APPAREIL DIGESTIF DES INSECTES
transversalement au-dessus de l'orifice buccal ; 2° de deux maiuliéuies égales , latérales , formées d'une seule pièce , sans palpes , articulées par eharnière au moyen de deux condyles qui ne leur permettent qu'un mouvement ginglymoïdal de dehors en dedans , et principalement destinées à couper et à broyer des aliments ; S'* de deux rnâefioires composées de plusieurs pièces mobiles, et fixées à la i)artic inférieure de la tôle par un seul condyle ; ces organes concourent avec les mandibules à broyer les aliments , et avec la langue ù les retourner et h les déglutir ; /i° d'une ian{ftte placée , comme celle des Vertébrés , dans la partie inférieure de la bouche. C'est un lobule impair, mou, mobile, non extensible, destiné à retourner le bol alimentaire ; et 5° d'une itvrt ( inférieure ) impaire fermant la cavité buccale en dessous , et composée d'un corps ou partie moyenne formé de plusieurs parties, et de deux palpes iaùiaux placés sur les côtés.
Dans l'ordre des ouTnoPTkRES, la bouche est composée des mêmes organes que chez les Coléoptères ; seulement la partie terminale des mâchoircis est un peu plus compliquée , ayant un appendice terminal ou prémaœiiiaire mobile, tandis qu'il est Cixe chez les Coléoptères, où il n'existe même pas toujours.
La (èvre , tout à fait analogue à celle de ces derniers , est mieux organisée , ses parties étant plus développées et plus distinctes.
Chez les N^VROPTkiŒS , la bouche est à peu près la même que dans les Orthoptères ; les différentes parties des mâchoires et de la lèvre commencent cependant déjà à subir une dégradation. Mais c'est dans l'ordre des nYMÉvoFrkiiEs que leur transformation d'organes masticateurs en organes suceurs devient remarquable , ces animaux , et surtout ceux appartenant à la famiUe des MÉLipisnEs, présentant la véritable traïudtion. Les HYBubkOPrkAEs ont même deux iabres , un extérieur anal(^ue à celui des Insectes des ordres précédents , et un intérieur qui n'existe pas chez ces derniers. Lesmandihuies conservent la forme et la disposition qu'elles ont chez les broyeurs, et servent à couper et à mâcher la nourriture solide.
IVlais déjà les mâchoires et la (èvre s'allongent beaucoup dans leurs parties terminales , pour constituer un suçoir tubulé par lequel ces animaux pompent les liquides dont ils se nourrissent, ' Chez les HésnpiiuŒS , la transformation va encore plus loin ; les niandUniies elles-mêmes s'allongent en filets , en formant ensemble un long tube corné , emboîté par des mâchoires de même forme , et le tout est enveloppé par la lèvre qui leur forme une gaine; et dans beaucoup d'espèces les deux iiibres entrent également dans la composition du suçoir, en prenant la forme de longues lancettes.
Chez les Diprkiuss et les AP-rknES , on trouve une disposition à peu près semblable ; seulement la dégradation est plus avancée.
38 AFPARBIL DIQKSTIF.
Enfin , dans les LitpiDOPriîRKs, le labre , la iivre et tes ttum^téuies dl^)arais8ent , et les mâchoires s'allongent considérableaieBt et se divisent en une multitude de petits articles pour former ime trompe omique contournée en spirale dans le repos.
Le canal alimentaire des insectes supérieurs, ou des GOijk>rrkBKs, des ORTnoPTkREs et des HYMJ^NOPrkRES, etc., présente assez distinctement les diverses parties que j*ai indiquées en parlant du tube di« gestif des animaux articulés en général ; mais pas tontes à la fois.
Le pharynx se caractérise par plusieurs muscles qui s'y rendent des parois de la cavité crânienne.
Vœêophage est plus rétréci , souvent cylindrique , et se termtiie au gé»cr ; mais souvent aussi il se dilate beaucoup dans sa partie tei*minale, en formant, comme chez les Oiseaux, un jaiot êuecenturié, qu'on trouve surtout lorsqu'il n'y a pas de jabot proprement dit. Ce dernier, quand il existe, a la forme d'une bourse à col rétréci, suspendue au côté de l'œsophage.
Le gésier, plus ou moins distinct et très-variable pour l'ampleur, porte fort souvent dans son intérieur un appareil de rumina^ tion , formé de pièces solides aussi dures que les mandibules ellesmêmes , et servant à broyer une seconde fois les aliments qui passent dans cette cavité. Ces pièces sont quelquefois très<^nombreuses, toutes semblables, et disposées en plusieurs séries allant du cardia au pyfore; d'autres fois elles ne sont semUabies que par séries paires; d'autres fois encore chaque série est remplacée par une pièce unique, toutes semblables, ou seulement par paires; enfin, il y en a où tout l'appareil se réduit à deux pièces opposées, et même à une secde ; et celle-ci di^araft chez beaucoup d'espèces» Cet appareil se trouve chez des insectes de tous les ordres , mais plus particulièrement ches ceux qui se nourrissent de substances dures; mais, malgré le grand nombre de ces animaux que j'ai examinés, je n'ai pu découvrir la véritable cause déterminante de l'existence ou de l'absence de cet appareil.
Vintestin qui suit le gésier se distingue souvent en plusieurs parties : la première, plus gréie ou iléon; une seconde , ordinairement plus grosse ou colon; un coscutn et un rectum; mais qui n'existent pas toujours simultanément. Ces parties se distinguent tantôt par leur calibre , tantôt par différentes sortes de glandules en forme de petits boyaux aveugles qui les hériss^M: , et tantôt par l'insertion des vaisseaux biliaires ; et le rectum se distingue mtlinairement en ce qu'il est très-muscoleux.
Le tube intestinal se termine généralement dans un cleaque, et reçoit constamment les canaux excréteurs urinaires.
Le canal ^imentaire eist formé de trois tuniques : la plus externe^
APPAREIL DMjfiSTlF 0Bft INSECTES. 30
mtmcuii^UBt^ Ywrk beaucoup dans les difiPéreates parties ; dans l'œsophage, ses fibres, principalement transversales, sont quelquefois très-et^NK^ées, fonliant un simple réseau qui en^-eloppc ce canal. Sm' le gé^er eUe est d'ordinaire très-forte, surtout chez les espèces qui eet un appiN^il de rumination bien développé. Sur l'iléon, elle est de nouveau assec ùiible; plus forte sur le colon, et plus encore sur le rectum,
La seconde tunique, ou la muqueuse, m fibro-celluleuse , ou ^utôt spongieuse; eUe varîe au»i beaucoup pour l'épaisseur, et contient souvent un nombre considérable de cryptes.
La membrane la plus interne, ou Vepitkeluim, est ordinaire* ment fort mince et difficile à distinguer ; mais souvent aussi elle de^ vient cornée, dure et fort épaisse, surtout sur les pièces de l'appareil de kl rumination qui en font partie.
Quant aùt glandes dépendantes du canal digestif, elles prennent le plus souvent la forme de vaisseaux plus ou moins longs, comme d'ailleurs chez tous les animaux trachéens. Elles peuvent se distinguer en dnq principales espèces : les glandes salivairea^ dont les canaux s'ouvrent dans l'origine du canal alimentaire pour y verser leur humeur, destinée, d'une part, à lubrifier ce dernier, et, de l'autre, à produire sur le chyme le premier degré de digestion. Elles oc* cnpent la cavité de la tête , et quelquefois même celle du corselet.
Les Insectes rendent quelquefois par la bouche un liquide qui est probablement cette même salive. Les Mouches ordinaires , par exem^ {^, le versent par petite quantité sur les substances sèches qu'elles veulent sucer, afin de les dissoudre. Ceux qui vivent du sang des wa* très animaux, comme les Culex^ les Cimex et les Puiex, etc*, tm'sent même dans la plaie qu'ils font avec leur suçoir une certaine quantité de cette salive, cpii, étant très-irritante, produit cette démangeaison qu'on ressent après leur piqûre , et que tout le monde cmmaît ; on ne devine pas pourquoi ce liquide dmt nécessairement être venimeux.
Les glandes , qui versent leur produit dans le milieu k peu près du canal alimentaire, se distinguent en deux e^)èce8 : les unes , en, forme de follicules tr^-pettts ^ sont implantées en nombre considérable dans l'épaisseur même du jabot succenturié en avant de l'estomac , et pa-^ raissent être les analogues des giande^s nj<$sti*iques des Vertébrés * et se prolongent souvent aussi en petits vaisseaux aveugles qui couvrent par milliers cette partie de l'intestin , formant tout autour une villoslté très4oufïï]e. Les autres , en forme de longs vaisseatkx simples ou composés, qu'on nomme plus particulièrement vaisseaux hépatiques ou biliaires, sont insérées soil avant, soit après le gésier, et versent dans le canal intestinal un liquide qu'on croit analogue à la
bile ; d'autres |)etits vaisseaux , encore semUaUes aux gastriques pour la forme et la disposition , recouvrent la partie postérieure de Tintestin, d*où je les ai nommés glandes intestinales. Ces follicules, très-apparents chez les Siipha, ne sont, au contraire, aucunement disiiucis chez une foule d'autres Insectes. Enfin , une dernière espèce, formée de longs vaisseaux au nombre de deux ou de quatre, s'ouvre dans l'intestin près de l'anus, et constitue de véritables glandes urinaires. Ces derniers organes sont souvent pourvus près de leur insertion d'une vésicule où s'accumule la matière sécrétée, pour être rejetée au dehors dans certaines circonstances, comme, par exemple, dans la défense chez les Formica^ où cette liqueur ti-èscorrosive et acide (formique) est lancée au loin et produit sur la peau une vive démangeaison; chez d'autres, elle répand une si mauvaise odeur , que les animaux refusent de toucher aux Insectes qui la produisent; tandis que chez une foule d'espèces cette humeur n'a, au contraire , aucune qualité remarquable , et l'animal la rejette au dehors avec les excréments.
On a long-temps confondu les vaisseaux biliaires et les urinaires sous le nom commun de vaisseaux hépatiques ; mais des expériences de Rengcer* firent voir que ceux de ces vaisseaux qui s'ouvrent dans le milieu du canal alimentaire , soit au-devant, soit en arrière du gé-^ sier, produisent sur le chyme la séparation du chyle , même lorsque le mélange est fait hors du corps de l'animal ; tandis qu'en faisant la même expérience avec le liquide contenu dans les vaisseaux postérieurs, on n'obtient, au contraire , pas ce même résultat ; ce qui indiqua à ce savant, que la science a trop tôt perdu , que cette dernière matière est plutôt excrémeulitielle.
Pour m'assurer de ce résullat , j'ai fait à ce sujet des expériences sur la matière contenue dans les vaisseaux postérieurs du Meiolontha vuigaris, où ces vaisseaux s'ouvrent en arrière du pyloi'e, tandis que les hépatiques s'insèrent en avant du cardia. Je me suis procuré une quantité suffisante de celte matière pour avoir pu la soumettre à un examen chimique que M. Chevreul a bien voulu en faire , et ce savant a trouvé qu'en effet elle contient de l'acide urique qui y est à l'état de sous-tirate de potasse et iV ammoniaque; ce qui confirme l'opinion que les organes qui le produisent sont réellement les analc^ues des reins des Animaux vertébrés.
§ IL Dissection et conservation.
Les organes de la bouche , ainsi que les muscles du pharynx , se
* Physiologischc Unfers. iibcr die thier . fJaushal. dcr fnsccten Tùbingen, t8l7,p.2l.
APPAREIL DlUeSTlF 0E8 INSECTES. 41
piépareut comme ceux des 31yriapodes, en ouvrant la tête par eu dessus. Le canal alimentaire , qui fait dWdlnaire diverses circonvo** lutions dans Tabdomen, demande ^ être développé ; on fixe pour cela l'animal sur le ventre , et Ton ouvre la cavité par en haut. Les intestins ne tenant à la région dorsale que par des ûlaments trachéens , il suffit de faire vers Textrémité de cette partie du corps une petite ouverture [X)ur y introduire la pointe du microtome , et , soulevant légèrement les arceaux supérieurs pour les détacher des intestins, on coupe de proche en proche tous les s^meuts jusqu'au plus antérieur. Les deux derniers arceaux, ordinairement plus solides que les autres, on ne les ouvrira cependant qu'après avoir enlevé les autres, ces pièces donnant attache à plusieurs muscles qui se rendent sur le rectum. La fente longitudinale étant faite , on rabat sur les côtés les deux moitiés des arceaux supérieurs , en coupant à mesure qu'on le peut les trachées qui les retiennent, et Ton ouvre aiasi Tabdomen dans toute son étendue. On cou[)e aussi horizontalement avec le tranchoir la partie supérieure du thorax et du corselet, en emportant tout d'une pièce un quart de leur hauteur ; le canal alimentaire y étant placé plus bas, on ne risque pas de Tentamer. Cette coupe peut, pour plus de facilité, être faite en tenant l'insecte entre les doigts, et avant de le fixer.
Le corps étant ouvert dans toute sa longueur, excepté aux derniers segments abdominaux, on ouvre également ceux-ci, mais avec le tranchoir, en n'enlevant que l'écailie des arceaux supérieurs; et cela par petites parties pour ne pas détruire les muscles placés dessous. On fixe ensuite la pièce anatomique sur un plateau , et on la place sous l'eau, pour procéder à la véritable dissection du canal alimentaire. Les différentes parties de ce dernier s'étant bien détachées en flottant, on coupe les trachées qui les lient entre elles, et l'on continue ainsi à les débrider, afin de pouvoir les écarter.
Pour préparer par en haut les organes de la bouche des Insectes broyeurs, afin de voir en même temps le pharynx , on ouvrira le crâne en procédant comme pour les Myriapodes. Après avoir enlevé les premières couches de muscles et être arrivé aux mandibules , il faut se rappeler que ces organes ne sont intimement articulés avec la tête qu'à leur condyle supérieur, où ils sont fixés par des ligaments; on enlèvera , en conséquence , d'abord la partie du crâne qui les avoisine en dessus, et surtout sa partie externe, où se trouvent les condyles; les mandibules n'étant, du reste, liées que par un ligament lâche, on les enlève facilement. Le condyle supérieur étant dégagé, on passe le scalpel en dehors entre la mandibule et la pièce crânienne pour couper la lame dermoïque qui unit ces deux pièces ; reste encore la parlie inférieure, où l'articulation est également lâche; et quoiqu'il y
Ai APPAREIL MtiBSTir.
existe ans» vm condyle dans la partie externe , ce dernier n'est jà* mais accompagné d*aucnn lig^nent spécial , et l'on n*a qu*à eonper le Nen membraneux qui unit les parties pour enlever f^ilement la man« dîbule : 11 feut cependant, atant de remuer cette pièce, couper près de leur Insertion les deux tendons des muscles adducteur et abduc«> teur, qui, étant tiraiUévS, détruiraient d'autres parties qui doivent être conservées.
Les deux mandibules enlevées, on trouve dessous les mâchoires, la langue et la lèvre avec leurs muscles, qu'on peut souvent préparer ensemble, étant placés à côté les uns des autres; seulement la lan^ gue recouvre une partie de la lèvre.
Après avoir enlevé la langue et étudié les organes qui se rendent dans les mâchoires et dans la lèvre , on peut détacher ces parties pour h»s disséquer séparément en ouvrant leurs différentes parties , et surtout les palpes, au moyen du tranchoir ; opération diflScile, vu la peti^ tesse des pièces. On saisit pour cela chaque article du palpe an moyen d'une bruceBe, et cela au côté opposé par où on veut Touvrir, et on en coupe une écalBe longitudinale avec le tranchoir en allant de Textrémité vers la base. Mais il vaut mieux employer le moyen que j'ai indîqné en parlant de la préparation des muscles des pattes d'Insectes, c'est-à-dire de les fixer sur de la cire.
On peut préparer l'appareil de la rumination de trois manières : la prettiiêre consiste à fendre le gésier suivant sa longueur, de le dé* ployer , et de le fixer sur un morceau de liège sur lequel on Tétcnd jusqu'à ce qu'fl soit seC ; la seconde consiste à enlever d'abord tout le contenu en y lançant de l'eau au moyen d'une petite seringue, de l'insuffler, et de le sécher dans cet état de gouflement , pour le couper ensuite en deux moitiés, qui laisseront voir les pièces en place ; la troisième méthode se réduit à faire macérer le gésier jusqu'à ce que Tépithélium , avec les pièces solides qui en font partie , se détachent de la tunique propre. Celle-ci s'enlève alors facilement par lambeaux, et on obtient l'appareil de la rumination tout isolé , les pièces tenant en!»emble, et formant souvent une petite lanterne très^joÙment faite»
On conservé ces préparats comme ceux des Myriapodes*
ARTICLE IV
DE l'appareil digestif DES CRUSTACÉS.
§ P'. Anatomie,
L'ai^reil digestif des crustacés ressemble beaucoup à celui des Insectes , comme appartenant à des animaux du même embranche» ment s vsOki en diffère aussi notablemeut, \a i&uçhe est composée d^
APPAREIL l»lGfifttlF DKS CmVSTACES. 4S
méiîie d'un iaêt^ qai manque soav«nt; d*une paire de mandi^ieê d^uue seule pièce , portant un palpe chez les d^apodbs , les stoma* pcHffis, les os-raAPODfis et les amphipodbs; tandis que ce palpe manque che% les isôpodbs, les PAUAsrrEs et les buanchiopodes.
Les mâôkmreSy toujours palpifères, varient d'une à quatre paires, suivant Tordre, et même suivant les genres.
La ièvrt simple n'existe pas chez tous.
La bouche est souvent placée sous le corps à une distance assez grande de l'extrémité antérieure de ce dernier.
Le canai aiimentaire est d'ordinaire composé de trois parties : d'un œsophage bien apparent, quoique fort court dans beaucoup d'espèces; d'un </é^er souvent aussi très-distinct, et d'un intestin. Mais dans beaucoup de genres ces deux derniers se continuait au contraire insensiblement l'un par l'autre.
Le gésier renferme chez un grand nombre 4e cnusTAcés un appareil de rumination très-variable pour la forme; mais ce caractère n'est pas te seul qui le distingue , il l'est encore par divers muscles qui se rident de sa surfece aux parois du tronc : de manière qu'il peut exé* cuter deg mouv^inents très-actifs et sans aucun doute volontaires; et ee viscère ressemble beaucoup par là à un pharynx rentré , et n'est rédlenient p» autre chose.
Vintesîi^ fait peu de circonvolutions, et se rend assez ordinaire^ ment en ligne droite du gésier à Vanus^ placé au bout de l'abdomen.
Chez les Astactts « de l'ordre des décapodes , l'oesophage est fort court , et se rend directement de bas en haut pour s'ouvrir dans la partie inféHeure du gésier, placé dans la tête immédiatement en arrière des yeux. Ce gésier , très-renflé , est mis en mouvement par j^sieurs musdes vigoureux , et renferme un a{^)areil de rumination composé de trois fortes pièces très-dures et dentées placées dans ^a partie supérieure, servant à broyer les aliments, et de plusieurs autres {dus faibles.
De chaque côté de ce gésier ïje trouve appliquée contre sa paroi ex* téHenre une pièce cdcaire en forme de lendfie > connue sous le nom très-impropre à'ceii d'icrevisse, mais qu'on ne trouve que pendant que l'animal s'apprête à la mue : c'est un dépôt de la matière cakmre qui est résorbée pour servir à donner de la consistance au têt après kmue.
L'intestin est grêle, cylindrique, et se rend sans inflexion à Vtmus^ jdacé sous lé feuillet moyen de la queue.
Le» glandes dépendant de l'appareil digestif des ctvtisTAcés sont peu notaabreuses, et l'on ne connaît même bien que le /bte, qui prend des fermes et àë$ di^)ositlons différentes selon les genres.
Chez les Àstacvs il est double, comme d'ailleurs tous les viscèi-es
44 APPABPIL DIGESTIF.
des ANIMAUX ARTiciiLKii, et placé dans le troûc à côié du gésier et de 1^ partie antérieure de l*intes(in. Jl est composé de plusieurs masses secondaires, chacune formée d'une foule de petits vaisseaux cylindrique^ aveugles , s'ouvrapt dans un canal excréteur fort court pour chaque lobe, et qui se rendent eux-mêmes sur un tronc commun pour chaque côté, lequel va s'ouvrir dans la partie postérieure du gésier.
Plus en avant on trouve encore une -autre paire de glandes mollasses qui paraissent être salivaires.
Chez d'autres, tels que certains AMPmpooEs, le foie forme aux deux côtés de l'intestin une chaîne de gkndules dont le canal e^iicréteur s'ouvre au-devant du gésier.
On distingue trois tuniques dans le canal alimentaire : une iiiiacic- Uuse, une propre ou muqueuse, et un epithciiutn. La première, variant beaucoup pour son épaisseur et la disposition des faisceaux de libres qu'elle renferme, est surtout forte sur le gésûer des espèces qui ont un appareil de rumination très-robuste ; la seconde ttmique renferme des cryptes bien distincts dans certaines parties seulement ; enfin la tunique interne est dure et cornée dans la partie antérieure de Toèsophage, ainsi que sur le gésier lorsqu'elle y forme un appareil de rumination, et pr^ de l'anus. A chaque mue cet épithelium corné s'en va avec les téguments extérieurs; et les saillies qu'il forme sont d'abord molles, mais durcissent bientôt pour pouvoir servir à leurs fonctions ordinaires.
§ IL Dissection et conservation.
On prépare les organes de la bouche absolument conmie ceux des Insectes et des Myriapodes. Quant au canal intestinal, qu'on découvre paiement de la même manière que chez ces derniers animaux , on l'insuille par Tanus poiu* voir sa forme ; on le sort ensuite tout d'une pièce de la cavité qui le renferme, et l'on y injecte de l'eau jusqu'à ce qu'elle sorte claire au côté opposé. Après l'avoir ainsi bien lavé intérieurement, et en avoir fait ressortir toute l'eau, im place ime ligature à l'une des extrémités, on l'emplit d'air par l'autre, où l'on place ensuite également une ligature et on le fait sécher. Si par un accident quelconque il y avait une petite ouverture à ces viscères , on les distendrait ^en y coulant de la graine de millet ou toute autre semence fine à téguments lisses, telle que la graine de trèfle, de lin, et même de la navette.
La petitesse de ces graines fait qu'elles se logent dans les moindres replis, et le lisse de leur surface empêche qu'elles s'attachent, «n même temps qu'elles glissent mieux dans tous les recoins. Ainsi distendue, on sèche la pièce , et on fait ressortir ensuite la graine par le même orifice.