DE L*APPARE1L DIGESTIF DES REPTILES
§ P'. j4natoniiô.
L'appareil digestif des reptiles présente également des particularités prq)res à cette classe d'animaux.
Quant aux parties de la bouche qui dépendent du squelette , je les ai autant que possible indiquées en parlant des os de la tête ; et déjà ces organes offrent des différences notables suivant les trois ordres composant cette classe.
Ces animaux sont, comme les Oiseaux, privés de voiie da palais; ou bien cette partie n'est que rudimentaire chez les espèces où on la décrit , comme par exemple chez les Crocodiius.
hi langue est généralement très-extensible, surfont chez certaines espèces, et notamment chez les Chamœteo , les opmwENS, etc., par l'effet de la forme et de la disposition de V hyoïde, qui, chez les sbrp£i«iTs , se prolonge en arrière en deux longues branches parallèles, ou cornes laryngiennes, lesquelles peuvent être portées en avant hors de la bouche , et avec elles la langue , placée sur leur t^e commune , disposition analogue à celle que présentent les Pictis parmi les Oiseaux.
Chez les batraciens, et spécialement chez les Rana, la langue offre la particularité d'être disposée en sens contraire des autres animaux ; c'est-à-dire qu'elle est adhérente à l'extrértiité antérieure des mâchoires, et a son extrémité libre dirigée en arrière : ces animaux la lancent au dehors en la renversant pour saisir avec elle les insectes dont ils se nourrissent
Le pharynx des reptiles n'est pas distinct de Y œsophage; ce dernier est un canal simple , sans dilatation ou jabots et conduit directement dans VestomaCy poche ordinairement allongée daiîs lé sens de l'axe du corps , ou bien globuleuse ; mais on n'y remarque d'ordinaire pas ce qu'on appelle lés culs-de-sac des Mammifères. Le cardia n'est Surtout pas distinct dans beaucoup d'espèces, l'œsophage se con-
APPAREIL ntGËSTlt' DES REPTILES. 23
tiuuaut insensiblement avec l'estomac en se dilatant graduellement. Chez d'autres , au contraire , cette ouverture est très-bien marquée.
Le tu6e intestinai se partage assez bien en deux parties, Vintestin grêle et le colon, par une épaisseur plus considérable des parois de ce dernier et une valvule iléo-cœcale circulaire ; mais on né rencontre que fort rarement un véritable cœcuni.
Le rectum s'ouvre , comme chez les Oiseaux , dans un cloaque.
Les parois du canal intestinal sont formées des mêmes tuniques que chez les Mammifères et les Oiseaux.
On trouve toujours encore , chez les reptiles , le pancréas et le foie , mais avec des différences assez notables , comparés à ceux des Mammifères et des Oiseaux. Le pancréas est toujours placé à Torigine dé l'intestin , mais sa forme est fort irrégulière.
Le foie , plus volumineux encore que chez les Oiseaux , est situé , comme chez ceux-ci , symétriquement dans la partie inférieure de la cavité abdominale , et rarement il est divisé en deux ou trois lobes.
Il existe d*ordinaire, chez ces animaux , un canal hépatique qyn s'ouvre dans l'intestin par un orifice distinct de celui du canal cys^ tique, IJans quelques espèces , cependant , les deux canaux se réunissent.
Les REPTILES ont diverses glandes placées à la tête et dépendantes de l'appareil digestif : les unes salivaires y les autres venimeuses. Les premières présentent des différences notables ; les sublinguales ^ souvent fort développées , se dégorgent dans la bouche par une foule de petits canaux.
Chez les ophidiens , on trouve une glande composée d'une foule de granulations appliquées le long de la face externe de la mâchoire , et qu'on retrouve également chez plusieurs sauriens.
Le venin des espèces d'oPHiDiENS qui en sont pourvues est produit par une glande d'un volume considérable située sur les côtés de la tête, dans la fosse temporale , entre les di\ ers chefs des muscles masseter et crotaphite réunis , où cette glande , en forme de vésicule , simule un kyste ; et ces muscles servent de constricteurs en la comprimant par leurs contractions lorsque l'animal mord , de manière que le venin jaillit par l'extrémité des dents venimeuses chaque fois que l'animal enfonce ceUes-ci dans un corps en le mordant. Le col de cette vésicule se dirige en avant , pénètre dans la cavité de l'os siagonal complété en cavité close par une partie molle de la gencive ; et c'est sur cette partie membraneuse que sont implantés les crochets venimeux , avec la tubulure desquels le canal excréteur de la vésicule communique.
Il ne faut pas confondre ce'tte glande avec la lacrymale , fort grosse aussi , placée immédiatement derrière l'œil.
5 II. Dissection et conservation.
Od traite \e» organes de l'appareil digestif des ReptUes à peu près coiiinie ceux des Mammifères et des Oiseaux , surtout chez les sAt-