé vis-à-vis de la pupille , et dont l'impression des couleurs perçue par la rétine est transmise au cerveau par le nerf optique.

La surface intérieure de la rétine est recouverte par la membrane hyaloïde , dont il a déjà été question , lame extrêmement mince et transparente, se prolongeant en avant jusqu'à la capsule du cristallin, sur la face postérieure de laquelle elle se réfléchit en y adhérant

Un peu avant d'arriver à la circonférence de cette dernière , il s'en détache une lame annulaire plus épaisse, plissée, ou zone deZinn, qui se porte en avant au-devant de cette capsule , où elle devient fort mince. Cet anneau laisse entre lui , l'hyaloïde et la capsule du cristaflin un canal triangulaire contournant cette dernière et nomme canal godronné ou de Petit.

Outre le nerf optique , qui est exclusivement le nerf sensitif par lequel l'impression de l'image est perçue, l'œil en reçoit encore d'autres servant au sens général, aux mouvements et aux fonctions automatiques.

Les nerfs sensitifs et moteurs qu'on ne peut pas distinguer sont fournis : 1° par la troisième paire , qui pénètre dans l'orbite par b fente sphénoîdale et se divise en deux ùr anches, dont la supérieun se rend dans les muscles élévateur de la paupière supérieure et grande élévateur de l'œil ; et la hranche inférieure , plus forte , se divise eu trois rameaux , dont deux vont dans les muscles ^and adducteur et grand abaisscur de l'œil ; et la dernière se jette dans le ganglion ophthalmique , et va ensuite dans le muscle oblique intérieur.

2"* Le nerf de la quatrième paire accompagne le précédent et va s^ perdre dans le muscle oblique supérieur.

ORGANES »SS SEKS DBS MAMMIFERES. 387

3** Le nerf de la sixième paire , qui pénètre é^demeRt daas ]*orbite par la fente ^pMnoîda^ pour se rendre dans le musde grand abdncteur.

k" Les organes accessoires de Toeil reçoivent encore diverses branches du nerf opbtbatoique de WilHs , dont le tronc se divsse en tnns branches qni aitrent de même dans Forbite par la fente sphénoïdale. La éranehe frontale founiit des rameaux à la paupière supérieure. La hranche nasale produit la iongue racine du ganglion ophikaimique et qudques nerfs ciliaires qui traversent la sclérotique pour se rendre dans la choroïde.

La troisième branche de rophthalmique ou le nerf laerymai envoie Tun de ses deux rameaux dans la ^nde lacrymale.

Enfin 5"" \é ganglion ophthalmique, placé dans r(»'bite, en dehors, contre le nerf optiqne, produit un assez grand nombre de petites branches , ou nerfs ciliaires , qui percent la sclérotiqpe , se portent en avant entre elle et la choroïde , et se subdivisent , près du cerde dliaire , en de nombreux ramuscules qui y forment un réseau Sort con^iqué.

Les artères de Fœil scmt fonmks par rq)htha]mique, Imnant des rameatix cidiaires qui pénètrent les nns dans la sclérotique près du nerf optîc[ue, d*autres un peu plus en avant , et les pins antérieiurs daas le voisinage de la cornée , pour se subdiviser dans la choroïde ; et qudqnes-unes de leurs subdivisions se rendent dans les procès ciliaires bu bien dans le grand cercle de l'iris , tronc artérid qui contourne cette membrane , et d'autres dans le petit cercle de i'iris , artère ég^ement circulaire fermant le bord de la pupâfe.

V artère centrale de la rétine, autre branche de rophtbabuiqiie, pénètre dans le tronc même du nerf qptiqoe , le parcourt dans son axe , et se distrâ)ifô en pai-tie dans la rétine et en partie dans le corps titré et la oqisnk CTÎstalknde.

L*isâ est dans son principe une véritable chambre obscore , où les rayiias cdorés réfléchk par les cwps pénètrent dans Fapparei] par la ooimée , en y subissant àèj^ une première réfraction, qni les fak conirerg^ dans chaque faisceau vers Taxe de ce dernier, et qui , en tra- \<»-SHit «ssuîte le cristallin, se ra|q)rodiettt encore pfais pourserénnkr sm* un senl prâit de la réime, où se forme Finu^ renv^aée deFobjet ]dicé vi&-à-vis de FeeiL

Ce lut qne Finuge est renversée, tandis qu'on voit cependant Fokj^ dms sa di^MsItioB redressée, parait an premier abord fort extraordi- Bake, et Fon a étaUi à ce suj^ (4nsîetn^ hypothèses, poinr tâcher d*»qplkpier cette espèce de contre-sens. On a entre autres pensé ^pie dans le commencement nous voyons réeUement les objets renversés, mais que plus tard , par Feffet de Fhabitude , ils nous paraissent dans

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