‹ Traité pratique et théorique d'anatomie comparative: comprenant l'art deChapitre 9 sur 147 · APPAREIL DIGBSTIF DES ARACHNIDES · texte numérisé non relu

APPAREIL DIGBSTIF DES ARACHNIDES

Si OD voulait rétablir la forme naturelle de la partie où Ton a placé la ligature, oii n'aurait qu*à la tremper dans de Feau tiède pour la ra* mollir, et on la distendrait de nouveau en Templissaiit d*un corp^ filandreux quelconque qu'on doit préalablement bien graisser avec de rhuile pour Tcmpécher de se coller.

Pour voir le foie, on ouvre, comme pour le canal intestinal, le corps par le dos, ayant toujours soin de ne pas pénétrer profondément dans la cavité de ce dernier, afin de ne pas léser ce \ iscère, qui se trouve souvent , et surtout chez les Astacvs , placé dans la région dorsale. Après ravoir mis à découvert , on place le sujet dans de Feau qu'on agite à plusieurs reprises pour faire détacher les uns des autres les lobes et ies vaisseaux de cet organe ; et , l'ayant bien examiné en place pour s'assurer de ses rapports, on i'exlrait avec le canal alimentaire, et on le voit dans ses détails. On peut insuffler les canaux biliaires par leurs orifices dans le gésier, ou bien les injecter s'ils sont assez gros.

On conserve tous ces préparais comme ceux des Insectes et des Myriapodes.

ARTICLE V

DE l'appareil digestif DES ARACHNIDES.

§ P'. Anatomie,

Les ARACHNIDES ressemblent beaucoup aux Crustacés pour leur appareil digestif. Les organes buccaux sont, ainsi que je l'ai déjà fait remarqucfr en parlant du système tégumentaire , également des pattes transformées, et leur analogie avec les membres locomoteurs est même plus évidente encore que chez les autres Articulés.

Tous les grands arachnides sont sans exception carnivores , et la plupart insectivores; et parmi les plus petits, appartenant tous li l'ordre des HOLÈTRES, il n'y en a qu'un certain nombre qui vivent de substances végétales, jamais cependant de plantes vivantes, mais uniquement de parties mortes, telles que des fruits secs, de la farine, etc*

Chez les Seorpio , type de la famiUe des scohpionides , placée en tête de la classe, la touche est composée : l°de deux chéiieères qui diffèrent essentiellement des mandibules des Crustacés et des Insectes, en ce qu'eUes sont formées de deux pièces consécutives mobiles, dont Ja première, très-renflée et ovale, est terminée en avant par une apophyse styloîde, et dont la seconde forme une petite tige mobile assez semblable à cette apophyse , avec laquelle elle constitue une pince ; 2° au-dessous de ces chéiieères se trouvent les mâcfioires , organes très-semblables à ceux portant les serres chez les Jstacus, dont elles sont en effet les analogues. Ce sont de même deux grands bras pédi-

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formes terniiaés par de larges pinces , mais àimi le pranîer article , raïu^ogoe de la hanche, est beauconp plus renflé et aplati par la face interne , par laquelle s'appliqne contre celui du côté q)posé pour former la partie triturante de Torgane ; et entre ces deux mâchoires est Forifice buccal.

l( n*y a pomt de (èvre proprement dite ; mais les hanches des deux premières paires de pattes forment chacune un appendice triangulwe qui se portent en avant et ferment la bouche en dessous. Ces organes mobiles hnitent ainsi encore d*une part les mâchoires postérieures des Crustacés, et présentent déjà le commencement de la disposition que les hanches de toutes les pattes prenneut chez les q^ATHovoDES, ait cm membres remplissent en même temps les fonctions de mâchoires. J'ea parlerai un peu plus bas.

Le iaùrt est un fobule fortement comprimé placé entre les chëicècères et les mâchoires pour fermer la bouche en dessus.

Les ARANÉiDEs viveut également de proie, et sucent plus particulièrement les humeurs du corps des animaux, en avalant même leur etuiir, mais non les parties dures. Ils ont de là également une ifouche composée à peu près comme celle des Scorpionides; leurs chéitcères ne sont pas^en serre, et la branche mobile sefléehit simplement contre le corps de la première pièce renflée pour former la pince ; et cette pièce renflée porte le plus souvent de ce côté plusieurs dents contre lesquelles ranimai peut briser le corps de sa proie pour mieux le sucer ; et la seconde pièce est toujours en forme de crochet aigu et tubulenx, donnant h son extrémité issue à une liqueur venimeuse avec laquelle IV nimal tue Tinsecte cpi'il saisit. Ce crochet est tout à fait sembM>le à ceux de la mâchoire des Serpents. A la suite de ces chélicères se trouve une seule paire de mâchoires qui n'est que la première paire de pattes, plus petite que les autres, et ne sert qu'à compruner le corps de la proie. Au-devant de cette bouche est un iahre, et en arrière une ièvrt qui n*est réellement que la partie antérieure du sternum.

Vœsophage, en partant de la bouche, se porte en haut dans le tronc, GÙ il s'ouvre dans le gésier, placé au centre de ce dernier hn* médiatement sur le sternum cartilagineux. Ce canal forme dans sa première partie un pharynx conformé d'une manière particulière pour produire la succion, vu qu'il n'y a chez ces animaux ni aS{Hrati(m pulmonaire par la bouche, ni langue qui puisse y suppléer. Voici comment cet acte s'exerce : le pharynx forme une dSatatfon allongée verticalement, dont la partie postérieure est cornée et creusée en canal concave en avant ; et la partie antérieure, plus membraneuse, s'applique dans ce canal de manière à être dans l'état de repos également convexe en arrière et concave en avant. Cette dernière concavité est remplie par un muscle qur s'y insèi*e et seporte ^ ft en ava«it p^Mtr

. ÂpI^AHeIL DtGKftTIF DES ARACHNIDES. 4t

^ Êier à )a tête près de la base du labre. Od conçoit , d'après ûtïte conformation, que si ce muscle se raccourcit, il tire la partie antérieure du pharynx en avant en la détachant de la postérieure , et qu*3 se forme un vide entre elles, lequel aspire les liquides par la bouche ; et en ae relâchant le même muscle comprime le pharynx , et fait passer le liquide dans Vœsopbage , et de là dans le gésier , placé sur le sternum inférieur cartil^ineux. Ce gésier est d'ordinaire une dilatati^ puremeot cylindrique du canal intestinal , sur laquelle se rendent , comme chez les Décades, divers muscles vigoureux venant des pa<rois du tronc

Dans Fabdomen, le canal alimentaire, d*abord rétréci en sortant du gésier, se dilate de nouveau dans le milieu de cette partie du corps, et se rétrécissant ensuite encore , se rend presque en ligne droite à l'ifnus, placé à Textréoïké de Tabdomen. Près de TamiSy <m trouve diez beaucoup d'e^^es un grand cœeuni dans lequel s'ouvrent les v»»seaùx urinaires.

Les vaisseaux iniimres naissent en général chez les arachnides de toutes les parties de Tabdomen, dans la masse de ce qu'on appelle le cfNpps graisseux, sans glande spéciale, et s'ouvrent par plu8i«n*s paires de troncs communs dans le canal intestinal

Chez les Scorpio, on dbtingue deux espèces de ces vaisseaux, déjà remarqués par Trévibanus \ dont les uns fort gros, ou les vrais Miiaires , sont formés d'un grand nombre de rami»cules répandt» dans le corps graisseux ; et leurs troncs, au nombre de plusieurs paires, s'ouvrent à une certaine distance les uns des autres dans le canal i&teatinal. La seconde e^)èce, beaucoup plus grêle, filiforme, consli^ tœ deux paires qui tirent paiement leurs radicules dà twpê grais* seux , et »'ottvraH tous les qu^^e dans l'intestin vers la partie postétrteure de b première portion de l'abdomen, où ce canal est fortement étraai^. Je considère ces derniers vaisseaux comme ks analogues des reins.

Les AR.%RiiDES sont venimeux , mais dangereux seulement pour de lrèfl*petitx animaux. Cependant , les grandes M^^ales fiassent aussi dans leur pays pour être fort à craindre pour l'homme ; mais le dan* ffm que cause la Tarentufe {Lycosa tat^ntuia) ne paraît pas être «issî grand qu'on le dit.

Lu giamd^ qm fbmrnit le venni est souvent fort vohimineuse, pi**eée thfm SAranea éùmestieêi dans la région antérieure et latérale dit tronc , et chez la Mggais BionUi daifô la partie supMeore au corps de b chélicère. Le canal excréteur traverse chei toutes les es-

* lUbsrdm intmetu Bouder Amclmiim, titi.

pèces le crochet terminal de cette dernière poor s'ouvrir à son ettrémité.

La structure du canal alimentaire est la même que chez les Crustacés décapodes.

Dans les Limulus^ de Tordre des gnathopodes^ la mastication esi exercée, ainsi que je Tai déjà dit, par les hanches des cinq paires de pattes rayonnant autour de la houche. Cette dernière n*est elle-même jqu*un simple orifice arrondi donnant dans un œsophage de même ca- 4ibre, lequel se dirige en haut et même un peu en avant pour s^ouvrir dans un petit gésier ovale i)lacé verticalement devant le sternum intérieur. Vinlestin, partant delà |)etite extrémité de ce gésier, passe» sur ce sternum, et se rend droit à Fanus, situé à la base du stylet caudal, sans former ni dilatation ni cœcum.

Le gésier contient dans son intérieur une grande quantité de mamelons coniques légèrement cornés, disposés par nomhi euses séries, allant du cardia au pylore , et formant V appareil de rutnitiation»

I^s vaisseaux iiliaires naissent , comme chez les Arachnides pulmonaires, par plusieurs branches dans toutes les parties du corps, et se réunissent en deux paires de troncs qui s*ouvrent latéralement dans rintestin avant son entrée dans Tabdomen.

Dans Tordre des HOLkTnss , qui se i-altachent aux aiuchtudes pul- -MONAiRES , les organes de la bouche se modifient encore plus que chez ces derniers pour devenir plus essentiellement un appareil de suc- -eion. Dans la famille des phalangiens, ils conservent encore beaucoup d'analogie avec ceux des Scorpionides, étant composés de deux chéticères en pince, d'une paire de mâchoires proprement dites, dont le <x)rps ou Tanalogue de la hanche est en partie membraneux , pour mieux lécher les humeurs des insectes dont ces animaux se nourrissent; mais leur palpe diminue considérablement, perd la forme de serre et prend mieux celle d'une très-petite patte , conune chez les Aranéides, et se troove terminé par une griffe simple.

Les pattes elles-mêmes, et surtout les antérieures, concourent aussi encore à la mastication , en produisant à l'extrémité interne de leur hanche un petit appendice qui rappelle celui des Limuius , et s'applique en dessous contre les parties latérales de la bouche, en formant ensemble une espèce de lèvre molle. Les appendices analc^ues des iiutres pattes n'atteignent pas la hanche, mais se dirigent vers eUe.

Chez les gali^^odes et les acarides, les organes buccaux deviennent de plus en plus suceurs. Chez les premiers de ces animaux, assez grands pour qu'on puisse facilement préparer ces orçanes, les chéiicères cou* servent la forme de pince qu'elles ont chez les Scorpionides et les Phalangiens; mais les hanches des mâchoires s'articulent entre eUes par syndesmose tout le long de leur bord interne , de manière à for-

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