‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 4 sur 147 · HE L^APPAREIL DIGESTIF DES OISEAUX · texte numérisé non relu

HE L^APPAREIL DIGESTIF DES OISEAUX

§ V\ Anatomie,

Les caractères principaux que présente l'appareil d^estif des oir SEAUX, et qui le distinguent de celui des Mammifères, consistent dan^

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la forme et la di^rition des parties de la bouche, dans une comfdication plus grande de rœsq)hage , qui se dilate chez beaucoup d'es* pèces en un jabot plus ou moins gros, dans une structure particulière de Festomac ou gésier, et enfin dans la terminaison du coton, qui , au lieu de s*ouvrir au dehors par un orifice spécial ou anus , s'ouvre dans une poche nommée cioaque, qui lui est conunune avec la partie terminale des organes génitaux et urinaires.

Nous avons déjà vu plus haut , en parlant de la tête osseine , que ces animaux présentaient une disposition particulière dans les os qui constituent leurs mâchoires; qu'ils n'ont jamais de dents, constamment remplacées, \yout leur usage, par les deux mandiiuicê du éec, faisant en même temps les fonctions de lèvres , qui n'existent également pas. Les muscles moteurs de la mâchoire présentent en outre encore des différences, qu'il serait difficile de faire connaître ici sans entrer dans de trop longs détails, et je renvoie pour cet objet aux ouvrages spéciaux d'anatomie comparative.

La langue est à peu près organisée comme celle des Mamnufères, cependant avec des différences notables. L'hyoïde envoie dans cet organe une apophyse impaire, ou corne linguale, formant souvent une pièce à part, prolongée jusqu'à son extrémité, et dont on ne trouve qu'un rudiment cartilagineux chez certains Mammifères, encore n'estil pas continu avec le corps de l'hyoïde. Les cornes céphaliques du même os manquent, ou sont réduites à un simple raphé ; et les cornes laryngiennes, au lieu de se fixer au larynx, restent fibres et se prolongent plus en arrière, en contournant l'occiput, pour revenir chez certaines espèces, comme les Pieus, jusque sur le devant de la tête. I^ar l'eflèt de certains muscles qui se fixent à l'extrémité de ces prolongements , l'hymde peut être porté considérablement en avant pour faire sortir la langue du bec, et cela de plusieurs centimètres chez les Picw. ^

Il n'y a point de voile d/ palais, ou bien ce n'est qu'un petit pfi transversal , de manière que la cavité éiiccale est confondue avec le pharynx, et cette première partie du canal intestinal n'est elle-même pas distincte de l'œsophage , Àm muscles qui l'accompagnent chez les v Msonmilères n'y existant plus que rudimentah^ment

Vc^sophagc , cylindrique dans sa partie supérieure, présente vers le milieu de sa longueur chez une Anile d'espèces, nn jabot, for^ mant uoe première dilatation souvent fort grande et phis ou motos globuleuse , servant, comme la panse des Ruminant^ de premier entrq[)ôt aux aliments^ - Au-dessous de cette poche, l'œsophage se resserre, puis se dilate de nouveau Axm certaines espèces pour former une seconde poche plus aUoogée ou j(nti^ «ueeenturié, l»en distinct sevlement cbez.teft

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oiseaux privés de jabot proprement dit. Après celte dilatation , Yokophage se rétrécit de nouveau, et s'ouvre enfin dans le gésier.

Les capacités des deux jabots sont d'ordinaire en rapport inverse Tune de l'autre : c'est-à-dire que chez les espèces qui ont un jabot , comme presque tous les granivores, les ra pages ou carnassiers , et beaucoup de palmipèdes, le sabot succenturié est moins large que chez celles privées du premier, telles sont les i^.chassibrs et en général les espèces piscivores.

Le gésier^ ou estomac^ est placé dans l'abdomen ; sa forme est en général celle d'un rein ; mais il varie considérablement pour la structure de ses parois.

V intestin est court et de forme cylindrique dans toute sa longueur. On y trouve cependant d'ordinaire , chez les granivores et beaucoup d'autres encore , deux cœcums opposés, mais placés près de l'anus. Ces appendices mancfuent aux rapagrs (diurnes) , ou sont d^ moins très-petits, tandis que les nycti^.riens ( Rapaces nocturnes) en ont de fort amples.

Le tube digestif est formé comme celui des Mammifères de trois tuniques, une externe muscufettse , une moyenne fibreuse, et un épithéiium non fibreux.

Dans l'œsophage , la tunique musculeuse est presque entièrement formée de fibres transverses, et de beaucoup moins de longitudinales.

La secx)nde tunique, ou la fibro-celluleuse, est semblable à celle des Mammifères; elle renferme une quantité prodigieuse de cryptes muqueux , surtout fort nombreux dans le jabot succenturié , moins dans la partie cylindrique, et moins encore dans le jabot supérieur.

L'épithélium , bien distinct au contraire dans le jabot et le jabot succenturié , l'est moins dans la partie cylindrique de l'œsophage.

Le gésier est également composé des mêmes tuniques; mais la musculeuse , acquérant dans beaucoup de ces animaux une épaisseur très-considérable , prend la forme de deux muscles opposés à fibres rayonnées se rendant de la circonférence de la grande courbure vers le centre , oà elles s'insètent sur deux aponévroses très-fortes. Chez tous les granivores et beaucoup de PALMiPkoEs ces deux muscles sont d'une' épaisseur prodigieuse : aussi le gésier peut-il broyer des corps très-durs , et finit même par user , d'après les expériences de Spallanzani, des morceaux d'acier et de verre. Chez les oiseaux carnassiers au contraire , et les piscivores, les deux muscles sont beaucoup plus mincéS et membraneux.

La tunique fibro-celluleusc ne diffère pas notablement de celle 'des Mammifères.

L'épithélium devient plus distinct dans l'estomac des oiseaux ; moins cependant chez les carnassiers que chez les granivores , où il devient

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corné et rude ; et c'est en partie sa dureté qui rend le gésier de ces animaux capable de résister à Faction des corps les plus aigus, qu'ils parviennent à émousser.

Dans le tube intestinal , les tuniques sont les mêmes que chez les Mammifères, avec quelques modifications de détail.

Un mésentère analogue à celui des Mammifères, et formé par des replis du péritoine , constitue de même les moyens de suspension du canal intestinal.

Parmi les glandes dépendantes de l'appareil digestif, les unes semblent se rapporter aux sublinguales des Mammifères ; et d'autres, placées dans le palais , paraissent plutôt être des amas de cryptes muqueux. Chez certaines espèces encore, telles que les PicuSy on trouve des glandes salivaires particulières paraissant remplacer la parotide : elles sont situées aux cotés de la partie postérieure de la tête , mais leur canal excréteur s'ouvre près de l'extrémité de la langue. Chez ces mêmes oiseaux il en existe en outre un placé en dedans de la mâchoire et paraissant être l'analc^ue de la maxillaire.

Le pancrtaèy organisé comme chez les Mammifères, mais souvent lobé , est de même placé contre la partie de l'intestin qui correspond au duodénum.

Le foie, plus volumineux que chez les Mammifères, est souvent bilobé, et situé plus symétriquement dans la partie antérieure de l'abdomen, dont il remplit en grande partie la région inférieui'e; et la vésicule du fiel, qui paraît exister chez la plupart des espèces, est jdacée entre les deux lobes.

Les canaux excréteurs du pancréas et du foie offrent quelques différences remarquables. Il y a souvent deux canaux pancréatiques qui s'ouvrent dans le duodénum séparément des hépatiques et cystiques. Dans bea4icoup d'espèces étendant ces canaux s'unissent avant de s'ouvrir dans l'intestin, et d'autres fois leurs orifices sont fort éloignés.

Outre les canaux excréteurs de la bile, dont je viens de parler, on trouve, encore le plus souvent un canal hépatique qui s'ouvre directement dans le duodénum , sans communiquer avec la vésicule du fiel.

La Me des oiseaux contient, suivant M. Th^naru, de l'albumine en grande quantité et du picromel acre , amer et nullement sucré.

§ IL Dissection et conservation.

Les procédés anatomiques qu'on peut employer pour préparer le canal alimentaire des Oiseaux sont absolument les mêmes que ceux indiqués pour les Mammifères. Je ferai seulement remarquer que le sternum étant fort grand et recouvrant une partie de la cavité qui renferme les intestins, il faut , pour mettre ces derniers à découvert

enlever cet os ea séparant les côtes sternales des vertébrales. Par ce moyen Tabdomen se trouve largement ouvert , et toute la masse des viscères placée dans un bassin formé par les côtes et les os pelviens. £b laçant alors le tronc sur sa face dorsale , on peut voir tous les organes avec la plus grande facilité dans leur disposition naturelle.

On conserve l'appareil digestif absolument par les mêmes moyens que celui des Mammifères.

ARTICLE III

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