DES OR&ANES DES SENS DES CRUSTACÉS
§ P'. Anatomie.
, Les enusTAG^, et surtout les isopodes et les di^apodbs^ ont souvent tes téguments plus épa» et plus durs que ceux des Coléoptères, tandis que beaucoup d'autres espèces les ont au contraire minces et simplement coriaces : aussi le sens du tact pai'att-il être fort obtus chez leà premiers et as^z subtil dans les seconds.
Le goût réside , comme chez tous les animaux , dans les parois dé la bouche , où se rendent des nerfs très forts. Quant aux palpes fnnœiUaires , qui servent ifeans dut^iin doute au même sens que choz les Insectes , ils reçoivent également des nerfs plus gros qu'il ne le faudrait si bëâdrgatiès ri'éiatéht paâ sensitifis.
L'oi^ane de V odorat n'est pas encore découvert, et peut-être n'existe-t-il pas , vu que ces animaux sont presque tous aquatiques.
Pour ce qui est de l'organe de Y audition , j'ai déjà fait remarquer , en pariant de celui des Insectes , qu'on trouve encore un dernier rudiment de l'appareil auditif des Vertébrés dans le premier article des grandes antennes des Astacus , où cet appareil est réduit aii seul vestibule; et V antenne elle-même paraît être le nouvel appareil qui doit remplacer le premier , et existe simultanément avec lui chez ces animaux où le premier est prêt à disparaître , de même que les branchies qui doivent remplacer les poumons coexistent avec ces derniers chez plusieurs Reptiles urodèles.
Les yeux des crustac^ sont toujours composés comme ceux des Insectes, et fort souvent également sessiles et disposés sur une calotte con-
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vexe. '\e\s stont ceux des isopodej» et des ampripodes, tandis que chez d'autres, comme les décapodes et les stomapodes, ils sont au contraire portés sur deux pédicules mobiles , ce qui marque encore un degré plus élevé que celui où se trouvent les yeux des Insectes.
Du reste , ces organes sont partout organisés comme chez ces derniers. Je dois seulement faire remarquer que , les crustacés étant aquatiques, leurs cristallins sont dVdinaire sphériques et même ovoïdes , ceux-ci ayant leur petite extrémité tournée en dedans.
Enfin, dans Tordre des brancbiopodes les deux yeux composés sont si rapprochés qu*ils semblent n*en former qu'un seul ; et dans plusieurs genres , tels que ceux des Cyciops , des Daphnia , etc. , ils sont en eiïct entièrement confondus.
Chez les Daphnia , animaux remarquables sous plus d*un rapport, les yeux forment un globe intérieur mobile, mis en mouvement au moyen de quatre muscles droits disposés comme ceux de Y homme; et ce globe est lui-même composa d*une vingtaine de petits yeux simples.
§ IL Dissection et conservation.
Les procédés employés pour préparer les oi^anes sensitife des crus- TAcib sont absolument les mêmes que pour les Insectes. Les yeox, étant très-souvent beaucoup plus gros que ch(^ ces derniers , sont de là plus faciles à disséquer. La cornée , composée de tous les cristallins réunis en une seule pièce , peut plus facilement être conservée sèche , et Ton y voit très-distinctement les cristallins faire saillie à la face interne.
ARTICLE V
DES OEGANES DES SENS DES AEACHNIDES.
§ I*'. Anatomie,
A mesurer que nous descendons dans Téchelle des êtres, nous voyons disparaître tes divers organes qui caractérisent ceux placés en tête du règne animal ; et cela se remarque entre autres pour les organes des sens. Après les avoir vus se simplifier de plus en plus, on voit disparaître Fappareil de Tolfaction; etTappareil auditif propre aux Vertébrés se trouve remplacé probablement par un autre constituant les antennes; encore ces derniers organes ne persistent -ils pas longtemps, et disparaissent complètement avec la tête tout entière chez les ARACHNIDES, adimaux réellement acéphales.
A. DU TACT
Les téguments de la plupart de ces animaux étant moins solides que ceux des Crustacés, le sens du tact y paraît êîre plus (in qnc chez ces derniers; mais surtout le touc/ier est très-délicat dans beaucoup d'excès , et spécialement chez les ARAivéïDEs , quoique leurs pattes , et surtout leurs tarses , soient couverts de téguments durs et garnis en outre de poils longs et touiïus, qui paraissent devoir rendre ce sens plus obtus encore.
Mais malgré cela le toucher est si délicat que ces animaux sentent la présence du plus petit insecte qui vient se poser sur un des fils de leur toile. Knfin ce qui prouve encore la finesse de ce sens, c*est Tadrcsse avec laquelle ces animaux construisent leur toi'e , qu'ils tissent avec leurs pieds de derrière, sans voir même ce qu*ils font. Mais aussi les nerfis cruraux sont-ils d'une grosseur prodigieuse , et beaucoup plus que ceux du bras de Vhainme , ayant presque un cinquièiiie du diamètre du membre entier. Le nerf en arrivant dans le titrse , oà il n*y a plus que fort peu de muscles, produit une quantité lie petits rameaux très-fins lesquels partent le long de son bord inférieur, comme les brins d'une brosse, et se rendent directement en dessous dans les téguments de la partie plantaire des phalanges et sur« tout des deux dernières.