‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 68 sur 147 · DE L*APPAR£IL RESPIRATOIRE DES CRUSTACÉS · texte numérisé non relu

DE L*APPAR£IL RESPIRATOIRE DES CRUSTACÉS

§ T. Anatomie.

On ne trouve que des branchies ches les crustacés * et partout ce sont des appendices tenant soit aux membres locomoteurs , soit aux organes de la, bouche , qui sont eux-mêmes des pieds traneCormés, ou bien encore les pattes postérieures sont ei^^em^ chinées en branchies.

Chez les isopooes (Rieurs paires de pattes postéri/BUiUBS s*élargi$^ieitf en lamelles pour devenir ainsi des curganes respiratûires san« aitfre fonction connue. Dans les genres Otùscus et ArmadiUû , aoiman^ entièrement terrestres , les branchies sout formées et disposées ab^ lument comme dans les isopodbs aquatiques , tels que les Ly§ia , par exemple , qui en sont fort voisins. Aussi ces animaux présentent-ils le dernier d^ré de possibilité de branchies extérimires «enrant à une respiration aérienne ; encore ces organes ne sont-ils pa§ f^ffosé» à Tair libre , les surÊM^es respiratoires étant cachées entre les feiiWets que ces organes forment; et ces animaux vivent aussi d'ordinaire daa^ un air humide , qui facilite la respiration.

Chez les branghiopodbs toutes les pattes sont omvatîes, aok totalement, wÂi en partie seulement, en branchies; et cette transionnatijQii est d'ordinaire d'autant j^us compile que les membres sont plus poal^ rieurs , les derniers ne servant généralement qu'à la respiration ou bien à porter les ceuis , et las antérieurs en partie à la nage ou à la préhension.

Dans d'autres crustacés encm^ , formant Tordre des n^CAPoms , les branchies, placées sous le bouclier, sont des appendices des mombres ambulatoires ainsi que des pieds-mâclioires. Ces branchies étant ainsi renfermées dans une cavké formée laténrfement par le boucHer et la partie stemale du tronc , qui se replient l'un sur l'autre , il en résulte que ces organes ne se dessèchent pas promptement : aussi les DÉCAPODES peuvent4ls vivre assez long-4emps hors de l'^u 6| re«^ pirer l'air.

Chez 1^ offiPaAKQQfis , ordre que j*ai fermé avec las geores Cypris et Cf/therea , Jeu t)randiies qe «oot que des appeodiees des jorganes de la bouche.

I^ m:ouàMOWS oui; leurs pattes aUomioales converties en hrauchies , fii les antérieures ou ambulatoires n'en portent que comnu: j^^peaidices.

Pour rendre la respiration [dus a<4v^ , les Crustacés agitent plus ou j^oins raindement leurs membres brandiilères , s&û de renouveler ccmstamment Feau qui les baigne , ^ d'autant plus que ces organes so^ moins à découvert.

§ II. Pissection et con^erpatioii.

Les branchies des crustacés , étant toujours plus ou moins isolées , peuvent très-bien être vues en détail sur Tanimal entier , et n*ont pas besoin qu'on les prépare. Quant à la disposition des vaisseaux sanguins, formant les artères et les veines branchiales', j'indiquerai, à l'occasion du système circulatoire , la manière de les injecter.

Pour compter le nombre des battements rapides des branchies , j'emploie un moyen qui m'a toujours bien réussi : je fais avec la main, tenant un crayon entre les doigts, de petits mouvements verticaux isochrones avec les battements des branchies ; ce qui est assez facile pour peu qu'on soit exercé ; et à chaque abaissement je fais avec le crayon un petit trait sur un papier. Comptant ensuite fe nombre des traits faits dans une minute, j'ai d'ordinaire peu de différence d'une observation à l'autre , faites successivement sur le même animal.

On peut très-bien conserver les branchies à l'état sec , quoiqu'elles se contractent souvent beaucoup ; et pour empêcher qu'elles ne se déforment trop , on peut employer le saMe , comme pour les branchies des Poissons.

ARTICLE V

DE l'appareil respiratoire des arachnides.

§ I. Anatomie,

On trouve tr(4s modes de re^iration dans la classe des ARAcuNinES i celui par poumons , ci^iû par trachées et celui par brancbies : d*4>ù dc^ anin^auic ont été d'abprd divisés en deux grands ordres, les aracii^ uim& bijlaiona^r£S et les Arachnides tracMens, ou hol^trbs, auxquein j'ai joint les gnathopodbs, ou Arachnides branchifères , formés par le genre Liinulus, Le premier comprend les familles des scoupiONmEs , des OBismES , des PonockREs et des aranj^udes, animauk dont les poumons sont placés par quatre, par deux ou par une paire, sous l'aMo-

168 ORGANES DE LA EfSPlRATlON.

oien , dans des poches spéciales ouvertes en dessous chacune par une ouverture trans\er8ale, qu*on nomme ordinairement stigmate ; mais, comme ce nom est déjà employé pour désigner îes orifices des trachées, je crois qu'il est plus convenable d'assigner à ces ouvertures un autre nom cliez les arachnides , et je propose celui de pneustomes *.

Les organes de la respiration des ARAcn^mES pulmonaires consistent en un appareil intermédiaire pour son organisation entre les poumons des Vertébrés et les trachées des Insectes. Chacun de ces organes consiste en un nombre souvent assez considérable de petites poches simples , comprimées , à parois contiguës , de manière que leurs deux feuillets paraissent n'en former qu'un seul , et assemblées comme les feuillets d'un livre, c'est-à-dire comme si les feuillets de ce livre étaient réunis deux à deux sur leurs tranches. Ces poches , ouvertes du côté du dos du livre auquel je compare cet organe, y communiquent avec uue cavité conunune assez petite , également disposée comme celle qu'on remarque dans le dos d'un livre relié; et ce canal est enfin ouvert au dehors par l'ouverture dont je viens de parler. L'air, en entrant par cette dernière dans la ca\ité commune, pénètre de là dans les poches pulmonaires , où l'oxygène agit sur les vaisseaux qui viennent ramper dans les deux feuillets de ces sacs.

Vus par le côté intérieur, ces poumons se présentent comme un assemblage de nombreuses lames simples (les deux feuillets de chaque poche étant appliqués l'un sur l'autre), toutes fixées à l'jin de leurs bords, et libres, du reste, dans tout leur périmètre. Elles forment ainsi dans chaque |)oumon une pile dont les extrêmes sont généralement de plus en plus petits.

Je n'ai jamais pu m'assurer de la forme et de la disposition des trachées dans les hol^tres; j'ai bien vu leurs principaux troncs partant des deux stigmates placés en arrière de la quatrième paire de hanches chez les P/iaiaiigium^hii espèces les plus grandes de nos climats, mais trop petites cependant pour qu'on puisse facilement suivre ces vaisseaux et en faiie des préparats démonstratifs. Je n'ai jamais pu disséquer non plus qu'un seul individu de Saipuga , que je dois à l'amitié de M. Ruppell, qui le rapporta de l'Arabie Pétiée; j'y ai également très-bien vu les gros troncs trachéens partant des deux stigmates [^acés en arrière des hanches de la seconde paire de pattes , mais il m'a été impossible de suivre les trachées. Dans c^ deux genres d'noLkTRES , ces vaisseaux m'ont cependant paru partir en forme de houppe de chaque stigmate pour se répandre dans tout le coips, sans communiquer entre eux.

« De TTvfvfAa, souffle, hatoine, et de ffTÔ|*a, orifice,

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