B. GLANDES SPÉCIALES
Je parlerai ici des diverses autres glandes sécrétoires qu'on ne trouve que dans certaines espèces , plutôt pour signaler leur existence , afin qu'on puisse les rechercher , que pour indiquer les procédés à suivre dans leur préparation , qui sont toujours les mêmes pour toutes les glandes.
On trouve à la tête, chez les Cervu^s et les Antilope^ au-dessous de l'angle interne des yeux , une ouverture longitudinale nommée iavmitr, donnant dans une grande poche membraneuse, dont les parois glanduleuses versent dans cette cavité une humeur brunâtre qui
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sort par la fente et se répand sur les côtés de la face, qu*eHe humecte en imitant des larmes.
Chez les Éléphants, on trouve sur les côtés de la tête, dans la région temporale, une glande fort grosse, recouverte par les téguments et formée par une masse mollasse, ayant un canal excréteur qui s'ouvre dans Tarrière-bouche. La matière sécrétée, dont on ne connaît pas Tusage, a une odeur très-forte.
Plusieurs espèces portent des glandes sous le ventre , placées , les unes dans la région de Tombilic, d'où on les nomme glandes oniùiiicaics; d'autres plus en arrière, dans les aines, sont appelées gian-des inguinales , ou bien prépuciales lorsqu'elles sont situées autour du prépuce ou du clitoris; enfin , celles qui se trouvent près de l'anus constituent les poches anaies. Chez le Moschtis moschiferus, animal assez semblable à une chevrette, il existe entre l'ombilic et le prépuce une de ces poches à parois glanduleuses , mais dont la principale glande sécrétoire est placée au-devant de la verge, et verse dans cette poche une matière onctueuse connue sous le nom de musc.
Ontrouje, suivant F allas, une bourse semblable chez V Antilope gutturosa, mais dont la matière sécrétée paraît n'avoir aucune odeur remarquable. On en a découvert depuis encore dans d'autres Antilope.
Chez les Fiber (castors) , une grosse glande placée au-dessus du prépuce verse dans la cavité de ce dernier, par un canal excréteur spécial, cette matière à odeur si pénétrante nommée casloreum, dont on fait usage en médecine. Cette glande se trouve également dans la femelle, où son canal excréteur s'ouvre sur les côtés du clitoris.
Des glandes semblables se font remarquer chez plusieurs autres i\o>GEURS, tels que les Cricetus, les Mus^ les Lepus.
Dans un grand nombre de carmvores , comme les Felis , les Vi^ verra, les Mephitis, les Mustela, ainsi que chez les Cavia, les Agouti, les Arctomys, etc; , parmi les rongeurs, on trouve sur les côtés de l'anus une poche à parois glanduleuses remplie d'une matière onctueuse versée au dehors dans l'orifice de l'anus par un canal excréteur court; poche enveloppée d'une exjiansion du muscle sphincter externe de l'anus. 'Chez beaucoup d'animaux , la matière sécrétée par cet organe répand une odeur très-forte : telle est celle des Fiverra civetta et autres espèces de ce genre. Cette matière est recherchée d^s la parfumerie par certaines personnes qui en aiment l'odeur , quoiqu'elle soit réellement infecte. Chez les Mephitis , son odeur , qui ressemble beaucoup, mais en mal, à celle de l'ail pourri, est tellement forte et pénétrante, qu'on a de la peine à l'enlever des doigts par le lavage lorsqu'on y a touché. Il sufiSt même d'avoir passé dans un
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appartcQieDt où cette Uàatière se trouve pour que les habits, et ^rtout ceux de laine, en restent imprégnés pendant plusieurs jours. Enfin, on prétend qu'aucun aninia) ne chasse les Mephitis à cause de cette odeur qu'ils répandent.
Chez \t^' Mcics, de Tordre des plantigrades, cette poche s'ouvre largement entre la queue et l'anus ; elle laisse suinter une matière grasse que ces animaux lèchent pendant l'hiver pour s'en nourrir , dit-on.
Dans l'oixire des amphibies, on en trouve chez les Phoca, Chez les Dicotyie , genre voisin de celui des Siis (cochons) , on trouve sur le milieu du dos deux glandes ovales dont l'orifice est percé au-dessus dans la peau.
§ II. Dissection,
On peut très-bien préparer isolément les reins et les capsules surrénales , et môme la vessie ; mais pour ce qui concerne l'urètre , qui s'ouvre au dehors avec les organes génitaux , il doit nécessairement être préparé en même temps que ces derniers.
Après avoir examiné les rapports des reins avec les orgafles circoiivoisins, on les extrait, ce qui est très-facile, ces organes n'étant fixés que par les vaisseaux et les nerfs qui en dépendent, et un amas de tissus cellulaires g;raisseux qui les enveloppe. Après les avoir débarrassés de cette graisse et examiné leur tunique propre , on divise le rein en deux moitiés égales dans son plus grand diamètre, en faisant passer la coupe par le milieu du hile. De cette manière, on a une coupe qui divise à la fois la matière corticale , la tubuleuse , les cônes , les calices et le bassinet.
Si on voulait étudier les canaux urinaires plus en détail, il faudrait injecter préalablement le rein , et alors il conviendrait de ne pas faire la coupe tout \ fait par le milieu , mais un peu de côté , pour ne pas endommager l'uretère. Ces injections dans les artères passent souvent, lorsqu'elles i^nt faites avec soin, dans le*s vaisseaux excréteurs, ce qui semble indiquer que dans la partie corticale , où ces derniers pren nent leur origine , les bouches absorbantes ^es follicules communiquent directement avec les uretères, et sont assez grandes pour laisser passer les injections.
Pour expliquer ce fait , on dit bien que ce passage a lieu , non par la continuité des deux espèces de vaisseaux, mais par l'effet de ruptures. Cependant , comment se fait - il que ces ruptures aient précisément lieu au même point sur les deux vaisseaux, et cela souvent?
On prépare la vessie en l'insufflant modérément pour lui donner le volume qu'elle a d'ordinaire dans so^ état de plénitude. Ainsi disten-»
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due, on ^xaIni^e la position des uretères; on y introduit une sonde pour yoir la direçti<Mi oblique de ces canaux à travers la membrane de la VjBSsie , qu^Qip peut facilefluent insuffler par là. On dissèque ensuite les jUiaiques 4e cette dernière pour examiner la disposition des faisceaux musculeiix qui forment Tune d'entre elles , ainsi que le ^in(^r. .
Les reins peuvent être injectés par une masse à corrosion ou à macération , afia d*obtenir le nioule intérieur des canaux excréteurs. Cejjte Injection se fera par le$ orifices des conduits de Bellipi sur les mamelons qui proéminept dans les calices ; car Tinjecitiop n'y pénétre que difficilement pai* les uretères. .On pourra en même temps injecter les vaisseaux sanguins de manière à obtenir sur la même pièce les trois ordres de vaisseaux principaux qui entrent dans la composition de ces organes.
J^ re^s pQUV^t .i^re iacileoient extraits du corps avec leç tronc$ communs de leurs vaisseaux et de leurs canaux excréteurs , on peut lies vider d'^ ^ ^ ^^Ag ^u moyen de la mach^i^e pneumatique ^vant 4e les injecter.
Qi^ap^ aux glandes spéciales, o.i^ les prépare en même temps (j^u'on d^sèqij^ jies pitiés environnaQte^.
Sil,ôt .q*'.€^es so^ mises à nd , ne fût-ce qij^e dai^s une de ley^? |)iarties, ce qui syffit pomr les reconnaître chez jun animal dont on ne jQO^aii pas encore asse^ bien l'organisation, qu cherchera à décoyvrir l^^n /canaux e^ccréteurs , dont Ja position des orifices indiquera déjà assez bien la fo^ctioa de l'organe. Ces canaux excréteurs peuvent êi;c jU:oi,ivés en poursuivant ^ travers le parenchyme de la glajade le premier rameau des canaux excréteurs qu'on rencontre , ou bien en dé- |^€;ant |a.g]UAd6 de top les organes avoisiçants, ce qui doit nécessajlremeat faire d^uvrir le tronc commun des canaux excréteurs, qu'il Xai^ avoir so^ de m pas confondre, avec la veine oi^ l'artère.
Qd peut aus^ , .et c'est ^e meiUeur moyen Iprsqu'il est appjlica^le , J^e, dans le premier rameau des canaux excréteurs qu'on rencontre, une injection avec de l'eau simple qui, sortant par l'orifice commun, eu indjq^er^ la position.
§i i'oîtf ce du cana^ ej^créteur est dé^ copnu , on l'injectera ave;c mie ffi^ère qm prend de la coinsistance , afin qu'en çliss^^iuant ^la glande on puis^ reconnaître le mode de .subdivision 4e 5es conduits ,exc;rét^evirs. £p(ii9, jO^n diss^uera d'aboi:<|l, sous la loupe et sous l'eau, des parcelles de la glande, pour tâcher de voir l'origine de ces mêmes conduits, ainsi que la forme , la disposition et la structure des petites glandes simples d'où ils sortent. Ces injections se feront le mieux au O^yeip du gran^ ou dn pet;i,t \nj[ectoire, 4out on peUjt j^aduer }^ foixe, ,^ jqfljBpe^KjCX A)}f arrêter ^e Jqt à fij^o^té. Quîint aq x ^glandes fort peti-
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tes, on emploiera mieux la poire à injection , la clysette ou la chalnmette. Pour les premiers essais, on pourra se contenter d'Injecter les glandes fort petites avec de Talcool ou de Teau colorée ; dans beaucoup de cas on pourra se dispenser même de faire des injections si Torgane est gorgé de la matière de sa propre sécrétion. Alors , en le comprimant légèrement sons Teau , on fait sortir ce liquide par Toriâce du canal excréteur, dont la position sera indiquée par là.
Si la glande est très- volumineuse , comme le foie , le pancréas , on devra à la fois injecter les canaux excréteurs, les veines et les artères, afin de voir quels sont les rapports et les dispositions de ces trois ordres de vaisseaux ; peut-être même pourra-t-on parvenir à y injecter les lymphatiques.
Dans cette quadruple injection on doit employer des matières différemment colorées : les artères en rouge vermeil , les veines en gros bleu ou en noir, les vaisseaux excréteurs en vert , et les lymphatiques en blanc ou en jaune.
On peut faire, dit-on, de jolis préparais des vaisseaux des glandes en détruisant par la macération dans Teau le parenchyme qui les unit; ce parenchyme, en général d'une contexture plus lâche, se corrompant plus tôt que la membrane qui forme les vaisseaux et les canaux excréteurs, de manière que ceux-ci persistent encore quand celui-là a disparu. Pour cela, on fait macérer l'organe entier pendant quelques jours dans de l'eau tiède , jusqu'à ce que la membrane formant l'enveloppe générale commence à se détacher aisément, et on achève de l'enlever. On continue ensuite à faire macérer encore, ayant soin de lancer tous les jours avec une seringue de l'eau sur la pièce , mais sans trop de force, pour n'enlever que les particules décomposées ; et l'on continue ainsi jusqu'à ce que l'on n'ait plus que les vaisseaux avec leurs nombreux ramuscules. Mais alor^ il faut se hâter d'arrêter l'effet de la^ macération, dans la crainte que les vaisseaux eux-mêmes na se décomposent. On lave la pièce à grande eau , on la laisse ' encore tremper quelques heures dans de l'eau fraîche qu'on change deux ou trois fois, enfin on place le préparât dans une liqueur conservatrice.
On prépare le thymus et la glande thyroïde après les avoir injectés, puis on les dissèque directement. Pour cela^, je conseille de le faire sous l'eau, qui enlève non-seulement les liquides extravasés, mais permet aussi de mieux distinguer les lobes et les lobules qui s'écartent ; tandis qu'en disséquant à l'air , tout s'empâte, et on a de la peine à distinguer les parties.
S III. Conservation,
Les reins, ainsi que toutes les autres glandes spéciales, doivent nécessairement être conservés dans" la liqueur; mais la vessie peut être
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séchée. Pour cela, ou Finsuffle modéréineut d*air, aGn de ne pas trop la distendre , ou la sèche à Fair et on la passe au deutochlorure de mercure.
Pour les glandes spéciales qui ont une cavité, on peut y pousser une matière grossière à injection afin d*en prendre le moule intérieur et voir la forme de la cavité. Cette matière pourra être de la cire , du métal fusible, ou simplement du plâtre.