APPAREIL DIGESTIF DES ANIMAUX ARTICULES
J*ai déjà fait remarquer , en parlant du système tégumentaire , que les organes de la mastication ne sont que des pattes transformées et quel est leur mode de décroissement dans la série de ces animaux ; mais ces organes sont , aussi bien que dans le premier embranchement , subordonnés à la nature des aliments dont ces animaux se nourrissent , et Ton peut tnéme distinguer nu'eux que chez les Vertébrés quelles sont les eq)èces herbivores ou carnivores , et quelles 5:ont celles qui se nourrissent de matières dures , molles ou liquides. Chez ]f*s carnassiers les mandibules sont ou très- saillantes ou armées de fortes dents , tandis que chez les herbivores elles sont généralement obtuses et à bords tranchants.
Les mâchoires sont également plus robustes et pourvues de dents plus ou moins saillantes chez les premiers , tandis qu'elles sont faibles et à dents obtuses chez les seconds. £nfîn , chez les espèces qui vivent de liquides , les organes de la bouche , ou du moins une partie , se transforment en fifets grêles composant par leur réunion une trompe au moyen de laquelle ils pompent ces liquides.
Quant aux proportions du tube intestinal lui-même, elles sontd*une part relatives à la nature des aliments], et de l'autre à la forme générale du corps. On peut de là diviser les animaux articulés en deux grandes divisions , relativement à la forme de leur tube intestinal : l'* ceux dont le corps est composé de segments à peu près semblables , et 2" ceux dont les segments sont dissemblables. Chez les premiers le tube intestinal ne forme que de légers replis et se rend d'ordinaire en ligne droite de la bouche à l'anus , et sa capacité est relative à la qualité des aliments , c'est-à-dire qu'il est plus ample chez les herbivores et plus étroit chez les carnassiers. Chez ceux de la seconde division le canal intestinal fait au contraire des circonvolutions plus ou moins nombreuses dans la partie du corps qui est plus spécialement destinée à ïe Ic^er ; et sa longueur , relative au volume du corps , dépend également de la nature des aliments , étant plus petit chez les carnassiers et [^us ample chez les herbivores. Cette dernière loi éprouve cependant d'assez nombreuses exceptions lorsque la longueur est compensée par plus de largeur.
La dépendance qui existe entre le canal alimentaire et la forme extérieure du corps est une conséquence naturelle de la capacité nécessaire que les intestins doivent avoir par rapport à la masse du corps. Chez les espèces dont les segments du corps sont semblables , ce dernier est ordinairement allongé et grêle, de manière que le canal alimentaire est suffisamment long en allant en ligne droite de la bouche à l'anus. Chez celles au contraire dont le corps est partagé en plusieurs parties de formes différentes , celui-ci est le plus souvent court , et renflé seulement dans Tune ou l'autre de ses parties , qui seule con-
30 À^i>ABEiL DlCEStir.
tient la principale masse du canal alimentaire , lequel est obligé ou de s'y dilater considérablement ou de se replier "sur lui-même pour atteindre la capacité nécessaire.
Il paraît que tous les anuiaux articula ont des glandes salivaires et un foie, mais celui-ci sans vésicule biliaire, qui semble ne m trouver que chez certains Vertébrés. •
ARTICLE PREMIER
DE l'appareil digestif DES ANNÊLIDES.
§ P'. Jnatomie,
Dans la classe des anm^lidës , le corps est généralement grêle , et le canal alimentaire, de là droit, ne présente que des renflements peu considérables, qu'on peut à' peine qualifier d'estomac ou de gros intestins; mais les parles dans lesquelles il se divise sont souvent fort distinctes par leur contexture.
Chez les Lainùricus , animaux les plus simples de tout Tembranchement , placés à la suite des poissons galbxiens , tout Tappareil digestif ne forme qu'un canal droit se rendant directement de la touche à \'anus ; et ces orifices , placés aux extrémités du corps , ne sont accompagnés d'aucun organe spécial. La bouche saisit simplement la nourriture , el l'avale par l'effet des constrictions du canal , qui m diffèrent pas du mouvement péristaltique. .
Chez les an.nhudes supérieurs les organes masticateurs se compliquent de plus en plus, mais ne sont pas encore disposés régulièrement par paires , comme chez les Articulés à téguments solides. Déjà chez les Hirudo on trouve dans la bouche trois petites mâchoires disposées en trépied régulier , chacune formée d'un m^imelon charnu , musculeux , comprimé , à bord saillant en arc de cercle , surmonté d'une série de petites pièces cornées , composées de trois apophyses , dont deux , fixées au mamelon , servent de pied à la troisième , qui s'élève librement et forme avec les autres une scie ai*quée extrêmement fine , avec laquelle l'animal entame la peau pour sucer le sang.
Chez les Nereis les pièces solides ou mâchoires , au nombre de quatre paires, mais irrégulières, sont placées dans les parois de la bouche, et forment déjà un appareil masticateur très-compliqué, propre à entamer des corps fort durs.
Le canal intestinal forme bien des dilatations dans certaines espèces d'ANNKLioEs , mais il serait difficile de les comparer à celles des Vertébrés. Dans plusieurs genres cependant on trouve des cce^
APl^AnElL DlGÉStll' DES ANNELIDE^. 31
ùum fort distincts , et même ramifiés , comme , par exemple , chez les Àphrodita , qui en ont tout le long de la partie postérieure latérale de rintestin ; mais ces organes paraissent plus particulièrement sécrétoires de quelque liqueur digestive , de même que le ccecum pylorique de beaucoup de poissons.
Le canal intestinal des a^nklides est généralement composé de trois tuniques : une muscuhuse, souvent Tort épaisse ; une propre, spongieuse ; et un epithelium corné ; les deux dernières formées , comme d'ordinaire , par un prolongement des téguments.
Les glandes dépendantes du canal alimentaire varient beaucoup pour la foi-me et la disposition. Ces animaux ayant encore une véritable circulation sanguine, ces glandes peuvent être conglomérées, et le sont en effet en partie ; mais je ne puis rien indiquer id sur leur nature , ces organes étant encore trop peu connus.
§ IL Dissection et conservation.
Pour préparer Tappareil digestif des MVNikmES , on ouvre le corps dans toute sa longueur , soit par le dos , soit par le ventre , selon la face qu'on veut mettre en évidence. Pour cela on fixera d'abord l'animal à ses deux extrémités, par des épingles, sur un plateau en liège ; faisant ensuite une petite incision aux téguments pour les percer , ainsi que les muscles subjacents , on introduit dans la cavité viscérale une des branches des ciseaux pour fendre le corps dans toute sa longueur; mais il faut couper petit à petit et s'assurer à chaque coupe qu'on u'intéresse aucune partie qu'on veut conserver. Ces animaux étant mous , on peut , à l'aide d'une bruceile , tirer un peu les téguments à soi pour les écarter du tube intestinal. Le corps étant enti( rement ouvert , on écarte les deux bords de la fente en déployant les téguments , qu'on fixe au plateau avec des épingles. Toutes ces opérations doivent se fai^e sous l'eau. £n remuant légèrement les parties , ou les voit se détacher les unes des autres et flotter ; ce qui permet de l^s distinguer parfaitement.
Si le corps de l'animal est blanc , on se servira d'un plateau noir , afin qu'il se détache mieux à la vue ; si , au contraire , il est d'une couleur foncée , on se servira , pour la même raison , d'un plateau blanc pu simplement en liège non couvert.
Lçs préparats du canal digestif des aninklidës se conservent dans la liqueur , comme , en général , toutes les parties moUes des petits animaux.
ARTICLE IL DE l'appareil digestif DES MYRIAPODES.
§ I**. Anatomie,
Chez les myriapodes les organes de la bouche deviennent réguliers et disposés par paires latérales, provenant, du moins pour les mâchoires et la lèvre, ainsi que je Tai fait remarquer en parlant des téguments, de {^usieurs paires de pattes qui se sont portées sur la tête avec leurs segments respectifs pour se transformer en organes de la bouche *.
Le canal alimentaire est droit comme cliez les Annéiides; mais on y distingue déjà diverses parties qu'on peut appeler (Œsophage, gésier, intestin, etc., qui varient beaucoup d*un genre à Tautre. Chez la Scoiopendra inorsiiaus, par exemple, on trouve un cesophciga fort long, dilaté postérieurement en nn jabot succenturié, suivi d'un gésier très -petit, fort musculeux, replié sur lui-même, dans lequel la muqueuse forme des plis très-saillants , irréguliers et cornés sur leur bord, constituant un appareil de rumination destiné à broyer une seconde fois les aliments , appareil qu'on trouve surtout fort développé chez certains Crustacés et Insectes. Ce gésier est suivi d'un large intestin froncé en travers , couvert en dehors d'un grand nombre de filets blancs venant de l'extrémité postérieure de l'intestin qu'ils accompagnent pour s'insérer sur le gésier. Il est probable C[ue ce sont les analogues des vaisseaux iiiiaires des Insectes. La partie intérieure de l'intestin est chargée d'une quantité de petites villdsités qui paraissent être des glandes.
Dans la première partie de l'intestin, la muqueuse forme de forts plis transversaux, et cette partie se termine par un rétrécissement où s'insèrent deux grands vaisseaux sécrétoires simples, probablement urinaire^. Au delà de ce rétrécissement , le canal intestinal devient fort étroit, formant des plis longitudinaux, et constitue le rectwin^ qui s'ouvre dans un cloaque, et celui-ci au dehors par Va^us placé à l'extrémité du corps.
Chez tous les animaux ARTicuLib trachéens, comprenant les myriapodes , les insectes et les arachnides hol^tres , les glandes sécrétoires ne sont plus conglomérées, ou du moins composées seulement d'une rangée de foiticules , mais prennent d'ordinaire la forme de glandes simples, renflées, ou bien celle de longs vaisseaux, dont les
> Voyez mes Consid. génër. sur VAnat, comp. des Anim, artic, , p. 220.
APPAREIL DIGESTIF PES StYRIAPODES. ^3
parois sont sécrétoires. Cette modification a dû être apportée à ces organes comme conséquence de celle qu'a subie le système circulatoire. En effet, chez les vertj^br^, et même encore chez les crustac^, les ARAcnKiDEs PULMONAIRES et Ics GNATHOPODEs , appartenant aux animaux ARTicuû^, ainsi que dans tous les mollusquei^ où il y a une circulation sanguine, les glandes en général peuvent être conglomérées, le sang abondant nécessaire aux sécrétions pénétrant facilement dans leur intérieur au moyen des vaisseaux qui le charrient. Chez les animaux trachéens au contraire, où le sang baigne simplement les viscères sans être contenu dans des vaisseaux, cela ne pouvait pas avoir lieu ; et la nature, qui pare toujours d'une manière si admirable à tous les inconvénients, y a remédié ici en isolant pour ainsi dire chaque follicule des glandes, ou bien en donnant à ces organes la forme de longs vaisseaux dont les parois sont baignées dans une grande masse de sang qui les pénètre facilement. C'est ainsi que déjà chez les myriapodes les glan^ des que je regarde, par analogie avec les Insectes, comme étant sécré^ leurs de la bile et de Turine, prennent la forme de longs fdets simples.
Certaines glandes cependant sont encore conglomérées, mais com^ posées de manière que chaque follicule a au moins une de ses portions à la surface. Ce cas se présente déjà pour les glandes du venin de la Scoiopendra morsitans. Ces organes, placés latéralement dans les segments anléileurs du corps , depuis la première paire de pattes jusqu'à la sixième, ressemblent à des lobes graisseux composés de lobules i^s ou moins isolés et dont chacim produit un canal excréteur qui se réunit à ses voisins pour s'ouvrir de chaque côté dans trois troncs principaux, longeant la face interne de ces amas de glandes; et ces conduits extérieurs communs pénètrent , l'un dans la pince ou mâchoire du même côté , le second dans la lèvre , et le troisième dans la mandibule.
Le canal intestinal est formé également de trois tuniques : une wtwcuieuse, qu'on ne distingue pas partout, ou est du moins réduite souvent à quelques fibres éparses ; une tunique miu/ueuse fibro-celluleuse, contenant souvent des cryptes ; et une epitheiium, quelquefois très-déliée dans certaines parties , et devenant au contraire dure et cornée sur les saillies des plis du gésier.
§ IL Dissection.
Pour désarticuler les organes de la bouche des myriapodes, on Me l'anima], le ventre en dessous, sur im plateau en liège sans attacher la tête. Dans cette position , si c'est un chilopode , on enlève d'abord d'une seule pièce la partie antérieure de la tête, formée par l'épicrâne et porfant en de^sous le labre et les mandibules. Il stiffît pour cela de TOM. IT. 3
34 A^PARÈit DIGEStl^.
couper chrculaireiiieiit, au mo3Pefi â*uD scalpel fin, les téguments meÉâ qui uBBsent cette pièce au re^e de la tête , et on rarracbe après en déchirant les parties molles qu'on ne veut pas conserver ; ou bien on les coupe soit avec le scalpe) , soit avec le microtome.
On désarticule ensuite de même la [Mèce postérieure du crine, formée d^un segment qui circonscrit la tête et qui porte en dessous les crochets servant à saisir la proie , crochets qu*on a à tort rega»tlés comme représentant la lèvre des Insecte», tandis que ce sont les analogues de leurs mâchoires *. Ce second segment détaché, on enlève toutes les parties molles an moyen du scalpel, des aiguilles courbes et des brucelles. Reprenant ensuite la partie antérieure de la tête, on k fixe, l'épicrâne en dessous, et Ton enlève le labre en le désarticulant, ce qui est assez facile, cette pièce n*étant fixée que par des ligaments tégumentaires qu*on coupe le long du chaperon. Quant aux mandibules, placées plus profondément, cela devient un peu plus difficile, cet organes tenant à Tépicrâne par une articulation par embêtement on à condyle. On découvre facilement cette articulation en faisant re* muer la iftandibule; et, ayant une fois remarqué où eUe est, (m coupe partout ailleurs les ligaments qui retiennent la pièce, sans forcer avec le scalpel le point où se trouve Tarticulation ; la mandU)ule ne tenait plus que par cette dernière , on Farracbe en k saisissant avec le crochet de Taiguille courbe.
Les diverses pièces qui constituent les mâclioires et k lèvre ne se trouvant uùïes entre c^Ies que par des articulations l^menteuses linéaires , on les sépare aisément en fendasit tout autom^ ots Hgamenti avec la pointe du scalpel
Pour que ces préparais soient surtout faciles àfabe, je conseille de fsBre macérer k tête pendant quelque temps dans de Teau , juaqa*^ ce que les chairs soient corrompues , mais non pas encore les ligaments.
Si Ton veut préparer les muscles des oi^anes masticateurs et le plurynx » il faut ouvrir la tête par en haut ; pour cek , où fixe lecoffpf le veMre en dessous en jrfantant également une épi^le ccmrte dan» hi partie k {^«s antérieure de k tête , mais en l'inclbant fortement peur qu'elle ne gêne point dans la dissectiius. La tête bien fixée , (m coupe avec le tranchoir, très-obliquement, une lame de Tépicrâne en taillant d'avant en arrière et sciant le moins possible ; je dis qu'il faut faire la coupe très-obliquement pour ne pas endommager les organes placés sous les tégum^its et n'entamer qtie ces derniers. La tète use fois ouverte dais un petit endroit , on agrandit l'ouvertore en coupant peët
« Vdy«z mes Coniid génér.y etc., p. 40.
APPAHEIL biGESTir des MtRIAPODES. 35
à petit des lanières da bord de cette dernière, jusqu'à ce qu'elle occupe tout le dessus de la tête. La pièce étant placée alors sous Teau , on enlève par petites parcelles tous les débris des organes qu'on«a coupés , ayant soin de ne rien déranger de ce qui est en place jusqu'à ce qu'on Tait étudié.
Pour enlever un muscle ou un organe quelconque , on commence par le bien décoller, au moyen de l'aiguille courbe, en le séparant de ceux qui l'avoisinent, afin qu'en l'enlevant on ne les arrache pas avec puis on coupe le muscle successivement à ses deux attaches, le tendon avec le microtome , et les fibres de l'autre attache soit avec le scalpel, soit avec l'aiguille courbe , soit également avec le microtome ; ou bien on arrache le muscle lorsque le tendon est déjà coupé , et l'on procède ainsi par couche , ayant soin de ne laisser aucun débris des organes qu'on vient d'enlever avant d'en disséquer un autre , à moins qu'on ne le juge nécessaire , ces débris embrouillant d'ordinaire tellement le? préparats , (pi'on finit bientôt par ne plus s'y connaître. Il faut aussi avoir soin , dans ces dissections , de ne pas faire remuer beaucoup les mandibules, les mâchoires et les lèvres, ces mouvements produisant des tiraillements sur leurs muscles , qui les font rompre.
Le caniil alimentaire peut être légèrement insufflé par l'anus pour le faire gonQer sans trop le dilater, afin de voir la forme qu'il prend ; on fwa cela sans déplacer la pièce anatomique.
Quant 9i\k% glandes venimeuses , on les découvre facilement dans la partie latérale des segments antérieurs ; et , avec un peu de soin , on trouve bientôt leurs canam^ excréteurs , qu'on d^age facilement jusqu'à leur terminaison. Les vaisseaux biliaires et urinaires sont quelquefois difficiles à suivre , vu qu'ils se collent plus ou moins au canal intestinal et se rompent facilement Pour les isoler, on les pre];id me un point quelconque de leur longueur, où ils sont un peu détachés ; on les écarte en les tirant au moyen du crochet de l'aiguille courbe, et l'on coupe avec le microtome les trachées et autres filaments qui les retiennent. Après en avoir dégagé une partie , on la tient écarte en y plaçant une épingle fixée dans le plateau. On isole de la mêmQ manière différentes parties, et on arrive enfin à les détacher dansf toute leur longueur. C'est un travail qui demande beaucoup de patience et une grande sûreté dans la main , surtout lorsque ces vaisseaux sont fort longs, très-adhérents et entortillés, comme cela arrive chez beaucoup d'Jjisectes.'
% IfL Conservatioii.
On conserve les organes de la bouche de la même manière que toutes les autres pièces solides ; mais comme ces parties , ainsi que les antennes, constituent les principaux caractères d'après lesquels on dis-
I jugnc les genres, il est bon de les avoir séparément et d'sposées convndodément pour Tobsenation , eu ayant besoin à tout instant. Pour cela , je consene ces organes , et en général toutes les petites pièces servant à la classification des, genres et des familles, soit dans des porle-objets-boîtes , soit simplement dans de petites boites en cartoQ fermant bien hermétiquement Les pièces isolées et séchées , on les passe au deulochlorure de mercure , et on les fixe , si elles sont trèspetites , sur des rondelles en papier un peu fort en les y C4)llant avec un peu de colle à boudie , et mieux avec de la gomme. Les pièces plus grandes , on peut les laisser libres dans les boîtes.
Le tube intestinal , on le conserve dans la liqueur comme toutes les parties molles , mais le moins possible exposé au jour, qui fait noircir ces préparats.
ARTICLE IIL
DK i/APPAREIL digestif DES INSECTES.
§ I"". dnatomie.
L'appareil digestif des insectes ressemble beaucoup à celui des Myriapodes , mais prend un plus grand développement , surtout dans les parties de la bouche, qui offrent dans chaque ordre des caractères différents. Ces derniers organes commençant, dans la classe précédente, à se transformer de pattes en mâchoires et en lèvres, cette modification conlinue encore dans les premiers ordres des Insectes, où ils se compliquent d*abord dé plus en plus chez les thysaisouues , les co- Liî:opTkREs et les onTHOPTÎîRES , où ils atteignent le maximum de leur perfection comme organes 1)roycur s ; et ils dégénèrent ensuite de nouveavi dans les ordres suivants pour se transformer en organes suceurs, en passant successivement des OBTHOPTknES aux ordres des M':vi\OFrkRES, des nYM^NOPTÎînEs, des néMiPTkREs, des DiprkREs et des Li'PiDOPrkREs*. Mais comme je ne puis pas entrer ici dans des détails sur la forme et la disposition de ces organes dans chacune de ses divisions , ne pouvant pas les exposer assez au long en les accompagnant de figures , je me bornerai à les indiquer sommairement , et renvoi*; , pour de plus amples explications , surtout pour les coliî:op- TkRES, à Fouvragc que j*ai publié sur Tanatomie de ces animaux ^.
La houche des coLÉOFrkRES est toujours placée à l'extrémité de la tête ; mais celle-ci est souvent fléchie en dessous. Elle se compose', ainsi qu'on Ta déjà vu en parlant du système tégumentaire , de plusieurs paires d'oi^anes masticateurs , c'est-à-dire : 1° d'un iahre placé
* Consid. génér. , eici , p. ît 1 7 .