‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 12 sur 147 · APPAREIL DIGESTIF DES ACEPHALES · texte numérisé non relu

APPAREIL DIGESTIF DES ACEPHALES

ment mince qui ne leur adhère pas ; on fendra cette gaine partout où deux organes se touchent , afin de pouvoir plus facilement les écarter.

Les muscles rétracteurs de la tête étant restés attachés à la partie droite des téguments, on verra comment Textrémité de Finteslin se réfléchit sur eux à leur origine ; on coupera ensuite une petite partie de ces téguments à laquelle ils sont fixés , afin de pouvoir aussi les replier , et Ton tâchera de voir comment la boucle la plus antérieure du canal intestinal , placée au côté gauche , se réfléchit autour de Taorle au sortir du cœur. En écartant les lobes du foie , ceux de Tovaire et les replis du canal intestinal , on verra les gros troncs artériels qui s'y rendent en passant librement entre eux.

Les espèces à coquiUes extérieures , on les ouvrira comme il est indiqué à Tarticle des Muscles. Pour rendre le canal intestinal plus distinct , on peut Tinjecter par la bouche , et mieux encore par Tanus, ayant soin de diriger chez les H dix Tajutageje long de la commissure des deux derniers tours de la spire. On découvre Tanus en soufilant dessus au moyen d*un chalumeau.

Pour conserver les préparats des viscères , on fera bien de les plonger pendant quelques jours dans de Talcool affaibli , après avoir ouvert le corps et avant d*écarter les uns des autres les différents organes, afin de leur donner un peu de consistance; sans quoi on risque de les déchirer.

ARTICLE IIL

DE l'appareil DIGESTIF DES ACÉPHALES.

§ P'. Anatomie,

L'appareil digestif des acéphales ostuacodermes est un des plus simples du règne animal, n'étant composé d'ordinaire que d'une houche, dépourvue de tont appareil de mastication ; d'un œsophage, fort court ; d*im estomac y qui n'est qu'une simple dilatation du tube digestif; et enfin d'un intestin, qui va se terminer à Vanus, Mais nulle part, que je sache , on ne trouve ni cavité buccale ni pharynx accompagnés d'une masse musculeuse analogue à cefle qu'on voit chez les Céphalopodes et les Gastéropodes. Cette bouche , simple orifice situé à l'extrémité antérieure du corps , est le plus souvent un trou rond, bordé quelquefois de deux petites lèvres transversales , et placé entre deux paires de barbillons , ayant d'ordinaire la forme de lamelles triangulaires pendant entre les lames du manteau. Ces harbiiions ont généralement leurs faces, par- lesquelles ils s'avoisinent , couvertes de plis transversaux plus ou moins régulièrement disposés; ce qui leur donne ,

au premier abord ,« quelque ressemblance avec des branchies » taudis que leurs deux autres faces sont lisses.

V œsophage , ordinairement fort court , et le plus souvent dirigé droit en arrière, s*ouvre dans V estomac, occupant le milieu de la partie supra antérieure du corps , où il est , ainsi que Toesophage et la majeure partie de Tintestin, de toute part enveloppé par le foie, qui leur adhère si intimement qu'il est impossible de les en séparer sur aucun point sans les déchirer. Chez la plupart des ostuagooer- MES , et spécialement chez les Venus et les Lima , cet estomac ne présente aucune forme régulière, et offre intérieurement plusieurs anfractuosilés au fond desquelles s*ouvrent plusieurs gros canaux biliaires.

Vintestin , en sortant de Testomac , fait le plus souvent quelques circonvolutions dans l'intérieur du foie ou de l'ovaire, et finit par se rendre dans la partie dorsale du sac viscéral , d'où il sort à la ligne médiane pour former le rectum, qui, s'accolant à l'aorte antérieure, se dirige en arrière, pénètre avec elle dans le péricarde,, placé au-dessus du dos sous le manteau , traverse le ventricule du cœur, en ressort à son extrémité postérieure en suivant Faorte postérieure, passe ensuite dans la bifurcation des deux muscles rétraaeurs du corps , contourne en dessus et en arrière le muscle dôteur postérieur du colon, et s*ouvre par Y anus derrière ce muscle, soit dans la cavité moyenne, soit dans la cavité postérieure du manteau. Ce fait singulier, que le rectum traverse le ventricule du cœur, se trouve, ainsi que nous l'avons vu, aussi chez les Gastéropodes scutibraucbes, auxquels les Acépb«les doivent faire suite.

Chez quelques genres seulement on trouve un cœcum, mais qui n'a rien de constant.

Le foie , très-volumineux chez les ACjipHALES , comme d'ailleurs chez tous les Mollusques , remplit , avec le canal intestinal auquel il adhère, toute la partie supérieure du corps. Il est formé d'im parenchyme brun-verdàlre, spongieux, composé d'une infinité de petites granulations, liées par des filaments blanchâtres, subdivisés coinme ceux d'une éponge; et parmi ces filaments, quelques-uns de lem^. troncs, plus forts que les autres, se rendent à la surface où ils se confondent avec la tunique du foie. Les canaux biliaires, %t gros, pour le vokime de l'organe , s'ouvrent immédiatement dans l'estiHiiac ou dans l'intestin , sans avoir aucune de leurs parties libres.

Il paraît qu'il n'existe point de glandes salivaires chez ces animaux» et, s'il y en a, il sera fort difficile de les découvrir au milieu du foie, qui enveloppe tout dans la partie antérieure du corps.

Les Lima m'ont paru présenter un fait fort remarquable dont je. ne connais pas d'autre exemple chez les Mollus(|ues : c'est d'avoir dcuiç

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bouches, une de chaque côté entre les barbillons qui leur servent de lèvres; et par suite il y aurait aussi deux œsophages se rendant eu dessous et en dedans pour se réuuir eu uu oesophage unique qui se porle en haut dans Testomac.

Un organQ remarquable qu*on ne trouve que chez certains genres, tels que les Lima, est le styiet cristallin , corps en apparence gélatineux , parlaitement transparent comme du verre , ayant la forme d*un stylet obtus oh d*un clou à tête diiïéremment conformée et à tige aplatie. 11 est logé dans une gaine membraneuse fixée dans la partie supérieure du commencement de Finlestin , d'où sa pointe sort par un oriiice placé dans le pylore et donnant dans Vestomac. C<^ stylet ne panut pas adhérer à sa gaine , s'en échappant très-faciloinent lorsqu'on ouvre celle-ci. Il est formé de lames qui se recou-j yreitt^ et se compose de deux parties, dont une petite forme la pointe du stylet On n'en connaît pas la fonction.

Nous avons vu , en parlant du système musculaire , que les Jscidia, Tun des principaux genres de Tordre des ruMCUiBS , avaient le corps proprement dit en forme de bourse , et suspendu dans un sa<^ extérieur invariablement fixé à quelque objet sous-marin. Nous avons vu aussi que l'orifice supérieur de ce saç est celui d'un tube , don-, nant dans une vaste cavité respiratoire placée au milieu du corps,, et dont les parois sont tapissées d'une membrane très-délicate , formant des plis longitudinaux remplissant les fonctions de branchies; enfin que c'était à la partie ^«ttérieure de cette poche que se trouve (2^^^ la bouche placée au-dessous du tube anal.

En parlant de cette cavité respiratoire; Cuviejr * fait remarquer avec raison qu'elle est tout à fait disposée comme un vaste pharynx ; et en la considérant en effet comme représentant ce dernier chez les animaux placés plus haut dans l'échelle, l'orifice extérieiu* devient l'analogue de la véritable touche. Le tube respiratoire représente une trompe intérieure; et ce que Civier a nommé la bouche n'est que l'entrée du canal intestmaU comparable au cardia.

A partir de ce derniei*, le tube digestif se porte chez YJse. macrocosmMs en dessous, puis en arrière, et ensuite en haut, formant dans la paroi droite de la bourse un grand anneau remontant jusque vers le 4nilieu de la hauteur du corps , d'où il revient en bas pour se terminer à l'extrémité du tube anal. Dans ce trjyet, le canal intestinal est placé contre la tunique nmsculeuse de la bourse , et se trouve enveloppé de toutes parts par le /bie, formant des masses irréguhères appliquées contre les parois inférieure et latérale-postérieure de la

« Mém. du Mus.f t, ii, p. 10.

bourse. Le parenchyme de cette glande offre un tissu spongieux trèsmoHasse, dans lequel on aperçoit des ramuscules de canaux biliaires qui paraissent s'ouvrir sur divers points dans Tintestin.

§ IL Dissection et conservation.

L'appareil digestif des aci^phales ostracodeumbs est difficile à préparer, à cause de son adhérence intime avec le foie et l'ovaire, dans lesquels il est creusé comme une cavité qui leur serait propre. Avec un peu de soin, et surtout avec delà patience, on parvient cependant à l'eu dégager. On commence, pour cela, par enlever l'une des valves par les moyens indiqués au chapitre où il est question du système musculaire. La valve enlevée, et l'autre, portant l'animal, fixée sur un plateau en liège, et placée sous l'eau, on commence par couper le manteau et les branchies du côté mis «i nu, et l'on ouvre le corps dans toute sa face latérale entre le pied et le dos, en enlevant la tunique musculeuse qui en forme les parois, mais sans pénétrer plus profondément dans la masse du foie et de l'ovaire placés dessous , dans la crainte d'endommager quelque partie du canal intestinal. Je conseille d'enlever de suite toute la lame musculeuse formant le sac viscéral, vu que plus tard, lorsqu'on commence à mettre des parties de l'appareil digestif à nu, on peut facilement les déchirer en cherchant à enlever le restant de cette tunique musculeuse , qui est fort coriace. Le sac viscéral ainsi ouvert , on a nécessairement aussi ouvert partout le foie qui lui adhère; et non-seulement la bile, mais encore de nombreuses particules du parenchyme de cet organe s'en détachent,' et troublent tellement l'eau que bientôt on n'y voit plus rien. Sans changer celle-ci, vu qu'elle se troublerait encore de suite, on peut laver d'abord le foie en le frottant légèrement avec un pinceau doux ; par ce moyen on en fait sortir la bile en môme temps qu'on enlève une bonne partie du parenchyme , qui finit par être réduit à sa partie spongieuse. Alors seulement on change l'eau pour voir ce qu'on fait. On coupe avec le microtome des parcelles du foie sans jamais trop enfoncer l'instrument , et on lave avec le pinceau les parties plus profondes mises à nu , afin de réduire de plus en plus la masse de cet organe. Lorsqu'on commence à découvrir quelques parties du canal intestinal, on tâche de les suivre en les mettant entièrement à nu ; et, continuant à procéder ainsi, on finit par voir l'appareil entier , mais rarement le tout en même temps, car on est fort souvent obligé d'en enlever des parties superficielles pour atteindre aux profondes. Avant de les couper, on les ouvre en long pour voir leur intérieur.

La bouche est souvent assez difficile à trouvep, vu qu'eUe est, dans beaucoup d'espèces, enfoncée entre les muscles antérieurs du corps.

APPAREIL DII^E^TiF DES ENTOZOAIRES. 61

qu'on lacère orcUnairement eu enlevant la valve; mais on peut se guider en suivant rinsertion des barbillons, entre lesquels la bouche se trouve d'ordinaire. Quant à Tanus, on Taperçoit facilement au milieu de la face postérieure du muscle clôteur postérieur des valves , où il fait souvent saillie.

Le chyme et les excréments qui remplissent le canal intestinal aidant beaucoup , par leur couleur variée , très-souvent blanchâtre , à découvrir et à suivre les diverses circonvolutions de Tintestin, je conseille de ne disséquer pour cela, autant que possible, que des individus qui n*ont pas jeûné depuis long-temps , et qui ne se sont en conséquence pas vidés de leurs excréments.

On conserve le canal alimentaire comme les autres organes mous.

QUATRIÈME DIVISION

DE l'appareil DIGESTIF DES ZOOPHYTES.

Chez les zoophytes , l'appareil digestif présente , comme d'ailleurs tous leurs organes, les différences les plus singulières ; cet embranchement réunissant des animaux qui se ressemblent très-peu.

ARTICLE PREMIER

DE l'appareil digestif DES ENTOZOAIRES.

§ I. Anatomie.

Les EivrozoAinFii formant, par leur corps vermiforme, Ja disposition de leur système nerveux , et en général par tous leurs organes , une classe qui s'éloigne beaucoup des autres Zoophytes, offrent même dans les deux ordres qui la composent des différences fort grandes dans • l'appareil digestif.

Chez les entozoaires CAvrrAiiiEs , les viscères sont logés dans une véritable cavité abdominale. La houchc est armée chez plusieurs de crochets extérieurs servant plus particulièrement , à ce qu'il paraît , à fixer l'animal, ou bien elle présente des suçoirs différemment disposés. Le canal alimentaire est généralement droit , et l'on peut souvent encore le distinguer en œsophage y en estomac et en intestin, et celui-ci s'ouvre par un anus distinct de la bouche.

Chez les parexchymateux , au contraire , il n'y a pas de cavité abdominale, et le canal alimentaire est creusé comme un sinus dans le parenchyme du corps , où il se subdivise souvent sans aboutir Si un anus.

§ II. Dissection et conservation.

On ouvre généralement les entozoaibes par le dos pour mettre leurs viscères à découvert, surtout les c a vit aires, dont les organes intérieurs sont flottants dans la cavité abdominale ; mais pour les paieivchyùa- T£ux , cela devient plus di£Bcile , et Ton fera bien de Tinîecter par Tune de ses extrémités pour mieux voir sa disposition , afin que la matière qu'on y introduit guide par sa solidité en la palpant à travers la masse du corps.

On conserve les préparais comme ceux des Ann^des.

ARTICLE II

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