E. DE LA VUE
11 n'y a pas du tout de paupières qui puissent recouvrir l'œil chez les POISSONS osseux , et la conjonctive passe devant le globe en faisant souvent tout autour un simple repli; mais le globe conserve néanmoins sa mobilité, n'étant lié à la conjonctive que par du tissu cellulaire fort lâche , bien distinct chez la Murœna conger; et les six muscles qui le mettent en mouvement sont à peu près disposés comme chez les Oiseaux.
Le gloie est composé des mêmes parties que dans les classes supérieures.
S IL Dissection et conservation.
Les seules préparations qu'on puisse faire sur les fossettes nasales des poiss(N<is consistent à les ouvrir par le côté pour voir leur intérieur et suivre les rameaux n^reux principalement placés dans les saillies en forme de plis.
* Pour voir l'oreiUe interne, on ouvrira le crâne par en haut, et on mettra le labyrinthe à découvert soit dans la partie infra-postérieure
4ia •ftGAMS
deccttecanté* leitcUMM uoe carké pvticatièp» pfeKÉe kt le calé ée ila partie pssiérieiire éa crèae.
Les ye«i te préparent cMMie ocn ck» atw Yertibéiu
Tmi»ct>WMf ■ nâmtik éomtm êft*9
SECONDE DiTisiorr.
I>£9 OBGANE» DB9 »£lfS DES AEflXAUll ARllCCLÉft.
On retreiiTe ehei le» AimiAiix Aarnemit â'mr mmikm évi ks organes 4u l«ct, da ffoûl el de la wue, qamqm Iran for-^ me» soie»! très-djfférenles de ceHe» cp'ils «rt ebez les Yerléhré»;
tandis que ceux de Y odorat cl de Voui'e laissent des doutes, taême Ik eô Tan croit les avonr déeoiiYerts, qMqpi'il soit pvfwrè par Véth- »er?alioB que ces aa iiam ne sost pas prîrési Aia», outre eei cânq sem, il parak que certain» Aarncuiis, et sartoal les rnsBcn», em possèdent encore d^aatres» à en jvgper par b groasev conîdéraMe ée» aerfe qui se rendent dans certaÏM organes, oà ik sont souvent toot à fût en ibsproportion avec le» antres partie» qM 5*7 titMifOst, et oâet» neik ne pensent renplir qne de» fonction» seaskires.
Quoique nous ne pnissimB pa» cooceim nm sen»q!ie now ne pon* sédons pas nous-mêmes , nous somme» oMgé» d'adoMttre son existence, d*une part^en trouvant des organes qui ne sauraient avoir d'autres fonctions, et d'autre part en voyant les animaux produire certains actes indiquant qu'ils ont conscience de Texistence d'un objet ou de ses propriétés , quoique ces objets et ces propriétés ne poissent pas être perçus par les organes sensitifs que nous possédons. Par exemple, tout le monde sait qu'on emploie des pigeons et autres OISEAUX pour porter rapidement des messe^es à de très-grandes distances , à plus de cent lieues. £h bien ! pour les dresser à cela , 3 suflBt de prendre ces animaux au moment où ils ont des jeunes, de les transporter, même enfermés dans des boîtes, à la distance voulue, et de les lâcher, pour que sur-le-champ ils retournent à leur nid en prenant le chemin le plus court possible par l'envie qu'ils ont de revenir à leurs petits. Il faut donc que ces animaux aient un moyen de reconnaître la direction qu'as ont à prendre , direction qjue ni la vue ni l'ouïe, et moins encore les autres sens ordinaires, ne peuvent leur faire eonaaitre; et ce moyen ne saurait être qu'un sem spécial que nota ne conearotts pas. Je doi» tontelois dire fne jusqu'à présent on n'a é^ nmmeri dièz les chssaui aocim orpne qui, pv k groaœnr des ned» qu'il reçoit, puisse faire soupçonner qu'il en soit le éége ; mm 2 »»• irait poMiUe anssi qu'il n'eât pas d'oi^^ne hors de rencépMe.
On SMI aus» que k» MAHMirkvB» liertnv<M«s et Irngkoresi-nennnigmit
OKGANES vm acm WÊtk amielides. 411*
Jamais de plantes vénéneuses, et les évitent soigneusement lorsqu'elles se trouvent mêlées parmi celtes dont ife se nourrissent habituellement; et cependant aucun des cinq sens ne peut leur faire connaître cette propriété. Nous concevons cependant que le sens par lequel ils la perçoivent doit avoir de l'analogie avec Fodorat, de même que le goût a de l'analogie avec ce dernier ; mais ce ne peut être l'odorat lui-même , €ar if efst bien évident que tootes fes ^tïtes empowoiméei n'ont pas ht inême odeur.
ARTICLE FREHIEiL , DES ORGANES DES SENS DES ANNÊtîDES.
S I. Jnatamie,
On œ cxmank aucun organe sêBsHif drcoBscrif diez tes Anoàum»^ ^m dtt mois» oa n'en conoait pas l'orgaoDnation.
Le» tégmieBts de tmis ces ârânnis étant très-moas, leur tœi est ût là partout fort ^Ikat; nu» il paraât qu'il n'y a mille peot aocnoie partie où le toucher sott pkrs particnlièremeiit loeadisé.
Il est évidem que ces animam possèdent le sens du ffoût^ que tout màmai doit arvoîr, afin de pouvoir chmir sa morritare ; e^ ce sens ne peut ré«der qne dans ks parok <le la bouche « ot se rendent en effst en troBcs nerveux plm vohnBHieux que ceux qui se répaosident dans ks antres parties an corps.
Haas on n'est pas anssî sâr qn'ils dknA anasi le sens de V odorat, va qne ces ainmaux, ne respirant pas l'air, n'oiit pas de cavité analogue 2ms. fosses nasales, dans laqueHe les molécules odorantes paissent être ,p«npiie&.
On ne connaît également ancmi organe qui puisse être une ortiéit^
Quant aux yeux, ce n'est que par conjecture , mais avec quelque raison , qu'on considère comme tels cerf ams points noirs qu'on apercent d'une manière constante sur la tête de beauc^oup de ces animaux ; jnais ces points sont trop petits pour qu'on puisse les disséquer.
§ IL Dissection et conservation.
Les seules préparations qu'on puisse faire des organes sensitifs con- •sîstent à suivre les divers troncs nerveux qui se rendent dans les parties où l'on soupçonne que ces organes puissent se trouver, surtout ceux du cerveau , du premier ganglion inférieur et du ganglion postérieur de la moelle épinière , le dernier paraissant fournir des nerfe seaûtife chez les articulas supérieurs. Par ce moyen , on tâchera de ji^r SI k partie où un gros tronc nerveux se rend peut être le réceptacle d'oa sens..
412 OAGAHBS »C8 SENS.
ARTICLE II
S !"•• jénatamie.
Dans la classe des myriapodes, les organes des sens spéciaux commencent à reparaître. On trouve chez eux une cavité ùttccaie doat les parois reçoivent des nerfs très-gros ; et des yeux ^ au nombre de plus de deux, représentant la cavité postérieure de ceux des Vertébrés, mais où tout ce qui constitue les paupières , les muscles moteurs , les glandes et leurs dépendances, ainsi que les chambres antérieure et postérieure, ont disparu par Teffet de la dégradation générale que cet appareil suit dans toute la série des animaux. Mais on ne connaît pas d'une manière certaine les organes de Y olfaction , ni ceux de V audition^ sur lesquels je ne puis avancer que des hypothèses, qui me paraissent toutefois fondées sur la probabilité. Comme ces organes sont absolument les mêmes que chez les Insectes, où je les ai étudiés avec quelque soin , je renvoie à leur sujet à l'article suivant Je ferai seu « kment remarquer que les chilopodbs ont, les uns, tels que les Scoiopendra, uniquement des yeux simples ou stemmates^ en très-petit nombre, placés latéralement au bord antérieur de Tépi^ crâne; tandis que d'autres, ou les Scutigera^ ainsi que les cm- LOGNATHEs , out déjà des yeux composés , mais dont les oceius , on yeux simples individuels, sont mmns nombreux que chez les Insectes;
Que les antennes sont tout à fait semblables à celles des Insectes; et qu'enfin la dernière paire de pattes est surtout plus grande qne les autres chez les Scoiopendra, et ne sert aucunement à la marche, quoiqu'elle reçoive des nerfs plus gros que les autres.
§ IL Dissection et conservation.
Les préparations des organes des sens des myriapodes se font conmie pour ceux des Insectes.
ARTICLE IIL
§ I. Anatomie.
A. DU TACT
Quoique les insectes aient assez généralement les téguments solides, cornés, et souvent même fort durs, le sens du tact général n'y parait pas aboli , ce dont on peut facilement se convaincre en touchant l^è-
ORGANES BIS fflCNS DIS INSECTES. 4l3
rement le corps de ces animaux, de n^me qn'ii n'est pas entièrement Bul sur les ongles de nos doigts, qui transmettent la sensation aux nerfs jdacés dessous.
Quant au toucher^ t^ a généralement admis , d'aprè» des observations mal faites, qu'il résidait dans les antennes; mais cela n'est, bien évidemment, pas, ainsi que je Fai fait voir dans mes Consid^ génér. sur i'anat. comp.j etc., p. à2k ; vu que rarement, et seulement par hasard , les hssectes touchent les corps avec ces organes ; tandis que, pour le toucher actif, les pattes sont bien mieux organisées et disposées que les antennes; et c'est en effet avec les pattes que les n^ECTBs manient souvent très -adroitement les objets, ce qui prouve qu'ils y jouissent , ma^é leur enveloppe cornée , d'un toucher très-fin , et plus délicat que celui de nos doigts lorscpi'ils sont couverts d'un gant : mais encore les nerfs qui s'y>rendent , et surtout ceux des tarses, sont proportionnellement beaucoup plus gros que ceux de nos^ doigts.
B. DU GOIJT.
Les paipes, tant iatiaux que maxillaires, ont été regardés généralemeqit comme les organes du goût; mais la prmcipale objection qu'on peut élever contre cette opinicm est que dans beaucoup d'iNSECTEs, et principalement chez les L^pmcpràRES, ces organes ne se trouvent jamais en contact avec les aliments ; ce qui prouve évidemment que ce sens ne saurait y résider. Il est cependant très-probable, et même certain , que ces organes sont le siège d'un sens, à en juger seulement par la grosseur considérable des nerfs qui s'y ren* dent ; mais j'avoue franchement que je ne puis même avancer à ce sujet aucune hypothèse plausiUe , si ce n'est qu'ils servent peut-être à faire connaître aux animaux articulés la nature des aliments dont ils doivent se nourrir : faculté que certains animaux supérieurs, et surtout les MAifMiFkBES herbivores , paraissent posséder.
Il est d'ailleurs bien plus naturel de penser que le sens du goût ré» sîde dans les oi^anes formant les parois de la bouche; et c'est en effet ce qui est prouvé par la grosseur des nerfs qui se rendent dans la langue, les mandibules, les mâchoires et la livre^ ou ces nerfs, après avoir fourni quelques rameaux aux muscles qui s'y trouvât, •envoient leur derniers ramuscules dans les téguments de la' paroi buccale de ces organes.