R1EN
Pour préparer Tappareil veuimeux des serpents, il faut enlever avec soin les téguments latéraux de la tête en arrière de ToeiL On met par là à nu la masse des muscles crotaphite et masseter, contenant dans son intérieur la vésicule du venin ; et , enlevant ensuite la couche superficielle des fibres musculaires , on découvre facilement la vésicule. On examine la disposition des divers chefs de ces muscles , pour tâcher de voir comment quelques-uns d'entre eux s'insèrent à la vésicule même. On enlève ensuite ces n^uscles d'arrière en avant pour dégarnir entièrement cette dernière , et surtout son col , qui se prolonge sous l'œil et se recourbe en dessous pour pénétrer dans la cavité de l'os siagonal. Les crochets venimeux , on les découvre dans une grosse saillie que la gencive forme de chaque côté ; saillie qui n'est qu'un repli de celle-ci , recouvrant ces crochets, et ouverte en arrière pour leur livrer passage.
En repliant le lambeau antérieur du muscle crotaphite qu'on vient de fendre de haut en bas , on voit comment ce muscle forme une gaine à la vésicule et lui adhère.
La vésicule étant ouverte , on peut facilement injecter son col , la cavité de l'os siagonal et les crochets même. iMais il faut agir avec beaucoup de précaution , dans cette opération , pour ne pas se blesser avec les crochets , le venin conseFvant sa funeste propriété , même chez les individus qui ont long-temps macéré dans l'alcool ; et la piqûre peut surtout devenir dangereuse lorsque le sujet appartient à une de ces grandes espèces connues sous les noms de Crotalus (serpent à sonnettes ) ou de Trigonocephaius , dont la morsure cause la mort en peu d'instants.
Pour voir le canal alimentaire des oPHmiENs , on ouvre simplement le corps le long de la ligne ventrale , où l'absence de sternum et de côtes sternales laisse un long espace membraneux qui n'q)po$e aucun obstacle.
Les BATRACIENS ayant les côtes très-courtes ou nulles , on peut de même ouvrir leur ventre sans rien déranger, pour voir le canal intestinal.
On conserve les préparais du tube digestif des REPriLEs comme ceux des Vertébrés supérieurs.
APPAREIL PIGESTIF DES CHÉLjONIëNS. 35
ARTICLE IV
DE I/APPAREIL digestif DES CHÉLONIENS,
§ I*'. Anatomie,
J*ai déjà fait remarquer, en parlant du squelette, qu'il n'existe pas de dents chez les ch^loniens, mais simplement un hec corné analogue à celui des Oiseaux. La langue est une simple éminence charnue , capable de faire tourner le bol alimentaire dans la bouche , mais n'est point extensible , et sa surface paraît couverte de glandules salivaires.
V œsophage, de VEinys europœa est , d'après Bojanus , un gros canal droit, lequel se porte directement en arrière jusque vers le tiers antérieur de la carapace, où il se termine à V estomac y et celui-ci semble n'en ôtre qu'une simple dilatation fusiforme et courbée en arc de cercle , ne formant pas de cul-de-sac près du cardia ; ce viscère est placé longitudinalement au-dessus du lobe gauche du foie et sous le poumon correspondant , ayant sa convexité tournée en dehors.
Le duodénum^ sortant de l'extrémité postérieure ou pylorique de l'estomac , se porte d'abord transversalement vers le côté droit , puis revient à gauche et se continue avec les petits intestins, dont les circonvolutions sont placées à droite de l'estomac , au-dessus et en arrière du duodénum , au milieu de la carapace , et se terminent visà-vb de l'estomac , un peu vers la droite , à Vintestin colon , qui se renfle subitement , sans cependant former de véritable cœcnm ; mais l'orifice est garni d'une valvule circulaire. Le colon se porte de là en dedans et suit ensuite le plan médian du corps , sans inflexions notables , pour s'ouvrir dans le cloaque.
Le cloaque est nue poche allongée placée dans la partie inférieure de l'origine de la queue. Il reçoit le rectum à son extrémité antérieure , qui correspond à lintérieur du bassin , et plus au-dessous et en arrière s'ouvre le col de la vessie; et entre les deux , à droite et à gauche , sont lés orifices des deux oviductus. Enfin, en arrière et sur les côtés , s'y ouvrent deux très-grandes vésicules anales. Vanus est placé sous la queue , à l'extrémité postérieure du cloaque.
Le foie est formé de deux lobes à peu près égaux , situés l'un à droite et l'autre à gauche dans la partie moyenne de la carapace , sé- ^parés par une portion plus étroite et plus mince sous laquelle est le cçeur, dont le péricarde lui adhère fortement. Le foie est placé sous la partie moyenne du poumon , dont il est séparé à gauche par l'estomac , et à droite par le pancréas , la rate et les circonvolutions intestinales. Au-dessus du milieu de son lobe droit est fixée dans une dépression la vésicule biliaire. Le sang servant à la sécrétion de la
26 Al^tAllEiL DIGESTIF.
bile est fourni par deux veines portes qui réunissent la presque totalité du sang des parties moyetine et postérieure du corps.
Le pancréas est une glande assez grande , irrégulière , placée à droite de Testomac entre les replis du duodénum et Torigine du colon.
La rate forme une masse ovale située vis-à-vis du milieu de Testomac, près du plan médian du corps, rapprochée de Torigine du colon, dont elle est séparée par un lobe du pancréas.
§ IL Diêsection et conservation.
Les préparations du ii^anal digestif des ghélonibns se font à peu près conune pour les Mammifères et les Oiseaux. Je ferai seulement remarquer que, tous les viscères étant étroitenient renfermés dans la ca* rapace , il faut ouvrir cette cavité avec précaution par les procédés indiqués au sujet de la préparation des muscles, c'est-à-dire par le tôté; ou par en dessous , en enlevant le plastron , ce qui sera^ plus facile chez les Terrapcna , où lo sternum est mobile ; ou bien chez les Trionix, où cette pièce entière est presque librement suspendue dans les parties mdles ; mais il faudra alors enlever encore les os coracoïdiens avec tous les muscles qu'ils portent , ces os se prolongeant très-en arrière le long du plastron. Si cependant on ne tenait pas à les conserver, il sera plus facile et plus avantageux d'ouvrir le corps en dessous en enlevant tout le plastron.
Le corps étant ouvert, il ne faut pas confondre les oviductus avec les intestins , dont ils ont la forme et les dimensions, inûtant de grosses circonvolutions qui vont se terminer au cloaque.
ARTICLE V
DE l'appareil DKîESTIFDBS POISSONS.
s I". Ànatomie.
Dans la classe des poissons, l'appareil digestif varie considérablement , même d'une espèce à l'autre , et chez plusieurs il n'y a pas de limite bien marquée entre V œsophage, Vestoniac et Vintestin,
Les pièces osseuses formant les mâchoires sont plus nombreuses que chez les autres Vertébrés; mais je suis obligé de renvoyer pour leur description aux ouvrages d'anatoniie descriptive*. Dans aucune des ' quatre classes précédentes on ne trouve des dents si nombreuses et sî diversement disposées que chez les poissons. Ces animaux en ont noii-
* CuviÊR, tfisL des Poîsson.iy 1. 1,
APPAREIL DIGESTIF DES H>lSSONS. i7
seulement sur les os labraux , les siagonaux et les mâchoires , mais encore sur ceux du palais , du vomer, des ptérygoïdieris , sur les arcs branchîostèges, sur la langue, et enfin jusque sur lés lèvres , et même , chez certaines Baia , sur la partie des grandes nageoires qui avoisine la bouche. Ce grand nombre de dents n'existe cependant pas chez toutes les espèces , et plusieurs n'en ont même qu'aux siagonaux et aux mâchoires; enfin les Ammocœtes , de Tordre des gilbxiens , en sont tout à fait dépourvus. La langue , souvent fort développée , n'est cependant jamais extensible comme celle des Mammifères ou de certains Reptiles.
Les glandes sativaires , analogues à celles des Vertébrés supérieurs, paraissent manquer à ces animaux, qui, vivant dans l'eau, ont la bouche constamment lubrifiée par le liquide qui y passe. On trouve cependant chez certaines espèces , telles que les Cyprinus , une glande placée sous la partie postérieure de la tête , mais dont on ne connaît pas encore bien l'usage ; et chez d'autres , comme les Chondroptérygiens, on trouve des glandes palatines.
Le tube intestinal parait formé, au premier aperçu, chez un grand nombre d'espèces , de deux parties seulement , dont l'une comprend Vœsophage avec V estomac, et l'autre Vintestin, la limite entre les deux premiers n'étant pas indiquée par un rétrécissement marquant la position du cardia. Dans la tunique musculeuse cependant , cet orifice , ou plutôt sa place , se fait souvent remarquer par un plus grand renforcement de fibres; dans d'autres espèces , au contraire, l'estomac est bien distinct de l'œsophage.
Vestomac forme chez les Poissons le plus souvent un cul-desâc, et s'ouvre dans l'intestin par un pylore accompagné d'une valvule circulaire , où les fibres musculaires sont également plus apparentes que sur le reste de cette poche. Dans plusieurs espèces l'estoftiac ne forme pas de eul-de-sac, et se continue tout d'une venue avec l'intestin, dont il n'est guère distingué que par la valvule pylorique, et d'autres fois pas du tout.
Quant à Vintestin , on ne peut que difficilement le partager en intestin grêle et en colon , vu qu'il n'existe d'ordinaire pas de cœcum entre eux ; quelquefois cependant on y trouve une valvule iiéô' cœcale , et souvent la structure des tuniques est différente dans les deux parties ; mais chez beaucoup d'espèces il existe plusieurs cùicum simples ou subdivisés placés autour du pylore.
On ne trouve de véritable pancréits que chez les Chondroptérygiens ; dans les autres poissons , cette glande paraît remplacée par les cœcum pyioriques , dont les parois paraissent sécréter une humeur digestive.
Le foie est généralement fort volumineux , d'ordinaire peu divisé ,
28 APPABEIL filGKSXIF.
et quelquefois formé de idusîeurs lobes bien distiucts, et cela saus constance pour le genre même.
Les canaux biliaires se rendent le plus souvent par un ou |dusieurs troncs dans la vésicuie du fiel et dans le canal cystique; car rarement on trouve un vaisseau hépatique qui s*ouvre directement dans rintestin.
Un petit nombre de Poissons paraît manquer de vésicule du fiel , La éi(t des poissons varie dans sa composition chimique. Suivant M. TniNARD, celle des Rata et des S^mo est d'un blanc jaunâtre , O^ et formée de beaucoup de matière sucrée analogue au picromel ; tandis que chez les Cyprintis et les Murœna elle est d'un vert très-foncé, et formée de choléchlorine, de soude et de picromel.
§ IL Dissection et conservation.
Les préparats de l'appareil digestif dés poissons se font comme pour les classes supérieures ; mais pour bien voir les viscères en place chez les espèces dont le corps est comprimé , et c'est la majorité , il faut ouvrir l'abdomen par le côté , en enlevant toutes les côtes. De cette manière on les verra non-seulement le mieux dans leur situation naturelle, mais on pourra encore les étudier en détail sans les enlever eu masse.
SECONDE DIVISION
DE l'appareil digestif DES ANIMAUX ARTICULÉS.
L'appareil digestif des animaux articulés , et surtout celui des Insectes , est souvent tout aussi complexe que chez les Vertébrés supérieurs ; les organes masticateurs y sont même plus compliqués , et les muscles du pharynx fort distincts et assez nombreux. Enfin les parties successives dont le canal alimentaire est formé sont , chez beaucoup d'espèces, aussi distinctes que chez les Mammifères, et reçoivent , par leur analogie de disposition et de fonctions , les mêmes noms que chez ces derniers. Là où ces parties sont le plus nombreuses on distingue ainsi une cavité buccale , un phart/nx, un (Œsophage, un jabot, celui-ci souvent remplacé par un jabot succenturié; un gésier ou estomac , un petit et un gros intestin , un cœcum et un rectum; mais souvent plusieurs de ces parties se remplacent ou se suppléent.
Quant aux glandes sécrétoires des liqueurs digestives , on les distingue également en saiiv aires et en hépatiques; mais on ne trouve rien qui paraisse être l'analogue du pancréas , lequel semble être remplacé par diverses espèces de glandes intestinales.